Le Circuit de Gaz sur Voilier : Fonctionnement, Installation et Sécurité Indispensables

La sécurité à bord d’un voilier est une préoccupation majeure, et le circuit de gaz, son fonctionnement, son installation et les mesures de sécurité associées, constituent un domaine où la vigilance est primordiale. Nul n’a besoin d’être expert pour comprendre que le cocktail est explosif si une installation électrique en mauvais état se combine avec des défectuosités du circuit de gaz domestique ou du circuit de carburant. Une telle situation est malheureusement souvent rencontrée sur des bateaux d’occasion vétustes, où de nombreux plaisanciers néophytes, inconscients du danger par manque d’information et de connaissances techniques, naviguent avec leur famille sur des bateaux potentiellement dangereux. Les anciens bateaux ont parfois eu plusieurs propriétaires qui ont bricolé et rebricolé les circuits, où le « provisoire » est devenu définitif. Il est d'autant plus important de souligner que le milieu salin et l’humidité, qui favorisent la corrosion, ne font pas bon ménage avec les circuits électriques et les installations de gaz. À bord d’un bateau, il est impératif que les circuits soient en bon état et proprement installés dans les règles de l’art, c’est-à-dire conformes aux normes actuelles, convenablement gainés, répertoriés et protégés contre les surcharges et les courts-circuits. Les tableaux électriques doivent être clairs et nets. En bref, l’on doit trouver à bord ce que l’on appelle un circuit électrique impeccable, tout comme une installation de gaz irréprochable.

Réglementation et Recommandations pour la Sécurité du Gaz

En utilisation quotidienne, une installation au gaz correctement installée et entretenue n'est pas plus dangereuse que les autres combustibles, ce qui explique le fait qu'il n'existe pratiquement plus de bateaux de série sans cuisinière à gaz. Cependant, le confort d'utilisation fait souvent oublier qu'un minimum d'entretien et de contrôle est nécessaire pour un fonctionnement sûr. Contrairement au réchaud à pétrole, on ne peut pas voir à l'œil nu une conduite de gaz qui fuit, ce qui rend les risques potentiels particulièrement insidieux.

La norme internationale ISO 10239 et, en Allemagne, la fiche de travail G 608 de l'association allemande du gaz et de l'eau (DVGW) réglementent l'aspect de l'installation pour les bateaux privés d'une longueur maximale de 25 mètres. Selon les prescriptions allemandes, non seulement l'installation initiale est réglementée, mais des contrôles répétés doivent également être effectués tous les deux ans. Ces prescriptions ne sont toutefois pas obligatoires dans tous les pays. En théorie, aucun skipper ne doit donc s'en préoccuper et peut installer et exploiter une installation à sa guise. Mais cette tactique ne fonctionne que tant qu'il n'y a pas de sinistre, car l'assurance demande alors au plus tard si l'installation de gaz correspond à l'état actuel de la technique. Dans ce cas, les directives de la DVGW servent de référence. Il est donc fortement recommandé de s'y conformer.

La division 240, applicable aux embarcations de moins de 24 mètres, précise également plusieurs points cruciaux. Elle stipule que le stockage du gaz doit se faire à l'extérieur ou dans un local étanche au gaz, situé au-dessus de la flottaison par 30° de gîte, et muni d'une ventilation et d'un drain d'une section supérieure à 280 mm². Les bouteilles doivent être fixées solidement. Aucun équipement électrique ni aucun élément mobile susceptible d'endommager la bouteille, le détendeur, les tuyauteries ou d'obstruer le conduit ne doit se trouver dans le local. Concernant le circuit de gaz lui-même, les parties rigides doivent être en alliage de cuivre, assemblées par brasure à une température supérieure à 450°C, fixées tous les 50 cm pour le cuivre, protégées en cas de risque de chocs, avec des jonctions réduites au minimum et des raccords brasés à la norme NF/EN 29591. Les parties flexibles sont autorisées aux extrémités, conformes aux normes EN 1763-1 et 1763-2 classe 2 ou 3, avec des embouts aux normes EN1763-2. Enfin, aucun raccord gaz ne doit être présent dans le local machine. La division 240 ne mentionne pas l'obligation d'un professionnel qualifié pour l'installation, mais il est complexe pour un amateur d'attester du respect de toutes ces normes. Il est conseillé de conserver les factures des différents objets et matériaux, et de prendre des photos datées des parties installées, notamment la mesure du diamètre du drain d’évacuation.

