L'Odyssée de Charles Hervé-Gruyer : Des Océans du Globe à la Permaculture Normande

Charles Hervé-Gruyer est animé depuis l’adolescence par une passion profonde pour la relation entre l'être humain et la nature. Cette quête d'idéal, enracinée dès son plus jeune âge, l'a mené à un parcours de vie singulier, marqué par des aventures maritimes éducatives et la création d'un modèle agricole révolutionnaire. De ses vingt-deux années passées à sillonner les océans du globe à l'établissement de la Ferme du Bec Hellouin en Normandie, son cheminement est une exploration constante des liens profonds entre l'homme et son environnement, ainsi qu'une recherche inlassable de modes de vie plus harmonieux et respectueux.

Un Éducateur au Large : L'Épopée du Voilier-École Fleur de Lampaul

Éducateur de formation, Charles Hervé-Gruyer n'a pas attendu longtemps pour concrétiser cette passion. À 21 ans, il prend la mer à bord de son voilier-école, le Fleur de Lampaul, avec des équipages composés d'enfants et d'adolescents. Cette expérience va durer vingt-deux ans, durant lesquels ils vont sillonner tous les océans du globe en compagnie de scientifiques. Le voilier-école Fleur de Lampaul deviendra le théâtre d'une aventure humaine et éducative sans précédent, naviguant pendant une vingtaine d'années en compagnie d'enfants et adolescents de différentes nationalités, et ce jusqu'en 2001. Le navire visitera les îles les plus isolées, avec pour mission de rencontrer les peuples premiers et de rendre compte de la vie des communautés autour du monde. Les expéditions du Fleur de Lampaul ont été racontées sous la forme d’une quinzaine de livres publiés chez Gallimard Jeunesse et de plus de 80 films diffusés dans de nombreux pays.

À chaque escale, les jeunes à bord partageaient la vie des autochtones, le plus souvent des peuples premiers : Indiens d’Amazonie, Aborigènes d’Australie, Papous, Canaques, peuples d’Asie et d’Afrique. Ces rencontres furent une profonde source d’inspiration pour Charles Hervé-Gruyer, qui a relaté leurs enseignements dans un roman intitulé « La femme feuille » (Albin Michel). Le travail d’éducation à l’environnement et de vulgarisation scientifique, développé en particulier au sein de l’Éducation Nationale, a été salué par divers organismes et institutions. Il a notamment été décoré des Palmes Académiques et a reçu le Prix Global 500 de l’ONU, reconnaissant l'impact et la portée de ces voyages. Voyager, pour Charles, c'était chercher à comprendre le monde, une démarche qui nourrira profondément sa vision future.

L'Expédition "Enfants de l'An 2000" : Un Témoignage Précieux

Parmi ces nombreuses expéditions, une participante a raconté son expérience marquante à bord du Fleur de Lampaul. Le 30 août 1998, elle embarquait pour un voyage d’un an qui la mena de l’île d’Yeu à Tahiti, en passant par une quinzaine d’îles de la côte ouest africaine, des Caraïbes et de la Polynésie française. Accompagnée de 9 autres jeunes, âgé·e·s de 12 à 15 ans, et de 5 adultes, elle a pu partager le quotidien de peuples autochtones et découvrir la vie, les rêves et les préoccupations des « Enfants de l’an 2000 », le nom de cette expédition, à travers le monde. Ce voyage a été partagé via un site internet, des livres publiés chez Gallimard Jeunesse et des films diffusés alors sur la 5e en France et sur d’autres chaînes à l’étranger, et qui sont actuellement disponibles sur YouTube, bien qu'uniquement en allemand.

La sélection pour cette aventure était rigoureuse. La participante avait entendu parler du Fleur de Lampaul via le magazine L’Hebdo des juniors en 1997. Elle avait participé à un jeu concours dans l’espoir de remporter un livre de la collection « Chair de Poule », mais c’est finalement le premier prix qu'elle a remporté : un stage d’une semaine à bord du Fleur de Lampaul pour observer les mammifères marins en Vendée. Bien qu'elle soit partie pour ce stage à reculons, l’idée de vivre une semaine sur un voilier avec des inconnu·e·s ne l’inspirait guère, elle est rentrée vraiment enchantée par cette première expérience de la vie en mer et en communauté, ainsi que par la découverte du quotidien à la fois au cœur de la nature et dans un espace minimaliste. Elle est également tombée sous le charme de ce magnifique vieux gréement qu’est le Fleur de Lampaul et s’est plongée avec intérêt dans les livres relatant les expéditions organisées chaque année par Charles Hervé-Gruyer.

