Le littoral landais, avec ses vagues puissantes et ses paysages emblématiques, est depuis longtemps un berceau de talents pour le surf mondial. Au sein de cette effervescence, certains noms se distinguent, incarnant l'esprit de la glisse et la profondeur de l'attachement à cette terre. Parmi eux, Joan Duru, pur Landais originaire d'Ondres, est une figure emblématique dont la trajectoire illustre parfaitement l'éclosion d'un champion au sein d'un environnement propice à l'excellence. Sa biographie n'est pas seulement le récit d'un parcours sportif ; elle est également le reflet d'une culture du surf riche et vibrante, profondément ancrée dans la région d'Hossegor et de Capbreton.
Les Racines Landaises et la Naissance d'une Passion
L'histoire de Joan Duru avec l'océan débute très tôt, sur les plages qui l'ont vu grandir. En effet, Joan Duru apprend à surfer dès l’âge de 7 ans avec son père, sur la plage d’Ondres, d’où il est originaire. Cette initiation précoce, imprégnée de l'environnement familial et local, forge les bases d'une relation indéfectible avec la discipline. L'étape suivante, cruciale pour son développement, est son intégration au Hossegor Surf Club vers l'âge de 10 ans. C'est là qu'il s’entraîne assidûment et commence la compétition, s'immergeant dans un milieu qui allait rapidement révéler son potentiel.
Son talent ne tarde pas à être remarqué. Repéré très tôt, il intègre l’équipe de France en minime, une reconnaissance précoce de ses capacités exceptionnelles. L'aboutissement de cette ascension fulgurante survient lorsqu'il devient champion d’Europe à seulement 12 ans, marquant les esprits et annonçant une carrière prometteuse. Ces succès initiaux ne sont que le prélude à une carrière jalonnée de performances de haut niveau, où la persévérance et l'abnégation seront des qualités déterminantes.
L'ancrage local de Joan Duru est également partagé par d'autres figures du surf landais, témoignant de l'importance de cette région pour la formation des talents. Par exemple, Thomas Esquillot, originaire d'Hossegor, a grandi sur la côte Landaise, où il a appris à surfer avant même de marcher, ou presque. Son parcours est également marqué par l'enseignement des meilleurs clubs de surf de France, dont le Capbreton Surf Club dès l'âge de 7 ans et le Hossegor Surf Club dès l'âge de 14 ans. Ces exemples soulignent l'importance des structures locales et de l'environnement pour l'éclosion des surfeurs de talent.
L'Émergence d'un Talent Mondial et l'Intégration à l'Élite
Le chemin de Joan Duru vers le sommet du surf mondial est pavé de moments marquants qui ont jalonné sa progression. Il est à peine majeur quand il élimine Kelly Slater lors de la compétition du QuikPro d’Hossegor en 2008. Cette victoire symbolique contre une légende du sport n'est pas seulement un coup d'éclat ; elle est la preuve de sa capacité à rivaliser avec les meilleurs. Kelly Slater, le champion de surf le plus titré au monde, ainsi que le plus vieux champion du monde, après avoir été le plus jeune en 1992, année où il a remporté l'épreuve landaise comptant pour le championnat WCT, le Rip Curl Pro Landes, est une figure imposante. L'Australien a été dix fois champion du monde entre 1992 et 2010. Son parcours démontre une longévité et une excellence rares, ayant même remporté son titre en 2005 après s'être retiré du circuit professionnel en 1999 et être revenu en 2003. Se mesurer à un tel athlète et le vaincre à domicile témoigne de la trempe de Joan Duru.
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À force d’entraînement et d’abnégation, Joan Duru intègre le Top 50 mondial en 2014, une étape significative dans sa carrière professionnelle. Puis, il entre dans le circuit très fermé des 30 meilleurs surfeurs du monde en 2017, rejoignant ainsi le prestigieux Championship Tour. Cette consécration le place parmi l'élite mondiale du surf, lui permettant de concourir sur les vagues les plus exigeantes de la planète.
