L'expression "claire-voie" revêt des significations diverses et riches, tant dans le domaine de l'architecture contemporaine que dans celui de la navigation maritime, notamment à bord des voiliers. Ce terme, qui évoque la lumière et l'ouverture, désigne des concepts distincts mais intrinsèquement liés à la fonctionnalité et à l'esthétique. Dans le contexte architectural, le bardage claire-voie est devenu la signature des architectures contemporaines, offrant une esthétique particulière aux façades. Sur un voilier, une claire-voie est une ouverture essentielle, permettant l'aération et l'apport de lumière. Comprendre la claire-voie dans ces deux univers implique une plongée dans des vocabulaires techniques spécifiques, allant des essences de bois utilisées pour les bardages ajourés aux composants complexes du gréement et de la charpente d'un navire.
La Claire-Voie Architecturale : Design et Fonctionnalité
Le concept de claire-voie, lorsqu'il s'applique au bardage ajouré, crée un jeu d’ombres et de lumières unique qui donne du relief, de la légèreté et un aspect très « aérien » aux façades. Ce design est prisé pour son esthétique moderne. Avant toutes choses, il faut savoir que l'on peut opter pour deux types de bardages de ce genre. Dans les deux cas, la pose d’un bardage en bois claire-voie n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît, car le bardage ajouré ne tolère pas l'improvisation.
On distingue principalement le vrai claire-voie et le faux claire-voie, ou profil d’imitation. Le vrai claire-voie se compose de tasseaux ou clins individuels fixés un par un sur une ossature, offrant un relief authentique. En revanche, le faux claire-voie est constitué de lames de bardage pleines, usinées en usine pour imiter le relief du claire-voie, présentant un avantage en termes de simplicité d'installation.
L'installation réussie d'un bardage claire-voie repose sur plusieurs éléments techniques cruciaux. Concernant l’ossature, il est impératif d'utiliser des tasseaux d’une épaisseur minimale de 27 mm pour garantir une lame d’air suffisante, essentielle à la bonne ventilation du mur. Pour les fixations, il faut opter impérativement pour des vis ou pointes en inox afin d'éviter les coulures noires de rouille sur le bois, préservant ainsi l'esthétique et la durabilité de la façade.
Un élément clé du bardage ajouré est le pare-pluie. La question de sa nécessité est catégoriquement positive : oui, l’installation d’un pare-pluie technique est obligatoire. C’est pourquoi le secret d’un bardage claire-voie réussi réside dans sa sous-couche. Ce dispositif technique assure l'étanchéité à l'eau tout en permettant l'évacuation de la vapeur d'eau, protégeant ainsi l'ossature du bâtiment.
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Le choix de l’essence de bois est également déterminant pour l'esthétique de la façade, sa durabilité et le budget. Plusieurs options sont disponibles, chacune avec ses caractéristiques propres. Le Douglas Français représente un choix local et économique, un bois authentique avec un veinage marqué, naturellement de classe 3 (adapté à l’extérieur), offrant le meilleur rapport qualité/prix du marché. Le Mélèze, lui, est le choix robuste des montagnes : un bois résineux dense avec de petits nœuds discrets, très résistant face aux climats rudes et aux intempéries grâce à sa croissance lente. Pour une alternative éco-responsable avec une esthétique moderne et contemporaine sans nœuds, le Pin Thermo-traité (THT) est une option intéressante. Ce pin est chauffé à haute température sans produits chimiques, ce qui le rend totalement imputrescible, stable et insensible aux insectes. Le Red Cedar Canadien incarne le haut de gamme intemporel avec un rendu prestige et une grande finesse visuelle, possédant une stabilité dimensionnelle exceptionnelle (le bois ne bouge pas) et une durabilité naturelle qui traverse les décennies. Enfin, pour une touche d'exotisme et des lignes de claire-voie parfaites, le Padouk Africain est un bois exotique d’une dureté et d’une stabilité absolues.