Lire aussi: Activités Aquatiques à la Piscine Charles Kaufmann

Le processus de candidature pour l'expédition d'un an était exigeant. Il fallait envoyer un dossier comprenant des réponses à des questions personnelles sur les motivations et les passions, et préparer un reportage photo sur le quotidien. Au moins l’un des parents devait également rédiger une lettre de soutien à la candidature de son enfant. Des entretiens individuels ont ensuite été organisés pour une cinquantaine de jeunes (sur 1000 candidat·e·s) à l’île d’Yeu sur un week-end. C’était l’occasion pour les jeunes et les parents qui ne le connaissaient pas de voir le bateau en vrai, de rencontrer l’équipage adulte, et pour Charles et le reste de l’équipage adulte de faire connaissance avec chaque candidat·e séparément. Enfin, un « stage » d’une semaine à bord du Fleur de Lampaul avec une quinzaine de jeunes permettait de finaliser la sélection. L’absence d'expérience en navigation n’était pas un critère de sélection, un détail qui a finalement rassuré la mère de la participante qui craignait de la laisser partir si jeune. Le voyage était sponsorisé principalement par France Télécom et diverses autres entreprises, et chaque famille devait également faire de son mieux pour trouver des mécènes de son côté. La participante avait personnellement obtenu des dons financiers de sa mairie, du Conseil Régional, de son collège, ainsi que des dons matériels de la Fnac, notamment du matériel photo.

La Vie à Bord et les Rencontres Humaines

La communication avec les familles se faisait essentiellement par courrier. Avant de s'installer dans des villages généralement isolés, l'équipage accostait des villes portuaires pour se ravitailler en nourriture et en profitait alors pour récupérer du courrier en poste restante et envoyer des lettres. Parfois, une cabine téléphonique était disponible, mais les échanges de vive voix restaient assez rares. Il arrivait également que certains spécialistes rejoignent le voilier en avion pour une partie du voyage, et l’équipe travaillant depuis les bureaux de l’île d’Yeu se chargeait de réunir le courrier des familles et chargeait ces visiteurs ponctuels de l'apporter. La séparation était souvent plus difficile à vivre pour les familles, laissant un vide derrière elles, tandis que les jeunes étaient tellement absorbés par la vie à bord, la découverte de nouveaux endroits, la rencontre avec de nouvelles personnes, l’écriture des livres, le tournage des films, qu'ils n'avaient que très peu de temps pour penser aux êtres chers restés à terre. Ils savaient l’importance de profiter à fond de chaque moment, se sentant privilégié·e·s de faire partie de cette aventure.

Entre jeunes, une atmosphère de camaraderie régnait, comme des frères et sœurs, toujours là les un·e·s pour les autres et jamais à l’abri des prises de tête. Il y avait des affinités plus fortes avec certaines personnes, mais globalement, l'entente était très bonne. Les relations avec les adultes étaient diverses, dépendant des personnalités, mais ces derniers incarnaient à la fois des ami·e·s, des confident·e·s et des encadrant·e·s. L'équipage passait généralement 10 jours à 3 semaines sur chaque île ou archipel. Si les repas chez les hôtes étaient souvent un régal, la nourriture à bord, constituée de conserves et d'ingrédients secs au départ de l’île d’Yeu, puis complétée par des fruits et légumes lors des escales en ville portuaire, n'était pas toujours aussi appétissante, bien que la pêche lors des traversées apportait une touche de fraîcheur.

Les peuples rencontrés vivaient très sobrement, dans des logements aux allures précaires, avec peu ou pas de mobilier, des objets complètement usés et pas d’eau ni d’électricité courantes. En France, cela aurait été associé à de la pauvreté, mais dans les endroits visités, cela correspondait à leur manière de vivre. Malgré des ressources matérielles différentes et moindres par rapport aux Occidentaux, ces populations n’étaient pas dans le besoin et étaient enchantées d’accueillir et de nourrir leurs visiteurs durant leur séjour. Les gens rencontrés semblaient satisfaits de leur situation matérielle, même s'ils connaissaient des difficultés dans d’autres domaines de leur vie. Il n'y avait pas de souvenir d'individus envieux de la situation des Occidentaux, ignorant sans doute réellement les conditions de vie dans les pays d’origine. L'objectif du voyage était de découvrir et de comprendre le mode de vie et de pensée d’autres peuples, à la manière des ethnologues. Une seule chose a choqué la participante et pour laquelle elle n’a pas réussi à faire preuve de relativisme culturel : le fait que dès l’âge de 6 ans, les enfants cubains soient envoyé·e·s dans des camps où on les prépare physiquement et mentalement à pouvoir et à vouloir se battre pour protéger leur nation.

