Cochon Nage Mer : Mythe ou Réalité ?

L'expression "cochon de mer" évoque immédiatement l'image d'un porc rose gambadant dans l'eau. Cependant, la réalité est bien différente. Le cochon de mer n'a rien à voir avec le cochon de ferme. Il s'agit d'un invertébré marin fascinant qui vit dans les profondeurs abyssales des océans.

Qu'est-ce qu'un cochon de mer ?

Le cochon de mer est en réalité un concombre de mer du genre Scotoplanes. C'est un invertébré marin appartenant à la famille des holothuries, tout comme l'oursin et l'étoile de mer. Il a été répertorié en 1882 par un naturaliste suédois lors d'une expédition océanographique autour du monde. Ces scotoplanes ont été observés dans les abysses des principaux océans, ce qui en fait l'espèce la plus répandue dans ces environnements extrêmes.

À quoi ressemble un cochon de mer ?

Les concombres de mer sont nommés ainsi en raison de leur ressemblance avec le légume. Le cochon de mer, lui, a une forme plutôt ovale, comparable à une pomme de terre, avec une masse concentrée au milieu du corps. Comme les autres scotoplanes, il arbore une couleur rose pâle presque translucide et peut atteindre une longueur de 15 cm.

Pour se déplacer, il utilise six paires de gros pieds tubulaires qui l'empêchent de s'enfoncer dans les fonds boueux des abysses. Bien qu'il se déplace lentement, il est capable de nager en cas de danger. Il possède également deux paires de papilles dorsales et dix tentacules autour de la bouche, qu'il utilise pour explorer son environnement et se nourrir. En cas de menace, le cochon de mer peut projeter des filaments collants et empoisonnés ou expulser son tube digestif, qui contient une toxine potentiellement mortelle pour son prédateur.

Les particularités du cochon de mer

Le cochon de mer, comme tous les échinodermes, possède un système respiratoire peu développé. Il utilise donc son anus pour respirer : il pompe de l'eau en se dilatant et en contractant son orifice, filtre l'eau pour en extraire l'oxygène, et expulse le reste.

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Autre particularité, il vit en symbiose avec d'autres organismes, tels que des escargots de mer, des vers plats et des crustacés. Ces derniers vivent souvent dans son tube digestif et se nourrissent de ses fluides et organes. De plus, une espèce de crabe royal, lorsqu'elle vit dans les profondeurs des océans, se cache sous le concombre de mer, soit pour éviter les prédateurs, soit pour se nourrir des éléments soulevés par le cochon de mer lorsqu'il gratte les sédiments, soit pour se déplacer.

L'habitat du cochon de mer

Le cochon de mer a été observé dans la plupart des grands océans, notamment dans la plaine abyssale des océans Atlantique, Pacifique et Indien. Les scotoplanes colonisent les profondeurs extrêmes, entre 1 200 et 6 000 mètres, et certains individus ont même été observés à plus de 9 500 mètres. S'ils se retrouvaient à la surface, ils pourraient se désintégrer en raison du changement de pression. Espèce grégaire, le cochon de mer vit en groupes très denses de plusieurs centaines d'individus.

Le cochon de mer est-il en danger ?

Étant donné les profondeurs auxquelles il vit, le cochon de mer n'est pas directement menacé par les activités humaines. Cependant, il est la cible de nombreux prédateurs, contre lesquels il se défend efficacement grâce à ses stratégies de défense.

Mythes et réalités sur les animaux

L'image du cochon se vautrant dans la boue illustre l’idée que c’est un animal sale. En réalité, le cochon a la peau sensible et utilise la boue pour couvrir son corps et se protéger du soleil. Des recherches ont montré que les cochons se dirigent droit vers la zone la plus propre de leur habitat pour y passer du temps, et qu’ils ont une zone “toilettes” séparée.

Toucher un crapaud donne des verrues. Ceci est absolument faux, et uniquement proféré dans un but dissuasif. Toucher un crapaud ne peut pas donner des verrues aux gens. Les crapauds ont des bosses ressemblant à des verrues sur la peau, mais ce sont des glandes de mucus ou de poison, pas des verrues. Si un crapaud est menacé ou effrayé, ces glandes sécrètent du liquide. Chez certaines espèces rares, c’est un poison qui peut causer une réaction grave ou même la mort chez l’homme. Les verrues humaines sont en fait causées par un virus appelé papillomavirus humain.