Les compétitions à Hossegor sont souvent le théâtre de performances mémorables. Marc Lacomare, par exemple, le natif de Toulouse qui connaît bien ce spot de La Gravière, enchaîne les grosses performances. Le Landais, qui évolue à domicile, fait parler sa connaissance du spot et surfe avec son instinct, parvenant à trouver les meilleures vagues. "C'est une belle perf et j'espère qu'il y en aura d'autres cet après-midi," a fait savoir le petit-fils de l'ancien président du TFC Marcel Delsol après une de ses prouesses. Face au numéro un du classement, il a déclaré : "C'est hyper cool, tomber contre le numéro un du classement, c'était un gros challenge pour moi. Comme c'était à la maison, je savais que j'avais mon épingle à tirer. J'étais mal parti, on a choisi deux options différentes mais je savais que là où j'étais il y en avait quelques unes qui passaient. Je suis resté sur mon option et ça a payé. C'est beaucoup d'émotions. Il y a mes amis et ma famille. Ça me fait vraiment très plaisir." Cela souligne l'intensité des compétitions à domicile et l'importance du soutien local pour les athlètes.
Lors d'une série particulièrement serrée, Joan Duru s'est qualifié à la toute dernière minute face à Adrian Buchan, vainqueur du Quiksilver Pro France en 2008, illustrant la tension et le niveau d'exigence de ces épreuves. La victoire de Joan Duru avec un score de 12.63 face à Adrian Buchan souligne la ténacité et la capacité à performer sous pression qui caractérisent les grands champions. D'autres résultats de heats illustrent la compétition féroce : Owen Wright (AUS) 13.50 a dominé dans le Heat 1, Kolohe Andino (USA) a également performé dans le Heat 2. Miguel Pupo (BRA) a affiché un 16.30 au Heat 3, tandis que Caio Ibelli (BRA) a obtenu 14.33 au Heat 4. Sebastian Zietz (HAW) a également marqué 14.33 au Heat 5. Marc Lacomare a brillé avec 14.10 au Heat 6. John John Florence (HAW) a réalisé un score impressionnant de 19.16 au Heat 7, Mick Fanning (AUS) a obtenu 16.24 au Heat 8, Joel Parkinson (AUS) 15.77 au Heat 9, et Gabriel Medina (BRA) 15.90 au Heat 10. Nat Young (USA) a quant à lui affiché 14.73 au Heat 12. Ces chiffres montrent le niveau de compétence élevé des participants et la précision nécessaire pour se distinguer.
Le "Landestyle" de Joan Duru : Un Attachement Indéfectible
Malgré les voyages incessants aux quatre coins du globe pour les compétitions, Joan Duru conserve un lien profond et indéfectible avec sa terre natale, les Landes. Interrogé sur ce qui lui manque le plus lorsqu'il surfe à l'autre bout de la planète, il répond avec une honnêteté désarmante : "Pour être honnête, pas grand-chose. C’est toujours un plaisir et une chance de partir visiter les plus beaux spots de surf du globe." Cependant, il ajoute rapidement une nuance essentielle qui révèle l'importance de ses racines : "Mais c’est toujours bon de rentrer à la maison pour retrouver la famille et les potes. Et puis il faut bien reconnaître que c’est dans les Landes que nous avons les meilleures vagues du monde !!!" Cette déclaration, à la fois modeste et fière, résume parfaitement l'amour qu'il porte à sa région et à ses vagues mythiques.
Ce retour aux sources est souvent synonyme de plaisirs simples et authentiques. Quand il rentre à la maison après un long voyage, la première chose qu'il fait est de retrouver les saveurs du Sud-Ouest. "Après un long voyage, c’est toujours bon de retrouver les petits plats du Sud-Ouest. Je ne tarde jamais trop avant d’aller déguster un bon magret de canard au Poukyness (restaurant qui se situe sur l’Avenue de la plage à Ondres)," confie-t-il, soulignant l'importance de la gastronomie locale dans son quotidien.
