Dans le monde passionnant de la voile sportive, les courses au large occupent une place unique. Rempli d'émotions et d'exploits, ce type de compétition nécessite une expertise technique, un esprit d'acier et une préparation physique sans faille. Ces dernières années, les courses au large ont gagné en popularité, en particulier grâce au développement de technologies qui améliorent les performances des voiliers et la sécurité des skippers. Une course au large est une compétition de voile qui se déroule sur de longues distances, généralement sur plusieurs centaines, voire des milliers de milles marins.
Les fondamentaux d'une course au large
Une course au large est une compétition de voile qui se déroule sur de longues distances, généralement sur plusieurs centaines, voire des milliers de milles marins. La navigation en solitaire ou en équipage nécessite une grande endurance physique et mentale. Lors d'une course au large, chaque détail compte et le moindre problème technique peut coûter cher. La prise en compte des conditions météorologiques est essentielle pour établir une stratégie de course et anticiper les difficultés.
La distance minimale selon le WSSRC
Le WSSRC (World Sailing Speed Record Council), l'organisme international qui ratifie les records de voile dans le monde, définit une distance minimale de 21 600 milles marins pour un tour du monde. Il précise également que la route ne doit pas descendre en dessous de 63° Sud.
Courses transatlantiques emblématiques
La Transat CIC (anciennement OSTAR)
La Transat CIC a vu le jour en 1960 à la suite d'un pari entre une poignée de marins britanniques pour savoir s'ils étaient capables de traverser l'Atlantique en solitaire et en combien de temps. A l'époque, la course s'appelait la Transat Anglaise, OSTAR en anglais.
Au début, le record de la traversée était d'environ 40 jours.
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La Solitaire du Figaro
La Solitaire du Figaro est une course de voile emblématique qui se déroule chaque année depuis 1970. Cette compétition prestigieuse attire des marins du monde entier pour affronter un parcours maritime exigeant le long des côtes françaises et de ses pays voisins. Divisée en plusieurs étapes, elle met à l'épreuve les compétences des skippers dans des conditions variées, allant des vents forts de la Manche aux mers agitées du golfe de Gascogne.
La Solitaire du Figaro est traditionnellement une course en plusieurs étapes, s'étalant généralement sur environ trois à quatre semaines. Depuis sa création en 1970, il y a eu 55 éditions de la Solitaire du Figaro.
La Route du Rhum
La Route du Rhum est une célèbre course transatlantique en solitaire qui se tient tous les quatre ans. La course couvre une distance d'environ 3 542 milles nautiques (environ 6 560 kilomètres). La première édition de la Route du Rhum a eu lieu en 1978. Depuis lors, la course est devenue l'une des plus importantes dans le monde de la voile en solitaire.
La course attire des navigateurs de renom du monde entier. Le record à battre est celui détenu par Charles Caudrelier en 2022.
La Mini Transat (La Boulangère Mini Transat)
La Mini Transat, officiellement appelée La Boulangère Mini Transat, est une course transatlantique en solitaire, sans assistance et sans communication avec la terre. La course se compose de 2 étapes et couvre une distance totale d'environ 4 050 milles nautiques (environ 7 500 kilomètres). Elle part des Sables-d'Olonne, en Vendée (France) et se termine à Saint-François en Guadeloupe, avec une escale de 20 jours à Santa Cruz de La Palma aux Canaries (Espagne). La première étape, des Sables d'Olonne à Santa Cruz de La Palma (Canaries, Espagne) couvre une distance d'environ 1 350 milles nautiques (2 500 kilomètres).
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La durée estimée de la course est de 25 à 30 jours, à laquelle il faut ajouter une escale de 20 jours aux Canaries.
La Transat Jacques Vabre (Route du café)
La Transat Jacques Vabre est une course transatlantique en équipage qui se déroule tous les deux ans depuis 1993. La course est ouverte à différentes classes de bateaux, notamment les Class40, IMOCA, Ocean Fifty et Ultim. Chaque classe suit un parcours spécifique adapté à ses caractéristiques techniques.
Le départ est donné au Havre, en France, et l'arrivée a varié au fil des éditions, avec des destinations telles que Cartagena en Colombie, Salvador de Bahia et Itajaí au Brésil, Puerto Limon au Costa Rica, et plus récemment Fort-de-France en Martinique.
Les records de la course varient selon les classes et les éditions :
- Class40 : Le record de cette classe est détenu par le duo Maxime Sorel et Antoine Carpentier à bord de V and B, avec un temps de 17 jours, 10 heures, 44 minutes et 15 secondes, établi lors de l'édition 2017.
- IMOCA : Le record appartient à Thomas Ruyant et Morgan Lagravière sur For People, avec un temps de 11 jours, 21 heures, 32 minutes et 31 secondes, réalisé lors de l'édition 2023.
- Ocean Fifty : Le duo Lalou Roucayrol et Alex Pella sur Arkema détient le record avec un temps de 10 jours, 19 heures, 14 minutes et 19 secondes, établi en 2017.
- Ultim : Le record est détenu par Thomas Coville et Jean-Luc Nélias à bord de Sodebo Ultim, avec un temps de 7 jours, 22 heures, 7 minutes et 27 secondes, réalisé lors de l'édition 2017.
Courses autour du monde
Le Vendée Globe
Réputée pour être la course au large la plus difficile, le Vendée Globe est un véritable défi humain et sportif. En naviguant sans escale autour du globe, les skippers doivent affronter les mers les plus hostiles et gérer leur solitude pendant près de trois mois. Le Vendée Globe a lieu tous les quatre ans. La première édition a eu lieu en 1989, et la course a depuis gagné en popularité, attirant des skippers du monde entier.
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Le Vendée Globe est une course autour du monde sans escale, couvrant une distance d'environ 40 075 kilomètres (24 850 miles marins).
Le Trophée Jules Verne
Créé en hommage au célèbre romancier et à son œuvre « Le Tour du monde en quatre-vingts jours », le Trophée Jules Verne propose aux équipages de battre le record de navigation autour de la planète.
Le Trophée Jules Verne récompense la circumnavigation du globe sans escale ni assistance. Le temps nécessaire pour remporter le Trophée Jules Verne dépend des conditions météorologiques et des performances de l'équipage et du bateau. Le record du Trophée Jules Verne a évolué au fil des années. Les concurrents cherchent à battre le temps établi par les précédents titulaires.
Le record actuel est détenu par Francis Joyon et son équipage, qui ont accompli le tour du monde en 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes en 2017. Condition pour battre ce record ? Passer le cap de Bonne Espérance en moins de 12 jours.
L'Arkéa Ultim Challenge
L'Arkéa Ultim Challenge, qui se déroule à la voile en solitaire autour du monde et est réservé à la classe Ultim 32/23, des maxi-trimarans de 32 mètres de long. Les skippers de l’Arkéa Ultim Challenge doivent parcourir quelque 40 000 km et doubler les trois caps légendaires : Bonne-Espérance (Afrique du Sud), Leeuwin (Australie) et Horn (Amérique du Sud).
Lors de cette nouvelle et première édition, Charles Caudrelier a remporté la course à bord du Maxi Edmond de Rothschild après 50 jours, 19 heures, 7 minutes et 42 secondes en mer.
L'évolution technologique au service de la course au large
Aujourd'hui, l'évolution technologique a profondément changé le visage de la course au large. De la conception du bateau aux outils de navigation, chaque innovation permet au skipper de repousser ses limites et de relever des défis autrefois inimaginables.
Les innovations de Tabarly
Certains éléments comme :
- Les GPS
- Les pilotes automatiques
- Les systèmes de routage météo
ont modifié en profondeur la gestion de la navigation, rendant les courses plus stratégiques, précises, rapides. Tabarly développe de nombreux systèmes destinés à simplifier les manœuvres et à améliorer la sécurité en mer comme :
- La chaussette pour le spi : Ce système consiste en un manchon en tissu léger qui enveloppe la voile, permettant de la hisser et de l'étaler facilement en toute sécurité, même dans des conditions météorologiques difficiles. Grâce à cette invention, les marins n’ont plus besoin de lutter sur le pont avec une voile encombrante et difficile à maîtriser, réduisant ainsi les risques d'accident.
- Les matériaux composites légers et résistants : L'introduction de matériaux comme le carbone, le kevlar et les résines époxy a permis de construire des bateaux plus légers, plus rigides et plus rapides, tout en conservant une solidité exceptionnelle face aux conditions extrêmes des océans. Ces matériaux permettent une nouvelle répartition des efforts et une meilleure résistance à la fatigue structurelle. Elle garantit une maniabilité qui offre une traversée plus agréable et moins physique.
- Le foil : Dans les années 1970-1980, Éric Tabarly a expérimenté l'utilisation de foils sur ses voiliers, notamment avec le célèbre trimaran Paul Ricard. Ce bateau, conçu avec des foils, visait à améliorer les performances en permettant une navigation plus rapide en diminuant la résistance hydrodynamique. Bien que Tabarly n'ait pas inventé le concept des foils, il a été l'un des premiers à les utiliser et à les populariser dans les compétitions nautiques modernes.
Grâce à ces avancées, les courses au large sont devenues plus rapides, offrant des performances toujours plus élevées, plus précises, grâce à des technologies optimisant chaque manœuvre, et plus stratégiques, permettant aux skippers de repousser les limites avec une gestion optimale des ressources et des conditions de navigation. Ces évolutions ont non seulement transformé la navigation en solitaire, mais elles ont aussi ouvert la voie à des compétitions d’envergure où la technologie et l’humain ne font plus qu’un.
Préparer son propre tour du monde à la voile
Quand on prépare un tour du monde en voilier, tout semble possible et on se prend à rêver des itinéraires et à tous les endroits qu’on souhaite découvrir. Et il y en a des centaines ! Mais par où commencer et quel itinéraire suivre pour ce tour du monde en voilier ?
Choix du bateau : catamaran ou monocoque ?
Lorsque l’on décide de partir en tour du monde en voilier, que l’on parte seul, en couple ou en famille, on quitte toujours sa maison, son confort, pour s’installer à bord d’un monocoque ou d’un catamaran. S’il faudra toujours s’habituer à évoluer dans des espaces de vie différents, dans un environnement en mouvement, les volumes habitables d’un bateau à l’autre peuvent être variables. Ainsi, en partant à l’aventure sur un monocoque, par exemple, vous bénéficierez forcément de moins de volume que dans une unité constituée de deux coques. La longueur de coque, bien sûr, jouera beaucoup sur l’aménagement intérieur du navire et ses installations : le nombre de cabines, de cabinets de toilette et la largeur des espaces dépendent souvent de la longueur de flottaison d’un bateau.
En optant pour un catamaran en voyage autour du monde, vous ferez toujours le choix de moins de gîte qu’à bord d’un voilier monocoque. Dans les années 1960 et 1970, les catamarans ont commencé à faire leur apparition dans des régates, où leur potentiel de vitesse était déjà évident. La capacité d’un catamaran à remonter au vent et à naviguer au près, autrefois considérée comme inférieure à celle des monocoques, a été améliorée grâce à des conceptions de coques plus fines et plus efficaces, ainsi qu’à des améliorations dans le gréement et la voilure.
Itinéraires et escales
Un tour du monde à la voile d'Est en Ouest, en passant par les alizés et le canal de Panama, est la route classique pour les navigateurs partant trois à cinq ans. Si quelques "mangeurs d'écoutes" accomplissent ce tour en deux ans, cela laisse peu de place aux escales, à la découverte des terres rencontrées et de leurs habitants. D'autres moins pressés, souvent de jeunes retraités, partent pour des durées indéfinies. Ils s'arrêtent pour de longues escales, pour voyager à terre ou retourner voir leurs proches en France, et immobilisent leur bateau lorsque la saison n'est pas propice à la navigation (dépressions et tempêtes d'hiver dans les latitudes moyennes ou hautes, ou bien périodes cycloniques sous les tropiques). Une circum-navigation incluant ces arrêts prolongés peut durer dix ans !
Un changement significatif dans ces routes de grandes croisières autour du monde est imposé par la piraterie maritime sévissant à l'entrée du Golfe d'Aden et de la mer Rouge. Une variante pour faire le tour du monde sans franchir le canal de Panama consiste à effectuer un grand détour par le grand Sud du continent américain, les canaux de Patagonie et le détroit de Magellan.