L'Épopée des Champions Français et l'Essence du Bodyboard Mondial

Le bodyboard, sport de glisse dynamique et spectaculaire, a vu de nombreux talents français s'élever au rang de champions du monde, marquant de leur empreinte l'histoire de cette discipline exigeante. Bien que moins médiatisé que le surf, le bodyboard a su forger une communauté passionnée et offrir des moments de gloire inoubliables à ses athlètes, particulièrement aux Français qui ont démontré une vitalité exceptionnelle sur la scène internationale. Cet article explore les parcours de ces champions, les spécificités de leur sport et les défis inhérents à une carrière au sommet du bodyboard mondial.

Pierre-Louis Costes : L'Émergence d'un Champion Incontournable

Parmi les figures emblématiques qui ont marqué le bodyboard français et international, Pierre-Louis Costes, affectueusement surnommé "PLC" par les intimes, occupe une place de choix. Un Français est devenu champion du monde de bodyboard, mercredi, aux îles Canaries, sur l'un des spots les plus célèbres du monde, Fronton. Agé de 21 ans seulement, Pierre-Louis Costes a décroché le titre suprême de la discipline en remportant le IBA world tour (IBA pour International bodyboarding association) à l'issue d'une dernière manche disputée. Ce jeune Tricolore a assuré son triomphe en atteignant les demi-finales d'une épreuve finalement remportée par l'Australien Jason Finlay.

La victoire de Pierre-Louis Costes fut d'autant plus mémorable qu'il a fait la différence en résistant à une vague de trois mètres de haut. Cette performance a été gravée dans sa mémoire, comme il l'a confié lui-même : "Ce fut la vague de ma vie", a dit le bodyboarder français. Il a ajouté avec émotion : "Je n'oublierai jamais cette vague. Je n'oublierai jamais Fronton. J'adore cet endroit." Ce sacre est d'autant plus significatif que ses premiers pas dans le bodyboard se sont faits sur les spots de Casablanca, au Maroc.

Le succès de Pierre-Louis Costes symbolise la vitalité de ce sport en France. Quelques jours avant son titre de champion du monde, "PLC" avait en effet remporté, sous les couleurs de la France et sur le même spot de Fronton, la médaille d'or des ISA World Games en équipe et en individuel, devant son compatriote Amaury Lavernhe. Au fil des ans, Pierre-Louis Costes s'est imposé comme une référence internationale, le surnommant d'ailleurs "LA référence internationale du bodyboard". Son succès dépasse les frontières et tous les jeunes fans de sport de glisse à travers le monde ont déjà visionné les vidéos de ses exploits réalisés dans les plus beaux spots, comme à Nazaré, au Portugal. Pierre-Louis Costes est un double champion du monde de la discipline.

En 2015, le Landais de 25 ans était l'actuel numéro deux mondial et a réalisé plusieurs backflips - une figure où le corps effectue un genre de saut périlleux arrière - impressionnants, même s'il a été éliminé en quarts de finale par le Canarien Diego Cabrera, particulièrement en forme. Pierre-Louis Costes était alors leader du circuit et avait les cartes en main avant l'ultime étape de cette semaine à Sintra, mais Costes s’est fait sortir prématurément (25e), laissant la voie libre à d'autres compétiteurs.

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Amaury Lavernhe : Une Domination Pluri-Annuelle et une Légende Locale

Un autre nom résonne avec force dans le panthéon du bodyboard français : Amaury Lavernhe. Le Français Amaury Lavernhe est devenu champion du monde professionnel de bodyboard ce dimanche à Sintra, au Portugal. Amaury Lavernhe a conclu l’année 2014 en boulet de canon. Troisième au Brésil en juillet, puis vainqueur au Chili en août, il a pris la deuxième place de la dernière étape du Bodyboard World Tour, ce dimanche, au Portugal. Le Réunionnais, déjà champion du monde en 2010, s'est vu récompensé de ses efforts après une saison 2013 qui l’avait vu finir premier ex-aequo avec l’Australien Ben Player, ce dernier étant sacré au bénéfice d’un meilleur classement en 2012.