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Le fait est qu’en général nous remuons trop pendant notre sommeil pour qu’une araignée nous approche. Même si l’araignée se promène sur notre corps, près de la bouche, il est peu probable qu’elle pénètre dans un orifice qui exhale de l’air chaud. Essayez de souffler sur une araignée et remarquez comment elle s’éloigne rapidement.

Les singes sont des animaux habiles dont l’agilité nous dépasse. Dans l'imaginaire collectif, ils passent beaucoup de temps perchés dans les arbres ou bondissant de branche en branche. Mais qu’en est-il de leur rapport à l’eau ? Avez-vous déjà vu un singe nager ? Est-ce qu’ils ne seraient pas un peu comme les chats ? Mais dans ce cas, pourquoi leurs prouesses se limiteraient à la terre et aux arbres ? Ne pourraient-ils pas s’aventurer dans les milieux aquatiques ? Répondre à ces questions est l’occasion de soulever de nombreux mythes et idées reçues. Alors, c’est parti ! Les singes, comme de nombreux mammifères -y compris les éléphants-, sont biologiquement capables de nager. Les singes ne sont pas de très bons nageurs. La majorité d'entre eux, comme nous l’avons dit en introduction, évoluent dans des habitats terrestres ou arboricoles, comme les forêts tropicales ou les savanes. D’ailleurs, l’eau représente en réalité souvent un danger pour les singes à l’état sauvage. Ces lieux sont peuplés de prédateurs, comme les crocodiles et les serpents, qui s’y cachent en attendant le bon moment pour fondre sur leur proie. Par ailleurs, même pour un être humain bon nageur, les circonstances peuvent provoquer une noyade. Instinctivement, les animaux se montrent souvent plus prudents que nous.

Bien sûr, des exceptions existent. Il y a des groupes de singes qui se montrent plus familiers avec l’élément liquide puisqu’ils le côtoient, contrairement à des populations qui n'entrent guère au contact de l’eau que lorsqu’il pleut. Nous l’avons dit, la plupart des mammifères, nous y compris, possèdent une capacité innée de nager appelée "nage primitive". Cela signifie qu’un singe, placé dans l’eau, adoptera instinctivement des mouvements pour se maintenir à flot. Mais ce type de nage instinctif n’est pas forcément efficace. Selon les circonstances, cela peut ne pas suffire. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la progression dans l’eau est facilitée si le corps flotte. C’est la densité qui influence cette flottaison. Compte tenu de la grande variété morphologique chez les singes, la flottaison varie beaucoup. Les grands singes (comme les chimpanzés, orangs-outans et gorilles) ont des corps robustes et musclés, ce qui les rend souvent plus denses que l'eau et donc peu aptes à flotter. Des expériences en milieu contrôlé ont montré que diverses espèces de singes, comme les chimpanzés et les macaques, sont capables de nager sur de courtes distances. La majorité des singes évitent donc l’eau pour plusieurs raisons. Les primates, notamment les grands singes, ont un centre de gravité élevé et une musculature dense, ce qui les rend moins flottants. pour les mouvements aquatiques. Dans la nature, l’eau est associée à des prédateurs dangereux ou à des obstacles. Ce lien négatif renforce leur instinct d’évitement.

Le rapport à l’eau est donc une des grandes distinctions entre l’homme et les autres primates. Si nous partageons une capacité instinctive de nager, nous avons développé une aisance exceptionnelle, compétence dépasse largement celle des singes. Nous consacrons du temps à l’apprentissage de la nage dès l’enfance pour maîtriser la coordination musculaire, la respiration. Nous avons développé différents styles de nage. Le corps humain est aussi naturellement flottant grâce à la répartition de la masse graisseuse.

Reste que la nature montre une capacité d’adaptation exceptionnelle. Les macaques crabiers (Macaca fascicularis) aiment l'eau et savent très bien nager et plonger. Originaires des îles d'Asie du Sud-Est, on les trouve par exemple à Java. Ces macaques s'adaptent très facilement à leur environnement. Or, ces singes vivent souvent près de rivières et mangroves, où ils se nourrissent de crabes, mollusques et autres fruits de mer. Ils se montrent capables de nager pour se déplacer entre des îlots ou chercher leur nourriture.

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Le nasique (Nasalis larvatus) est un autre primate d’Asie du Sud-Est, également connu pour sa capacité à nager. Reconnaissable à son long nez et son corps élancé, il vit principalement dans les forêts de mangroves et les marais. Il nage pour fuir les prédateurs ou se déplacer rapidement entre les arbres bordant les rivières.