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Au-delà des vagues, Joan Duru apprécie d'autres facettes de la vie landaise. Questionné sur sa destination étrangère préférée pour un surf trip entre potes, vagues mises à part, il cite les Mentawai, des îles d’Indonésie à 150km au large de Sumatra, pour leur excellence. Mais lorsqu'il s'agit d'amener des potes surfeurs qui viennent séjourner sur la côte Landaise, il a des rituels bien établis. "Quand on n’est pas sur les vagues, on enfourche un VTT pour aller rider dans la forêt. Les chemins sous les pins entre Ondres, Labenne et Capbreton sont parfaits pour ça !" Une fois l'effort accompli, place à la détente : "En mode détente, j’apprécie toujours d’aller partager un demi avec les copains au Café de Paris (Hossegor centre)." Ces anecdotes peignent le portrait d'un champion proche de sa terre, de ses amis et de ses habitudes locales, loin des projecteurs des compétitions mondiales.
Hossegor, Terre d'Accueil et Berceau du Surf Mondial
L'histoire de Joan Duru s'inscrit dans un contexte plus large, celui d'Hossegor, une station balnéaire qui s'est imposée comme une capitale mondiale du surf. L'engouement pour ce sport s'accompagne d'une philosophie proche de la nature et d'un mode de vie en général auquel se rattache une mode vestimentaire, le "surf wear". Des figures de grands sportifs se nourrissent d'images artistiques, d'un mode de vie très spécifique, toujours dans un circuit planétaire, d'étape mythique en vague énorme, où la pratique des champions déborde largement le cadre des compétitions avec public.
La réputation d'Hossegor pour la qualité de ses vagues est ancienne et bien établie. La station a accueilli en 1980 le Championnat du monde amateur de surf, un événement biannuel organisé par l'ISA, marquant le début de son rôle sur la scène internationale. Par la suite, à compter de 2001, avec Seignosse, elle est devenue l'hôte d'une épreuve comptant pour les championnats du monde professionnels (WQS) : le Rip Curl Pro 6* WQS, qui se déroule sur la plage Les Bourdaines à Seignosse, et le Quiksilver Pro France, sur la plage La Gravière d'Hossegor. La Gravière est l'un des sites, ou "spots", les plus appréciés des grandes compétitions de surf, en raison de la qualité exceptionnelle de ses vagues, notamment aux côtés de celles du Nord et des Culs Nus.
Les grandes marques liées au surf ont rapidement compris l'importance stratégique d'Hossegor. Elles financent une épreuve du circuit professionnel qui porte leur nom, constituant ainsi pour elles une vitrine mondiale. Certaines de ces marques ont même implanté leur siège européen à Hossegor, comme Rip Curl depuis 1982 et Billabong depuis 1996, renforçant encore le statut de la ville comme épicentre du surf. Cette concentration d'acteurs majeurs du surf crée un écosystème dynamique qui attire professionnels, amateurs et passionnés. Chaque année, une immense braderie de vêtements "esprit surf" draine plus de 100 000 personnes à la zone artisanale, témoignant de l'ampleur de cette culture.
Figures Légendaires et Influence du Surf sur la Culture Landaise
Le surf à Hossegor et dans les Landes ne se limite pas à Joan Duru. De nombreuses personnalités, locales et internationales, ont contribué à forger l'identité surf de la région. Tom Curren, par exemple, un modèle pour Kelly Slater, est né en 1964 et l'a précédé sur les plages landaises. En 1980, à Hossegor, il décroche son premier titre de champion du monde de surf en junior ISA, puis en 1982 en Open ISA. Il est ensuite devenu champion du monde ASP en 1985, 1986 et 1990. En Aquitaine, il a gagné en 1989 le Rip Curl Pro Landes à Hossegor, le Lacanau Pro en 1986 et en 1990, ainsi que le Arena Surfmasters à Biarritz en 1990. Sa fille, Lee-Ann Curren, une surfeuse française junior née le 23 septembre 1989 à Biarritz, a également marqué la scène surf, terminant 7ème du championnat WQS 2009 et gagnant sa place pour l'ASP World Tour 2010. Elle a même co-réalisé en 2010 un film documentaire sur la place du surf dans l'univers d'enfants défavorisés du nord du Brésil, démontrant l'engagement social que peut inspirer ce sport.
