Le Tatou : Un Maître de l'Adaptation, y compris Aquatique

Le tatou, cette petite créature aux allures préhistoriques, est facilement reconnaissable grâce à son petit nez de cochon qui lui offre un excellent odorat. Si vous voyagez en famille au Texas, aux États-Unis, ou si vous partez en exploration en Amérique du Sud vers l’Amazonie, vous pourriez avoir la chance d’apercevoir cet animal singulier. Mais il faudra vous armer de patience car le tatou est un solitaire, qui aime vivre caché. Difficile donc de le rencontrer, d'autant plus qu'il dort le jour et ne sort que la nuit pour se nourrir. Bien que son mode de vie discret le rende difficile à observer et à étudier, de nombreuses particularités fascinantes ont été découvertes concernant ce mammifère.

Une Habileté Aquatique Surprenante : Le Tatou Nageur

Contrairement à certaines idées reçues, le tatou est un très bon nageur. Il sait nager et lorsqu’il doit se déplacer dans un milieu aquatique, il se gonfle d’air. En effet, il peut même traverser une rivière en apnée au fond de l’eau et gonfle ses poumons pour flotter. Cette capacité à se gonfler d'air est une adaptation remarquable pour le déplacement en milieu aquatique. Les tatous sont des mammifères dotés d'une carapace protectrice constituée de plaques osseuses recouvertes de corne et reliées entre elles par de la peau, et bien que cette armure puisse sembler contraignante, elle n'entrave pas leurs aptitudes aquatiques. Plutôt solitaires, les tatous sont des animaux adaptables capables de nager en se gonflant d'air.

Une Carapace Protectrice et Polyvalente

Le tatou est un animal doté d'un corps entièrement recouvert de plaques osseuses et de corne qui leur permet de se protéger du danger et des prédateurs. La carapace qui se trouve sur son dos, du front jusqu’au bout de sa queue, lui sert de protection. Cette armure le protège efficacement contre ses prédateurs à l'instar de l'escargot, contre les renards ou les loups qui n’ont aucune prise sur cette boule lisse. Cette carapace est composée d’une couche de corne qui recouvre différentes plaques osseuses articulées entre elles. Chez certaines espèces, des replis cutanés séparent ces plaques les unes des autres, tandis que chez d'autres tatous les différentes parties de la carapace sont séparées par des bandes écailleuses.

Enveloppé dans sa carapace articulée, le tatou ne ressemble à aucun autre mammifère. Les grands éléments de la carapace, la plaque frontale et les anneaux de protection sur la queue sont tous composés de plaques dermiques osseuses, ou « écailles », recouvertes d'un épiderme kératinisé aux reflets vieil ivoire. Le dessus est plus sombre que les flancs, tandis que le reste du corps est couvert de peau. Le corps est recouvert d'une carapace organisée en 2 plastrons, antérieur et postérieur, reliés par 9 (ou 8) bandes articulées. Cette armure lui permet de se mettre en boule en repliant sa tête et ses pattes sous la cuirasse en cas de danger. Si la plupart des tatous arrivent à échapper aux félidés et aux canidés en se mettant en boule comme le hérisson, certaines espèces utilisent une autre technique.

Il est à noter que la carapace des tatous est utilisée pour la fabrication d’un instrument de musique à cordes pincées, le charango, principalement en Bolivie.

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Le Tatou Fouisseur : Un Ingénieur du Sous-sol

Les courtes pattes du tatou, munies de longues griffes, lui sont indispensables pour creuser la terre. Grâce à leurs petites pattes très puissantes, ils creusent des trous en quelques secondes pour s’y cacher. L’animal est particulièrement à l’aise dans la terre puisqu’il a l’habitude de creuser des terriers qui lui servent d’abri pour dormir et de cocon familial pour les petits. Ses puissantes griffes lui permettent de creuser facilement la terre. Avec leurs doigts dotés de griffes puissantes, ce sont des animaux fouisseurs qui creusent le sol pour s'y construire des terriers jusqu'à 1 m ou plus de profondeur, y chercher la nourriture ou s'y réfugier en cas de danger.

Les tunnels sont étonnamment grands : ils peuvent mesurer plusieurs mètres de long avec de nombreuses galeries tapissées de feuilles. Généralement, les tatous vivent seul dans ces labyrinthes souterrains pour éviter que leurs congénères volent la nourriture, mais certaines espèces de tatous vivent en groupe. Les tatous s'abritent dans des nids qu'ils aménagent soit à la surface du sol, soit au fond d'un terrier de plusieurs mètres de long. Le record connu semble être un terrier profond de 3,50 m et long de 7,50 m. En moyenne, les galeries font 18 cm de diamètre et s'ouvrent par un orifice souvent placé au pied d'un buisson, sous les racines d'un arbre ou contre un tronc renversé.

