Le kayak est une activité qui allie plaisir, sport et connexion avec la nature. Que ce soit pour une balade tranquille sur un lac ou une descente dynamique en rivière, l'équipement joue un rôle primordial dans l'expérience du pagayeur. Au-delà du kayak lui-même, la pagaie est l'élément le plus impactant sur vos performances et votre confort sur l'eau. Mais même la meilleure des pagaies n'est pleinement efficace que si elle est correctement gérée et, surtout, bien rangée ou fixée lorsque vous n'êtes pas en train de pagayer. C'est là qu'interviennent les clips porte-pagaie, des accessoires souvent sous-estimés mais essentiels pour la sécurité et la praticité. Ce guide exhaustif explore non seulement les subtilités du choix d'une pagaie adaptée à vos besoins, mais également l'art de fixer ces clips porte-pagaie, y compris les méthodes pour les installer dans des endroits réputés inaccessibles, garantissant ainsi que votre équipement soit toujours à portée de main et sécurisé.
L'art de la fixation des clips porte-pagaie sur le kayak
La fixation d'accessoires sur un kayak peut parfois relever du défi, notamment lorsque l'accès à l'intérieur de la coque est restreint. Cependant, une fixation bien pensée des clips porte-pagaie est cruciale pour le rangement et la disponibilité de votre pagaie, surtout si vous utilisez une pagaie de secours ou si vous avez besoin de libérer vos mains. Nous allons détailler ici la méthode pour fixer un accessoire avec vis et écrou, même lorsque l’accès vous est impossible, et sans utiliser de vis à expansion en caoutchouc.
Préparer la fixation : Choix de l'emplacement et adaptation à la coque
La première étape consiste à se procurer deux clips de fixation convenant au diamètre du manche de la pagaie. Il est ensuite primordial de placer ces clips sur la pagaie et de la présenter sur le kayak, en veillant à ce que l'emplacement choisi ne risque pas de vous déranger pendant la navigation. Une fois l'endroit idéal déterminé, il convient de déposer une bande de scotch papier sur cet emplacement.
Dans certains cas, la courbure de la coque du kayak peut rendre la fixation directe difficile, empêchant la pagaie de se clipser correctement. Par exemple, sur le Hobie Révolution 13 - 2018, il peut être nécessaire d’intercaler une cale sous chaque clip pour effacer la courbure de la coque. Pour ce faire, il est possible de fabriquer deux cales en plastique, de les chauffer et de les former de manière à ce qu’elles suivent l’arrondi de la coque du kayak. Ensuite, l'embase des clips peut être chauffée afin qu’elle suive la courbure des cales. Une fois les formes adaptées, les clips peuvent être collés au scotch double face sur les cales, puis celles-ci sont contre-percées au diamètre de 4,2 mm pour des vis de fixation de diamètre 4 en inox.
Une fois les supports préparés, il faut présenter à nouveau la pagaie sur le kayak à l’emplacement marqué par le scotch, puis tracer au stylo-bille les contours des supports de pagaie. Après avoir retiré les supports de la pagaie, ils sont placés sur les emplacements tracés sur le scotch. Il est alors temps de percer le trou du haut et d’engager une vis de diamètre 4 inox dans le trou, puis de contre-percer le trou du bas. Cette opération est répétée sur les deux clips porte-pagaie munis de leurs cales.
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Matériaux nécessaires pour une fixation durable et sécurisée
Pour mener à bien cette installation, il est essentiel de disposer des bons matériaux. Outre les clips et les vis en inox de diamètre 4, vous aurez besoin de colle cyanoacrylate, d'un fil de nylon d’une longueur d’environ 2,50m et d’une section de 0,50, avec une petite boucle à son extrémité. Un fil de fer de 2,50 à 3m de long, dont le bout est replié pour former un petit crochet style chat d’aiguille, sera également indispensable. Des rondelles larges en inox et des écrous « Nil stop » de fixation complètent la liste des quincailleries. Pour les outils, une perceuse avec un foret de 0,6mm, une scie à métaux, une lime à grain fin, et une pince dont les becs sont protégés par du scotch papier seront nécessaires. Il est aussi recommandé d'utiliser des vis de 5cm de long au lieu des 3cm qui seraient normalement suffisantes, afin de faciliter le serrage, ainsi qu'un "soufre douleur" (un bout de plastique fin) pour protéger le clip lors de la coupe de l'excédent de vis.
