Les Chiroptères : À la découverte des mammifères volants

Les chauves-souris appartiennent à l’ordre des chiroptères, qui constitue le deuxième ordre des mammifères le plus important en nombre d’espèces, derrière les rongeurs, et représente près d’un quart des mammifères vivant sur terre. Aujourd’hui, nous en connaissons plus de 1400 espèces à travers le monde et encore beaucoup à découvrir. Chiroptère, le nom scientifique des chauves-souris, signifie littéralement « main-aile ». En effet, il est intéressant de constater que les chauves-souris possèdent les mêmes os dans les membres antérieurs que nous. Il n’y a que la taille et l’arrangement qui diffèrent. Leur capacité de voler différencie la chauve-souris de tous les autres mammifères. Les ailes sont formées par des plis d’épiderme que soutiennent les os allongés de leurs doigts, de leurs mains et de leurs bras. Les membranes alaires sont rattachées aux côtés du corps et aux pattes postérieures. Chez les espèces du Canada, la queue se trouve dans les membranes. En vol, les chauves-souris paraissent plus grosses que lorsqu’elles sont au repos. Cependant, les chauves-souris sont des mammifères de petite taille. Par exemple, la petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus), une espèce de taille moyenne du Canada, pèse environ 8 g en été (la masse de deux pièces de 5 cents et d’une pièce de 10 cents) et l’envergure de ses ailes est d’environ 22 cm. La chauve-souris cendrée (Lasiurus cinereus), avec ses quelque 30 g et une envergure de 40 cm, est la plus grosse des espèces du Canada. Les ailes des chiroptères sont pour le moins originales. Il s’agit en réalité de patagiums, un prolongement de la main. À l’exception du pouce, les autres doigts sont particulièrement allongés et sous-tendent une fine membrane de peau souple et élastique qui est une extension du dos et du ventre.

Adaptations morphologiques et physiologiques

Les chauves-souris sont des organismes endothermes, c’est-à-dire qui produisent leur propre chaleur en brûlant des réserves de graisses. Elles sont également capables de faire varier leur température corporelle en fonction du milieu dans lequel elles vivent; on dit alors qu’elles sont des mammifères hétérothermes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les chauves-souris hibernent durant l’hiver. Les chauves-souris possèdent une membrane entre les os des pattes antérieures qu’on nomme patagium ou membrane alaire. Celle-ci possède différentes sections et s’étend jusqu’au niveau de la queue formant ainsi l’uropatagium. Les oreilles des chauves-souris sont remarquables. Elles sont grandes par rapport à la taille de la tête et des yeux. L’entrée de l’oreille est protégée par un cartilage, qu’on nomme le tragus. La forme, la taille et la couleur de l’oreille et du tragus sont des critères importants pour identifier les espèces. Les pieds des chiroptères ont subi une rotation de 180° par rapport aux nôtres, adaptation qui s'avère idéale pour s'accrocher facilement aux branches, aux voûtes des cavités ou aux charpentes. Les chauves-souris peuvent se suspendre la tête en bas sans déployer d’effort, en partie grâce à un tendon spécial. Le poids de l’animal fait en sorte que le tendon referme les griffes sur la surface d’appui. Le système circulatoire des chauves-souris est également muni de valves qui évitent l’accumulation de sang dans leur tête. Ces animaux nocturnes dorment ainsi enveloppés dans leurs ailes afin de conserver leur énergie.

L’écholocation : un sonar naturel

L’utilisation de l’écholocation est un comportement bien connu des chauves-souris. La plupart des chauves-souris - et toutes les espèces du Canada - utilisent l’écho des sons qu’elles produisent pour localiser les objets se trouvant sur leur chemin. Les sons aigus ont des longueurs d’onde plus courtes que les sons graves et donnent aux chauves-souris des renseignements plus détaillés sur leur cible. Les cris de la plupart des espèces de chauves-souris du Canada sont des ultrasons (inaudibles pour l’oreille humaine). La chauve-souris n’est pas aveugle. Les yeux de nombreuses espèces de chauves-souris insectivores ne sont pas apparents, mais les chauves-souris voient très bien et se servent de leurs yeux au cours de nombreuses activités. Cependant, pour autant que nous le sachions, les espèces du Canada utilisent l’écholocation pour repérer leurs proies, leurs grandes oreilles montrant l’importance que prennent les sons dans leur vie. Grâce à l’écholocation, la chauve-souris capte la différence entre le son initial et son écho, et cette information lui permet de localiser et de reconnaître les objets se trouvant sur son chemin. Elles émettent donc des ondes sonores très rapides et directionnelles qui vont rebondir sur les objets environnants et revenir sous forme d’échos à leurs oreilles. Les chauves-souris se construisent ainsi une image sonore très précise de leur environnement. Les signaux d’écholocation varient d’une espèce à l’autre.

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