Les contacts avec les personnes rencontrées lors du voyage n'ont pas été maintenus, principalement parce que certaines vivaient trop isolées pour recevoir du courrier et qu'une langue commune manquait souvent. Une observation importante concernait l'environnement : si la participante ne se souvenait pas avoir vu de déchets au milieu des mers et océans traversés, l’arrivée des produits transformés et emballés chez certains peuples était problématique. Ils n’avaient pas conscience de l’impact des déchets et aucun système pour les trier ou s’en débarrasser, ce qui conduisait malheureusement à retrouver des déchets non biodégradables dans la nature. Tous les peuples rencontrés vivaient au bord de l’eau et sur des îles, mais la question de la montée des océans n'était pas un sujet de discussion à l'époque. Ces peuples faisaient preuve de bon sens en s’étant familiarisés intimement avec leur environnement immédiat afin d’y puiser tout ce dont ils pouvaient avoir besoin pour répondre à leurs divers besoins quotidiens (alimentation, santé, logement, habits, divertissements). C’est au cours de ce voyage que la participante a récolté ses premières « graines vertes », des prises de conscience qui ont mis des mois ou des années à germer, mais qui ont toutes considérablement influencé son cheminement vers un mode de vie plus sain, éthique et écologique.

Lire aussi: l'exploration des Brassés Végétaux Babybio

Impact sur la Scolarité et Éveil à l'Anthropologie

Le voyage était découpé en trois modules de trois mois, permettant aux jeunes de rentrer chez eux tous les trois mois pour une période de deux à trois mois. Durant cette période, ils réintégraient temporairement l’école. Une partie de l’équipage adulte naviguait jusqu’à la prochaine escale et l’autre partie rentrait également en France afin de s’occuper de l’édition des livres et du montage des films. Malgré cette année hors du système scolaire traditionnel, le voyage n’a eu aucun impact négatif sur la scolarité de la participante, qui a obtenu son brevet des collèges avec d’excellentes notes et a pu passer en classe de seconde puis de première sans problème. Ayant un profil de « bonne élève » et nécessitant seulement un soutien en maths, elle a pu rattraper ses cours de manière autonome très rapidement. Cependant, cette année hors du système scolaire a complètement changé son rapport à la scolarité telle qu’elle l’avait connue en France. Dès son retour « définitif » dans le système, elle a commencé à s’ennuyer, à trouver déprimante l’idée de passer encore la plupart de ses journées des deux ou trois années à venir assise sur une chaise entre quatre murs à mémoriser des choses bien souvent déconnectées de la réalité et des sujets qui comptaient vraiment pour elle. Très vite, elle s’est sentie incapable de s’épanouir dans un tel système.

Quelques mois après son retour, elle a entendu parler d’un organisme international offrant un programme scolaire alternatif, le Bac International, et des bourses à un certain nombre de jeunes dans chaque pays. Elle a décidé de tenter sa chance et, après trois étapes de sélection, a reçu une lettre lui apprenant qu’elle avait obtenu une place et une bourse complète pour faire sa première et sa terminale au sein de l’établissement canadien de cet organisme. Moins de cinq mois après son retour du Fleur de Lampaul, elle et sa mère étaient de nouveau plongées dans les préparatifs d’un nouveau grand départ « au bout du monde ».

En dehors des réflexions liées à l’écologie et à l’éducation, sa plus grosse prise de conscience durant ce voyage a été d’ordre humain. C’est à ce moment-là qu’elle a découvert l’ethnologie et ce que cela signifiait d’être vraiment ouvert·e d’esprit. Réalisant l’importance de partager le quotidien des gens d’autres horizons, milieux, cultures, pour se défaire de ses préjugés et mieux comprendre et apprivoiser les différences, c’est tout naturellement qu’elle a choisi l’anthropologie sociale et culturelle comme matière au bac, puis qu'elle a enchaîné avec une licence en anthropologie et en communication. Le contact direct et constant avec la nature est une chose qui lui manquait le plus après cette expérience.

Du Large à l'Intérieur : Une Transition Profonde

À l’issue d’une circumnavigation de trois années, Charles Hervé-Gruyer a ressenti le besoin de clore cette aventure maritime, même s'il en a éprouvé le besoin. Son retour à Paris, en 2001, fut brutal. En burn-out, le voyageur sentimental s’est retrouvé profondément déraciné, mais s’est accroché à sa certitude la plus forte : son désir de vivre proche de la nature. Il a alors orienté sa recherche vers l’exploration de notre monde intérieur, étudiant la psychologie, la sophrologie, la gestion du stress, les massages du monde et les massages thérapeutiques. Il s’est formé au yoga en effectuant les formations de professeur et professeur avancé de l’école Sivananda. Il a exercé la profession de thérapeute psychocorporel durant plusieurs années. Voyager, c’est chercher à comprendre le monde, et cette période marque une nouvelle phase de cette quête, cette fois-ci tournée vers l'introspection et le bien-être humain. Charles est avant tout l’heureux papa de quatre filles, un aspect de sa vie personnelle qui imprègne également ses choix et ses engagements.