Méthode de fixation pour les zones inaccessibles (clip arrière)
Pour le clip arrière, là où le bras n’est pas assez long pour atteindre la vis à l’intérieur du kayak, une technique astucieuse est requise. Il faut percer l'extrémité de la vis de fixation de diamètre 4 inox, avec un foret de diamètre 0,6, sur une profondeur d’environ 5mm. Dans ce petit trou, on colle à la colle cyanoacrylate le fil de nylon d’une certaine longueur en y faisant une petite boucle au bout.
Ensuite, avec un fil de fer d’environ 2,50 à 3m de long, dont le bout a été replié pour faire un petit crochet, on le glisse dans le trou fait sur le kayak, et on le pousse jusqu’à la trappe arrière. Une fois le crochet accessible, on y accroche la petite boucle de nylon. On tire alors le fil de fer en sens inverse, ce qui fait ressortir le fil de fer, le fil de nylon, la vis et sa rondelle large à l’emplacement désiré.
Le fil de nylon ayant fait passer la vis à l’emplacement désiré, on fait passer le fil de nylon dans le trou du clip et de sa cale d’épaisseur, puis dans la rondelle et l’écrou « Nil stop » de fixation. Avec la cale d’épaisseur et le clip passés sur le fil et mis en position de fixation, on tend le fil de nylon et on coince la vis en tension, avec le bout d’une pince dont les becs ont été protégés avec du scotch papier pour ne pas endommager les filets contre le clip. On commence alors à serrer l’écrou de fixation. Quand l’écrou est engagé sur la vis d’environ 8mm à 1cm, on libère la vis que l'on tenait avec la pince, et on la ressaisit sur ce centimètre au-dessus de l’écrou, ce qui permet d’amener l’écrou au contact du clip et de le serrer définitivement.
Fixation pour les zones accessibles (clip avant)
Pour le clip de fixation de pagaie à l'avant, le problème de l'accessibilité ne se pose généralement pas, puisque l'on peut atteindre les vis avec le bras en passant par la trappe avant du kayak. La procédure est alors simplifiée, ne nécessitant pas l'utilisation du système de fil de nylon et de fil de fer.
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Finitions : Coupe de l'excédent de vis
Pour effectuer la fixation et maintenir la vis pendant le serrage, il est judicieux d'utiliser des vis de 5cm de long au lieu des 3cm qui normalement seraient nécessaires. Ce faisant, une fois le clip serré, il reste un excédent de vis d'environ 2cm de longueur au-dessus de l'écrou de fixation qu'il faut couper. On glisse alors un "soufre douleur" (bout de plastique fin) entre la vis et le clip pour protéger ce dernier, et on coupe cet excédent au ras de l'écrou à la scie à métaux. On termine par un surfaçage de la coupe avec une lime à grain fin, afin que ça n’accroche pas. Cette opération est évidemment répétée pour la deuxième vis, pour que le clip arrière de pagaie soit définitivement fixé.
En cas de perte d'un accessoire : Technique de récupération
Au cas où une vis et son fil tomberaient malencontreusement à l’intérieur du kayak et que vous vouliez les récupérer, une astuce simple existe. Prenez un bout de fil de fer d’environ 2,5m, faites à une des extrémités un crochet assez large et à l’autre une sorte de petite manivelle. Engagez cet outil par la trappe et tournez la manivelle ; le fil s’enroule sur le crochet et vous pouvez retirer le tout sans vous embêter outre mesure, comme l'expérience l'a démontré.
Comprendre et choisir la pagaie de kayak idéale
Le choix de votre pagaie de kayak ne doit pas être laissé au hasard. C'est un élément crucial et indispensable qui vous permettra de vous orienter et d’avancer, influençant directement vos performances, votre confort et pouvant même prévenir les blessures. Que vous soyez un pagayeur récréatif ou un passionné de pêche, une pagaie bien adaptée permet d’améliorer vos performances, de réduire la fatigue musculaire, de prévenir les blessures (épaules, dos) et d’optimiser votre technique de pagayage.
