L'Harmonie Océanique : Entre Mythe et Réalité de la Surf Music

L’osmose entre la glisse et la note bleue

Et si on parlait de « musique surf » ? On ne prend pas trop de risque à dire que le surf et la musique sont bons amis ! Ce n’est pas rare de voir des surfeurs eux même faire de la musique… Musicien(ne)s ou chanteurs(/ses). Certains surfeurs troquent leur planche pour un micro ou une guitare. Le soleil chauffe votre peau, les glaçons du cocktail rafraîchissent votre glotte, c’est l’été, vous êtes bien, légère brise sur les épaules, pieds dans le sable face aux vagues. Et cette musique entraînante en fond. Vous validez tout cela, mais êtes totalement étranger au surf rock ?

Les rapports entre rock et surf remontent au début des années 1960. À l’époque, la surf music naît quand des surfeurs californiens montrent les films de leurs exploits dans des salles de la Côte ouest, en demandant à des amis musiciens, comme Dick Dale ou The Ventures, d’illustrer en direct leurs documentaires de rock instrumental. Avec des groupes comme les Beach Boys ou le duo Jan & Dean, le genre évolue ensuite en chansons plus pop, chroniques de l’hédonisme californien. Après une période de creux, la musique surf revient dans les années 1980, électrisée par le punk et l’influence urbaine des skaters.

Figures de proue : de la légende aux nouveaux talents

Commençons par Mesdames avec Justine Mauvin. Longboardeuse française, mais aussi guitariste, compositrice et chanteuse, elle allie ses passions pour le surf et la musique. Deuxième surfeuse chanteuse, la championne d’Europe de surf franco-américaine Lee-Ann Curren. Elle chante et joue de la guitare et fait partie du groupe aux influences musicales diverses : « Betty the shark ». Si le nom Curren vous est familier, c’est normal… Lee-Ann Curren est la fille de Tom Curren, légende du surf. Parler de surf et musique sans parler de Tom Curren c’est difficile ! 3 fois champion du monde de surf, le californien désormais cinquantenaire est aussi à l’aise muni d’une guitare et d’un micro.

Commençons par le surfeur le plus populaire au monde : Kelly Slater ! Plus connu pour ses 11 titres de champion du monde, il s’essaie de temps en temps à la musique et le résultat est plutôt cool… Qui sait, la reconversion de Kelly Slater passera peut-être par la scène et les studios ? Dans la série surfeur et musicien on demande Donavon Frankenreiter. Peut-être moins connu en tant que surfeur que les 2 légendes citées précédemment, l’artiste surfeur Donavon mérite bien sa place dans la playlist surf ! Ancien surfeur professionnel, l’homme à la moustache fait même partie de la team Billabong.

Tous les passionné(e)s de surf devraient connaître Jack Johnson. Avant de se mettre à la musique et d’y faire carrière, il avait lui aussi commencé en tant que surfeur pro ! Il a été contraint d’arrêter le surf à cause d’une blessure alors qu’il n’avait même pas 20 ans. Dimitri Ouvré en est une autre preuve. Le surfeur originaire de St-Barth s’est essayé à la musique à la suite d’une blessure et c’est devenu une véritable passion. Il est même en train de monter un groupe avec un de ses amis, « DMC Mob ». Autre nom mythique de la scène surf music, Ben Harper est un artiste californien qui mêle lui musique et surf. On retrouve souvent l’océan, les vagues, les planches de surf dans ses clips. Il propose une musique apaisante notamment guitare en mains.

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L’héritage du King Of Surf Guitar : Dick Dale

Le merveilleux gaucher surnommé le King Of Surf Guitar. Dick Dale est son nom. Né en 1937 à Boston, américain d’origine libano-polonaise du nom de Richard Anthony Monsour. Une partie de son enfance au Liban aura une influence sur son jeu de guitare très personnalisé pour ne pas dire unique. Avec des performances avec son oncle qui faisait de la musique pour des danseuses du ventre, cette facture de forme de musique lui donnera l’occasion de l’élaborer sous une forme rock à l’oriental.

Début d’enregistrement avec Let’s Go Trippin (1962) considéré comme le premier morceau de surf Rock. Sa popularité prit de l’expansion lors de sa signature avec Capitol Records qui réédita son premier long jeu Surfer’s Choice (1962). En 1962, une apparition au célèbre Ed Sullivan Show fera de lui un artiste plus en demande. Il a récréé l’expérience du surf music pour simuler les vagues se brisant avec force sur les côtes du Pacifique de la Californie avec sa technique du Twang. Dû à la force de frappe sur ses cordes et du son assez lourd, il fut reconnu comme étant un rouage majeur de la création du Rock Heavy Metal. Tout ça avec des amplis de Fender, une 100 watts, la Dual Showman à lampes.

Donavon Frankenreiter : l’icône néo-hippie

« Surfing is my life and music is my religion ». Avec sa moustache et sa glisse oldschool, Donavon Frankenreiter est aussi connu pour son talent de surfeur que pour ses nombreux hits. Free surfeur songwriter dans l’âme, il mélange style retro, mélodies groovy et folk pêchue à des textes empreints de notes peace and love. Né en 1972 dans le sud de la Californie, il ride des BMX avant de se passionner pour le surf.

En 2004, il sort son premier album folk : intitulé de son nom et enregistré en Australie, l’album fait un carton grâce aux hits Free (en duo avec son pote Jack Johnson), Swing on Down et What Cha Know About. Poilu, façon backpacker en tongs, militant auprès des Surfrider Foundation, Plastic Pollution Coalition, SurfAid et Love Hope Strength Foundation, Donavon Frankenreiter trace sa route et devient vite le gourou chantant des altermondialistes. Très connu pour sa moustache, Donavon Frankenreiter est le néo hippie surfeur, militant pacifiste, qu’on rêve d’avoir comme grand frère.

Déconstruction des clichés du monde du surf

Avouons-le, dès qu’il est question de surf, notre cerveau a tendance à faire des raccourcis. Quel que soit notre genre, ce sport nautique génère fantasmes et idées reçues. Nous avons recensé ici 5 clichés qui perdurent dans l’imaginaire collectif et alimentent le mythe du surfeur, pour mieux les démonter. Que celui ou celle qui n’a jamais imaginé un surfeur au volant d’un van lève la main !

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Dans la réalité, on est bien loin du mythe du surfeur en marge de la société. Les adeptes de ce sport sont surtout des citadins qui profitent de leurs congés ou de leurs week-ends pour s’adonner à leur passion. Quant à ceux qui vivent près de l’océan, le quotidien les oblige souvent à taquiner les vagues pour un court instant après le travail. On remerciera Point Break et son gang de surfeurs-braqueurs de banque, ou Hartley Cœurs à vif et ses ados rebelles adeptes du longboard. À n’en pas douter, les années 90 ont forgé le mythe du surfeur, à travers ses films et séries télévisées. Mais, si on remonte un peu plus dans le temps, on est en droit de se dire que cette image découle des bandes australiennes et californiennes nées de la révolution culturelle des années 60.

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