L'attrait des cochons nageurs des Bahamas

Sur Pig Beach, le clapotis de l’eau rencontre le grognement doucement rauque d’un cochon marin. À l’horizon, les Exumas dévoilent leurs Îles Paradisiaques à la lumière rasante du matin ; sur le bateau, les voyageurs ajustent leur masque avant de plonger. L’image paraît sortie d’un rêve tropical, pourtant elle s’inscrit désormais parmi les expériences les plus recherchées des Voyages Exotiques. Ce guide propose un itinéraire précis pour rejoindre Big Major Cay, comprendre l’histoire de ces animaux étonnants, choisir le bon tour-opérateur, et préparer chaque détail matériel - que l’on parte en couple, en famille ou entre amis.

La première décision clé consiste à choisir comment rallier Big Major Cay. Les distances paraissent dérisoires sur une carte, mais les liaisons maritimes ou aériennes se paient parfois au prix fort. En 2025, l’offre s’est structurée : trois services réguliers relient Nassau ou Great Exuma à Pig Beach, avec des départs matinaux garantissant une arrivée avant l’affluence. Pour les voyageurs en quête d’économie, le bateau rapide demeure l’option favorite ; les amateurs de panoramas aériens opteront pour l’hydravion, façon carte postale vivante.

Le calendrier joue tout autant. La haute saison - décembre à avril - profite d’un climat idéal (26 °C et mer calme) mais concentre croisiéristes et réseaux sociaux live. Pour un cadre plus intime, ciblez mai à début juillet, puis septembre-octobre. Pour de nombreux lecteurs, la notion de Bahamas Explorateur évoque un aventurier solitaire fendillant les vagues. En réalité, un bon plan commence par un réveil à l’aube, un muffin partagé avec l’équipage et l’excitation d’apercevoir au loin la plage la plus insolite des Caraïbes.

Une fois le transport choisi, reste à sélectionner la compagnie qui orchestrera votre journée. En 2025, plus de 25 opérateurs se partagent le marché, du catamaran privé au speedboat de 40 places. Un couple parisien m’a confié avoir économisé 30 $ en choisissant un operator peu regardant ; résultat : gilets usés et déjeuner « chips & soda ». À l’inverse, un groupe de randonneurs bretons a déboursé 15 $ de plus et profité d’un barbecue de poisson lion fraîchement grillé sur un banc de sable désert. Les plateformes généralistes - Viator, TripAdvisor - offrent sécurité et transparence d’avis, tandis que les agences locales de Staniel Cay jouent la carte du storytelling : le capitaine Dave, par exemple, raconte comment il a baptisé « Oliver » le cochon sprinteur de 2017.

Avant de fouler le sable, il vaut mieux comprendre l’origine des cochons nageurs. Trois récits circulent : la ferme déplacée pour raisons d’odeur, le naufrage miraculeux et la réserve de viande abandonnée par des pirates. Les biologistes de l’université de Nassau ont analysé en 2024 des échantillons ADN : tous les suidés actuels descendent d’un même cheptel importé du continent vers 1990, invalident la légende du XVIIe siècle.

Nourriture autorisée : carottes, pastèques, concombres. Pourquoi ces règles ? D’abord la santé animale : un excès de sel ou de sucre perturbe leur métabolisme. Ensuite la sécurité : en 2023, quatre incidents mineurs ont été rapportés, tous liés à du pain distribué en vrac. Enfin, la durabilité : si Pig Beach devient un zoo à ciel ouvert, l’authenticité se dilue. Question comportement, les cochons affichent des personnalités variées : « Marina » la matriarche se laisse caresser le flanc pour un quartier de pomme, tandis que « Flash » défie parfois les passagers à la course. Observer ce microcosme social ajoute une nuance inattendue au simple cliché Instagram ; on comprend vite que l’animal n’est pas un figurant mais l’habitant légitime d’un écosystème complexe.

Les Séjours ensoleillés attirent tous les âges, et Big Major Cay ne fait pas exception. Les plus de 60 ans représentent désormais 28 % des réservations - un record. Leur première préoccupation : la chaleur combinée au temps passé debout sur le pont. Martine, 69 ans, témoigne : « Je craignais l’embarquement, mais le capitaine m’a prêté un marchepied pliant ; j’ai pu savourer la Guide des Eaux Turquoise sans stress ». Les opérateurs labellisés « Silver Wave » proposent justement ce type d’accessoires ; vérifiez la mention lors de la réservation. Enfin, la problématique hygiène se résout avec de simples lingettes biodégradables et un sac de retour pour les déchets : aucune trace ne doit rester sur l’île.

