Dans le paysage culturel de Saint-Jean-de-Luz, une figure se distingue par son engagement profond et sa vision novatrice : Cécile Cano. Impliquée dans la genèse de manifestations significatives, elle a contribué à façonner des événements qui revitalisent la scène locale, à l'instar de Wake up Donibane! et des incursions du festival Baleapop dans la cité luzienne. Son parcours, empreint d'un désir de dynamiser sa région natale, illustre une approche curatative et organisationnelle qui privilégie l'authenticité, la diversité et une connexion forte avec le public et le territoire.
La Genèse d'une Initiative Locale : Le Réveil Culturel de Saint-Jean-de-Luz avec Wake up Donibane!
L'impulsion de créer un événement marquant est née d'un constat partagé par une génération de jeunes revenant à Saint-Jean-de-Luz après leurs études et expériences professionnelles. Cécile Cano fait partie de cette génération qui a bougé pour les études et le travail, et qui, à 30 ans, est revenue vivre dans la région, observant qu'en dépit d'un fort potentiel, rien n'était organisé pour les habitants en dehors des offres touristiques traditionnelles. Ce sentiment, exprimé également par Jeanne Boulard, co-organisatrice, soulignait que la ville ne rencontrait aucun problème d'attractivité touristique, mais que les locaux, eux, n'étaient pas pleinement satisfaits. En dehors des programmations axées sur le folklore basque, principalement destinées aux visiteurs, la vie culturelle locale semblait stagner. C'est de ce constat qu'est née la volonté de créer un événement qui réponde aux aspirations des résidents. Dès que l'on veut sortir, on est obligés de se déplacer, une réalité que l'équipe fondatrice a cherché à transformer.
C'est ainsi qu'a été imaginé le festival Wake up Donibane!, un nom qui se veut à la fois évocateur et percutant. L'équipe derrière l'événement s'est posé la question de la pertinence d'un nom basque, mais a conclu qu'un tel choix n'aurait servi à rien, puisque, par essence, l’événement est intrinsèquement local et ne nécessitait pas de rappel supplémentaire de son ancrage géographique. Au lieu de cela, les organisateurs souhaitaient un nom qui incarne une vision universelle, qui soit « punchy » et qui fonctionne comme un slogan percutant. Cette approche a prouvé son efficacité, car, comme l'explique Jeanne Boulard, le nom fonctionne bien et tout le monde comprend très vite ce que l'équipe entend par « Wake up Donibane ! » - Réveille-toi Saint-Jean-de-Luz !
La deuxième édition de Wake up Donibane! a été publiée le 07/06/2014, annonçant son déroulement du 3 au 5 juillet. Ce festival ambitionne de lancer la saison estivale, se positionnant quinze jours après les fêtes de la Saint-Jean, offrant ainsi une transition dynamique et une proposition culturelle rafraîchissante. Il se distingue par son approche multidisciplinaire, mêlant culture, art de vivre et gastronomie au cœur de l'expérience proposée. Pour cette édition, le festival s’installera successivement au Select, puis sur la place Louis-XIV, pour finir au parc Ducontenia, des lieux emblématiques de la ville.
Dans ce cadre dynamique, Cécile Cano a joué un rôle clé, notamment en apportant une touche « surf » significative au festival. Compte tenu du cadre marin et de l'identité côtière de la région, cette orientation était un choix naturel. Grâce à la participation et à l'expertise de Sancho Rodriguez, le directeur renommé du Surfilm festibala de Saint-Sébastien, et d’Audrey Teichmann, commissaire indépendante comme Cécile Cano elle-même, une « battle » (bataille) innovante de films artistiques sur le surf et l’art contemporain a été organisée au Select, le jeudi. Cette initiative souligne la volonté de Cécile Cano d'intégrer des expressions artistiques contemporaines et des thématiques en résonance avec l'environnement local.
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Parallèlement, la dimension musicale a été orchestrée par Pierre Lafitte, qui a mobilisé son réseau pour offrir une programmation riche et accessible. Ayant toujours rêvé d’investir le kiosque emblématique de la place Louis-XIV, les organisateurs ont concrétisé ce souhait en y organisant des concerts et des DJ sets le vendredi, apportant une nouvelle dimension au concept de bal populaire. Des figures et collectifs reconnus ont déjà répondu présents, notamment La Souche Rock de Bayonne et le collectif de musiques électroniques Moï Moï. L'ancien skateur professionnel et talentueux joueur de blues Kepa a également confirmé sa participation, enrichissant la diversité des propositions. Dans une optique d'attirer tous les publics, y compris les plus jeunes, un bal pour les enfants était également prévu, illustrant l'engagement du festival en faveur de l'inclusion et de la convivialité intergénérationnelle.