C'est durant cette période de transition qu'il a rencontré Perrine, celle qu’il appelle "la fermière de ma vie". Leur rencontre, qui a eu lieu lors d'un stage de massage, a été déterminante. La rencontre avec sa femme Perrine lui a donné la force de suivre son rêve de jeunesse de devenir paysan, un désir profondément ancré en lui depuis l'adolescence où il détestait la ville et l'école, déjà en quête d'idéal. Il confie que sans elle, il aurait hésité à se lancer. Leur complémentarité est une force : Charles est idéaliste et conceptuel, tandis que Perrine est plutôt dans le concret. Ensemble, ils décident de réaliser leur rêve : vivre comme des Indiens en intimité avec les plantes et les animaux, un rêve qu'il lui a fallu trente ans pour concrétiser.

Lire aussi: Plongez dans le règne de Charles XII, roi de Suède

Ancrage en Normandie : La Naissance de la Ferme du Bec Hellouin

En 2003, Charles Hervé-Gruyer et Perrine créent la Ferme du Bec Hellouin, en s'installant en terres normandes. Ils choisissent la Normandie, berceau de la famille maternelle de Charles, pour monter sa ferme bio dans le village du Bec Hellouin, près de la célèbre abbaye du même nom. Pour Charles, c'est un cadre magique où il venait faire des retraites spirituelles avec sa grand-mère lorsqu'il était enfant, ressentant toujours un sentiment de plénitude en entrant dans cette vallée avec son petit ruisseau serpentant, ses prés et collines boisées.

La ferme n’avait alors rien à voir avec les plantations verdoyantes actuelles. En 2004, c’est une petite chaumière entourée de 6 500m2 de mauvaise terre que Perrine et Charles achètent. Ils se lancent à corps perdu dans le pari fou d’en faire un terrain cultivable. Soucieux d’explorer les pratiques agricoles les plus écologiques qui soient, inspirés par les années passées auprès des peuples premiers, ils y expérimentent des approches et des outils encore peu connus en France. Au départ, ils voulaient seulement nourrir quelques dizaines de familles avec des aliments sains, c’était le sens donné à leurs existences. Ils n’imaginaient pas aller plus loin que cela, mais tout s’est accéléré, comme le reconnaît Charles Hervé-Gruyer.

Pour créer une ferme à leur image, ils s'inspirent de techniques ancestrales, des peuples premiers, ainsi que des pionniers de l'agriculture biologique. À force de mêler les techniques agricoles des paysans du Sud, les outils ancestraux oubliés et les dernières avancées scientifiques glanées sur internet, le couple parvient à créer un écosystème foisonnant. Il leur aura néanmoins fallu presque dix années pour construire un modèle viable. Une décennie à cultiver patiemment chaque plante, en pratiquant une « agriculture amoureuse », comme le dit si joliment Charles Hervé-Gruyer. Ils ont vraiment « essuyé les plâtres », admet-il.

La découverte de la permaculture en 2008 est un tournant salvateur. La Ferme du Bec Hellouin est la première à avoir instauré ce modèle en France, ce qui la rendra célèbre. Aujourd’hui, le lieu est une mosaïque de biodiversité : îles jardins, forêt jardin, cheval de trait, moutons, arbres fruitiers par milliers et jardins maraîchers, et atteint une productivité que personne ne pensait possible.

Cependant, le chemin vers ce succès n'a pas été sans embûches. Charles Hervé-Gruyer avoue que cela a été "dix ans de crise permanente : le stress, le manque d’argent, le sentiment de décevoir les gens, de mal faire son travail…" Ils ont vécu des moments tellement durs qu’ils ont envisagé de "mettre la clé sous la porte". Répondre aux sollicitations et accueillir en permanence du monde à la ferme a été très intrusif pour leur vie de famille. Ce dont Charles est le plus fier est qu'ils ont réussi à rester ensemble, Perrine et lui, et à protéger leurs filles. Pour eux qui ont tant de peine à dire non, il a fallu apprendre à poser des limites, car "sinon, tu crèves !". Leur puissance de travail et leur caractère volontaire les ont aidés à affronter ces épreuves, tout comme leur intérêt pour les thérapies corporelles. Charles Hervé-Gruyer est d'un naturel anxieux, mais il sait prendre des risques parce qu'il croit très fort en une bienveillance de la vie. Passée la cinquantaine, il a aussi appris à se faire confiance. Il reconnaît qu'en tant que marin, il était tellement axé sur la réussite du projet qu’il y allait beaucoup au forcing, écrasant sans doute certaines personnes. Aujourd’hui, le voir parler avec simplicité avec chacun de ses treize salariés, une main sur l’épaule, démontre un changement indéniable. Cet homme indépendant, qui n’a jamais supporté de travailler pour un patron, ne jure maintenant que par le travail d’équipe.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *