Le voilier 45 DS est souvent salué comme un bateau élégant, une caractéristique qui se manifeste non seulement dans son esthétique générale mais aussi dans ses performances et son aménagement intérieur. Conçu pour le voyage, ce type de voilier offre un équilibre entre confort, habitabilité et capacités marines, ce qui en fait un choix populaire pour ceux qui aspirent à de longues croisières. Avant d'arrêter son choix sur un tel modèle, il est essentiel d'examiner en détail ses systèmes fondamentaux, ses particularités de comportement sous voiles et les implications pratiques de son utilisation.
La Gestion de l'Ancrage : Un Système Crucial pour la Sécurité et le Confort
L'un des aspects les plus critiques à considérer sur un voilier de cette taille est son système d'ancrage. Un guindeau fiable et correctement dimensionné est indispensable, non seulement pour la sécurité du bateau mais aussi pour le confort de l'équipage. Sur un voilier de la catégorie du 45 DS, l'efficacité du guindeau est primordiale, en particulier dans des conditions de navigation variées et des fonds marins souvent imprévisibles.
Un guindeau de 1000 Watt, type lofrans horizontal, tire un maxi de 900 kg ; il est bien suffisant pour remonter une ancre de 30kg + 40 m de chaîne de 10 (total 180 kg au maxi). Cette capacité est généralement adéquate pour les ancrages courants, permettant de gérer des ensembles ancre-chaîne de poids significatif sans difficulté excessive. La prudence est cependant de mise, car les exigences peuvent varier grandement en fonction de la taille de l'ancre, du diamètre et de la longueur de la chaîne, ainsi que des conditions de mouillage.
La consommation électrique des guindeaux est un facteur non négligeable. Outre la fait qu'un guindeau de 1800 Watt va pomper 150 Ampères sur les batteries, ce qui sous-entend un parc de batteries de démarrage de plus de 300 Ah à décharge rapide (cf poids en excédent) , alors que le moteur n'a besoin que d'une 100 Ah pour démarrer. Cette distinction est cruciale : un guindeau à forte puissance, bien que plus rapide, impose une contrainte électrique considérable sur le système embarqué. Une telle demande de courant transitoire peut rapidement épuiser des batteries non adaptées ou sous-dimensionnées, compromettant d'autres fonctions essentielles du bord. Il est donc impératif de dimensionner le parc de batteries de service en conséquence, en tenant compte des pics de consommation.
Quant au 150 A du guindeau c'est bien entendu à sa charge nominale maximum et donc si on soulève 200 Kg de chaîne + ancre avec un guindeau de 1000 Watts ou 1800 Watts le courant ne sera pas forcément différent puisque c'est bien le poids levé et la vitesse de remontée + le rendement mécanique et électrique (environ 50%) qui détermine le courant (souvenir d'école 1CV = 736 Watts = 75 Kg soulevé de 1m en une seconde). Cette précision technique souligne que la puissance du guindeau n'est pas le seul facteur déterminant de la consommation. Le travail réel effectué, c'est-à-dire le poids soulevé et la vitesse à laquelle il est remonté, combiné aux rendements du système, joue un rôle prépondérant. Ainsi, un guindeau plus puissant ne consommera pas nécessairement plus de courant pour la même charge si le rendement est meilleur ou si la tâche est effectuée plus rapidement, mais son pic de consommation potentiel sera plus élevé.
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L'importance de la chaîne ne doit pas être sous-estimée. Personnellement j'ai de la chaîne de 12 sur un bateau de 12m 12tonnes en charge et j'en suis très content. C'est vrai que 100 m ? La longueur et le diamètre de la chaîne sont des éléments fondamentaux pour un mouillage sûr et durable. Une bonne longueur de chaîne "tient" bien le bateau d'autant lorsque les rafales secouent, ce qui est particulièrement vrai dans des zones de navigation comme la Grèce ou la Turquie, où les fonds sont très souvent irréguliers - galets/sable/rochers. Dans de telles conditions, une chaîne plus lourde et plus longue aide à créer une courbe de mouillage adéquate, absorbant les chocs des vagues et du vent et réduisant le risque de dérapage de l'ancre. La question de 100 mètres de chaîne renvoie à la nécessité d'adapter la longueur de la ligne de mouillage à la profondeur du site et aux conditions météorologiques anticipées, avec une règle de pouce souvent citée de 5 à 7 fois la profondeur par temps calme, et davantage par vent fort.
Il est également crucial de ne pas surcharger le guindeau. Elémentaire mon cher watt ? Pas tant que cela à en juger par tous ceux que je vois faire tracter par ce courageux guindeau sur 50m et plus le bateau contre vent et courant et lui tirer sur la gueule pour décrocher l’ancre d’on ne sait où. Le guindeau est conçu pour remonter la chaîne et l'ancre, pas pour faire avancer le bateau contre des forces importantes. Utiliser le guindeau pour "décoller" une ancre fortement prise ou pour tirer le bateau vers le point de mouillage sous de fortes contraintes est une pratique abusive qui peut endommager le moteur, la mécanique du guindeau ou même la structure du pont. Il est toujours préférable d'utiliser le moteur du bateau pour se rapprocher de l'ancre avant de la remonter.