L'importance d'un choix individuel et testé
La réponse à la question de savoir comment choisir sa pagaie est toujours la même : c'est individuel ! Rien ne vaut de tester un bon nombre de pagaies et de choisir votre favorite. Il est conseillé de commencer avec un produit de bonne qualité mais pas trop cher, comme un style Kober Active en 1,90m ou 1,95m, et de demander à toutes les personnes que vous croisez si vous pouvez tester leur pagaie. Tester différentes pagaies est la clé.
La longueur de la pagaie : Un facteur déterminant
La longueur de pagaie dépend de plusieurs facteurs essentiels : votre taille, la largeur de votre kayak et votre discipline. Une pagaie trop longue entraîne une fatigue rapide, tandis qu’une pagaie trop courte limite la puissance et peut empêcher de prendre de la vitesse comme il le faut sur certains passages critiques. Cependant, une pagaie courte permet de pagayer plus vite, et donc d'avoir de bonnes accélérations.
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Pour le kayak sprint, une pagaie généralement plus longue est préférée pour maximiser la puissance. Pour le surfski, une pagaie environ 5 cm plus courte est souvent choisie pour améliorer la cadence. En kayak de loisir, une longueur intermédiaire offre un bon compromis entre confort et efficacité. En freestyle et en rivière, la moyenne tourne entre 188 et 190 cm. Certains kayakistes en creek, par exemple, peuvent trouver qu'une pagaie de 1m90 est trop courte, tandis que d'autres, même avec des pâles "normales" et un manche droit, pourraient raccourcir leur pagaie pour atteindre des longueurs de l'ordre de 191/194 cm pour naviguer confortablement. Une pagaie de 198 cm asymétrique avec de grandes pâles est par exemple utilisée en creek. Cependant, une pagaie de 213 cm n'est pas très pratique au niveau fréquence, à part peut-être en descente ou en polo.
Le volume du bateau est également à prendre en considération : une pagaie courte sera intéressante pour le débutant et le rodéo, car il est difficile de faire des figures avec une pagaie encombrante. Une pagaie plus courte donnera plus de puissance dans les rivières difficiles, où les manoeuvres devront être très précises.
La largeur de votre bateau et votre taille sont déterminantes. Dans la plupart des cas, les kayaks gonflables sont généralement plus larges que les kayaks rigides et nécessitent donc une pagaie plus longue. D'après certaines expériences, une longueur de pagaie d'au moins 230 cm convient parfaitement aux pagayeurs de 5 pi 2 po à 6 pi 6 po de hauteur lorsqu'ils pagaient sur des kayaks spécifiques.
Pour vous aider à estimer votre longueur de pagaie, un tableau peut servir de guide (ces valeurs sont pour des bateaux de catégorie Medium) :
- Taille du kayakiste | Taille de la pagaie de kayak touring | Taille de la pagaie de kayak sportif
- 150 - 160 cm | 210 cm | 190 cm
- 161 - 170 cm | 215 cm | 195 cm
- 171 - 180 cm | 220 cm | 195 cm
- 181 - 190 cm | 225 cm | 200 cm
- 191 - 200 cm | 230 cm | 200 cm
Une méthode pour affiner ce choix consiste à s'asseoir sur une chaise ou sur le sol, et à mesurer la distance entre vos yeux et l’assise. Cette mesure peut ensuite vous aider à choisir votre pagaie en référence à un tableau plus spécifique.
Les pales : Forme et surface pour différents usages
La taille et la forme de la pale de votre pagaie influencent directement la puissance de vos coups de pagaie et votre endurance. Plus la pale est grande, plus la propulsion est forte, mais plus l’effort est important.
Pour les débutants, une petite surface est recommandée pour limiter la fatigue. Un pagayeur intermédiaire pourra opter pour une surface moyenne, offrant un bon équilibre entre puissance et endurance. En compétition, une grande surface est privilégiée, à adapter selon la puissance physique du pagayeur.
Il existe principalement deux grandes catégories de formes de pales :
- Pales "Low Angle" (fines et longues) : Ces pales vous permettront de parcourir de plus longues distances sans trop vous fatiguer, car une partie moindre de la pale rentre dans l'eau, sa prise en est donc affaiblie. Les pales low angle sont parfaites pour les randonnées en kayak. Le mouvement de la pagaie est plus circulaire, la prise d’eau est plus douce et les cadences sont moins élevées. Ce style est moins fatiguant pour les muscles et les articulations sur les longues sorties, et très bon également contre les pathologies du mal de dos. En revanche, la stabilité directionnelle sur les bateaux sans dérive ou gouvernail est moins bonne.