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La culture du surf inspire des valeurs sociales et environnementales, et suscite de nombreuses initiatives auxquelles participent de grands champions. Des films de fiction, tels que Pointbreak (1991), In God's Hands (1998), Blue Crush (2002 & 2011), ou encore North Shore (2004-2005), ont marqué l'imaginaire collectif, alimentant le rêve et l'attrait pour ce mode de vie. Depuis 2003, le Festival International du Film de Surf d'Anglet propose une sélection de séquences et de films, mettant en lumière la dimension artistique et narrative du surf.
D'autres surfeurs comme Jérémy Florès, pourtant auteur d'une belle performance et récompensé d'une note de 16.00, est tombé face à Mick Fanning, l'Australien, triple Champion du Monde, qui s’est imposé de 0,24 points seulement au terme d'une série très serrée. Cette défaite, une désillusion pour les fans tricolores, illustre la compétition féroce même entre les meilleurs.
La région est également un terreau fertile pour de nouveaux talents et des professionnels passionnés qui choisissent d'y vivre et d'y développer des projets. C'est le cas de Téhina Blasquiz et Thomas Esquillot, deux figures locales profondément liées à l'océan landais. Téhina Blasquiz, diplômée d'état depuis 2020, issue d'un mélange exotique d'une mère tahitienne et d'un père basque, est née au beau milieu des Landes. Elle a très tôt troqué son brin de maïs contre une planche de surf, commençant la pratique à l'âge de 12 ans grâce à sa grande sœur et n'a jamais cessé d'arpenter les bancs de sable d'Hossegor, Seignosse et Capbreton. Afin d'approfondir sa pratique, elle a parcouru le monde, visitant le Costa Rica, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Indonésie, découvrant ainsi les joies du surf trip. Thomas Esquillot, diplômé d'état depuis 2014, originaire d'Hossegor, a grandi sur la côte Landaise. Il est devenu un surfeur accompli grâce à l'enseignement des meilleurs clubs de surf de France et a fait de la compétition au niveau national et européen, devenant Champion des Landes, Vice-champion d'Aquitaine, 13ème au championnat de France et vainqueur final du Volcom tour Europe. Suite à un grave accident, il a délaissé la compétition et est devenu moniteur de surf, parcourant le monde à la quête de la vague, de l'Amérique du Nord à l'Amérique du Sud en passant par l'Asie.
L'Apprentissage du Surf dans les Landes : Les Écoles Locales
La transmission de la passion du surf est un pilier essentiel de la culture locale. C'est pourquoi de nombreuses écoles de surf fleurissent sur le littoral, offrant la possibilité à tous de découvrir et de maîtriser ce sport. L'une d'elles, l’école de surf Les Vagues, a été créée par Benjamin Pilon avec l’envie de partager sa passion du surf, ses connaissances et son expérience avec des enfants et des adultes souhaitant apprendre dans de bonnes conditions. Située sur les plages de Capbreton, à proximité d’Hossegor, l’école accueille des élèves de tous niveaux, du débutant au pratiquant souhaitant progresser.
L’idée principale de l'école Les Vagues est simple : transmettre les bases du surf avec sérieux, respect et sécurité, afin de permettre à chacun de devenir autonome et de prendre confiance dans l’océan. Benjamin Pilon, fils de surfeur Capbretonnais, a grandi sur les plages landaises où il découvre le surf dès l’âge de 6 ans. Très vite, cette passion est devenue centrale dans sa vie. Il a progressé rapidement et a débuté une carrière de sportif de haut niveau, devenant plusieurs fois champion des Landes, champion d’Aquitaine et vice-champion de France de surf. En 2011, Benjamin a obtenu son Diplôme d’État BPJEPS Surf, ce qui lui permet d’enseigner officiellement et d’accompagner des élèves dans leur apprentissage. Il a commencé sa carrière au sein du Santocha Surf Club, où il est rapidement devenu directeur sportif, encadrant des jeunes surfeurs, formant des débutants et participant à de nombreuses saisons d’initiation au surf pendant plus de 10 ans. Après plusieurs années d’expérience en club, il a décidé en 2021 de créer sa propre école afin de proposer un enseignement qui lui ressemble : humain, sérieux et adapté à chacun. L’école Les Vagues est ainsi née sur les plages où il a lui-même appris à surfer, dans un environnement reconnu pour la qualité de ses vagues et la diversité de ses conditions.
