Le concept d'une "citrouille qui nage" évoque une image singulière, souvent associée à des célébrations automnales ou à des phénomènes naturels intrigants. Au-delà de l'anecdote, cette capacité des courges à flotter révèle des propriétés physiques spécifiques, exploitées de diverses manières, qu'elles soient ludiques ou simplement le résultat de leur composition. Parallèlement, l'eau, élément fondamental, est le théâtre d'une autre forme de "nage" bien plus complexe et évolutive : celle des êtres humains. L'exploration de ces deux univers, celui de la flottabilité naturelle des cucurbitacées et celui des techniques sophistiquées de natation, permet de saisir différentes facettes de l'interaction avec le milieu aquatique.
La Flottabilité des Cucurbitacées : Un Phénomène Naturel et des Utilisations Créatives
L'étonnante capacité d'une citrouille à "nager" ou, plus précisément, à flotter, s'explique par sa composition interne. Ces cucurbitacées contiennent beaucoup d'air et sont moins denses que l'eau, ce qui leur permet de flotter naturellement. Ce phénomène simple est à l'origine de traditions et d'événements originaux qui mettent en scène ces fruits souvent imposants.
La Régate de Citrouilles : Quand les Courges Deviennent Embarcations
Dans certaines régions, la flottabilité des citrouilles est célébrée de manière spectaculaire. C'est le cas, par exemple, à Shelburne, une petite ville du comté de Nouvelle-Écosse, au Canada. Chaque année, la ville organise le Shelburne County Giant Pumpkin Festival & Regatta, un festival d'automne où des citrouilles géantes sont transformées en embarcations. Les participants creusent alors un gros trou dans une citrouille géante et doivent être parmi les premiers à atteindre la ligne d'arrivée en ramant. Cette démonstration nautique des plus atypiques, bien que ludique, s'accompagne parfois de péripéties, car il faut, si possible, ne pas tomber à l'eau, ce qui arrive tous les ans. Fort heureusement, il n'y a pas de désastre écologique à l'horizon. Cet événement est l'endroit idéal pour préparer Halloween en famille ou entre amis, en témoignant de l'ingéniosité humaine face aux propriétés naturelles de ces fruits.
Des Utilisations Diverses : Du Spectacle au Concours
Les citrouilles géantes, même celles qui ne participent pas aux régates, connaissent d'autres destins remarquables. À l’occasion du festival de Bauman Farm Harvest à Gervais, aux États-Unis, une citrouille géante a été aperçue, hissée à 30 mètres de hauteur dans le vide. La grue, décorée fièrement par un drapeau américain, a ensuite lâché le légume aux proportions hors normes, qui est venu s’écraser à toute vitesse dans une piscine gonflable minutieusement installée juste en dessous pour l’occasion. L’objectif ? Regarder l’énorme splash vidant l’eau du bassin et propulsant toutes les balles de la piscine hors de l’eau. Baptisé le « Bauman’s Giant Pumpkin Drop », le jeté de citrouille est destiné aux courges géantes usées, pourries ou abîmées, tristement exclues du concours du « Giant Pumpkin Weigh-Off ». Malgré leurs quelques égratignures disqualifiantes, les citrouilles géantes restent bien en chair et il semble hors de question de les laisser sur le banc de touche pour autant.
La Citrouille et Halloween : Une Tradition Culinaire et Décorative
En dehors de ces spectacles aquatiques ou aériens, la citrouille est inextricablement liée à la fête d'Halloween. Alors qu'Halloween ne va pas tarder à pointer le bout de son nez, on va voir surgir un peu partout des citrouilles plus ou moins effrayantes. C'est le moment de sortir déguisements, bonbons et décorations terrifiantes. Pas d’Halloween sans citrouille, et sculpter une citrouille n’est pas difficile, il suffit juste de ne pas avoir peur de se salir les mains. C’est une activité manuelle très sympathique à faire avec des enfants. Pour réaliser cette activité, il faut prévoir une citrouille d'au moins 20 cm de diamètre ou un gros potiron, et même une citrouille de plus en guise d'astuce.