Le tatou apeuré se défend en se collant contre le sol et en plaquant les bords de sa carapace dans la terre. Certains tatous, comme le tatou velu ou le tatou à trois bandes, ont des écailles en forme d'ergot sur les pattes, qui leur servent, pense-t-on, à affermir leur ancrage et à éviter de se faire retourner. Le tatou à six bandes est un mammifère originaire d’Amérique du Sud qui creuse des terriers pour se protéger des prédateurs et des températures extrêmes.

Un Régime Alimentaire Varié et un Odorat Remarquable

S’il n’aime pas partager ses repas, c’est parce que cet animal est un grand gourmand. Principalement insectivore, il peut manger aussi des plantes, des champignons, des petits invertébrés, des larves ou termites, ou encore des petits reptiles et des fruits. Il attrape les insectes avec sa langue en forme de spaghetti, enduite d’une substance collante qui peut lui permettre d’absorber 40.000 fourmis en un repas. C'est un vrai glouton ! Omnivore, le tatou se nourrit d’une grande variété d’aliments, allant des insectes et invertébrés aux fruits et racines. Le tatou apprécie les vers, les invertébrés et les insectes mais peut aussi se nourrir de végétaux.

Si ses courtes pattes munies de longues griffes lui sont indispensables pour creuser la terre, elles font également de lui un très bon nageur. Un talent qui lui est particulièrement précieux pour se repérer puisqu’il a malheureusement une mauvaise vue. Pour rechercher sa nourriture, le tatou se sert essentiellement de son odorat. Il renifle le sol puis, avec des mouvements assez nerveux et saccadés, il creuse à l'aide des griffes de ses pattes antérieures et fouille la terre de son museau. Il explore ainsi les moindres interstices sous les troncs et les souches. Pendant la recherche de son alimentation, le tatou semble extrêmement absorbé et peu sensible aux événements extérieurs. La longue langue et les glandes salivaires développées du tatou lui permettent de capturer aisément des fourmis et des termites. Contrairement au fourmilier, il a un régime beaucoup moins spécialisé, car, à la différence de ce dernier, il dispose de vraies dents. Particulièrement simples de structure et impossibles à classer en incisives, canines ou molaires, elles sont toutes plantées au fond de la bouche, sur le maxillaire. Le tatou à neuf bandes apprécie toutes les sortes d'insectes. La base de sa nourriture est constituée de larves de scarabées et de vers blancs. Il consomme également des araignées, des vers de terre, des escargots et des limaces. Mais il est plus fréquent qu'il complète son alimentation par de la nourriture végétale, en particulier des fruits ramassés à terre. Il peut ainsi manger des agrumes, trouvés sous les arbres dans les vergers, des fruits de magnolia, de nombreuses baies sauvages ou cultivées et des graines de conifères. Et, si besoin est, les tatous n'hésiteront pas à aller consommer des asticots sur un cadavre en décomposition.

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Un Animal Solitaire au Domaine Vital Étendu

Le tatou est un grand solitaire en dehors des périodes de reproduction. C’est un animal fouisseur, pacifiste, qui n’agresse pas ses congénères pour défendre sa nourriture. Il préfère fuir la promiscuité plutôt que se battre. Cet animal ne marque pas son territoire comme le font bien d’autres espèces. Contrairement à beaucoup d'animaux, le tatou ne marque pas l'espace qu'il s'approprie. Aussi parle-t-on plutôt de domaine vital que de territoire. La taille de ces domaines peut varier de 1,1 à 13,8 ha, avec une moyenne de 5,7 ha par animal en Floride. Il arrivait régulièrement aux mâles ou aux femelles de fréquenter la surface propre à un autre individu, les animaux semblant très bien tolérer la présence de congénères sur leur domaine vital. Seule une partie de celui-ci est âprement défendue contre les rivaux de même sexe, le terme de territoire étant dans ce cas utilisé. Par contre, si l'intrus est de sexe opposé, et quel que soit son âge, le propriétaire tolérera facilement sa présence sur son territoire et, à plus forte raison, sur son domaine vital.

Le tatou est un mammifère à carapace de la famille des Dasypodidés. Sa carapace est constituée de plusieurs bandes protectrices formées de plaques osseuses articulées entre elles, recouvertes de kératine. Solitaire et terrestre, le tatou est un animal fouisseur nocturne. Cependant, le tatou à neuf bandes n'est pas vraiment nocturne. Ses heures de sortie sont plutôt liées à la température, son idéal étant de 20 à 25 °C. Actif surtout la nuit en période de grosses chaleurs, il sort aussi le jour quand la température est plus favorable. Les tatous sont des animaux exclusivement nocturnes difficiles à observer et donc à étudier.

Une Reproduction Unique et des Petits Fragiles

Le mode de reproduction des tatous présente une particularité : l’implantation différée. Cela signifie qu’après l’accouplement, l’ovule fécondé peut rester en attente pendant plusieurs mois avant de se fixer sur la paroi utérine où il va alors pouvoir se développer. Cela permet de protéger les futurs petits contre des risques de famine dus à une grave pénurie de vivres ou bien encore contre des aléas climatiques importants. Ce différé peut durer jusqu’à sept mois. Quand vient l'époque de la reproduction, les mâles se mettent à rechercher activement les femelles qui, si elles sont en chaleur, dégagent une odeur particulière. Au Texas, les accouplements ont presque tous lieu en juillet-août. Le tout début de la gestation est différé par rapport à la fécondation et n'a lieu qu'en novembre ou décembre. Au Texas comme en Floride, les femelles mettent bas en mars et en avril.

Le système de reproduction du tatou à neuf bandes est unique chez les mammifères. Il intéresse tout particulièrement les biologistes pour deux raisons. D'une part, le seul ovule qu'émet la femelle pendant la période de reproduction, une fois fécondé, commence à se diviser normalement, puis il se subdivise en quatre. Si bien que naissent quatre petits absolument identiques sur le plan génétique. Tous les membres de la portée sont de vrais jumeaux, donc de sexe identique. Ils sont généralement quatre (on a déjà dénombré de deux à six embryons, mais certains fœtus peuvent disparaître durant la gestation).

À la naissance, les bébés tatous ont une carapace, mais elle est encore molle et durcira en quelques semaines. Les nouveau-nés pèsent environ 85 grammes et ressemblent à des adultes en miniature. Leur mère prend grand soin de sa progéniture qui peut rester jusqu’à un an auprès d’elle. La croissance est assez rapide et, vers l'âge de 3 mois, les jeunes s'émancipent. Mais tous ceux qui sont issus de la même portée restent souvent plusieurs semaines ensemble avant de commencer vraiment une vie solitaire. À 2 ans, les femelles et les mâles sont matures ; cependant, ils n'atteignent leur taille définitive que vers l'âge de 3 ou 4 ans. Il semblerait que les mâles soient capables de produire des spermatozoïdes toute l'année, au contraire des femelles qui ont une saison de reproduction bien marquée. La femelle du tatou à neuf bandes donne naissance à 4 petits du même sexe dans un terrier après 4 mois de gestation. Chez le tatou à six bandes la gestation est plus courte (2 mois environ) et le nombre des petits de 2 à 4 par portée.

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Diversité des Espèces et Répartition Géographique

Il existe 21 espèces de tatous, qui toutes vivent en Amérique du Sud ou Centrale. Présent sur le continent américain du centre de l'Argentine au Sud des Etats-Unis ainsi qu'aux Antilles (introduit sur l'île de Grenade), le tatou à neuf bandes vit dans les prairies mais s'accomode aussi de la vie en forêt ou dans les plaines arides et les savanes, ne craignant que le froid. Fréquent en Amérique du Sud, le tatou à neuf bandes est le seul que l'on rencontre encore au nord du Mexique. Il habite aussi bien la forêt tropicale que la forêt secondaire en partie exploitée par l'homme, les zones de buissons secs, comme au Texas, les prairies dégagées ou les savanes d'Amérique du Sud ; en montagne, il peut monter jusqu'à 3 000 m d'altitude. Comme l'aire du tatou s'étend jusqu'au sud des États-Unis, il est permis de penser que le froid est un des facteurs limitant son extension géographique. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, l'espèce était limitée au sud du 33e degré de latitude nord, au Texas, dans des régions semi-arides. Il est possible que, jusque-là, une série d'hivers froids ait bloqué son expansion vers le nord et l'est. Il suffirait d'un hiver sévère tous les dix ans pour empêcher son avancée. Le tatou ne peut vivre que dans des zones relativement humides. Il est absent des régions où la pluviométrie annuelle est inférieure à 380 mm. L'importance de l'eau est encore plus grande lorsque les sols sont argileux. En effet, l'été, ces sols se durcissent, empêchant les animaux de s'y procurer leur nourriture.

Le tatou à six bandes (Dasypus novemcinctus) est quant à lui assez commun en Amérique du Sud, du Brésil à la Bolivie et jusqu'à l'Uruguay et le nord de l'Argentine. Le grand tatou velu (Chaetophractus villosus) est pour sa part présent du sud de la Bolivie à la Patagonie tout au sud de l'Amérique du Sud. Le tatou à trois bandes du Sud (Tolypeutes matacus) vit dans les savanes, maquis et forêts du sud à cheval sur le sud du Brésil et de la Bolivie, le Paraguay et le nord de l'Argentine.

Parmi les autres espèces, on trouve le tatou géant (Priodontes maximus) qui est la plus grande espèce : il mesure jusqu'à 1,60 m de long (queue incluse) pour un poids qui peut dépasser les 30 kg, parfois jusqu'à 60 kg. Son habitat est très fragmenté, sa population est en déclin et il est classé par l'U.I.C.N. Il y a aussi le tatou rose (Chlamyphorus truncatus), ou tatou nain d'Argentine, qui est minuscule et inscrit sur la liste rouge des espèces menacées. Le tatou nain d’Argentine est considéré comme le plus petit tatou au monde.

Le Tatou Nain d'Argentine : Le "Nageur du Sable"

Les tatous comptent déjà parmi les animaux les plus insolites de la planète. Mais il en existe un qui sort vraiment du lot : le tatou nain d’Argentine. Minuscule, presque assez petit pour tenir dans la main, ce drôle de mammifère possède une particularité étonnante : il semble littéralement « nager » dans la terre. Avec sa carapace rose très fine et ses capacités de fouisseur impressionnantes, cet animal discret fascine les scientifiques autant que les passionnés de nature. Derrière son apparence fragile se cache en réalité un spécialiste de la vie souterraine parfaitement adapté à son environnement.

Malgré sa taille réduite, il est incroyablement efficace lorsqu’il s’agit de creuser. Ses puissantes pattes avant sont équipées de griffes très développées par rapport à la taille de son corps. Grâce à ces « outils » que la nature lui a offert, il peut s’enfoncer dans le sol à une vitesse étonnante. Dans les terrains sablonneux où il vit, il se déplace sous la surface avec une telle facilité qu’on dirait qu’il nage. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est souvent surnommé le « nageur du sable ». Pour un animal si petit, ses membres antérieurs sont particulièrement robustes. Ils jouent un rôle essentiel dans sa survie. Les longues griffes lui permettent de déplacer rapidement de grandes quantités de sable et de terre. Ce talent de fouisseur lui sert non seulement à se déplacer sous terre, mais aussi à se cacher des prédateurs et à chercher sa nourriture. Dans son habitat naturel, pouvoir disparaître dans le sol en quelques secondes représente un avantage considérable.

Chez le tatou nain d’Argentine, la queue ne sert pas seulement à l’équilibre. Elle possède une forme particulière et fonctionne presque comme un membre supplémentaire. Associée à une plaque osseuse située sur l’arrière-train, elle l’aide à compacter la terre rejetée par ses pattes avant. Ce mécanisme lui permet de maintenir ses galeries ouvertes pendant qu’il avance. Une fois passé, il peut aussi refermer le tunnel derrière lui afin d’éviter que celui-ci ne s’effondre. La carapace du tatou nain d’Argentine présente une caractéristique rare. Contrairement à celle de nombreux autres animaux protégés par une carapace, elle n’est pas entièrement fixée au corps. Elle est reliée à la colonne vertébrale par une membrane, mais reste relativement mobile. Cette structure particulière lui permet de se rouler en boule comme un hérisson pour protéger les parties les plus sensibles de son corps s’il est en danger.

L’une des caractéristiques les plus frappantes de ce tatou est sa couleur rosée. Cette teinte vient du fait que sa carapace est extrêmement fine. Elle est parcourue de nombreux vaisseaux sanguins visibles à travers la surface. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette armure ne sert pas uniquement à se protéger. Elle joue également un rôle important dans la régulation de la température corporelle. Lorsque le sang circule davantage dans ces vaisseaux, la couleur de la carapace peut devenir plus ou moins intense. Ce système lui permet de mieux s’adapter aux variations de température dans son environnement. Les deux espèces de Chlamyphorus sont d'exceptionnels tatous fouisseurs, surtout C. retusus.