Cette école est ancrée sur son territoire. Les cours se déroulent principalement sur la plage Notre-Dame à Capbreton ou la Sud d'Hossegor, des spots particulièrement adaptés à l’apprentissage du surf grâce à des conditions progressives et sécurisées. L’école accueille aussi bien les enfants que les adultes, en cours collectifs ou individuels, avec une attention particulière portée à la sécurité, à la progression et au plaisir dans l’eau. Les valeurs essentielles depuis la création de l'école sont de privilégier la sécurité dans chaque séance, d'adapter l’enseignement au niveau de chacun, de favoriser une progression naturelle, de transmettre le respect de l’océan et de garder le plaisir au cœur de l’apprentissage.
Le déroulement d'un cours de surf est bien structuré : en fonction des conditions, un lieu de rendez-vous est convenu sur la plage, généralement à Capbreton ou Hossegor. À l’arrivée, le moniteur remet une combinaison et une planche adaptées à la taille et au niveau de l'élève. Le cours commence ensuite par une partie théorique sur le sable, afin d’expliquer les bases essentielles : sécurité, position sur la planche et premiers gestes. Les participants entrent ensuite progressivement dans l’eau pour débuter la pratique et appliquer les conseils donnés sur la plage. Le moniteur accompagne tout au long de la séance pour aider à progresser en toute sécurité et prendre confiance dans l’eau. À la fin du cours, le matériel est récupéré par l’école, et toutes les combinaisons sont nettoyées et séchées après chaque utilisation.
Une autre école de surf, dont la fondatrice est amoureuse du surf depuis toujours, a décidé de créer sa propre école à Capbreton. Après avoir parcouru le monde avec ses planches, surfant sur les plus beaux spots et rencontrant des gens étonnants avec des personnalités exceptionnelles, elle a souhaité partager son expérience acquise au fil des compétitions et des voyages. Originaire de la région parisienne mais vivant à Capbreton depuis plus de 20 ans, sa curiosité et son amour de l'océan l'ont menée au bodyboard à 8 ans, puis aux compétitions locales à 10 ans. En 2005, elle décroche son premier titre de championne de France junior et intègre l'équipe de France junior. Elle participe à son premier championnat du monde junior cette même année et décroche le second meilleur total de la compétition, nourrissant alors l'envie de devenir championne du monde de surf. En 2006, elle décroche le titre de vice-championne du monde junior par équipe. S'en suivront 12 sélections en équipe de France, 8 titres européens, plusieurs podiums sur le circuit professionnel WQS, et un titre de championne du monde tagteam avec l’équipe de France en 2007. Ces récits d'écoles et de parcours professionnels illustrent la richesse et la diversité des acteurs qui animent la scène surf landaise, de l'initiation aux plus hauts niveaux de compétition.
L'Effervescence des Compétitions : Focus sur les Championnats de France
Les Landes sont un terrain de jeu privilégié pour les compétitions de surf, accueillant régulièrement des événements de grande envergure. Une journée marathon s'est tenue récemment à Hossegor-Capbreton, à l'occasion des championnats de France de surf by Banque Populaire, qui se déroulaient du 24 octobre au 2 novembre. Sous un beau soleil automnal, la journée a offert son lot de performances, de confirmations et de belles surprises sur les plages du Prévent (Capbreton) et de la Sud (Hossegor). Cet événement, inscrit entre les Championnats d’Europe (14-19 octobre en Espagne) et les Mondiaux (2-7 novembre en Californie), a mis en lumière la diversité et le talent des surfeurs français.
Le para surf des Championnats de France 2025, bien que présentant un plateau peut-être moins relevé que les autres années, a tout de même offert un spectacle de qualité. Les conditions étaient "sympas le matin, bien plus ventées dans l'après-midi". Éric Dargent, premier à se mettre à l’eau, a tenu son rang en décrochant un quatrième titre national en Para Surf Stand 3. Vice-champion du monde à Oceanside l’an dernier et champion d’Europe à Vigo il y a 8 jours, il demeure un pilier de l'équipe de France de para surf. Il tentera de la mener une troisième fois consécutive sur la plus haute marche des Mondiaux qui auront lieu, une fois encore, en Californie. Éric Dargent a exprimé son immense satisfaction, soulignant le plaisir de surfer face à la jeune génération et de les voir progresser à l'approche de ses 50 ans, un moment qu'il partageait avec une grande partie de l'équipe motivée pour les Mondiaux.