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Les étapes de la sculpture sont les suivantes : tout d'abord, on commence par passer la citrouille sous l’eau pour la nettoyer et lui enlever la terre, puis on la sèche bien. Ensuite, à l’aide d'un feutre, on dessine les contours du chapeau que l'on enlèvera. Puis, on plante un couteau ou une scie à environ 45 degrés par rapport à la surface de la citrouille et on tourne autour du pédoncule, sans le jeter. L'étape suivante consiste, avec une cuillère, à retirer la chair, les fibres et les pépins qui se trouvent à l’intérieur, sans rien jeter. Lorsque la citrouille est bien propre, on dessine un visage de monstre avec le feutre ; pour une première fois, il est conseillé de choisir quelque-chose de simple : des yeux en forme de triangle, deux narines avec deux petits triangles et une bouche dentelée. Une fois le dessin terminé, on découpe les contours à la scie ou au couteau. Enfin, il ne reste plus qu’à placer une bougie à l’intérieur de la citrouille et à l’allumer. Si une bougie LED est utilisée, il est possible de reposer le chapeau. Pour conserver plus longtemps cette belle décoration, il est conseillé de la placer à l’extérieur.
Les pépins récupérés ne sont pas perdus : on les place dans une passoire et on les rince pour enlever toutes les fibres. Il est aussi possible de les laisser sécher sur une plaque et de les conserver 6 mois dans une enveloppe. À partir de fin mars, ces pépins pourront être plantés en pleine terre, en laissant 20 cm entre chaque graine, afin d'obtenir de nouvelles citrouilles.
Identification et Caractéristiques des Courges
Le terme courge, ou plus rarement cougourde, désigne plusieurs espèces de plantes de la famille des cucurbitacées. Elles sont généralement cultivées pour leurs fruits comestibles, mais il arrive qu'elles le soient pour leurs graines oléagineuses. Le terme « courge » n'a pas toujours un sens très précis dans le langage courant. Dans une acception large, « courge » désigne de nombreuses espèces de Cucurbitacées, ou plus spécifiquement leurs fruits particuliers qui sont des péponides, de grosses baies à très nombreux pépins et à épiderme coriace. Il est souvent employé en concurrence avec d'autres termes plus ou moins synonymes : potiron, citrouille, giraumon, coloquinte, calebasse.
Dans une acception plus restreinte, qui pourrait être celle des botanistes, « courge » désigne les plantes appartenant au genre Cucurbita, qui regroupe plusieurs espèces dont quatre cultivées couramment (en Europe notamment) : la courge proprement dite, le potiron, la courge musquée et la courge de Siam. Dans son acception la plus restreinte, les « courges » sont les plantes appartenant aux espèces Cucurbita pepo et moschata qui comprend de nombreuses variétés cultivées, sélectionnées soit comme courges d'été, dont on consomme les fruits verts (les courgettes), soit comme courges d'hiver dont on consomme les fruits mûrs (courges proprement dites et citrouilles).
La citrouille (Cucurbita pepo) est un légume annuel qui appartient à la famille des Cucurbitacées (Cucurbitaceae), aussi appelée les courges. Originaire d'Amérique, la citrouille a été introduite en Europe au XVIe siècle. Le semis se réalise au printemps et la récolte en automne, nécessitant environ 5 mois entre la mise en terre des semences et la récolte des fruits. Les citrouilles se conservent très bien, de longs mois durant, dans une pièce aérée, fraîche, sèche, lumineuse ou non. De forme ronde, contrairement au potiron qui est plus aplati, elle est recouverte d'une peau orangée pour la plupart des citrouilles. Sa chair orange est sucrée et fine. Les citrouilles se cultivent sous différentes variétés, dont 'Kakaï' avec sa peau verte striée d'orange et une chair orange contenant de nombreuses graines à grignoter, 'Styriaca' à la peau jaune orangé striée de vert et une chair blanche, ou encore 'De Touraine', une variété ancienne produisant des fruits cylindriques vert foncé avec des stries blancs et une chair couleur crème.
