La Clé de Voile Touareg: Un Symbole Raffiné de la Culture Nomade

Introduction

Les Touaregs, ou Kel-Tamasheq (ceux de la langue tamasheq), sont un peuple nomade du Sahara central, réputés pour leur artisanat unique, notamment leurs bijoux en argent. Parmi ces créations, la clé de voile occupe une place particulière. Cet article explore la signification et la symbolique de cet objet précieux dans la culture touarègue.

Les Touaregs: Gardiens d'une Culture Ancestrale

Kel-Tamasheq: L'Appellation Authentique

Le terme "Touareg" est une appellation française utilisée depuis le 19ème siècle. Les membres de cette communauté se nomment eux-mêmes Kel-Tamasheq, signifiant "ceux qui parlent le tamasheq". Cette distinction met en évidence l'importance de la langue et de l'identité culturelle au sein de ce peuple nomade.

Un Artisanat Renommé

Les Touaregs sont reconnus pour leur artisanat, et surtout pour leurs bijoux en argent, considérés comme de véritables merveilles. Par superstition, les femmes touaregs ne portent jamais d'or. Les bijoux sont donc tous en argent, faisant partie du patrimoine de chaque famille. Ils ont une valeur symbolique, mais aussi bien réelle, car ils servent d'économies et de monnaie d'échange.

Matériaux et Fabrication

Les bijoux touaregs sont réalisés en Argent 925 %, ébène et pierres fines. Du fait de leur fabrication artisanale, ils diffèrent tous légèrement les uns des autres (motifs, teintes, forme). La quantité d’argent nécessaire à la fabrication d’un bijou est fondue dans un petit creuset. Le lingot obtenu est coupé si nécessaire en différentes morceaux pour la réalisation de bijoux touaregs complexes comme les colliers et pendentifs ornés de pierres semi-précieuses (agate, cornaline…).

Le Statut des Forgerons

Il n'y a pas de tradition écrite chez les Touareg. De ce fait, l'origine des bijoux anciens se perd dans la nuit des temps. Seuls aujourd'hui les forgerons peuvent apporter leur témoignage et leur savoir-faire transmis oralement de génération en génération. Artistes créateurs, maitrisant le feu et le travail du métal, les forgerons conservent un statut particulier dans les villages. Ils fabriquent des objets devenus emblèmes de la société touarègue : selle de chameau (tamzak), épée (takouba), matériel de voyage… Ils réparent tous les objets nécessaires au quotidien des Touareg, mais ils peuvent jouer un rôle d'intendance ou de relations publiques, voire diplomatique. Ils conservent toutefois une image de sorciers très vraisemblablement liée au travail du feu et à la transformation du métal.

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L'Approvisionnement en Métaux

La majorité des bijoux touaregs est réalisée en argent, mais le cuivre et quelquefois l'or sont utilisés. Il n'y a pas de production d'argent dans les zones où vivent les Touaregs. Le métal utilisé provient de récupération d'objets ou de pièces de monnaie importées. L'or symbolise le soleil, la chaleur intense, la soufrance et la soif.

Le Processus de Création d'une Croix

Chaque branche de la croix indique un des 4 points cardinaux. Pour réaliser une croix, l'artisan confectionne la forme du bijou en cire dure par martelage et taille au couteau. A la fin de cette opération, la cire représente exactement le bijou (même épaisseur, même forme). Le modèle est ensuite moulé dans un mélange d'argile et de crotte d'âne en ménageant une ouverture au sommet. Après séchage, l'ensemble est chauffé, la cire liquide évacuée, le métal préalablement fondu dans un creuset coulé dans le moule vide. Après solidification du métal, l'artiste casse le moule, place le bijou brut dans un bain de sels chaud puis effectué enfin le polissage et la décoration à l'aide de limes, burins et poinçons. Le moule ne sert donc qu'une seule fois indiquant ainsi que chaque croix est unique.

La Clé de Voile: Un Objet Précieux

Fonction et Symbolique

Les clefs de voile sont des clés de cadenas fermant le coffre aux objets précieux. Elles témoignent de l'importance accordée à la protection des biens les plus précieux au sein de la communauté touarègue.

Au-delà de la Décoration

Outre leur fonction décorative, les bijoux ont en règle générale valeur de message et situent l'individu qui le porte dans sa famille ou dans la société en fonction du rang qu'il occupe.

Une Épargne Précieuse

Les Touareg ne sont particulièrement pas attachés aux choses matérielles. Les bijoux sont plutôt considérés comme une "épargne" qui sera utilisée en période difficile (sécheresse par exemple).

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Exemples de Bijoux Touaregs

La Croix du Sud d'Agadez

Large bague gravée en argent massif 925 représentant la Croix du sud d'Agadez, de Timia et le symbole tifinagh. La Croix du sud d'Agadez (ou d'Agadès) est le bijou emblématique traditionnel des bijoutiers du Niger. Ces différentes Croix symbolisent les villes du Niger et avaient pour but de reconnaître facilement la provenance des personnes qui la porte.

La Croix de Timia

La Croix de Timia est présente dans le désert saharien et est également portée par les touaregs.

Le Symbole Tifinagh

Le symbole tifinagh est une lettre de l'alphabet berbère, appelée yaz.

Khomeisa

Khomeisa : Pectoral à 5 losanges très apprécié par la femme touarègue .