Caractéristiques Physiologiques et Sensorielles

Le tatou possède des pattes courtes et robustes, munies de griffes puissantes. Les mâles n'ont pas de scrotum et les testicules restent intra-abdominaux pendant toute la vie de l'animal. Les femelles possèdent deux paires de mamelles, l'une thoracique, l'autre abdominale. Les deux sexes ont une paire de glandes anales bien développées qui sécrètent une substance à l'odeur musquée parfaitement perceptible quand on manipule l'animal. Comme tous les édentés xénarthres, le tatou à neuf bandes possède des xénarthroles, ou articulations supplémentaires des vertèbres lombaires et thoraciques. Pourtant, il n'y a pas de contact osseux direct entre le squelette et la carapace dermique. Autre trait propre aux édentés xénarthres : le tatou a non pas une mais deux veines caves postérieures. Le tatou voit peu, mais son ouïe et son odorat sont bien développés.

La physiologie respiratoire du tatou est marquée par sa grande tolérance au gaz carbonique circulant dans le sang. Quand l'animal fouille le sol à la recherche de sa nourriture, il garde les narines collées au sol et ne peut pratiquement plus respirer alors qu'il fait un effort physique important. La température interne d'un tatou au repos est de 34,5 °C quand la température de l'air est comprise entre 28 et 38 °C. Si celle-ci descend à environ 24 °C, la température de l'animal peut baisser un peu. Si elle tombe plus bas, le tatou fait remonter sa température interne par des tremblements, une position de repos en boule et peut-être des vasoconstrictions périphériques. Le museau est allongé, les oreilles et la queue bien développées. La tête du tatou est allongée. Les oreilles ont de longs pavillons mobiles. Les narines s'ouvrent à l'extrémité d'une sorte de petit groin. Les pattes sont trapues et puissantes. Les antérieures se terminent par 4 doigts et les postérieures par 5. Tous les doigts sont dotés de fortes griffes et les deux doigts médians sont plus longs. Au niveau des plaques intermédiaires, la peau est souple entre les bandes, et ces dernières peuvent se recouvrir. Les tatous dits à neuf bandes n'en possèdent que huit aux États-Unis et en Argentine.

Longévité et Statut de Sauvegarde

La longévité du tatou est généralement de 12 à 15 ans. Si le tatou commun n'est pas menacé et tend même à être assez commun localement, d'autres espèces le sont à l'instar du tatou à trois bandes du Sud (statut 'Quasi menacé') ou du mignon tatou nain d'Argentine (aussi appelé tatou tronqué) (inscrit sur la liste rouge des espèces menacées mais sans statut de sauvegarde établi faute de données suffisantes). Par exemple, le tatou à neuf bandes est classé comme "Préoccupation mineure" pour son statut de sauvegarde à l'état sauvage. D'autres espèces, comme le tatou géant, le tatou nain d’Argentine, ou certaines populations de tatous à trois bandes, sont classées par l'U.I.C.N. comme étant en déclin.

Un Héritage Évolutif Ancien

Les tatous, comme les paresseux et les fourmiliers, représentent une des plus anciennes lignées de mammifères placentaires ; l'ancien (ou super-) ordre des édentés xénarthres se serait séparé de l'ensemble des autres ordres à la fin de l'ère secondaire, il y a 80 millions d'années. Parmi les cingulata se trouvaient des animaux proches des tatous actuels, les glyptodons. Ils se distinguaient par une carapace dorsale en un seul bloc, et des dents (malgré leur nom d'édentés) constituées de deux sortes de dentine, qui leur permettaient de manger des herbes et même des herbes abrasives telles que les graminées. Les dasypodidés, au contraire, ont une carapace pelvienne protégeant l'arrière-train, souvent une seconde plaque antérieure au niveau des épaules, et, entre les deux, une série de plaques transversales assez souples, reliées par des bandes de peau flexible qui autorisent toute une série de mouvements. Présents en Amérique du Sud depuis le paléocène, ils comptaient des mangeurs de fourmis, tel Stegotherium, au museau long et édenté. On connaît environ une vingtaine d'espèces.

Malgré sa petite taille, le tatou nain d’Argentine possède des ancêtres impressionnants. Il partage en effet un ancêtre commun avec les glyptodons, des tatous géants aujourd’hui disparus. Ces animaux vivaient sur le continent américain il y a environ quatre millions d’années et portaient une énorme armure protectrice. Certaines espèces, comme Glyptotherium texanum, pouvaient atteindre un poids proche d’une tonne. La comparaison est saisissante : ce colosse préhistorique pesait près de 8000 fois plus que le tatou nain d’Argentine actuel, qui ne dépasse guère la taille d’une petite taupe.

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