Leader du classement mondial après l’étape d’Arica au Chili, Lavernhe était redescendu au 3e rang mondial suite à la seconde étape chilienne d’Antofagasta. C’est son compatriote Pierre-Louis Coste qui était alors leader du circuit et qui avait les cartes en main avant l’ultime étape à Sintra. Cependant, après la sortie prématurée de Costes, Lavernhe a mathématiquement été couronné en se hissant en demi-finale de la compétition portugaise, les autres prétendants comme l’Espagnol Alex Uranga et le Sud-Africain Jared Houston disparaissant ensuite en 8e puis en quarts. Le double champion du monde réunionnais, Amaury Lavernhe, exerce depuis quelques années un quasi monopole sur le Tour mondial, plus célèbre au pays des kangourous que de la baguette.

Surnommé "Moz", Amaury Lavernhe était en 2015 le numéro un mondial et survolait la compétition avec une première victoire au Brésil et une excellente entame de la seconde étape au Chili, s'étant qualifié pour la finale qui devait avoir lieu le 24 juillet 2015. Sur des vagues de plus de trois mètres, "Moz" a obtenu les meilleurs scores tout au long de la compétition avec notamment deux vagues notées dix par les juges, récompensant son engagement dans l'eau. Amaury Lavernhe, véritable légende locale, s’est qualifié pour les quarts et rêve d’ajouter une nouvelle victoire à son palmarès sur son spot de cœur, Frontón. Il devait être opposé à Jared Houston (numéro 4 mondial), un jeune Sud-Africain au style explosif, souple et particulièrement aérien, lors de cette finale.

Louka Zaninotto : La Relève Junior Prometteuse sur la Vague de Frontón

La vitalité du bodyboard français ne se limite pas aux catégories professionnelles, avec l'émergence de jeunes talents. Le Testerin Louka Zaninotto, du club Ocean Roots, a remporté le championnat du monde junior de bodyboard au spot de Frontón, aux îles Canaries. Samedi dernier, sur le célèbre spot Frontón de la côte nord de Gran Canaria (l’île Grande Canarie), Louka Zaninotto est devenu, à seulement 16 ans, champion du monde junior de bodyboard, après sa victoire en finale face à l’Espagnol Alberto Pérez. Ce Testerin a brillé en glissant sur ces vagues mythiques à l’occasion du Frontón King, dernière étape et grande finale de l’International Bodyboarding Committee World Tour.

La finale s’est déroulée dans des vagues de trois ou quatre mètres. C’était un très beau spectacle et il y avait du monde sur la falaise pour y assister. Son concurrent a fait une chute, et Louka avait ses points. "C’est une superbe performance et on est très heureux", s'est félicité Nicolas Padois d’Ocean Roots, club de surf / bodyboard de La Teste-de-Buch. Louka Zaninotto en est membre depuis l’âge de six ans. C’est là, sur les plages océanes de La Teste, qu’il a appris, progressé, jusqu’à atteindre ce niveau qui le place dans les meilleurs mondiaux.

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Ce sacre s’est en fait déroulé en plusieurs étapes. Le circuit junior international débute par une épreuve qualificative par grande région de la planète. Elle s’est déroulée au Maroc et Louka l’a largement emporté. C’est donc à Grande Canarie que tout s’est ensuite joué en quelques jours avec 40 compétiteurs venus du monde entier, d’abord avec des séries éliminatoires puis un quart et une demi-finale jusqu’à la finale. Louka Zaninotto était impressionnant tout au long de la compétition, ayant notamment inscrit le meilleur total de la 4e journée (16.50 pts) dans une compétition qui devait aboutir à une finale contre Alberto Pérez (Espagne) pour le titre de Champion du monde junior 2025.