Le Stockage du Gaz à Bord : Butane ou Propane ?

Selon le format de bouteille utilisé, on utilise à bord soit du butane, dans les bouteilles bleues de Campingaz, soit du propane. Les deux combustibles se distinguent certes par leur chimie et leur prix, mais dans la pratique, ils ne se différencient guère pour le fonctionnement du chauffage et de la cuisinière, sans qu'il soit nécessaire de procéder à des modifications. Le choix du gaz à embarquer est principalement une question de place et de territoire, car le butane et le propane ont des points d'ébullition différents. Alors que le butane pur ne se transforme en gaz qu'à des températures supérieures à zéro degré Celsius, le propane pur s'évapore dès que la température dépasse moins 42 degrés.

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Il en résulte une restriction décisive : le butane n'est pas adapté à l'hiver. Si l'on se déplace par exemple à Pâques par temps de gel avec une bouteille bleue de Campingaz, on risque d'avoir des problèmes. Si elle devient trop froide, le gaz ne s'évapore plus et le chauffage et la cuisinière restent froids. L'obtention de butane ou de propane pur étant coûteuse, on a toujours affaire à des mélanges de gaz dans la pratique. Les bouteilles bleues de Campingaz fonctionnent donc jusqu'à environ moins cinq degrés, ce qui est suffisant pour la plupart des navigateurs. Cependant, en raison des hivers froids, le butane est difficile à trouver en Scandinavie, où l'on mise sur le propane.

Une autre conséquence des différents points d'ébullition des deux gaz est la différence de dilatation thermique. Alors qu'il y a environ 7 bars de pression à 20 degrés dans une bouteille remplie de propane, il n'y a que 1,2 bar dans une bouteille remplie de butane. Les bouteilles Campingaz peuvent donc avoir des parois plus fines et être plus légères. Mais elles ne doivent jamais être remplies avec un pourcentage plus élevé de propane, car elles ne résisteraient pas à la pression qui augmente fortement en cas de réchauffement. Le butane et le propane sont tous deux plus lourds que l'air, ce qui signifie que le gaz qui s'échappe s'accumule toujours au point le plus bas, dans la cale des bateaux. C'est pourquoi le récipient doit impérativement être placé dans une caisse étanche au gaz.

Les bouteilles de gaz à usage domestique doivent être stockées et convenablement fixées dans un compartiment extérieur indépendant et correctement ventilé, loin d’une source de chaleur excessive et qui ne peut en aucun cas être en communication avec les cabines et le compartiment moteur. Le régulateur placé sur la bouteille est doté d'une soupape de sécurité qui protège l'installation des dommages causés par une pression trop élevée. Si elle se dégonfle, le gaz doit pouvoir s'écouler vers l'extérieur du bateau. C'est pourquoi le coffre à gaz doit avoir un écoulement d'au moins 19 millimètres de diamètre à l'endroit le plus profond, qui se termine au-dessus de la ligne de flottaison. On peut le vérifier en plaçant un bouchon d'eau dans le coffre : le réservoir doit se vider complètement, sans laisser de flaques d'eau. Sur les bateaux modernes, un espace de rangement correspondant est généralement déjà prévu. Les personnes qui passent de l'alcool à brûler ou du pétrole et qui doivent s'équiper ultérieurement peuvent recourir à des coffres à gaz prêts à l'emploi. Avec des prix à partir de 150 euros pour une bouteille de deux kilogrammes, on peut s'en procurer. Il est également possible de construire une caisse en contreplaqué sur mesure et de la recouvrir ensuite de PRV à l'intérieur, ou même d'utiliser des solutions à construire soi-même à partir d'un tuyau d'évacuation de 250 millimètres de diamètre.

La bouteille de rechange devrait également se trouver dans le coffre à gaz, car même si elle n'est pas raccordée, du gaz peut s'échapper en cas de vanne défectueuse. Si le casier à bouteilles est installé dans le coffre de l'ancre ou dans un autre espace non étanche par rapport à l'intérieur du bateau, il doit avoir un couvercle étanche. S'il est placé dans la baille à mouillage, il suffit que les raccords et la bouteille soient séparés du harnais de mouillage et qu'il y ait une évacuation propre. L'installation dans une baille à mouillage souvent humide peut toutefois entraîner une forte corrosion du régulateur de pression et des bouteilles. De même, il ne doit en aucun cas y avoir de sources d'inflammation dans le casier à bouteilles. Ceux qui possèdent un guindeau électrique devraient donc fermer complètement la caisse ou mieux encore l'installer directement à l'arrière.

Choix et Gestion des Bouteilles de Gaz

Petits ou grands, bleus ou gris, en acier, en aluminium ou en plastique, le choix des récipients de gaz semble vaste à première vue. Mais cela n'est valable que si la croisière ne fait que traverser l'Allemagne ou si le volume de gaz emporté est suffisant pour tout le voyage. En fonction de l'espace disponible, le skipper peut choisir entre les bouteilles de butane Campingaz de 1,8 et 2,75 kilogrammes ou les bouteilles de propane de 2, 3, 5 ou 11 kilogrammes. À cela s'ajoutent les bouteilles d'Alugas légères de 6 et 11 kilos ainsi que les bouteilles en plastique de 2 et 5 kilos.

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En regardant les prix, les acheteurs se tournent rapidement vers les bouteilles de propane grises. Même s'il s'agit de récipients de propriété, il est possible de les échanger et de les remplir, le gaz coûtant à peine 13 à 17 euros pour 5 kilogrammes. Pour les formats plus rares de 2 ou 3 kilogrammes, on n'a le choix qu'entre quelques stations d'échange, mais le remplissage est possible dans toute l'Allemagne. Les bouteilles en acier ne rouillent pas.

En règle générale, il faut faire remplir les bouteilles en plastique. Elles ont certes l'avantage d'être très légères, de ne pas se corroder et de permettre de voir à tout moment la quantité de gaz à l'extérieur, mais il n'y a pas d'infrastructure de contrôle. Les récipients sous pression doivent être réceptionnés tous les dix ans. Pour les bouteilles en acier, cette réception TÜV est organisée par le centre de remplissage et coûte environ 15 euros à chaque fois. Certains établissements effectuent également le contrôle gratuitement pour leurs clients réguliers, ou alors une taxe proportionnelle est facturée à chaque remplissage. Les bouteilles en plastique doivent être envoyées séparément au fabricant.

Restent les bouteilles bleues Campingaz, dont l'avantage est qu'on en trouve partout en Europe dès qu'il y a des campings. L'inconvénient est que le kilogramme de gaz est 4 à 5 fois plus cher que dans une grosse bouteille. Pour ceux qui vivent à bord, le budget gaz n'est pas forcément le plus lourd, et certains préfèrent la commodité des petites bouteilles faciles à trouver.

Les bouteilles bleues Campingaz sont vendues uniquement en France métropolitaine, et les lieux pour les recharger ne sont pas légion autour du monde. En revanche, les bouteilles de 13 kilos sont courantes dans de nombreux pays. En Malaisie par exemple, des bouteilles de 15 kilos peuvent être rechargées. Dans des régions comme les Antilles ou la Nouvelle-Calédonie, on trouve des bouteilles similaires à celles de la France. Il est également courant d'avoir à disposition plusieurs systèmes, y compris des détendeurs français, permettant d'échanger des bouteilles ou de les faire remplir chez les commerçants locaux.

La question du remplissage à l'étranger est souvent complexe, car il n'y a pas toujours d'usine de remplissage facilement accessible, et les bouteilles locales arrivent parfois pleines par caboteur. Une solution fréquemment adoptée consiste à se procurer une bouteille locale avec son embout spécifique, que l'on peut ensuite échanger contre une pleine chez le commerçant. Pour le remplissage des bouteilles personnelles, une méthode consiste à transvaser le gaz d'une bouteille pleine à une bouteille vide par gravité. Pour cela, il faut installer les deux bouteilles, la pleine en hauteur et la vide en bas, reliées par un tuyau flexible (type tuyau de douche d'environ 150 cm) et des Serflex bien serrés. Les robinets étant fermés, on ouvre d'abord le robinet de la pleine, puis on ouvre un peu le robinet de la bouteille vide pour purger l'air contenu dans le tuyau. Si les Serflex sont bien mis, il n'y a pas de fuites. Le remplissage commence alors par gravité. Il est conseillé de peser les bouteilles avant et après l'opération pour s'assurer du remplissage complet. Certains placent la bouteille vide dans un seau d'eau froide pour aider le transvasement, car le gaz se liquéfie mieux au froid alors que le butane gèle.

