Le surf est un sport qui a conquis le monde entier et représente un mode de vie pour de nombreux passionnés. Parmi les éléments indispensables à la pratique de cette activité nautique, la combinaison de surf tient une place prépondérante. Le surf est originaire d'Hawaï, où il était pratiqué par les rois et les nobles de l'archipel. Cependant, avec la popularisation du surf et son expansion vers des régions aux eaux plus froides, il est rapidement devenu nécessaire de trouver une solution pour permettre aux surfeurs de rester plus longtemps à l’eau sans souffrir du froid. En 1952, le physicien américain Hugh Bradner, travaillant pour l’US Navy, invente la première combinaison isothermique en néoprène. Il faudra attendre la fin des années 1950 pour que Jack O’Neill, un surfeur californien et fondateur de la célèbre marque éponyme, crée la première combinaison spécifiquement dédiée au surf.
La science thermique et le rôle du néoprène
Il est en effet recommandé, quand la température de l’eau est inférieure à une quinzaine de degrés, d’opter pour une combinaison de surf intégrale, sans quoi vos sessions deviendront synonymes de calvaire. Le néoprène est un caoutchouc synthétique à base de pétrole, mais qui peut également être obtenu suite à l’extraction de calcaire. Cette mousse renferme de petites bulles d’azote qui permettent d’assurer une bonne isolation thermique. Attention : il serait faux de penser qu’une bonne isolation thermique implique une étanchéité parfaite. C’est en fait le contraire, car les combinaisons de surf laissent passer un mince filet d’eau entre la doublure intérieure et la peau. En contact avec la peau, cette eau se réchauffe, ce qui permet de renforcer l’isolation thermique.
Le néoprène reste donc un incontournable, car c’est la matière la plus souple et la plus performante. Si les combinaisons de surf peuvent sembler similaires aux combinaisons de plongée, elles sont en revanche plus fines et se doivent d’être nettement plus souples. La souplesse, ainsi que le confort et la chaleur qu’elles offrent, sont en effet des points cruciaux qui feront la différence entre une bonne et une mauvaise combi.
Décrypter l’épaisseur et les conditions de navigation
L’aspect important, si ce n’est primordial pour choisir une combinaison de surf adaptée, est son épaisseur. Votre choix devra en effet se faire en fonction de la température de l’eau dans laquelle vous surfez, tout en gardant à l’esprit que plus la combinaison est épaisse et donc chaude, moins elle sera souple et flexible. L’épaisseur d’une combinaison se mesure en millimètres et est généralement exprimée à l’aide de deux chiffres qui indiquent les différentes épaisseurs du néoprène utilisé. Le premier chiffre renseigne l’épaisseur au niveau du haut du corps (torse, ventre et dos) tandis que le second concerne les bras et les jambes.
Si la température de l’eau est inférieure à 7°C, il vous faudra partir sur une combinaison intégrale 6/5 mm avec gants, chaussons et éventuellement une cagoule de surf. Pour une eau entre 8°C et 12°C, une combinaison intégrale 5/4 mm devrait faire l’affaire. A partir de 15°C et jusqu’à environ 20°C, il est conseillé de passer à une combinaison intégrale 3/2 mm. Pour une eau à plus de 20°C, vous pourrez passer au shorty, à une intégrale 2/2 mm, ou partir sur un lycra dont le rôle principal sera de vous protéger des rayons du soleil. France offre une unique diversité de conditions en Europe. Entre la Manche à 8°C en janvier et la Méditerranée à 25°C en août, la gamme est énorme.
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Morphologie, coupe et ajustement technique
Chaque rider, homme ou femme, possède une morphologie qui lui est propre. Le choix de la combinaison la plus adaptée est donc quelque chose de purement personnel. Quoi qu’il en soit, il est important de choisir une combi à sa taille, qui ne fait pas de pli et qui ne baille pas. Votre future combinaison ne devra pas être trop courte au niveau des extrémités et devra être bien serrée (sans toutefois vous oppresser) car elle aura tendance à se détendre après quelques sessions.