La particularité du spot de Fronton est qu’il y a peu d’eau, et cela tire le niveau de tous vers le haut. Il faut de l’expérience pour surfer cette vague de Fronton et Louka en a. Il a raconté son parcours : "J’ai eu une série compliquée en demi-finale, c’était le moment le plus difficile, le plus stressant. Il y avait très peu de vagues et elles ne cassaient pas beaucoup. Mais finalement je suis passé." Le nouveau champion du monde junior de bodyboard a commencé par le surf avec son frère et son père avant de se tourner vers sa discipline de prédilection : "Je suis ensuite passé au bodyboard que je trouve plus aérien." Ce titre n’est pas réellement une surprise pour ceux qui le suivent depuis longtemps à Ocean Roots, ni pour lui-même, qui semble avoir autant d’ambition que de potentiel : "Je pensais que c’était possible, dans mes capacités, d’être champion du monde. J’étais confiant. Lorsque j’ai commencé plus petit, ce titre était un rêve."

Anne-Cécile Lacoste : Le Sacre Féminin au Sommet du Bodyboard

Le talent français s'est également illustré dans la catégorie féminine avec l'impressionnante performance d'Anne-Cécile Lacoste. Cette Girondine de 33 ans, qui a grandi les pieds dans l'eau à Arcachon, s'est imposée devant la grande favorite brésilienne Neymara Carvalho. Visiblement émue et heureuse, sa médaille d'or autour du cou, elle a déclaré : "Championne du monde de bodyboard ! Je courrais derrière ce titre depuis longtemps. J’y suis arrivée !" Elle n'a pas manqué de souligner l'importance de son entourage : "Merci à toute l’équipe sans qui je n’aurais pas pu avoir cette médaille."

Anne-Cécile Lacoste, déjà vice-championne du monde en 2012 et médaillée de bronze en 2014, a cette fois su faire déjouer les pronostics. Elle a fait preuve de patience lors de la finale qui s'est tenue dimanche à Iquique au Chili, attendant les bonnes vagues, rares. Son entraîneur a salué sa performance : "Elle a fait une compétition remarquable dans la technique et dans la tête. Rien à dire, elle a été la meilleure. Elle est championne d’Europe et championne du monde en deux mois." L'Hexagone se trouve ainsi au sommet de la planète bodyboard, bien que la France ne le sache pas toujours.

Le Bodyboard, un Sport de Glisse aux Multiples Facettes : Plongez au Cœur de la Discipline

Pour appréhender pleinement les exploits de ces athlètes, il est essentiel de comprendre les spécificités du bodyboard. Le bodyboard, kézako ? La première particularité de cette discipline est de se pratiquer allongé sur la planche, à la différence du surf classique. Il peut également se pratiquer debout ou avec un genou sur la planche et l'autre pied à plat. On parle alors de "dropknee", une technique qui possède son classement spécifique sur le IBA World tour. En dehors des positions, l'autre spécificité majeure du bodyboard tient à la nature de la planche, plus petite qu'une planche de surf traditionnelle mais aussi beaucoup plus souple. Enfin, chaque bodyboarder dispose de palmes pour faciliter le départ sur la vague.

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Sport récent mais déjà très reconnu dans certains pays comme l'Australie, le bodyboard a été popularisé dans les années 1990 par l'Hawaïen Mike Stewart, qui, du haut de ses neuf titres de champion du monde, peut être considéré comme le Kelly Slater du bodyboard. Mike Stewart est connu pour surfer des vagues immenses, notamment à Teahupoo.

Pierre-Louis Costes ne cache pas les difficultés rencontrées pour faire connaître ce « sport niche », né après le surf dans les années 1960-1970. Comparé à ce dernier, c’est un sport plus accessible, avec une prise en main plus simple, que l'on peut pratiquer allongé, sur les genoux et parfois debout. La planche étant plus petite et plus souple, il est donc plus facile de surfer toutes les vagues. Le bodyboard est un sport qui vit dans l’ombre du surf, beaucoup moins médiatisé et qui bénéficie encore moins de sponsors. Pourtant, comme le prouvent les performances des champions français, la discipline est riche en talent et en compétition intense.