La Claire-Voie Maritime : Lumière et Aération à Bord
Sur un voilier, le terme "claire-voie" prend une signification pratique et essentielle. Il désigne une ouverture pratiquée dans le pont ou les superstructures d'un bateau, dont la fonction principale est de permettre l'aération et l'apport de lumière naturelle à l'intérieur des aménagements. Au premier plan, sur le pont de l'Étoile Polaire, on voit une claire-voie, qui peut être entr'ouverte pour l'aération. Les vitres de ces ouvertures sont généralement protégées contre les chocs par une armature métallique, garantissant leur résistance aux rigueurs de l'environnement marin. L'encadrement de ces ouvertures, qu'il s'agisse d'écoutilles, de claire-voie, de cockpit ou de superstructures, est appelé hiloire. Cette pièce est cruciale car elle empêche l’eau de pénétrer à l'intérieur du navire, assurant ainsi l'étanchéité. Une claire-voie peut parfois évoquer le caillebotis, une structure ajourée qui, tout en laissant passer l'air et la lumière, offre une surface praticable ou une protection.
L'Anatomie du Voilier : Structure, Pont et Superstructures
L'architecture d'un voilier est une ingénierie complexe, où chaque pièce a une fonction précise, contribuant à la solidité et à la navigabilité du navire. Au cœur de la charpente axiale se trouvent des pièces maîtresses comme l'étrave, située à l’extrême avant, et l'étambot, qui s’élève sur l’extrémité arrière et reçoit le gouvernail. L’ensemble est complété par la quille, la partie lestée sous le voilier permettant de faire contre-poids et d'assurer la stabilité.
La charpente transversale est constituée de couples, des éléments formés de deux membres symétriques, comportant les allonges de fond, genoux, allonges des hauts et jambettes, réunis à la base par une varangue. La varangue est la pièce inférieure d’un couple, dont elle relie les deux membres. L'assemblage de ces éléments est souvent réalisé avec des entailles pratiquées dans deux pièces de charpente, appelées adents, afin de les assembler solidement.
L'enveloppe extérieure du bateau est formée par le bordage ou virure, qui désigne chacune des planches recouvrant la charpente de la coque. Plusieurs bordages mis bout à bout, de l’avant à l’arrière du bateau, forment une virure. La virure supérieure du bordé, juste sous le plat-bord, est souvent plus forte que les autres et se nomme la préceinte. Sur un bateau en bois ponté, le pont est supporté par la serre-bauquière et par des poutres transversales appelées barrots, autrefois baux. La serre-bauquière est une ceinture ou serre intérieure en bois qui relie, à la hauteur du pont, les couples entre eux, et reçoit les extrémités des barrots qui sont encastrés. Le barrot, pièce de bois transversale, supporte le pont et sert également de raidisseur à l’ensemble, en maintenant écartés les côtés du navire. L’ensemble constitué par la serre-bauquière, les membrures et la préceinte à l’extérieur est difficilement déformable et contribue pour beaucoup à la solidité du bateau. Le plat-bord est une pièce longitudinale, posée à plat, qui recouvre les têtes des allonges et compose les bateaux pontés, ou la lisse de plat-bord pour les embarcations. Le terme maître-bau désigne encore l'endroit où la largeur du bateau est la plus grande. La partie arrière terminant le bateau est le tableau, plus ou moins développée, verticale ou à quête, constituée d’un plateau d’un seul morceau ou d’un assemblage de bordés. Une voûte peut prolonger l'étambot, ou bien il supporte directement le tableau. En Méditerranée, deux pièces de bois qui traversent la préceinte à l’arrière, fixées sur un barrot, sont appelées oreilles.
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Sur le pont d'un voilier, diverses superstructures et aménagements sont présents. La gabare Dahl Mad est entièrement pontée, avec un plat bord d'un bleu plus clair que la coque. On remarque sur le pont des superstructures peu élevées peintes en blanc, appelées roufs (ou roofs). Sur ces roufs se trouvent des capots ouvrants, bleus, encore appelés écoutilles. Le grand rouf du milieu de la gabare Dahl Mad est l'ancien panneau de pont, car la gabare est la réplique d'un ancien navire de charge qui possédait une cale occupant la majeure partie du volume du bateau. On pouvait y charger toutes sortes de marchandises, mais l'usage principal a été le transport de sable. Parfois, le pavois est absent, la coque et le pont étant assemblés ou soudés au niveau du liston, comme le montre la vue du yacht Cotton Blossom. On remarque aussi le cockpit, dont le fond est au-dessus de la flottaison. Pour un voilier destiné à un usage hauturier, on rajoute souvent des filières, solides câbles métalliques supportées par un balcon avant, un balcon arrière et des chandeliers, augmentant la sécurité à bord.