Pour choisir la taille avec précision, quatre repères restent indispensables : hauteur (en cm), poids (en kg), tour de poitrine et tour de taille. Entre deux options, il est conseillé de toujours prendre la plus petite : la matière s’assouplit, mais une combinaison lâche ne rétrécit jamais. Une combinaison surf lâche aux hanches garantit une session gâchée par les infiltrations. Sur une combinaison surf homme, le suffixe T (ex : MT, LT, XLT) est l’option à privilégier pour gagner en longueur de néoprène. Le guide taille combinaison surf femme tourne sur une numérotation de 2 à 16. Le problème avec cette numérotation, c’est qu’elle n’a rien d’universel, et à même taille affichée, un patron O’Neill et un Rip Curl peuvent diverger de plusieurs centimètres.
Systèmes de fermeture et détails constructifs
Les coutures et la doublure intérieure jouent également un rôle important car elles impacteront l’étanchéité, la chaleur et la vitesse de séchage de la combinaison. Il est conseillé de se tourner vers une combi dotée de coutures collées et cousues depuis l’extérieur type GBS (Glue and Blind Stitch) afin de profiter d’une meilleure étanchéité à l’intérieur, et d’une doublure polaire pour un confort optimal.
- Back-Zip : une fermeture éclair dans le dos, pratique à enfiler mais a tendance à légèrement rigidifier la combinaison.
- Chest-Zip : offre une meilleure étanchéité et plus de flexibilité dans le dos.
- Zipless : le plus étanche et le plus flexible, mais aussi le plus difficile à enfiler.
Votre combinaison pourra également intégrer un plastron dont le rôle est de couper du vent et de bien absorber la chaleur des rayons du soleil. Ce plastron est généralement situé au niveau du dos pour réchauffer le surfeur pendant les phases de rame.
Durabilité et maintenance préventive
Le vestiaire des surfeurs fait partie des plus nocifs pour l’environnement. Pourtant, une bonne combinaison entretenue correctement ne devrait pas nécessiter de nouveaux achats avant 10 ans. Il convient en effet de rincer votre combinaison après chaque session à l’eau douce, froide de préférence, pour retirer le maximum de sel. Il vous faudra rincer l’intérieur et l’extérieur sans négliger les fermetures éclair afin d’éviter la corrosion causée par le sel.
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Une fois votre combinaison rincée, faites-la sécher, mais pas au soleil ou à proximité d’une source de chaleur auquel cas elle risquerait de perdre en souplesse et de décolorer. Évitez également de la faire sécher sur un cintre pour ne pas la déformer. Positionnez-la à plat ou pliée en deux sur une barre ou un dossier de chaise, par exemple. Il peut aussi être intéressant d’alterner entre deux combinaisons, ce qui permet de moins solliciter chacune d’entre elle et de bien les laisser sécher entre chaque session.
Évolution des matériaux : vers une conscience écologique
Si le néoprène traditionnel dépend du pétrole, une nouvelle révolution écologique est en cours. Le Limestone (calcaire) est un néoprène fabriqué à base de concrétions de roches calcaires. L’hévéa ou caoutchouc naturel, comme les semelles des baskets VEJA, est un latex végétal récolté à partir de l’arbre puis transformé. Cette alternative est actuellement la plus écologique. L’Eicoprène est une mousse constituée à 70% de calcaire et 30% de pneus recyclés.
Des marques comme Patagonia ont été parmi les premiers à adopter le Yulex dans leurs combinaisons, tandis que Soöruz, marque française née à La Rochelle, propose des combinaisons pour différents sports de glisse en essayant de remplacer les composants d’origine pétrochimique par des matériaux organiques ou recyclés. Wildsuits, une autre jeune marque française, propose des combinaisons fabriquées dans les usines SHEICO en une mousse composée de limestone (70%) et de pneus recyclés (30%), des doublures en polyester recyclé et des colles sans solvant.
Analyse comparative : combinaison de surf vs triathlon
Les combinaisons de triathlon ont commencé à être développées à la fin des années 80 par l’athlète Ironman Dan Empfield. Si vous pouvez techniquement porter une combinaison de sports nautiques pour un triathlon, vous trouverez cela beaucoup plus difficile à la fois pendant la natation et pendant la transition. Les combinaisons de triathlon sont conçues pour apporter flexibilité, résistance hydrodynamique et facilité de retrait, utilisant des revêtements en silicone comme les poignets et les jambes « Pro Speed ». L’épaisseur maximale de la combinaison pour les triathlons de compétition est de 5 mm afin de réduire le risque de surchauffe, contrairement aux combinaisons de surf qui priorisent la protection contre le froid prolongé dans des environnements variés.
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