Dialogue avec une Légende Australienne : Ben Player, Double Champion du Monde

Pour obtenir une perspective internationale sur le bodyboard, l'expérience de figures comme Ben Player, double champion du monde australien, est inestimable. Connu pour être "cool", il a partagé ses réflexions sur le bodyboard, le skate, et le magazine Movement Bodyboarding.

Interrogé sur sa date de naissance, Ben Player a répondu : "I was born on the 23rd of August 1978, I know it sounds old doesn't it? Ocean years are a lot shorter than land years and it all went by really quickly." Il a reconnu l'âge de son interlocuteur en disant : "You are older than me. I was born in 1981." Concernant ses débuts dans le sport, il a confié : "I started when I was 10 years old with my older brother Toby."

Ben Player a également décrit son environnement de vie et de pratique : "I live in Sydney which is in Australia. It's a cool place to call home with lots of good breaks close by." En tant que champion du monde, il a été félicité, ce à quoi il a répondu : "Nice!" Quant à sa meilleure victoire, il l'a identifiée sans hésitation : "Winning the Shark Island competition in 2007 was my best victory as a few people said I wouldn't be able to do it and I proved them wrong by winning it."

Son avis sur le meilleur contest auquel il a participé est également éclairant sur la nature exigeante du sport : "Every year the competition in Chile is amazing there is always big waves and lots of crazy stuff going on. It's the kind of venue where you feel like you can challenge yourself against the ocean as well as against your rivals." On peut d'ailleurs le voir avec des amis, y compris Pierre-Louis Costes et Amaury Lavernhe, ce qui témoigne des liens entre les compétiteurs.

Concernant la pratique du skateboard, Ben Player a une approche prudente : "Not really, I wish I could but Skating is crazy and I can't risk injury. When I was young I used to Skate heaps but kept getting hurt from trying to push it too much. The concrete isn't as forgiving as the water." Interrogé sur des événements uniques comme l'Island Slalom Tour, une série de compétitions de skateboard sur de minuscules îles françaises où personne n'a jamais skaté, il a trouvé l'idée fascinante : "We are as Captain cook at Hawaii in 1600! Except we have now motor boats and concrete roads… That is really cool, that is a great thing to offer people." Il a remercié pour cette information en disant : "Thanks a lot!"

Le danger fait partie intégrante du bodyboard de haut niveau. Ben Player a décrit son pire "wipe out" (chute) : "It was at a spot here in Australia and I got a massive wave on my head and almost drowned. Very scary stuff." Ses voyages lui ont laissé de nombreux souvenirs, le meilleur étant : "I have collected a bunch of shells from all around the world which are really cool. I have them all sitting in my bathroom at home and every time I see them it reminds me of the destination."

Dans une question hypothétique sur la rencontre avec un génie en combinaison de plongée offrant deux cadeaux magiques, ses choix sont révélateurs de son désir d'exploration et de connexion : "I would choose a flying car and a teleportation device so I could go anywhere in the world and see my friends anywhere." Il a également été informé des grandes vagues derrière l'île de Batz en Bretagne, et bien qu'il ne les ait pas expérimentées personnellement, il les connaît : "No but I have seen them on a documentary on Television, they look amazing and very powerful."

Pour Ben Player, une "bonne session" de bodyboard se définit ainsi : "To come in and have done every trick as good as you can do. I love doing tricks! Sometimes you can get lucky enough to be able to do this, but the sad truth is that it happens usually when there is no-one around." Enfin, sa mission pour le magazine Movement est claire et communautaire : "To bring the world's bodyboarding community together inside the one magazine. Make a movement of the people." Il a confirmé la disponibilité du magazine et mentionné ses sponsors : "Yes, I am sponsored by NMD bodyboards, Grand Flavour clothing, Dunes wetsuits, Stealth fins and Bodyboard King surf shop." Il a conclu l'interview avec un mot d'encouragement : "Thanks for the chance to do this interview and hope all you guys rip it up out there. Thanks a lot Ben!"

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