Techniques avancées de construction et maintenance : Le collage de coque et la structure du pont de voilier

La construction navale, et plus particulièrement l'assemblage entre la coque et le pont d'un voilier, représente l'une des phases les plus critiques de la fabrication nautique. Ce processus exige une précision rigoureuse, car il constitue l'ossature et l'étanchéité structurelle du navire. Parallèlement, l'entretien des ponts, qu'ils soient en composite, en acier ou agrémentés de revêtements, demande une expertise technique pointue pour garantir la pérennité du bateau face aux agressions marines.

La complexité de la stratification du pont

Dans la hiérarchie des étapes de moulage, le pont exige encore plus de soins que la coque, car les plans verticaux et horizontaux se chevauchent sans cesse. La profondeur de travail, notamment celle du cockpit, du franc-bord ou celle des passe-pieds, oblige à une extension de l'outillage de débullage par des manches ou manchons, ce qui demande une dextérité accrue de la part des stratifieurs et stratifieuses.

Sur le pont, se côtoient une multitude de surfaces : des antidérapants, des surbaux avec des retours, des excavations pour les panneaux de pont, des réseaux de feuillures et gorges pour l'écoulement de l'eau aux pourtours des coffres, ou des emplantures spécifiques pour l'accastillage. Les techniques employées pour la stratification sont identiques à celle de la coque : on imbibe légèrement le support puis on pose les tissus, ou on projette en simultané, puis on réimbibe par-dessus, une fois le tissu posé, et on débulle pour obtenir une surface bien en contact avec le gelcoat.

Maîtrise des coefficients d'imbibage et renforts structurels

Le dosage de résine est primordial pour la réussite d'un bon stratifié. Pas assez, et on risque le microbullage, les fissures ou le décollement du gelcoat ; trop de résine entraîne un stratifié cassant et un surpoids. Les coefficients d'imbibage moyen sont de 2 à 2,4 pour le rowing en poids de résine par poids de verre, et de 3 pour le mat de verre. Il est crucial de noter que ce coefficient peut varier d'une marque de verre à une autre.

Une fois la troisième couche débullée, on pose directement les renforts sur le mat frais. Dans une configuration standard, il s'agit de la pose d'un feutre polyester pour les assises avant et certaines parties des flancs intérieurs du cockpit, du contreplaqué sur le pourtour supérieur du franc-bord et des dominos de balsa en plaque sur le plancher. L'ajout d'une multitude de renforts lourds comme le contreplaqué serait fondamentalement une erreur. Le choix de plaques de dominos de balsa est donc intéressant pour trois raisons : son faible poids, sa facilité de mise en œuvre, surtout sur une surface concave comme celle d'un pont, et sa compatibilité totale avec le polyester.

Lire aussi: Coller des margelles de piscine : matériaux et techniques

Optimisation de la production et démoulage

Pour éviter de fastidieuses heures de ponçage, le tissu d'arrachage est une solution technique incontournable. Une surface stratifiée doit obligatoirement être avivée par nettoyage à base d'acétone si le temps de séchage avant reprise ou restratification est supérieur à 24 heures, ou par ponçage et nettoyage à l'acétone si ce délai est supérieur à 60 heures. Un tissu d'arrachage, appliqué sur une pièce et décollé juste avant intervention, évite tout nettoyage ou ponçage supplémentaire.

Le démoulage se fait dans les 24 heures après la dernière passe de résine. Trop de séchage entraîne un démoulage plus difficile à cause du retrait qui augmente chaque jour. Le démoulage s'effectue par air comprimé. Dans le moule, sont placés des tubes de cuivre, à des endroits précis, qui remontent jusqu'à la surface du gelcoat. On libère le pourtour du moule grâce à des coins plastiques que l'on enfonce à l'aide d'un marteau ; une fois la lèvre du pourtour mise en pression, on injecte de l'air entre le moule de pont et la pièce.

Maintenance structurelle et jonction pont-coque

La vérification de la jonction pont-coque est une étape vitale lors de l'acquisition ou de la remise en état d'un navire. Il est impératif de rechercher tous les points de soulèvement et, après ponçage dans les interstices, de vérifier l'état du nid d'abeille et le renfort pont-cloison verticale. Les réparations doivent être effectuées à la résine époxy bi-composant, en veillant à ce que le support soit parfaitement sec.

Les fissures dans le gelcoat sont monnaie courante, mais leur traitement ne doit pas être négligé. Pour réparer des zones de décollement, il ne faut pas hésiter à faire un trou assez gros pour être sûr de remettre assez de colle. Le nettoyage préalable à l'acétone est une constante indispensable pour assurer une liaison chimique durable. Dans le cas de travaux sur des structures en acier ou en aluminium, le sablage ou le ponçage suivi de l'application d'un primaire époxy spécifique est le seul moyen de garantir l'accroche sur le métal.

Lire aussi: Personnaliser sa pagaie de stand up paddle

Lire aussi: Choisir une Piscine Coque

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *