Le cincle plongeur : un habitant fascinant des eaux vives

Le cincle plongeur (Cinclus cinclus), également surnommé "merle d'eau", est un passereau aquatique fascinant, parfaitement adapté à la vie dans les rivières et les torrents. Sa capacité à plonger et à marcher sous l'eau pour chercher sa nourriture en fait un indicateur précieux de la qualité des rivières et des cours d'eau.

Description physique et comportement

Le cincle plongeur est un petit oiseau rondelet, immédiatement reconnaissable à son large plastron blanc pur, qui contraste fortement avec le reste de son corps, d'un brun presque noir. La tête et la nuque sont couleur chocolat. Il mesure de 17 à 20 cm de long, avec une envergure pouvant atteindre 30 cm, et pèse en moyenne de 60 à 70 grammes. Son vol est vibrant, rapide et direct, souvent au ras de l'eau, et sa queue est courte.

C'est un oiseau nerveux, actif et méfiant. Une bonne partie de son temps est consacrée à enchaîner les plongeons en toute saison - jusqu'à 600 fois par jour ! Il pénètre sous l'eau pendant quelques secondes (où il voit très bien) et se stabilise debout sur le fond grâce à ses pattes longues en écartant légèrement ses ailes pour résister au courant.

Habitat et répartition

Le cincle plongeur est étroitement lié aux cours d'eau et aux torrents. Son habitat idéal se situe dans les zones boisées d'altitude, là où l'eau est la plus pure, car il est très sensible à la pollution. Il fréquente essentiellement les cours d’eau rapides, bien oxygénés avec des remous et des cascades, mais aussi les lacs d’altitude. C'est un oiseau sédentaire que l'on trouve en Europe de l'Ouest, en Eurasie et au Maghreb.

En France, même s'il vit de préférence dans les zones de montagne (Alpes, Pyrénées, Massif Central, Vosges et Jura ainsi que les massifs de Corse), il est également présent dans des régions plus planes. Par exemple, en Côte-d'Or, sa répartition se calque sur les reliefs : on le retrouve ainsi sur les trois quarts nord-ouest du département, évitant la plaine de Saône, l'est du Châtillonnais et l'Arnétois. Il est présent partout dans le Parc national, y compris en basse vallée et dans les zones les plus méditerranéennes.

Lire aussi: Le Cincle Plongeur : Portrait

En hiver, les populations délaissent plus ou moins les hautes altitudes où la neige bloque l’accès aux torrents pour descendre plus bas dans les vallées. En remontant les cours d'eau, vous ferez partir une petite boule marron avec un éclat blanc qui ira en vol rasant, se percher plus loin. Arrivé au bout de son territoire, il repartira en sens inverse. Les plus belles observations se feront cependant assis, à une petite distance du bord du torrent.

Alimentation

Le cincle plongeur est un pêcheur inlassable qui engloutit quotidiennement l'équivalent de son poids. Il raffole notamment des gammares, ces petits crustacés d'eau douce, ainsi que des larves et insectes aquatiques, des petits poissons ou encore des araignées, des vers et invertébrés. Il plonge et nage avec aisance en s’aidant de ses ailes pour gagner le fond du torrent. Il reste immergé de 3 à 10 secondes, généralement à moins d'1 mètre de profondeur.

Reproduction

Oiseau sédentaire, le cincle peut donc entamer sa nidification assez tôt dans l'année. Ainsi, les premiers chants retentissent dès la fin de l'hiver et les premiers œufs peuvent être pondus en mars dans une cavité artificielle (sous un pont) ou naturelle (dans une berge rocheuse, sous cascade). Les parents construisent un nid de mousse qu'ils garnissent de feuilles et d'herbe avec une entrée sur le côté, nid qu'ils installent dans une crevasse ou sous un pont.

La femelle couve de 3 à 6 petits oeufs pendant un peu plus de 2 semaines. Au bout de 16-17 jours, les œufs (généralement 5) éclosent et les jeunes sont nourris pendant 20 jours. Les parents nourrissent ensuite les petits qui savent nager avant de savoir voler. Les juvéniles, reconnaissables à leur couleur grise striée sur le poitrail quittent ensuite leurs parents pour aller s'établir sur leur propre territoire. Le mâle, assidu au début, délaisse la nichée pour aller parader avec une autre femelle. Si la nourriture est abondante, une seconde ponte peut survenir.

Menaces et conservation

Le cincle plongeur peut souffrir de toute pollution des eaux conduisant à une réduction des ressources alimentaires, ainsi que du dérangement en période de couvaison. Son habitat naturel est de plus en plus menacé par les aménagements humains et la dégradation des zones aquatiques.

Lire aussi: Tout savoir sur l'habitat du cincle plongeur.

Même s'il n'est pas considéré comme une espèce menacée sur le plan national, le statut de sauvegarde du cincle plongeur varie fortement d'une région à l'autre. Inféodé aux cours d'eau et torrents les moins pollués, il est logiquement plus rare là où ceux-ci sont dégradés par la pollution.

Pour favoriser sa présence et sa reproduction, il est possible d'installer des nichoirs spécialement conçus en béton de bois. En offrant un nichoir au cincle plongeur, vous participez activement à la préservation d’un oiseau emblématique des rivières propres et vivantes. Protéger le cincle plongeur, c’est protéger nos rivières et la biodiversité qui en dépend.

Lire aussi: Reproduction du cincle plongeur en détail

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