Le hockey subaquatique est une discipline sportive fascinante qui se pratique en apnée au fond d’une piscine, alliant stratégie, cohésion d’équipe et endurance. C’est un dénommé Alan BLAKE qui l’a inventé pour pallier le manque de sport aquatique en période d’hiver. Le hockey subaquatique est né en août 1954, au « Southsea Sub-aqua Club », dans le Sud de l’Angleterre. Ce sport est créé en 1954 à Portsmouth par Alan Blake. Celui-ci regrettait le froid et la diminution de l'activité de natation en hiver, et décide de créer un sport collectif.
Les premières évolutions techniques et géographiques
La discipline a été « réinventée » aux Etats-Unis, en 1960, dans la région de Chicago. Le jeu créé par un certain Bill NEIL reposait sur l’utilisation de crosses de hockey sur glace raccourcies, tenues à deux mains, contrairement au jeu anglais qui s’appuyait sur des crosses spécifiques, plus courtes, et tenues d’une seule main. Le jeu se jouait avec des crosses de hockey sur glaces raccourcies à environ une trentaine de centimètres et tenues par une seule main contrairement aux Etats Unis qui jouaient avec deux mains. Mais la formule à une seule main s’est progressivement imposée aux USA et Canada puis à toutes les nations pratiquantes dans les années 1970.
En France, c’est en 1967, à Montauban, que l’on a joué au hockey subaquatique pour la première fois. C’est à Montauban en 1968, que le hockey subaquatique apparait pour la 1ère fois en France et fait même école dans quelques pays européens (Hollande, Belgique). En 1964, au club de la Centrale Sous-Marine à Paris, un groupe de plongeurs avaient imaginé le HO-SU-MA (Hockey sous Marin, prononcé avec l'accent du Pacifique), en prétendant qu'il s'agissait d'un vieux jeu polynésien, qui se jouait avec une palme de cocotier et une noix de coco lestée dans les lagons de Polynésie. Ce jeu s'est pratiqué en 1964, 1965, 1966, dans les piscines Edouard Pailleron et Molitor, avec un plomb rond de la Marine Nationale et une raclette à vitre, le Taoau (qui cassait souvent). En 1973, sans avoir connaissance de ce qui se faisait à Montauban, Roger RENAULT a également démarré une activité hockey au sein du Club Sous-Marin du Nord. Le Lille Université Club a démarré peu après, pratiquant quelque temps sur la base du règlement sud-africain (75/77), avant de revenir à la crosse « courte » en 1978 afin de participer à la première Coupe d’Europe des Clubs qui s’est tenue à Charleroi au début de l’année 1979.
L’influence majeure de l’Afrique du Sud
Intéressés par un article décrivant cette nouvelle activité publié dans la revue américaine « Skindiver » en octobre 1961, des chasseurs sous-marins de Durban en mal d’entraînement hivernal ont commencé à jouer au hockey subaquatique en 1962. Deux plus tard, ils organisaient le premier Championnat national sud-africain dans la forme de jeu inventée par Bill NEIL. L’Australie pratique également le hockey subaquatique depuis le milieu des années soixante. La discipline a été importée en 1963/64 par des immigrants anglais, et s’est développée assez rapidement, principalement dans le Sud-Ouest du Continent. Situés dans la zone d’influence sud-africaine, le Zimbabwe et la Namibie se sont mis au hockey subaquatique à la fin des années soixante-dix (premier contact en 1974 en Rhodésie).
Trente ans ont été nécessaires pour trancher entre les tenants de la crosse « longue », conduits par l’Afrique du Sud, et ceux qui, réunis derrière la Grande-Bretagne, ont voulu faire du hockey subaquatique une discipline réellement originale. C’est en effet après les championnats du Monde de Chicago en 1984, que les Sud-africains, venus en observateurs aux Etats-Unis et derniers à utiliser les crosses longues, se sont ralliés au jeu d’Alan BLAKE. Il convient de souligner ici l’importance de cette « victoire » du style anglais pour le développement de la technique individuelle, ainsi que pour l’agrément du jeu. En effet, le maniement de la crosse « longue » (environ 60 cm) était beaucoup moins aisé que celui de la crosse « courte » (30 cm), d’autant que les deux mains du joueur devaient rester constamment en contact avec le manche de la crosse.