- Pales "High Angle" (larges, arrondies et courtes) : La prise d’eau avec cette forme de pale sera plus importante, par conséquent vous avancerez plus vite et pourrez être beaucoup plus dynamique et réactif. C'est le genre de pagaie à privilégier pour le kayak de slalom. La pagaie est proche de la carène du bateau, la stabilité directionnelle est bonne. C’est le coup de pagaie dynamique : les cadences sont élevées et la recherche de l’appui est importante. La puissance est l’objectif recherché pour faire soit des manœuvres rapides, un entraînement physique, ou évoluer dans des conditions difficiles. En revanche, ce sera une activité physiquement plus éprouvante, car le mouvement sera plus résistant et vous devrez pagayer verticalement.
On peut comparer cela au braquet de vélo : une pale large prend beaucoup plus d’eau et la cadence sera plus faible et nécessitera donc plus de puissance. La plupart des pales sont de taille et de forme très similaires et ont été conçues pour atteindre un équilibre dans l'efficacité de la pagaie en utilisant une forme asymétrique-diédrique. Cette conception permet de guider le flux d'eau sur la surface de la pale, réduisant ainsi les battements de la pagaie en dirigeant le flux le long de la face vers le bord extérieur.
Le manche de la pagaie : Matériaux et ergonomie
Le manche de la pagaie joue un rôle clé dans le confort et le rendement. Sa rigidité, sa forme et ses matériaux sont autant de facteurs à considérer.
Matériaux : Durabilité et PerformanceLa composition des matériaux de votre pagaie de kayak est assez importante et corrélée à votre niveau, généralement reliée à la fréquence de pratique. Choisir le bon matériau assurera la durabilité de votre pagaie de kayak et votre plaisir sur l’eau.
- Pales en plastique/nylon rempli de verre avec manche en aluminium : C'est le matériau le plus économique et le plus durable. Le manche en aluminium, très durable, pèse généralement plus lourd que les autres matériaux. Il a tendance à se corroder dans l'eau salée ou saumâtre et doit être rincé à l'eau douce après chaque utilisation. L'aluminium peut chauffer rapidement par temps chaud et être froid au toucher par temps froid. Ces pagaies robustes, simples et malléables sont adaptées pour les personnes débutantes qui ne pratiquent que ponctuellement le kayak.
- Manche et pales en fibre de verre : Un matériau durable, rigide et relativement sans entretien qui pèse généralement plus lourd que la fibre de carbone, mais qui est plus léger que les combinaisons de nylon rempli de verre et d'aluminium.
- Manche et pales en fibre de carbone : Ces pagaies sont les fameuses. Légères, techniques et puissantes, ces pagaies en carbone sont aussi plus fragiles en raison de leur composition. Elles sont recommandées pour les confirmés pratiquant souvent le kayak qui souhaitent investir dans du matériel de qualité onéreux. Très durables, extrêmement rigides et les plus légers, ce matériau ne se corrode pas non plus dans l'eau salée et conserve une sensation de confort en main lorsque les températures atteignent des niveaux extrêmes.
Les matériaux légers tels que la fibre de verre ou la fibre de carbone améliorent les performances en réduisant la fatigue, mais augmentent également le prix de la pagaie.
Rigidité du manche : Confort contre transmission de puissanceLe manche de la pagaie joue un rôle clé dans le confort et le rendement.
- Un manche souple absorbe les vibrations, le rendant idéal pour le confort et les longues sorties.
- Un manche rigide offre une meilleure transmission de puissance, adapté à la performance.
Forme du manche : Droit ou courbé ?Un manche courbé ou un manche droit a un impact sur la performance et le confort sur l'eau.
- Le manche droit reste le plus utilisé. Cela se traduit par moins de contraintes articulaires sur le poignet et beaucoup plus de surface en contact sur le manche. C’est une prise confortable.
- Les manches courbés (manches à angle) ont plusieurs courbes sur chaque côté des zones de préhension, tandis que les manches droits, comme leur nom l’indique, sont droits. Les manches courbés maintiennent les poignets à un angle neutre par rapport aux avant-bras tout au long de votre propulsion, ce qui est plus confortable et minimise l'inconfort et la fatigue des poignets.