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Pour distinguer les principales espèces de courges cultivées, on observe des caractères spécifiques :
- Cucurbita pepo : la courgette et la citrouille. Le pédoncule est marqué par des côtes, au moins cinq, et ne s'élargit pas au point d'insertion. Ses graines sont minces, anguleuses et mesurent 15 à 20 mm.
- Cucurbita maxima : le potiron. Le pédoncule est arrondi, d'aspect spongieux, sans côtes marquées. Ses graines sont grandes (20 à 30 mm), blanches ou ocres. À cette espèce se rattachent : les potirons (rouge vif d'Étampes, jaune gros de Paris, bleu de Hongrie, vert olive, etc.), les courges de Hubbard, de Hokkaïdo ou potimarrons en forme de poire, la courge « Marina di Chioggia », le giraumon galeux d'Eysines, le Giraumon ou « turban turc » bariolé, le kabocha, les courges « Buttercup », et bien d'autres, dont la variété « Atlantic giant » qui détient le record du monde en taille avec plus de 300 kg.
- Cucurbita moschata : la courge musquée de Provence ou la courge Butternut. Le pédoncule est marqué par des côtes, comme celui de C. pepo, mais s'élargit nettement à la base. Ses graines sont petites (10 à 12 mm), ocre foncé, à marges ondulées, pelliculeuses. À Cucurbita moschata (courges musquées) se rattachent : la courge musquée de Provence, la sucrine du Berry, la courge longue de Nice, la doubeurre ou courge Butternut, etc.
- Cucurbita argyrosperma : courge américaine surtout cultivée aux États-Unis.
- On peut aussi signaler Cucurbita ficifolia, espèce qui ne comprend qu'une variété, la courge de Siam, qui ressemble plutôt à une pastèque et a, comme celle-ci, des graines noires.
Il est important de noter que la chayote ou christophine, cultivée dans les régions tropicales, notamment aux Antilles, appartient à une autre espèce de Cucurbitacée d'un genre différent : Sechium edule, et présente la particularité de produire des tubercules.
Une fois la citrouille installée au potager, ses tiges coureuses prennent de la place. Légume de l'automne et de l'hiver par excellence, sa chair savoureuse permet de cuisiner des potages réconfortants. Pour garantir une meilleure conservation, on coupe le pédoncule à environ 5-10 cm de la citrouille avec un sécateur et on nettoie bien tous les résidus de terre. On les stocke les unes à côté des autres, sans qu'elles ne se touchent, dans une pièce hors gel, aérée, lumineuse, fraîche (entre 10 et 15 °C) et à l'abri de l'humidité. La chair douce et sucrée de la citrouille, une fois la peau épluchée, la pulpe et les graines retirées, peut être cuisinée en veloutés, cheesecakes, cakes, lasagnes ou soufflés.
D'un point de vue nutritionnel, la chair de la citrouille est riche en vitamines A, C et B, et contient également du magnésium, des oligo-éléments et des minéraux. Très peu calorique, avec seulement 26 Cal pour 100 g, la citrouille peut être consommée sans modération.
L'Art et la Science de la Nage Humaine : Une Quête Constante de Performance et d'Adaptation
Si la flottabilité des citrouilles est un don naturel, la "nage" humaine est, elle, le fruit d'une évolution technique et d'une recherche incessante de performance. L’évolution des nages se fait d’abord dans un souci de sécurité, de façon à conserver la tête hors de l’eau. Puis les nages évoluent dans un but de performance. Les nageurs et leurs entraîneurs, encore aujourd’hui, cherchent les solutions les plus rapides pour répondre aux exigences du règlement dans les 4 nages. Les Jeux Olympiques de Tokyo ont une fois encore mis la natation à l'honneur, témoignant de cette quête perpétuelle d'excellence aquatique.