Lire aussi: Organisation d'événements de hockey subaquatique en Afrique du Sud
Organisation et développement du niveau international
Au niveau international, le hockey subaquatique de compétition se pratique dans un bassin de 25m x 15m, avec une profondeur constante de 2 mètres environ. Les joueurs qui évoluent sous l’eau en apnée sont équipés d’un masque, d’un tuba et de palmes, ainsi que d’une crosse de 30 centimètres de long environ, tenue d’une seule main. Le développement de la dimension technique doit beaucoup à l’organisation, au début de façon officieuse (1980 et 1982), puis à partir de 1984 de façon officielle, de championnats du Monde réguliers. En effet, l’organisation tous les deux ans de cette compétition majeure a incontestablement poussé toutes les nations pratiquantes à rivaliser d’ingéniosité, et d’entraînement, pour tenter de conquérir le titre suprême.
L’extension actuelle de la pratique du hockey subaquatique déborde largement en dehors du monde anglo-saxon dont il est issu. Ainsi, une dizaine de nations sont régulièrement présentes à chaque édition des championnats du Monde qui se tiennent tous les deux ans (Afrique du Sud, Australie, Belgique, Canada, Colombie, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Hollande, Nle Zélande, et France). Les maîtres de la spécialité sont les Australiens, champions du Monde à de multiples reprises tant chez les hommes que chez les femmes. Toutefois, cette suprématie est aujourd’hui fortement contestée par les Sud-africains. L’équipe féminine, championne du Monde en 92, 96 et 98, et l’équipe garçons, vice-championne lors des trois dernières éditions du Mondial, traduisent parfaitement cet état de fait.
Pratique et règles du jeu moderne
Le hockey subaquatique est un sport collectif unique pratiqué sous l’eau, alliant stratégie, cohésion d’équipe et endurance. Au fond d’une piscine, de 2 à 4 mètres de profondeur, deux équipes s’affrontent pour tenter de viser dans le but adverse, un palet d’1,5 kg, à l’aide d’une crosse. Le jeu oppose, dans une piscine, deux équipes, pendant deux mi-temps de 8 à 15 minutes. Le but du jeu est de progresser, en apnée, en poussant ou en passant un palet pesant 1 à 1,5 kilogramme, à l'aide d'une crosse spécifique afin de le faire entrer dans le but adverse. Les joueurs sont au nombre de six par équipe, puis jusqu’à quatre remplaçants sur le bord de la piscine. L’aire de jeu minimale est de 300 mètres carrés.
Afin de se différencier dans l'eau, chaque équipe est identifiée soit par la couleur blanche, soit par la couleur noire. À la suite de certaines fautes, un joueur peut être sanctionné par une « prison », réduisant ainsi le nombre de joueurs de son équipe dans l'eau. Lorsqu'un joueur est en prison, il est assis sur une chaise à l'extérieur de la piscine. L'équipement essentiel comprend un tuba et protège-bouche, un bonnet et protection des oreilles, un masque, des palmes, une crosse et un palet. Le palet mesure environ 8 cm de diamètre et 5 cm d'épaisseur. Les buts en acier traité ou inoxydable sont en forme de cornière d'une longueur d'environ 3 mètres. Les matchs sont arbitrés par deux arbitres dans l'eau et un hors de l'eau. Des arbitres de table notent le score sur la feuille de match, s'occupent du chronomètre ou utilisent des écrans reliés à des caméras aquatiques qui filment sous l'eau. Une tactique très usitée consiste à jouer avec trois attaquants et trois défenseurs. À l'engagement, les avants appelés ailier gauche, avant centre et ailier droit forment un triangle. À l'engagement les trois arrières appelés pivot gauche, arrière central et pivot droit forment un triangle inversé par rapport aux avants.
#
Lire aussi: Aviron à Mantes-la-Jolie : Ne manquez pas les Championnats
Lire aussi: Tout savoir sur le Championnat Longue Distance Aviron