Le voyage ne s’arrête pas au dernier grognement de Pig Beach. Les Exumas se composent de 365 îlots, et plusieurs escales consolident la réputation du secteur en tant que véritable Guide des Eaux Turquoise. Le coût additionnel reste raisonnable : 120 $ incluent droits d’entrée et repas simple. Dépenser plus n’est pas nécessaire ; la magie opère dès que l’ancre touche le sable. Pour immortaliser la scène, programmez votre appareil en mode HDR et shootez à 10 h quand le soleil perce l’eau cristalline. Terminons cette section par un conseil durable : préférez les crèmes solaires « reef-safe ». Les coraux locaux subissent déjà le stress thermique ; préserver leur éclat est l’affaire de tous.

Les enfants peuvent-ils participer à l’excursion ? Oui, dès 4 ans. Faut-il savoir bien nager ? Un niveau basique suffit. Peut-on loger sur Big Major Cay ? Non.

La perception des animaux au Moyen-Âge

Michel Pastoureau entame son exposé en posant la question de son imposture, du moins l’impression qu’il en a. Et l’on comprend l’allusion bienveillante qu’il a voulu faire à l’ouverture d’esprit caractéristique de la discipline - à laquelle le public adhère immédiatement par une vague de rires spontanés. Quand il a entamé ses études dans les années 1960, personne ne parlait de l’animal - surtout pas les historiens ! La thèse qu’il a donc mené sur le bestiaire médiéval, en totale contradiction avec les modes traversant la profession - mais il a tout de même trouvé un directeur de recherche ! Précise-t-il pour souligner soit l’originalité d’un homme, soit celle de son école par rapport à d’autres institutions de l’époque - a suscité le mépris pour ne pas dire la moquerie, le thème étant jugé « ridicule » et même « puéril ». Les choses ont bien changé et la question des animaux est devenu un sujet carrefour. Les médiévistes y jouent un rôle important de par le point de vue différent qu’ils donnent de la relation homme/animal à l’époque qui les intéresse et en contraste avec la nôtre. Sont aussi conviés à ce nouveau chantier de la connaissance les anthropologues, linguistes, philosophes, zoologues et archéozoologues. Le sujet est aujourd’hui devenu noble et il n’est pas rare que M. Pastoureau soit membre de jury pour des monographies sur divers animaux dans le contexte médiéval.

Le Moyen-âge européen est très bavard sur l’animal, il apparaît partout, dans les textes, les images, dans le lexique, les faits linguistiques. Par ailleurs, les découvertes archéologiques sont riches concernant cette époque. A ce propos, M. Pastoureau a assisté à la naissance de l’archéozoologie, conséquence du développement de la réflexion sur l’histoire animale. Celle-ci est fille des préhistoriens; il s’agit d’étudier les restes d’animaux datés au carbone 14 des différentes époques passées. On peut ainsi en apprendre beaucoup sur des sujets aussi importants que celui de la domestication des espèces. On sait par exemple que le castrage des males modifie leur formule dentaire et osseuse; après étude de celles-ci, on est désormais capable de dater les pratiques de domestications selon les époques et les régions. Cet exemple est l’occasion d’insister sur les précautions nécessaires à prendre quand on cherche à établir des postulats : retrouvant peu de restes de porcs pour la période médiévale, d’aucuns en ont déduit que cet animal était peu consommé.

Le premier, qui est dominant, insiste sur le fait qu’il ne faut pas confondre l’homme et l’animal. L’homme étant à l’image de dieu, c’est commettre un péché diabolique que de dire qu’il est semblable ou du moins proche de l’animal. Le second courant est minoritaire et développe l’idée selon laquelle il existe une « communauté d’êtres vivants », théorie qui réémerge au XIIIe siècle et redécouvre Aristote en zoologue. Ce dernier est vite relegué par Paul qui dans un de ses versets bibliques affirme que le Christ serait venu sur terre pour sauver tout le monde, non seulement les hommes mais aussi les animaux. L’argument massue qu’avancent les théologiens de ce courant est le suivant : Jésus étant né dans une étable, il est évident qu’il est aussi descendu pour sauver les animaux. On se pose de nombreuses questions à ce sujet à l’Université de Paris : « A-t-on le droit de faire travailler les animaux le dimanche ? Peut-on leurs imposer des jours de jeûnes ? Connaissent-ils le même paradis et le même enfer que les hommes ? On débat beaucoup de l’âme des bêtes. Il convient de préciser qu’Albert le Grand, s’il affirme que les animaux rêvent, autre indice de leur accès à une parcelle d’intellectif, ils ne sont pas capables de faire preuve d’abstraction, de comprendre le conceptuel. Pour appuyer son propos, il recourt à l’exemple du chien, qui reconnaît sa maison mais n’est pas capable de saisir le concept de maison. C’est en quelque sorte du Merleau-Ponty avant l’heure !

Attention aux anachronismes - certes la dispute entre Albert le Grand et Thomas d’Aquin peut ressembler aux débats contemporains entre Végan et Viandars, mais les catégories intellectuelles des gens du Moyen-âge sont aussi fort différentes des nôtres : les connaissances sont des étapes, peut-être que dans dix siècles un zoologue rira aux larmes de nos connaissances contemporaines. Songeons qu’à l’époque il n’existait à peu près aucune taxinomie animale. De même la notion d’insecte n’émergea qu’au XVIIIe siècle, une branche de la zoologie se développant alors sous le nom d’entomologie. A côté de ces cinq catégories, on trouve par ailleurs la rubrique des monstres. Un monstre est en fait une créature dont les caractéristiques sont à cheval sur deux ou même plusieurs des catégories mentionnées ci-dessus. Les licornes, elles, ne sont pas des montres ! D’autres catégorisations qu’on a l’habitude d’opérer sont à nuancer, il en va ainsi de l’articulation entre animaux « domestiques » et « sauvages ». Au Moyen-âge, l’animal domestique désigne les animaux vivant dans la domus ou autour de la domus : il se réfère donc aux animaux de la ferme, aux chiens et aux chats, mais aussi au corbeau, au merle, à la pie, au rat, à la souris, à la belette, au renard - un habitué du poulailler ! C’est la même chose du côté des animaux réels ou imaginaires; d’ailleurs, au Moyen-âge, le réel n’a aucun rapport avec le vrai, avec la réalité physique, la vérité relève du monde métaphysique. Ainsi, la sirène restera-t-elle réelle jusqu’à peu près le XIIIe siècle, le dragon le XVe siècle, et en ce qui concerne la licorne, il faut attendre le XVIIe siècle pour qu’on cesse de s’y intéresser, et même si Rabelais commence à s’en moquer dès le siècle précédent.

Du côté des animaux indigènes et exotiques, il faut aussi se garder des préconçus. Le lion par exemple apparaît partout dans la documentation, mais il n’est pas indigène : il est omniprésent dans les églises, il est peint, stylisé, commenté et revêt une symbolique multiple et très forte. Les hommes du Moyen-âge connaissent aussi bien les éléphants, Charlemagne et plus tard Saint-Louis en possédèrent un. Ce dernier en avait d’ailleurs peur et il s’empressa de l’offrir à son beau-frère le roi d’Angleterre : durant son trajet, l’animal fut bénis par l’évêque de Rouen, suscita une véritable émeute à Calais lors de son embarquement et finit son voyage par un bain de relaxation dans la Tamise ! A l’inverse, le Moyen-âge ne connaît pas l’existence du rhinocéros ou de l’hippopotame. Il faudra attendre 1514 et la gravure de Dürer faite à ce moment pour que l’Europe découvre la physionomie du premier, offert par un roi du Gujarat à Manuel du Portugal. Le rhinocéros fut voyageur au long court à l’image de ses exportateurs, puisqu’il fit le trajet en carraque de l’Inde au Portugal. Arrivé à Lisbonne, on décida un jour de l’opposer à un éléphant dans un combat pour déterminer qui des deux animaux était le plus fort, et sachant qu’on considérait alors l’éléphant comme la bête la plus puissante de la création. Mais en ce jour, l’animal n’était-il pas d’humeur, il refusa le combat contre son adversaire unicorne et on en déduisit qu’il avait eu peur de sa force. Dom Manuel se sentit dans l’obligation de partager cette merveille avec d’autres et l’offrit à son tour au pape. Nouvelle traversée en bateau pour l’aninal, passant cette fois-ci par les Colonnes d’Hercule, les marins de ce second voyage le rebaptisant à cette occasion Ulysse ! - mais qui ne put jamais rencontrer sa Pénélope papale, car l’embarcation coula au large de Gênes.

Le porc est déjà l’animal considéré comme le plus proche de l’homme et ceci est du à son anatomie. L’interdiction théologique de dissection du corps humain fait que les facultés de médecine privilégiaient la dissection du porc car on considèrait qu’ils avaient la même disposition d’organes internes. La médecine contemporaine a d’ailleurs confirmé cette intuition heureuse. Cette ressemblance est peut-être ce qui explique le tabou autour du porc dans certaines religions. A l’inverse de notre époque, on ne considère pas que le singe ressemble à l’homme, mais on le voit comme tellement diabolique que c’est pour cela, imagine-t-on, qu’il fait tout pour lui ressembler.

On assiste aussi à des évolutions dans la perception de certains animaux. De multiples travaux historiques se sont intéressés aux chats, réputés diaboliques car vivant beaucoup la nuit. Puis soudainement, dans la seconde moitié du XIVe siècle, le regard change après le passage de la Peste Noire. Les contemporains, sans pour autant faire l’analyse médicale qu’on a aujourd’hui du problème, se persuadent par leur intuition que les rats jouent un rôle dans la diffusion de la maladie et partant de là, se mettent à apprécier les chats, plus efficaces que les belettes pour combattre les rats. Ces dernières étaient utiles contre les souris mais pas de taille contre les rats. Les chats le sont bien davantage. Et de cette époque, on les fait entrer dans les maisons. Pour ce qui concerne le chien, l’évolution est progressive : d’abord très dévalorisé dans l’antiquité, il est peu à peu apprécié au fil des siècles, mais d’abord en fonction des espèces, ainsi les chiens de chasse acquièrent tôt une belle réputation. L’écureuil quant à lui est détesté du Moyen-âge car il est considéré comme le « singe de la forêt » : il se « trifouille » toute la journée, il est lubrique, paresseux, avaricieux car il fait des stocks de noisettes et stupides car incapable de les retrouver… A ce propos, M.

Les ménageries dans l’antiquité et au Moyen-âge sont des signes de richesse, surtout des signes de pouvoir et leurs compositions disent beaucoup de choses sur leurs époques : on y trouve en effet plus ou moins certaines espèces selon les périodes. Par exemple, au Haut Moyen-âge, on trouve souvent plusieurs ours dans les ménageries des puissants, et notamment celle de Charlemagne - c’est alors le roi des animaux ! Mais au XIIIe siècle, on constate qu’il a perdu son trône au profit du lion. Et apparaissent aussi à cette époque des animaux plus exotiques, tel que la girafe, résultat des premières explorations et colonisations européennes.

Beaucoup de choses ont été dites au cours de cet exposé pour garder le contemporain, grâce à l’investigation historique, de l’anachronisme. A cette époque, on vit par exemple un essaim de hannetons se faire excommunier pour avoir envahi des champs. L’ecclésiastique du lieu les avait prévenu un an auparavant que s’ils revenaient ils subiraient la foudre de sa tiare ! Mais ils n’en tinrent pas compte et souffrirent en conséquence l’exclusion solennelle de la communauté des Chrétiens. Au XVIIe siècle, on voit même des animaux conduit au tribunal, période où commence le grand enfermement de la société. Même les animaux domestiques sont accusés de crimes et délits, et neuf fois sur dix il s’agit de porcs. En effet, il s’agissait à l’époque d’animaux semi-vagabond, dont la vertu était de débarrasser les villes des ordures, pas encore assainies par des usines et autres services d’éboueurs. Etant donné que le cochon était l’animal le plus proche de l’humain, il s’agissait de celui qu’on tenait pour le plus responsable de ses actes. L’idée des contemporains était de mettre en scène la bonne justice. On assiste à certains acquittements lorsque l’avocat de la défense était un homme de talent. Pendant le temps de l’instruction, les animaux étaient mis en prison et entrenus en attente de leur procès. Le plus souvent, ils étaient exécutés, par des supplices dont M. Pastoureaux ne nous livrera pas ici les horribles détails. Quand on n’arrivait pas à attraper le responsable, on jugeait un congénère qui en revanche n’était pas exécuté à l’issue du jugement. Pour finir, M.

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