L'Électricité à Bord : Un Défi pour les Grands Voiliers de Voyage
La gestion de l'énergie électrique est un autre domaine où les voiliers de voyage comme le 45 DS rencontrent des défis spécifiques. La demande croissante en équipements électroniques, de confort et de sécurité exige des systèmes de production et de stockage d'énergie robustes et fiables.
L'alimentation des batteries à travers l'alternateur du moteur est une solution courante, mais elle n'est pas sans limites, surtout lorsque l'on cherche à recharger rapidement un grand parc. Quant à trouver 110 A. sur un alternateur, beaucoup ont tenté cette installation, avec une consommation de courroies d'alternateur trapézoïdales impossible à gérer. Ce constat met en lumière une contrainte mécanique importante : les alternateurs de forte puissance génèrent des couples et des contraintes considérables sur les courroies de transmission du moteur. Les courroies trapézoïdales standard, conçues pour des puissances moindres, ne supportent pas durablement ces contraintes, entraînant une usure prématurée, des ruptures fréquentes et un risque accru de perte de charge à un moment critique.
La seule solution consiste en un entraînement de l'alternateur de type professionnel, c'est à dire via une courroie large crantée. Une telle modification implique souvent l'installation d'un alternateur secondaire de forte puissance ou le remplacement de l'alternateur d'origine par un modèle plus robuste, accompagné d'un système de transmission de puissance adapté. Il faut là aussi un chargeur-booster répartiteur à partir d'un alternateur d'au moins 200-250 A. Ce type de régulateur intelligent optimise la charge des batteries en fonction de leur état et de leur technologie, assurant une recharge efficace et protégeant les batteries contre la surcharge. De plus, un tel système peut souvent distribuer la puissance de charge entre différents parcs de batteries (moteur, service) de manière intelligente.
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Un immense parc de batterie est surtout fait pour, par exemple, tenir une semaine sans soleil avec le frigo qui tourne etc. Au-delà des pics de consommation des guindeaux, la capacité de stockage des batteries de service est fondamentale pour l'autonomie du bateau en croisière. Un grand parc permet de compenser les périodes de faible production d'énergie (nuages, moteur éteint) et d'alimenter les équipements énergivores comme le réfrigérateur, le congélateur, l'électronique de navigation, l'éclairage, et les systèmes de confort. Le dimensionnement de ce parc doit être calculé en fonction de la consommation journalière moyenne et de l'autonomie souhaitée entre deux recharges significatives. La technologie des batteries (plomb-acide, AGM, Gel, Lithium) influence également la performance et le coût du système.
Le Comportement en Mer : Caractère "Ardent" et Aptitude au Voyage
Le voilier 45 DS est décrit comme un très bon bateau de voyage : confortable, facile à vivre, clair, avec beaucoup de rangements. Ces qualités sont essentielles pour la vie à bord sur de longues périodes. Le confort en mer, l'aisance des manœuvres, la luminosité des intérieurs et la capacité de stockage sont des atouts majeurs qui contribuent au bien-être de l'équipage. Un bateau clair, avec une bonne hauteur sous barrot et de nombreuses ouvertures, favorise une atmosphère agréable et réduit la sensation de confinement, tandis que des rangements bien conçus permettent de garder le bateau organisé et sécurisé en toutes circonstances.
Une caractéristique souvent évoquée pour ce bateau est qu'il est ardent. Cela signifie-t-il "trop ardent" ? Le terme "ardent" en voile désigne un bateau qui a tendance à lofer (virer face au vent) dès que la pression sur la grand-voile augmente, ou lorsque le vent forcit. Cela se traduit par une sensation de barre plus "dure", où le bateau cherche constamment à remonter au vent. Pour certains marins, cette caractéristique peut être perçue comme un défaut si elle est excessive, car elle demande un effort constant sur la barre et peut fatiguer l'équipage. Cependant, pour beaucoup, un bateau ardent est plutôt rassurant. Il indique souvent une bonne stabilité de route et une tendance naturelle à se positionner en sécurité face au vent en cas de problème (par exemple, un lâchement de barre). Cela suggère une cohésion entre la voilure et la carène qui, bien que demandant une attention à la barre, offre un contrôle précis et une bonne capacité à remonter au vent. Un bateau bien réglé, par vent de travers de 14/20kts ne craint aucune comparaison, ce qui confirme que cette "ardeur" est une caractéristique gérable et même avantageuse lorsque les voiles sont correctement ajustées.
Le 45 DS n'est pas un régatier, ce qui est normal. Cette précision est importante car elle cadre les attentes en termes de performance pure. Bien qu'il puisse montrer de belles allures par vent de travers, son objectif premier n'est pas la vitesse maximale en course, mais plutôt la capacité à couvrir de longues distances dans le confort et la sécurité. Un peu de fardage est une conséquence inhérente à la conception des bateaux de voyage, notamment ceux avec un rouf proéminent ou un pont salon (Deck Saloon), qui augmentent la surface latérale exposée au vent. Cette surface supplémentaire, le "fardage", peut entraîner une dérive latérale ou une difficulté à remonter au vent dans certaines conditions, mais elle est le prix à payer pour l'espace et la luminosité intérieurs qu'offre la conception Deck Saloon.
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