Les ouvertures dans le pont et les superstructures, parfois très discrètes ou parfois imposantes, permettent de reconnaître les voiliers habitables. Les descentes, comme leur nom l'indique, permettent d'entrer à l'intérieur du bateau. Les petits voiliers habitables n'en ont qu'une, à l'arrière, donnant sur le cockpit quand il y en a un. Elles sont en général intégrées à un rouf et comportent une ou quelques marches. Sur les bateaux moyens, il y a une autre descente à l'avant, donnant sur le poste avant où loge l'équipage, la cabine arrière étant le domaine du propriétaire, du patron et des officiers s'il y en a. La photo du pont du dundée Morgatois montre la descente, en avant du mât, avec les 2 demi-portes pivotantes ouvertes. La descente du dundée Étoile Molène se ferme à l'aide de 2 panneaux de bois qui coulissent verticalement dans 2 glissières ; le panneau supérieur a été enlevé, et le panneau inférieur, en place, est séparé du pont par une planche fixe et étanche, le capot supérieur étant coulissant. L'image de la descente arrière du dundée Nébuleuse, vue de l'intérieur, révèle au fond de la coursive assurant la communication entre l'arrière et l'avant du bateau, l'échelle de descente. Comme elle est assez raide, on doit toujours la descendre à reculons, pour une raison de sécurité.
Sur les grands voiliers d'autrefois, la cuisine était souvent le seul rouf. Il existe aussi des roufs beaucoup plus bas, dont le rôle est d'augmenter la hauteur intérieure du bateau. Sur une vue nocturne, depuis le carré du dundée Nébuleuse, on voit un panneau vitré qui peut s'ouvrir en coulissant vers l'arrière. Le sloop Orana possède un rouf discret en bois verni, typique des yachts "classiques". Un petit voilier de plaisance de la série Kelt 5,50, par exemple, possède un rouf sans lequel la cabine aurait une hauteur "sous barrots" bien faible. Le rouf d'un bateau de course moderne, comme un BT, se prolonge, au-dessus du cockpit, par une casquette qui offre une protection relative au barreur contre les paquets de mer. Ceux-ci s'évacuent facilement grâce aux larges ouvertures dans la paroi arrière du cockpit.
Un cas particulier de rouf ou de deckhouse est la chambre de veille, ou chambre des cartes, située sur la dunette près de la barre. Sur l'image de la goélette à trois mâts Hendrika Bartelds, on voit la chambre de veille, en bois verni, juste devant la barre. Plus en avant, un rouf occupe toute la largeur du navire. La dunette du Belem est vue du spardeck, un pont supérieur qui peut se trouver au-dessus du pont principal. Le spardeck est soutenu par des "poutres" verticales (spar peut être traduit par espar) et est partiellement soutenu par un rouf, dont il constitue le toit. Il est généralement au même niveau que la dunette et que le gaillard, quand ils existent, et leur est parfois réuni par des passerelles. Le deckhouse et le spardeck de Hendrika Bartelds sont vus de 3/4 avant, avec les poutres blanches soutenant extérieurement le spardeck distinctement visibles. Le spardeck du Belem est vu de la vergue de grand-voile. En haut de l'image, on voit le gaillard d'avant et on remarque la passerelle, à bâbord du mât de misaine, qui permet de passer du spardeck au gaillard. La timonerie du dundée Le Morgatois, située juste devant le mât de tapecul, est typique des bateaux de pêche des années 1945 à 1970 (sardiniers, chalutiers, thoniers). La grande timonerie du Kruzenshtern, quant à elle, gâche quelque peu la silhouette du magnifique cap-hornier qu'il était autrefois.
Le mécanisme de barre peut aussi se trouver dans un rouf ou sous la timonerie. La vue du pont du dundée Nébuleuse montre la position de la barre à roue, à gauche de la descente arrière. Le mécanisme de la barre se trouve juste devant la roue, dans le rouf et en-dessous. Ce mécanisme de barre est parfois contenu dans un petit rouf indépendant qu'on appelle la tortue. La tortue et la barre du trois-mâts Sagres sont de taille impressionnante, avec des bancs de quart de chaque côté. Le poste de barre est parfois situé derrière un rouf qui cache totalement la visibilité. Chaque navire possède une tortue caractéristique ; sur celle du Sörlandet est écrit le nom du navire, et celle du Belem est également remarquable par sa beauté.