Dans la foulée, Emmanuelle Blanchet (Pays de la Loire) a conservé son titre en Para Surf Kneel Open, tandis que son coéquipier Maxime Cabanne (Nouvelle-Aquitaine), grand favori, s’est offert un cinquième titre dans la même catégorie. Maxime Cabanne a décrit les conditions comme difficiles, avec une belle droite au début mais des conditions compliquées par la suite, l'obligeant à enchaîner 25 "canards" d'affilée pour revenir au large. Il a tout de même pris une belle vague jusqu’au bord, se disant content du travail accompli. Emmanuelle Blanchet s'est dite très heureuse de conserver son titre pour la deuxième année consécutive, dans des conditions particulièrement délicates, avec un courant fort et des vagues irrégulières. Elle a souligné que ce n'était pas du grand surf, mais l'essentiel était de défendre son titre, avant de se reposer un peu avant les championnats du monde, une troisième compétition en quinze jours exigeant une bonne gestion de la dernière ligne droite.
En Para Surf Prone 1, les Bretons ont réalisé le doublé : Solange Balay a confirmé sa domination en s’adjugeant une nouvelle couronne chez les femmes après celle de l'année dernière, tandis que le petit nouveau Erwan Bleuez a décroché son premier titre national. Solange Balay a rapporté des conditions musclées avec de grosses vagues, mais a pu prendre deux très belles vagues dont elle était fière, un bon test avec sa nouvelle planche. Erwan Bleuez, pour sa première participation, s'est dit très heureux de ce résultat malgré des conditions complexes, une belle expérience qui lui donne envie de continuer.
En visuel 2 Ondines, la compétition fut très serrée entre la Bretonne Héloïse Lauriol et la favorite Lou Méchiche. Héloïse Lauriol a confié avoir beaucoup lutté contre les vagues et avoir été fière d'avoir réussi à passer la barre et à aller au large une fois, se disant contente de son accomplissement malgré les difficultés. Vice-champion du monde, Thomas Da Silva (Nouvelle-Aquitaine) a tenu son rang en décrochant le titre en Visuel 1, tout comme Valentine Moskoteoc chez les femmes. Thomas Da Silva a décrit un excellent moment, malgré des conditions pas faciles mais meilleures que celles des championnats d'Europe, et a affirmé s'entraîner toute l'année pour cela, prêt à donner le meilleur. La journée de Para Surf s’est conclue par un nouveau sacre de l’inamovible Peyo Milhau (Nouvelle-Aquitaine), titré pour la quatrième fois consécutive en Para Surf Adapté. Il a noté que les conditions étaient "pourries" et le plus compliqué était de bien se placer, mais qu'il avait pris du plaisir malgré beaucoup de "canards".
Un coup de théâtre a marqué les championnats avec la défaite de Benoît Carpentier (Bretagne), intouchable en 2024, champion du monde ISA 2019 et quintuple champion de France. Alors qu'il abordait cette édition 2025 en grand favori, Gabriel Bachelet, troisième l’an dernier, a créé la surprise en le privant d’un nouveau sacre. Chez les femmes, en revanche, pas de surprise avec le triomphe de Camille Dubrana, la Bretonne championne de France en titre, qui a défendu son trophée face à Marine Kerdreux (2e), triple lauréate entre 2021 et 2023. Régulièrement placée, Prune Guérin a pris une nouvelle fois un accessit avec une belle 3e place, devant Elise Thiolent (4e). Elise Thiolent a pu se consoler puisqu'elle s'est imposée en espoirs, tout comme Tom Lafforest chez les hommes. Finalistes en 2024, Paul Duvignau et Ophélie Fargetas se sont imposés en surf tandem, eux qui étaient les principaux challengers du duo Leroy/Burel. Ces récits de compétitions illustrent la vitalité du surf français et l'importance des événements organisés sur les plages landaises.