- L’ovalisateur n’a pas de caractère obligatoire, mais apporte un confort supplémentaire sur la main qui contrôle le croisement, en général la main droite. C’est un plus également dans les conditions difficiles (esquimautage, navigation dans le fort courant, etc…) où il est difficile de savoir comment la main est placée par rapport à la pale.
L'angle de croisement (Feather) : Ajustement pour l'efficacité
Pensez à régler l’angle entre les pales afin que votre mouvement de poignée soit le plus fluide, le moins agressif possible et le plus adapté à votre pratique ! L'angle de pagaie correspond à l’orientation des pales entre elles. Vous ne prendrez pas du 25°, ni du 90° non plus, mais un angle intermédiaire selon votre usage.
Nous devons cet angle de croisement aux coureurs de kayak de course en ligne. Ceux-ci se sont aperçus que les pales formant un angle de 90° l’une par rapport à l’autre offraient nettement moins de résistance aérodynamique que la pale aérienne. Les pales plumées sont décalées les unes par rapport aux autres, ce qui améliore l'efficacité de la pagaie en réduisant la résistance au vent.
Suivant l’angle que vous choisirez, il y aura une rotation du poignet différente :
- Pour la pratique du kayak réactif en eau vive, privilégiez un angle entre 0 et 45° pour votre pagaie de kayak afin de moins perdre de temps et d’économiser vos mouvements de rotation du poignet.
- Pour la pratique du kayak randonnée / touring, optez pour un angle entre 45 et 90° dans le but de limiter la prise de vent et d’éviter une perte d’énergie.
Par exemple, après plusieurs essais, un pagayeur peut choisir un angle compris entre 40 et 45°, fait à l'œil et au ressenti.
Personnalisation avancée et entretien de la pagaie
Au-delà du choix initial, la vie d'une pagaie de kayak est souvent jalonnée de personnalisations et d'un entretien régulier, permettant d'adapter l'outil à l'évolution des pratiques ou de réparer un équipement pour prolonger sa durée de vie.
Pagaies fixes vs. réglables : Choix et fonctionnalités
Le type de manche de votre pagaie peut varier en fonction de l’encombrement et de la flexibilité désirée :
- Les manches de pagaie fixes (Mono) : En un seul morceau, ils garantissent une grande solidité, cependant ils sont aussi plus encombrants et leur taille ne peut pas être réglée. Certains puristes ne jurent que par les pagaies fixes.
- Les manches de pagaie en 2 parties : C'est un compromis idéal entre robustesse et facilité de transport et de rangement. Ces manches offrent aussi la possibilité d’être réglés plus facilement.
- Les manches de pagaie en 4 parties : De loin les plus compacts pour les transporter et voyager, ils sont aussi les plus susceptibles de s’abîmer au niveau de leurs nombreuses jonctions.
Les manches des pagaies réglables sont tout de même plus pratiques afin d’être ajustés à la personne et à la pratique. Notre technologie de fabrication unique permet de conserver les valeurs de flexion de nos tubes malgré le manchonnage, car la plupart des systèmes proposés manquent de fiabilité dans les blocages en rotation. Pour cela, des systèmes de réglage ont été développés :
- Quick-Lock : Offre 10 cm de réglage et un choix d’angle de croisement infini, permettant d’ajuster sa pagaie avec une plus grande finesse.
- Vario S-Lock 2 : Cette évolution du système S-Lock est légère et compacte, fonctionne sans outils, et offre la même amplitude de réglage (10 cm) que la Vario S-Lock avec un choix d’angle de croisement infini. Extrêmement rapide à utiliser, il permet d’ajuster sa pagaie avec une extrême finesse. Le système de blocage de certaines pagaies peut se gripper malgré un rinçage à chaque sortie, et avoir un petit clip qui rend sa manipulation difficile.
Adapter la longueur de sa pagaie existante : Le raccourcissement
Il peut arriver que l'on souhaite raccourcir le manche de sa pagaie, par exemple, pour une pagaie Double Dutch. La question est alors de savoir comment démonter la pale, raccourcir le manche, puis recoller la pale. Il devrait rester un bout de manche d'environ 12 à 15 cm dans la pale après la coupe.