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Les points de recharge ou d'échange de bouteilles peuvent être trouvés dans des endroits spécifiques. Par exemple, au Guatemala, près du pont du Rio Dulce, il est possible de faire remplir une bouteille de 13 kg pour environ 35 francs suisses. À Phuket, en Thaïlande, il existe une usine où l'on peut se rendre directement, mais ils refusent de remplir les bouteilles qui ne sont pas du pays. Dans ces cas, l'adaptation avec des raccords spécifiques ou l'échange avec des bouteilles locales est la seule solution.

Le Régulateur de Pression : Un Élément Clé

La pression dans la bouteille varie en fonction de la température ambiante. Les bouteilles de propane, par exemple, ont une pression d'environ 7 bars à 20 degrés, mais de seulement 5,5 bars à 15 degrés. Pour que le réchaud et le chauffage fonctionnent de manière régulière, la pression de service doit être constante. Le régulateur y veille. Il réduit simultanément la pression aux 50 ou 30 millibars nécessaires pour les appareils. Jusqu'en 1996, les installations de 50 millibars étaient prescrites en Allemagne, mais entre-temps, on s'est mis d'accord au niveau international sur 30 millibars. Mais 50 millibars restent autorisés. Ceux qui ont une vieille cuisinière ou un vieux chauffage ne doivent donc pas nécessairement s'équiper à nouveau. Cependant, une seule pression doit être appliquée à tous les consommateurs à bord. La plupart des cuisinières destinées à l'usage des yachts continuent d'être disponibles dans les deux versions. La situation est différente pour les chauffages au gaz : le leader du marché, Truma, a entre-temps pris l'habitude de ne produire que des appareils de 30 millibars. Une panne de l'ancien chauffage peut donc obliger à rééquiper toute l'installation.

La pression fournie par le régulateur est indiquée par la couleur : les modèles de 50 millibars sont marqués en orange et ceux de 30 millibars en jaune. Les régulateurs de pression sont des pièces d'usure et doivent être remplacés tous les six ans. Mais tous les régulateurs ne sont pas adaptés à une utilisation à bord. Seuls les modèles homologués selon la norme G 608 sont protégés contre la corrosion, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Les modèles bon marché que l'on trouve dans les accessoires de camping ne résistent pas longtemps au climat marin agressif. En outre, le régulateur doit être équipé d'un manomètre. Cela ne permet certes pas, comme on le prétend souvent, de savoir combien de gaz il reste dans la bouteille, mais il est possible de vérifier à tout moment l'étanchéité de l'installation : il suffit de dévisser le robinet de la bouteille après l'ébullition et de marquer le niveau de l'aiguille. Tant que la température ne change pas beaucoup, l'aiguille devrait rester à la même place, même après quelques heures. En revanche, si la pression a chuté, cela signifie que l'installation fuit et qu'il faut faire appel à un spécialiste.

Le Circuit de Distribution du Gaz : Tuyaux et Raccordements

Pour que le gaz puisse passer de la bouteille au consommateur, des conduites doivent être posées. Le circuit entre les bouteilles et les consommateurs doit être réalisé en tube de cuivre ou inox monté conformément aux normes. Ces conduites sont robustes et nécessitent peu d'entretien. Selon les règles de la fiche de travail G 608, les tuyaux en acier inoxydable ou en cuivre sont autorisés. L'acier, comme c'est le cas dans les caravanes, n'est plus autorisé. La plupart du temps, on utilise des tubes en cuivre de huit millimètres de diamètre, faciles à cintrer et à poser. Comme le matériau devient plus fragile à chaque déformation, ce qui augmente le risque de rupture, le tuyau doit être plié le moins possible dans tous les sens lors de la pose. Pour éviter les ruptures dues aux vibrations, la conduite doit en outre être arrêtée tous les 50 centimètres par un collier de serrage. Au niveau des cloisons, il faut soit utiliser un raccord à vis, soit scier une découpe suffisamment grande dans le bois pour que le tuyau ne puisse pas frotter.

Les raccords à bague coupante sont utilisés comme éléments de couplage. Ces raccords métalliques sont faciles à monter soi-même et peuvent être facilement rouverts. Une telle installation ne peut pas se passer entièrement de tuyaux flexibles, car la bouteille de gaz doit pouvoir être remplacée et la cuisinière suspendue à la cardan doit pouvoir osciller librement. C'est pourquoi un tuyau de moyenne pression de 40 centimètres est autorisé dans le casier à bouteilles ainsi qu'au niveau du raccordement de la cuisinière. Les flexibles ne sont utilisés que sur la dernière partie du raccordement du détendeur et de l'appareil. Ces flexibles doivent être régulièrement remplacés car en vieillissant, ils perdent leur étanchéité. Cependant, avec des tuyaux d'alimentation aussi courts, les cuisinières à cardan ne fonctionnent souvent pas correctement. Dans le cadre de la protection des droits acquis, il est donc possible d'utiliser des tuyaux plus longs. Ceux-ci ne peuvent toutefois être obtenus qu'auprès d'un spécialiste, les fournisseurs habituels d'équipements marins ne proposant que des longueurs standard. Une installation complexe avec plusieurs tronçons de tuyaux en cuivre et de nombreuses connexions, comme celle observée sur certains bateaux pour se conformer à des réglementations spécifiques (par exemple, au Royaume-Uni ou au Danemark), multiplie les points de faiblesse potentiels.

Vannes d'Arrêt, Détecteurs et Dispositifs de Sécurité

Chaque consommateur doit pouvoir être séparé du reste de l'installation par une vanne à fermeture rapide. Mais cela ne fonctionne que si elle est également accessible pendant le fonctionnement. Elle ne doit donc pas être installée derrière la cuisinière, comme c'est le cas sur de nombreux bateaux scandinaves. En cas de doute, les flammes de la cuisinière hors de contrôle empêcheraient sinon l'arrêt d'urgence. L'alimentation de chaque appareil doit être munie d’une vanne d’arrêt et les brûleurs au gaz doivent être équipés d’un système de coupure automatique. Si le robinet d'arrêt est placé dans un placard ou une armoire, il doit être signalé par un autocollant correspondant.

Même si les vannes sont souvent déplacées, elles durent normalement toute la vie du bateau. Tant qu'il n'y a pas de consommation de gaz, la vanne de la bouteille devrait toujours être fermée, afin que même en cas de fuite dans l'installation, le gaz ne puisse pas s'échapper. Mais dans la pratique, il en va souvent autrement : pour que la bouteille de gaz n'occupe pas un espace de rangement précieux, elle est généralement installée dans le coin le plus reculé. Mais cela signifie aussi que la vanne de soutirage se trouve loin. Et qui va encore ramper dans le cockpit après le dîner pour fermer la bouteille, surtout s'il faut la rouvrir pour l'eau du café le lendemain matin ? Les interrupteurs électriques à gaz confortables résolvent ce dilemme, mais ils ne sont plus autorisés sur les bateaux neufs. Les anciennes installations sont toutefois protégées.

Un détecteur de gaz assure une sécurité encore plus grande. Le propane et le butane sont certes mélangés à une substance odorante caractéristique, mais celle-ci peut facilement être masquée par d'autres odeurs. De plus, le gaz n'est pas forcément perceptible dans le salon lorsqu'il s'est accumulé dans la cale. Un détecteur de gaz se déclenche également de manière fiable dans de telles situations. Selon le modèle, ces renifleurs électroniques coûtent entre 30 et 150 euros. Contrairement à la réglementation américaine, le montage de dispositifs de détection de fuite de gaz n'est pas obligatoire à bord des navires de plaisance neufs européens. Pourtant, un voilier a pris feu dans le Var suite à une fuite de gaz, soulignant l'importance de ces dispositifs. Le danger principal avec le gaz, c'est l'explosion consécutive à l'accumulation discrète de gaz plus lourd que l'air dans les fonds. L'énergie libérée lors de la détonation est énorme.

Très courant, car obligatoire outre-Atlantique, le solénoïde est un relais actionné depuis la table à carte ou la table de cuisson capable de fermer une vanne d'alimentation en gaz située juste à la sortie de la bouteille. Quand on veut cuisiner, on déclenche le solénoïde. C'est très facile à monter, seul le passage du câble d'alimentation peut poser un problème. C'est très facile à brancher, mais il faut regarder dans le coffre à bouteille de gaz pour observer la situation.

Entretien et Contrôle Rigoureux

Si tous les éléments de l'installation sont homologués pour une utilisation sur des bateaux, rien ne devrait s'opposer à la réception par un expert. Celle-ci comprend, entre autres, un test d'étanchéité. Pour ce faire, une pompe à air avec manomètre est raccordée à la place du régulateur de pression et une surpression de 150 millibars est appliquée à l'installation. Après cinq minutes d'attente, la pression alors affichée doit rester constante pendant cinq minutes supplémentaires. Ce test est beaucoup plus sensible que la recherche avec un spray de fuite et permet de mettre en évidence les plus petites fuites. Le contrôle d'étanchéité est suivi d'un essai de combustion de tous les consommateurs et d'un contrôle des fusibles d'allumage. Entre l'extinction de la flamme et la coupure du fusible, il ne doit pas s'écouler plus de 60 secondes. Sur les cuisinières à gaz, on reconnaît la coupure de ce fusible au clic qu'il produit. Si tous les critères sont remplis, il y a une inscription dans le carnet de gaz. Ce livret bleu accompagne chaque installation de gaz. Ceux qui ne le possèdent pas, malgré la plaque de contrôle apposée sur le coffre à gaz, doivent se renseigner auprès du contrôleur ou consulter un autre expert. La réception de l'installation coûte environ 60 euros.

Les flexibles ne sont utilisés que sur la dernière partie du raccordement du détendeur et de l'appareil ; ils doivent être régulièrement remplacés car en vieillissant, ils perdent leur étanchéité. Une panne de chauffage ou de cuisinière peut être un signe de problème avec l'installation, pouvant entraîner la nécessité de rééquiper toute l'installation si des composants ne sont plus compatibles avec les normes actuelles.

Témoignages et Expériences : Leçons de Terrain

Une expérience vécue à bord d'un voilier illustre parfaitement les dangers d'une installation défectueuse. Lors d'une navigation vers l'île de Grenade, un incendie s'est déclaré derrière le vaigrage, près du réchaud, alimenté par une fuite de gaz. Malgré la présence d'un extincteur à poudre, l'incident a rapidement pris des proportions alarmantes, laissant le bateau dans un état indescriptible, recouvert d'une pellicule blanche. L'origine de l'incendie a été attribuée à une petite fuite de gaz dans le circuit du réchaud, combinée à une accumulation de gaz due à la ventilation des cabines par des ventilateurs, et la présence de bombes d'insecticides. Cet événement souligne l'importance cruciale de la vérification de tous les circuits, même les plus insignifiants, et la nécessité de ne laisser aucun gaz s'échapper dans le bateau, même à une pression de bouteille.

D'autres navigateurs ont fait le choix d'adapter leur consommation d'énergie, comme l'installation d'une plaque à induction à la place d'un brûleur à gaz, utilisée lorsque le bateau est branché à un quai, soit environ 200 jours par an selon certaines statistiques. Cette approche réduit la dépendance au gaz et les risques associés. La question de la capacité des bouteilles et de leur approvisionnement est également un sujet récurrent. Si une grosse bouteille dure plus longtemps, il est souvent préférable d'avoir une seconde en réserve pour éviter les pannes en mouillage isolé. L'avantage du Campingaz est sa disponibilité quasi universelle en Europe, bien que le coût au kilogramme soit plus élevé. La possibilité de construire un coffre étanche avec un tuyau d'évacuation sous la bouteille est essentielle pour la sécurité, comme l'ont souligné les discussions sur les forums.

Les assureurs peuvent être très rigoureux en cas de sinistre. Modifier son circuit fixe de gaz, notamment par des soudures non réalisées par un personnel qualifié ou sans épreuve de la canalisation fixe, peut être une mauvaise idée. En revanche, changer la capacité de la bouteille ne pose généralement pas ce problème. Il est vital de pouvoir attester du respect des normes pour toute modification.

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