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Le Gréement et les Voiles : Moteur du Voilier
Un voilier a besoin de l’énergie du vent pour fonctionner. Normalement, un voilier se compose d’un mât et de deux voiles principales : la grand-voile et le foc. La grand-voile est attachée au mât et à la bôme, un grand espar horizontal sur lequel est attachée la grand-voile en bas, allant du point d’amure au point d’écoute et ayant pour fonction de tendre la bordure. Le foc et la trinquette sont parfois bômés. Le foc est l'une des voiles d’étai triangulaires, établies en avant du mât. Un yacht dispose de focs de différentes dimensions, utilisés en fonction de la force du vent : grand foc, foc moyen, petit foc et tourmentin pour le mauvais temps. Le foc ballon, de grandes dimensions et ayant beaucoup de creux, est établi aux allures portantes. Le génois est un très grand foc plat, et le génois est aussi appelé voile d’avant. La trinquette est une voile qui reste toujours à poste sur les voiliers de courses.
Le spinnaker est une grand-voile d’avant, creuse sans guindant, utilisée aux allures portantes. Le spi asymétrique, de forme triangulaire et arrondie mais moins creux qu’un spi symétrique, n’est utile qu’entre le petit et grand largue (100-160° au vent). Le spi symétrique, de forme triangulaire et arrondie avec un creux important, est très efficace au vent arrière grâce à sa forme arrondie. Il possède un tangon permettant de l’écarter ou le rapprocher du mât et ainsi rapprocher le spi du vent ou sous le vent.
Le mât désigne sans plus de précision le mât unique d’un bateau, qui peut être d’un seul jet, dit à pible, ou composé de plusieurs éléments, dont le premier est le bas-mât. Lorsque le bateau porte plusieurs mâts, leur nom change en fonction de leur nombre, de leur hauteur, et de leur emplacement. Les principaux sont le mât de misaine, le mât de taillevent, le grand-mât, le mât d’artimon, le mât de tapecul. Une goélette, par exemple, a 2 mâts ou plus, tandis qu'un yawl a deux mâts, le mât arrière (mât d’artimon) étant plus petit que le mât d’avant. Un sloop est un voilier avec un seul mât.
Le gréement dormant assure la tenue du mât. L'étai est un cordage ou câble dormant, capelé au mât, servant à le tenir sur l’avant. Les étais sont fixés sur le pont, à l’étrave ou le beaupré, selon le type de gréement. Les haubans sont de forts cordages ou filins, autrefois en chanvre, depuis le milieu du XIXe siècle en acier, destinés à tenir le mât latéralement, tendus au moyen d’un ridoir ou de caps-de-moutons. Les haubans de beaupré horizontaux ont la même fonction. Le pataras est un câble reliant la tête de mât à l’arrière du navire.
Pour manœuvrer les voiles, de nombreux cordages et pièces d'accastillage sont indispensables. L'écoute est un cordage permettant de border ou choquer la voile sur lequel est relié l'écoute. Border une voile signifie tirer sur l’écoute de la voile pour la tendre au mieux, tandis que choquer une voile consiste à relâcher l’écoute de voile et la voile s’ouvrira. Une voile faseye lorsqu’elle n’est pas assez bordée. Le hale-bas permet de régler verticalement la bôme. La barre d’écoute de Grand-Voile est un rail situé dans le cockpit ou sur le roof, sur lequel coulisse un chariot de grand-voile. Un taquet est un accastillage permettant de bloquer un cordage, chaque taquet, placé différemment, ayant un rôle différent. Le taquet coinceur est un dispositif permettant de coincer une écoute de grand-voile ou de génois, ces taquets ayant une « mâchoire » permettant de bien coincer le cordage. Le piano est l'endroit où les bouts reviennent, regroupant les drisses et autres manœuvres courantes. Une garcette de ris est un petit filin, plus ou moins long, servant à un amarrage. Une patte à cosse est une patte courte réalisée en filins recordés, greffée sur une ralingue, passant dans deux œillets, et garnie d’une cosse.
Le guindant est le bord de la voile situé au vent, et la corne est un synonyme de pic, un espar.