Identification et décollage de la colle :La première question à se poser est de savoir quel type de colle a été utilisée pour coller les pales.
- Colle thermoplastique ("colle à chaud") : Un simple sèche-cheveux suffira à décoller les pales. Il faut chauffer progressivement au niveau du manchon et au bout de 10 minutes, maintenir bloqué soit la pale soit le manche et tourner l'autre partie pour la décoller. Le montage à la colle à chaud peut convenir pour une pagaie montée par le milieu (manchon central), parce que dans ce cas elle n'est pas trop sollicitée. Bien que moins performante, elle permet de coller et décoller rapidement, ce qui est utile en phase de test pour la longueur de pagaie.
- Araldite : Chauffez très, très doucement au niveau du manchon et pas à 2cm des manchons ! Sinon, vous risquez de tellement chauffer que vous calcinerez la résine de votre manche et manchon, rendant le tout inutilisable. Si c'est de l'araldite, on essaie au fur et à mesure de décoller la pale de la même manière que pour la colle à chaud, en chauffant toute la longueur du manchon, mais sans trop pour justement ne pas l'endommager. Une opération de décollage du manche peut révéler la présence d'une vis pour empêcher le manche de tourner, cachée sous la gaine thermo de la pagaie ; il faut alors enlever cette vis avant de chauffer et tourner.
- Époxy "pure" : Pour ma part, je ne m'y attaquerais pas par la température ! À la rigueur, coupez le manche à la longueur que vous désirez, en étant sûr de ne pas couper le manchon avec.
Une autre méthode pour l'Araldite, si la pale est difficile à décoller, consiste à scier directement le manche à la bonne taille. Puis, on scie en spirale le manche de la pale "libre" et on l'arrache du manchon.
Procédure de découpe du manche :Après avoir décollé la pale, on peut découper le manche. Il vaut mieux couper le manche un peu plus long que ce que l'on pense être la taille optimale. Car si l'on s'aperçoit que c'est trop court, c'est trop tard, tandis que l'on pourra toujours raccourcir.
Ré-encollage des pales :Beaucoup collent à l'araldite rouge, qui est une prise rapide. L'Araldite bleue est pour la prise progressive. Il faut utiliser de l'araldite lorsque l'on est certain de la longueur de manche, car elle offre de meilleures propriétés. Pour recoller la pale, on met de l'araldite (rouge) sur le manchon et dans le manche, on fait bien glisser à l'intérieur, on tourne, on ressort. Un bout de scotch peut être utilisé pour boucher le trou de la vis précédemment retirée avant de recoller la pale à l'araldite. Pour l'étanchéité, on peut utiliser un petit fil de fibre. Un fil de verre suffira si l'on n'a pas de fibre de carbone ou de carbone-kevlar. Si une vis était présente pour empêcher la pale de tourner, il est souvent conseillé de la supprimer pour éviter des problèmes de torsion future.
Transformer une pagaie mono-section en bi-section
Transformer une pagaie d'une seule section en deux sections peut être une solution pratique pour le transport et le rangement, et peut rendre une pagaie de secours plus adaptée à son gabarit et son pagayage. Une telle modification peut faire gagner en poids et rendre le système de blocage plus simple et moins susceptible de se gripper.
Procédure :1. Avec un crayon marqueur, faire une ligne dans le sens du manche de la pagaie.
- À l'aide d'une scie à onglet électrique, couper le manche de la pagaie. C'est un moment qui peut pincer le cœur.
- Insérer un tube de raccord pour être certain que le diamètre est compatible avec celui du manche. Attention, il faut que le diamètre intérieur du tube corresponde au diamètre extérieur du manchon. Il est parfois nécessaire de se rendre chez un spécialiste pour faire mesurer le diamètre.
- Insérer la seconde partie de la pagaie sur le tube de raccord et mettre en ligne le trait de crayon qui avait été fait sur le ruban adhésif.
- Trouver un foret du même diamètre que le dispositif de blocage choisi.
- Séparer le manche de la pagaie une fois le dispositif installé.
Le dispositif de blocage est un élément clé. On peut trouver son bonheur pour ce système de blocage chez des revendeurs spécialisés, qui proposent parfois un système de montage/démontage par clip utilisable sur pagaie aluminium.