Le Hoggar et les Touaregs : Une Histoire de Résilience

L’histoire du Hoggar et de ses habitants, les Touareg, n’a été qu’une suite ininterrompue de luttes contre les différents envahisseurs depuis les temps les plus reculés. Les Touareg, à l’instar des autres habitants du Maghreb, sont de coutume orale, ne possédant que peu ou pas d’écrits. Il est donc très difficile de retracer une histoire dans les dires des habitants, de discerner ce qui est historique de ce qui est pure légende, et surtout de situer, même approximativement, les événements dans le temps et l’espace.

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Sources d'Information et Interprétations

Ces trois sources de renseignements doivent être interprétées et les conclusions des spécialistes qui les ont utilisées sont complètement divergentes. Il est certain, et cela a été prouvé de façon irréfutable, que le Sahara entier a été habité aux temps préhistoriques ; les vestiges des ères de la pierre taillée ou polie, ainsi que les peintures rupestres que nous retrouvons partout en témoignent. On en est donc réduits à de simples hypothèses, à des recoupements et des rapprochements chronologiques avec des régions connues. De très nombreuses et magnifiques peintures et gravures rupestres sur les rochers, le plus souvent dans des grottes où la température est constante, se trouvent dans le Hoggar en particulier, et à travers le Sahara en général.

Le Squelette d'Asselar

Le plus ancien squelette retrouvé au Sahara est celui de d’Asselar. Ce squelette fut étudié et on lui trouva des caractères négroïdes ; il date probablement du paléolithique supérieur. D’autres ossements, assez rares, qui appartiennent à des individus de race noire, ont été retrouvés. Par contre, dans les tombes d’époques plus récentes (début de l’ère chrétienne) les types dolichocéphales semblent dominer, tandis que plus tard, à partir du IIIe siècle, il s’établit un équilibre relatif entre les deux races. Dans certaines reproductions anciennes, on a cru reconnaître des Libyens, dont la tenue et la morphologie ressemblent étrangement à certaines peintures rupestres ; puis on retrouve plus tard des coiffures qui rappellent les nattes des Touareg. Il est évident qu’il existe une ressemblance certaine entre ce qui est représenté en Libye et ce que nous retrouvons dans les peintures rupestres du Hoggar.

L'Histoire à travers les Sources Antiques

Avec les Grecs, nous entrons dans une phase où l’histoire est traitée rationnellement. Nous y trouvons une recherche méthodique du renseignement, un souci de vérité géographique et historique. Par la suite, Platon et d’autres n’ont fait que reprendre la version d’Hérodote, sans rien y apporter de nouveau. Le Romain Pline nous apporte très peu de renseignements ; quelques noms de peuplades, qu’il faut interpréter, mais il est certain qu’il a compilé les auteurs grecs. Ptolémée, au IIe siècle après J.-C., donne une description plus précise du pays, ou du moins une esquisse que l’on peut à la rigueur faire coïncider avec le pays.

Les Géographes Arabes

Le premier en date est Ibn-Hankal qui écrivit, un peu avant l’an 1000 de l’ère chrétienne, puis El-Idrissi, et enfin le plus prestigieux des géographes et voyageurs arabes, Ibn Batouta, qui parle de l’Ahaggar, tribu autochtone, portant sur la figure le "litham" ou voile. D’autres n’ont fait que reprendre les descriptions du grand géographe arabe, tels Ibn-Khaldoun, Léon l’Africain, etc.

Le Matriarcat Touareg

Dans les périodes éloignées, les faits historiques étaient encore entremêlés avec les légendes. Il est possible, sans trop de lacunes et d’erreurs, de revenir aux environs de 1680, où le sultan tyrannique Gomma, voyant son royaume menacé par un soulèvement général, le partagea entre ses filles en autant de fiefs héréditaires, afin d’éviter l’intrusion d’étrangers. Ses filles ne devaient épouser que des Cheurfas nobles, ainsi que leurs descendantes. Telle serait la coutume matriarcale du pouvoir et de l’héritage dans le Hoggar et chez les Touareg.

Salah et la Répartition des Terrains

Au début du XVIe siècle, un guerrier de la tribu des Kel Ahaggar, du nom de Salah, prend le pouvoir, élimine tous ses adversaires et s’empare du titre d’Amenokal. De cette époque date la répartition des terrains de parcours des Imrads (tribus vassales) qui était encore valable avant 1962. Les dix filles et fils de Kella seront le point de d…

Le Sahara: Un Ecosystème Unique

La Faune Saharienne

Chameaux, dromadaires et chèvres sont bien sûr les animaux qui nous viennent à l'esprit mais ceux-ci sont des animaux domestiqués par l'homme. Le chameau a toujours été l'animal favori des nomades, en raison de ses qualités bien connues de sobriété, d'endurance et de rapidité. Le chameau a deux bosses, le dromadaire, lui, n'en a qu'une seule. Le scorpion jaune à large queue nous est aussi bien connu. Il peut mesurer 10 cm de long. L'addax, grande antilope blanche, est une espèce menacée. Le guépard saharien vit au Niger, au Mali et au Tchad. Il en reste seulement quelques centaines. Très émotif, évitant toute présence humaine, le guépard fuit le soleil d'avril à octobre. Il existe bien sûr d'autres animaux dans le désert (des oiseaux notamment), mais les animaux cités plus haut sont les plus représentatifs du Sahara.

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