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La Brasse : De l'Instinct de Conservation à la Maîtrise Technique
La Brasse est une nage occidentale dont l'origine remonte à l'Antiquité, avec certains témoignages persistant de cette période. Elle émane d'une visée utilitaire, inspirée avant tout par l'instinct de conservation. À la fin du XIXe siècle, la Brasse était la seule technique réellement pratiquée. Le 25 août 1875, le capitaine anglais Matthew Webb participe largement à construire la réputation de la brasse comme nage d’endurance en traversant le premier le chenal de la Manche à la nage, en 21 heures et 45 minutes.
La brasse « Anglaise » se nage sur le côté avec les bras alternés, et le retour reste malgré tout sous-marin. En contrepartie, elle est vivement contestée sur le plan de la vitesse. Très vite, on abandonne la Brasse anglaise à quatre temps en faveur de la Brasse allemande à trois temps, beaucoup plus efficace. La française Cartonnet, elle, ramène les mains hors de l’eau vers 1935, dans le but de limiter les résistances, menant les nageurs à sortir tellement de l’eau qu’ils n’y mettent même plus la tête ! Les nageurs cherchent de nouvelles solutions et aux JO de Rome, les chronos de l’américaine Jastremski descendent grâce à une technique « coudes hauts, genoux serrés ». On passe alors d’un coup de pied qui ne propulse guère qu’avec la plante de pied, à un véritable ciseau avec les jambes en « W » (les talons sont plus écartés que les genoux). La propulsion se fait alors par l’intérieur des pieds et les tibias. À Munich, en 1972, les nageurs de l’ex-URSS introduisent un style ondulé en brasse, que le règlement n’empêche alors pas et autorisera par la suite : l’immersion totale de la tête est autorisée en brasse en 1986.
La brasse est incontestablement la nage la plus largement pratiquée, notamment grâce au fait que c'est l'une des nages les plus simples à apprendre. C'est la première technique de nage apprise pendant l'apprentissage de la natation, et elle est recommandée pour débuter doucement car elle ne nécessite pas de mettre la tête sous l'eau. S'il s'agit d'une des nages les plus simples à comprendre, elle n'en reste pas pour autant la plus facile à maîtriser. Réussir à synchroniser ses mouvements demande beaucoup de travail et d'apprentissage, malgré le fait qu'elle soit souvent considérée comme étant la nage du débutant. Il s'agit d'une des seules techniques où les mouvements sont symétriques des deux côtés du corps. Contrairement aux nages sur le ventre, la brasse n'est pas conseillée en cas de douleur dorsale.
Le Crawl : La Vitesse Redéfinie par l'Innovation et l'Endurance
La recherche de performances et l'absence de réglementation des nages entraînent l’apparition de nouvelles techniques, plus efficaces. La FINA ne réglemente pas le Crawl mais la nage libre. Au XIXe siècle, les marins reviennent des Antilles, de Somalie, des Îles Pacifique, avec de nouvelles techniques, empruntées aux populations indigènes. En respirant sur le côté en brasse, la nouvelle technique répond à l’objectif de vitesse. Mais la poussée des jambes en brasse devient incompatible avec l'inclinaison du corps et se transforme en ciseaux de jambes (dans un plan sagittal). C’est la technique de « l’english side stroke », inventée (ou importée) en 1840 environ. Jusqu’alors, comme en brasse, le retour des bras est réalisé sous l’eau. Cependant, on se rend compte que le retour sous-marin des bras produit une grande résistance à l'avancement. Dès lors, les bras auront une action alternée (semblable à la nage indienne) mais avec un retour du bras supérieur hors de l'eau.