Le choix du parc Ducontenia comme lieu central n'est pas anodin ; il revêt une signification particulière pour les organisateurs. Pour Jeanne Boulard, ce parc est mythique, un lieu où les habitants de Saint-Jean-de-Luz ont forgé des souvenirs personnels profonds, l'expérience des premiers baisers y étant souvent associée. Ce lieu leur est donc particulièrement cher. C'est pourquoi il a été décidé d’y réunir les meilleures initiatives de la côte. Cela englobe divers domaines artistiques et créatifs, incluant le design, la photographie et la mode, offrant ainsi une vitrine pour l'effervescence créative locale. L'aspect gastronomique n'a pas été oublié, avec la présence de cinq « food trucks » (camions-cantines), dont l'iconique marchand de glaces Lopez, que de nombreux habitants ont connu dès leur enfance. Il est à noter que les organisateurs de Wake up Donibane! sont également les initiateurs du festival Baleapop à Bidart, ce qui témoigne de leur expertise et de leur vision globale de l'événementiel culturel.
L'Esprit Baleapop : Une Vision Culturelle Ancrée et l'Équilibre Maîtrisé
Le festival Baleapop, sous la houlette de la même équipe d'organisateurs, partage des valeurs fondamentales avec Wake up Donibane!, mais développe une identité propre, ancrée dans une philosophie de croissance mesurée et de préservation de l'authenticité. L'objectif principal est d'attirer du monde, oui, mais également de préserver avec rigueur l’esprit « cousu main », le « fait maison », le « made in ici », et la convivialité à tout prix. Cette approche artisanale et locale est une marque de fabrique, garantissant une expérience unique et chaleureuse. Un autre souhait majeur est de ne pas étouffer plus que nécessaire la ville de Saint-Jean-de-Luz en plein cœur de la saison estivale avec un afflux trop important de festivaliers.
Cette préoccupation quant à la taille et à l'impact du festival est une constante pour les organisateurs. Jeanne Boulart, la directrice artistique de Baleapop, a rappelé que l’an dernier, l'événement avait attiré environ 10 000 personnes sur cinq jours. Elle souligne avec insistance que l'objectif n'est pas de devenir énorme, mais de préserver un certain équilibre délicat. Cette réflexion est continue, et l'équipe se questionne sur le choix d’une date où la ville serait moins saturée, bien que cette décision relève d'une réflexion à plus long terme et n'ait pas encore été tranchée. Cette démarche démontre une conscience aiguë des enjeux liés à l'intégration du festival dans son environnement urbain et social.
La stratégie pour éviter le trop-plein de foule, tout en offrant une programmation de haute qualité, passe par des choix artistiques pointus. La recette pour éviter cette saturation passe notamment par une programmation musicale ciblée et exigeante, exempte de grosses têtes d’affiche sur les deux scènes du parc Ducontenia. Cette approche permet de mettre en lumière des artistes émergents ou reconnus pour leur qualité artistique plutôt que pour leur popularité massive, contribuant ainsi à une atmosphère plus intime et exploratoire. Le parc Ducontenia, véritable poumon vert du centre-ville, s’offre encore et toujours en pâture aux installations plastiques, parfois plus ou moins déjantées, d’artistes contemporains. Ce lieu privilégié devient un écrin pour l'expression artistique, transformant l'espace public en une galerie éphémère. Comme lors de l'année précédente, qui marquait la première mouture luzienne du rendez-vous, Baleapop ne se cantonne pas à un seul lieu, mais fait aussi des incursions ailleurs dans la cité, multipliant les points de contact avec le public et explorant les divers recoins de Saint-Jean-de-Luz.
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Cécile Cano et l'Art Contemporain au Cœur de Baleapop : Une Exploration Sensorielle
L'implication de Cécile Cano dans le festival Baleapop est particulièrement palpable dans le domaine de l'art contemporain, où elle excelle en tant que commissaire d’exposition. Son rôle est crucial pour la dimension visuelle et conceptuelle de l'événement. Pour cette édition, Cécile Cano, la commissaire d’exposition maison, a minutieusement imaginé une programmation artistique autour du thème polysémique de la « syncope », pris dans son sens le plus large. Ce thème offre un cadre stimulant pour l'exploration artistique, permettant une grande liberté d'interprétation et de création.
Les artistes invités, sélectionnés avec soin par Cécile Cano, sont encouragés à proposer aux visiteurs des installations qui se veulent à la fois monumentales et intimistes. Cette dualité permet d'engager le public à différentes échelles, des œuvres imposantes qui interpellent l'espace public aux créations plus délicates qui invitent à une contemplation plus personnelle. L’expérience sensorielle est clairement mise de mise, constituant un axe central de cette programmation. L'objectif est de dépasser la simple observation visuelle pour inviter les festivaliers à interagir avec les œuvres par le toucher, l'ouïe ou même l'odorat, créant ainsi des immersions multisensorielles qui marquent les esprits. Cette approche reflète la volonté de Cécile Cano de rendre l'art contemporain accessible et profondément engageant pour un large public, tout en stimulant la réflexion et les émotions.
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