Vers 1880, Trudgen, après avoir observé les amérindiens, repositionne le nageur en nage ventrale pour permettre un retour alternatif des deux bras hors de l'eau. Le « trudgeon » est alors adopté, car bien plus rapide que « l’over arm stroke » sur les courses de vitesse. Puis la greffe des ciseaux de jambes de brasse sur sa technique donne naissance en Australie au « double over arm stroke ». Cette technique permet plus facilement d’obtenir un ciseau de brasse, comme celui connu actuellement. En 1893, les frères Wickham prennent modèle sur les habitants de l’île Salomon du Pacifique et transforment l’action des jambes en battement. Ce sont les frères Cavill qui rendront cette technique populaire. En 1902, Richard Cavill bat le record du monde du 100 yards en nageant l'épreuve de bout en bout en crawl. La technique du crawl est alors à la fois la plus rapide des nages et celle qui offre le meilleur rendement.
En 1906, un certain Tartakover impressionne en France. En compétition, il fait la démonstration de cette nouvelle technique à Joinville-le-Pont, près de Paris. « Tartakover » sera d’abord le nom accordé à cette technique, et plus tard elle deviendra le « crawl » reconnu actuellement. À partir de 1900, il existe 3 épreuves en compétition : la brasse, le dos et la nage libre. Le crawl n’a jamais été codifié, ce qui explique que sa technique est en perpétuelle mutation. En 1922, sous la barre mythique de la minute au 100 mètres nage libre, son compatriote Johnny Weissmuller - le futur Tarzan - confirme la suprématie du crawl. Ensuite, Gertrude Ederle devient la première femme à traverser la Manche en 1926. Non seulement elle établit le record de la traversée, mais aussi, elle utilise le crawl pendant toute la durée de l’épreuve.
Si le crawl est à la fois la nage la plus rapide et la plus économique, c’est parce qu’elle résout les problèmes respiratoires qui permettent de nager à plat sur des longues distances. Johnny Weissmuller, dans son livre Swimming the American Crawl, donne sa conception sur ce point : "The instinctive thing for a beginner to do is to hold his breath." En France aussi, les nageurs savent nager en crawl en endurance, puisqu’en 1931, la française détient le record du monde du 400m nage libre, et Alex Jany le détiendra (ainsi que celui du 100m nage libre) en 1946 et 1947. En 1952, c’est le tour de Jean Boiteux d’être sacré champion Olympique du 400m nage libre à Helsinki, étant d'ailleurs le premier champion Olympique de la natation française.
Plus tard, dans les années 1960, les coordinations se différencient entre le sprint (battements 6 temps) et le demi-fond (battements 2 ou 4 temps). En 1956, à l’image de Fraser qui deviendra la première femme sous la minute au 100m crawl quelques années plus tard (en 1962), les Australiens dominent les épreuves de crawl aux JO de Melbourne. Leur battement 2 temps libère toute l’énergie sur les bras, le véritable moteur en natation. Malgré tout, la première à avoir nagé en battement 2 temps en crawl est elle aussi Australienne et se nomme Healey. En 1963, la fin de l’obligation de toucher le mur avec la main provoque la chute des records. Grâce à sa culbute, l’américaine Schollender sera la première femme sous la barrière des 2 minutes au 200m nage libre. En sprint, en 1976 à Montréal, Montgomery devient le premier homme sous la barre des 50 secondes en crawl.
Les techniques et coordinations du crawl se multiplient. Ian Thorpe sera le précurseur d’une coordination en semi-rattrapé avec un battement 6 temps sur les distances de demi-fond (200-400m). Sur les mêmes épreuves, Laure Manaudou nage en superposition avec un battement 2 temps. Alors que Michael Phelps, plus tard, utilise une coordination appelée « crawl boiteux », avec un battement 4 temps, sur le 200m nage libre. Parallèlement, le corps ne doit plus rester à plat mais osciller autour de l’axe horizontal pour permettre l’augmentation de la longueur des trajets et par conséquence l’amplitude de nage ou la distance parcourue par cycle de nage (autour de 3 mètres à pleine vitesse pour les meilleurs nageurs). D'un autre côté, certains nageurs préfèrent laisser leur corps à plat sur l’eau. Récemment, depuis les années 2000, le traditionnel « S » du trajet du bras sous-marin est parfois abandonné en crawl.
Le crawl est la nage la plus rapide, c'est pour cette raison qu'elle est très largement pratiquée en compétition. C'est aussi une nage très technique qui demande beaucoup d'entraînement pour pouvoir être pratiquée à la perfection. Le corps est totalement immergé dans l'eau, y compris la tête, ce qui demande une bonne maîtrise des techniques de respiration. Il s'agit d'une nage qui fait particulièrement travailler les bras grâce à ses mouvements rotatifs qui permettent au corps d'être propulsé dans l'eau. Le premier bras pousse l'eau vers l'arrière pendant que le second remonte dans l'air pour prendre le relai.
Le Dos : De la Sécurité à la Performance du "Dos Crawlé"
L'origine du Dos est probablement lointaine. Au départ, l’atout principal de cette nage était sa capacité à maintenir le visage émergé. En 1907, la première épreuve de Dos apparaît aux championnats de France ; la technique utilisée est alors celle du « Dos brassé ». La position est assise, avec action simultanée des bras et des jambes de Brasse. Aux jeux olympiques de Stockholm (en 1912), Hebner, un nageur américain, utilise une technique dorsale fortement inspirée du « Trudgen » ; le « Dos trudgen ». Positionné à plat, le nageur pédale et appuie bras tendus. Le retour des bras est aérien, alterné et fléchi. Le battement de jambes arrive au cours des années 20 notamment sous l'influence des nageurs japonais : c’est le « Dos crawlé » connu actuellement. Amster nage en position dorsale, avec une action alternée des bras, un retour aérien axé, et un battement de jambes. En dos comme en crawl, les Japonais mettent le paquet sur les jambes.
Les évolutions suivantes concerneront les oscillations (les épaules roulent sur l’eau pour rechercher des appuis plus profonds), et les virages. Avant 1920, les nageurs réalisent un retournement simple après avoir touché le mur à la main. Puis, dans les années 30, 3 techniques coexistent. Le virage japonais et le virage hollandais consistent en une translation horizontale plus ou moins en surface, en restant sur le dos à partir d’un appui de la main sur le mur, alors que le virage Kiefer, du nom de son inventeuse, est une technique de culbute. Elle réalise une sorte de culbute tout en conservant les épaules orientées vers le haut, pour rester sur le dos : le « cross over turn ». Cette technique s'est avérée efficace, puisque la nageuse américaine conservera son titre de championne du monde durant 17 années, avant d'être détrônée par la française Bozon, détenant le record du monde du 100m dos. Les diverses techniques posent des problèmes de jugement, c’est pourquoi, en 1991, on laisse la possibilité de toucher le mur avec n’importe quelle partie du corps. Et, en 1994, on autorise le passage sur le ventre avant le déclenchement de la rotation. La culbute actuelle est alors inventée : « le roll over turn ». À Séoul, en 1988, Berkoff, le nageur américain et Suzuki, le japonais, réalisent d’excellentes performances sur leurs épreuves de dos grâce aux ondulations sous-marines qu’ils placent au début de la course et après les virages.
Le dos crawlé est la seule des 4 nages à avoir un démarrage dans l'eau et non en plongeon. Elle se déroule, comme son nom l'indique, sur le dos en faisant tourner les bras et battre les jambes. Pratiquer le dos crawlé est souvent un moment relaxant pour les nageurs qui préfèrent la pratiquer en fin de séance pour se détendre. Contrairement aux nages sur le ventre, le dos crawlé est particulièrement recommandé aux personnes souffrant de maux de dos. En effet, nager sur le dos va permettre à la colonne vertébrale de garder un bon alignement du bassin jusqu'à la nuque, ce qui limite les éventuels traumatismes.
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