Poisson nage sur le côté : causes, diagnostic et traitements possibles

Les poissons qui nagent sur le côté présentent un symptôme courant, mais préoccupant, souvent associé à des problèmes de vessie natatoire. Ce trouble affecte la capacité du poisson à contrôler sa flottabilité et son orientation dans l’eau, conduisant à une nage anormale. Cet article explore en profondeur les causes potentielles de ce problème, les méthodes de diagnostic différentiel et les options de traitement possibles, en s’appuyant sur des études de cas et des avis d’experts en aquariophilie.

Introduction

Les troubles de la vessie natatoire sont une affection courante chez les poissons d’aquarium, en particulier les poissons rouges. La vessie natatoire est un organe interne rempli de gaz qui aide le poisson à maintenir sa position dans l’eau. Lorsqu’elle ne fonctionne pas correctement, le poisson peut avoir des difficultés à nager, flotter de manière incontrôlée ou couler au fond de l’aquarium.

Causes possibles du poisson nage sur le côté

Les causes du poisson qui nage sur le côté sont nombreuses et variées. Il est essentiel de comprendre ces causes pour établir un diagnostic précis et mettre en œuvre un traitement approprié.

Blessures et traumatismes

Un choc, une attaque ou un pincement peuvent causer des blessures internes affectant la vessie natatoire ou les organes environnants. Dans le cas d’un poisson rouge présenté au CHV Saint-Martin, une chute hors de l’aquarium survenue cinq ans auparavant aurait pu causer des lésions internes, bien que les symptômes ne soient apparus que plusieurs années plus tard.

Tumeurs internes

Une tumeur localisée sur la vessie natatoire ou sur un organe proche peut exercer une pression physique, perturbant ainsi son fonctionnement normal. Les tumeurs peuvent être difficiles à diagnostiquer sans examens approfondis.

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Infections

Diverses infections internes, qu’elles soient virales, bactériennes ou parasitaires, peuvent affecter la vessie natatoire. Les vers intestinaux, par exemple, peuvent exercer une pression sur les organes ou les léser, entraînant des troubles de la flottabilité. Une pathologie inflammatoire ou infectieuse de la vessie natatoire peut être d’origine virale, fungique, parasitaire ou bactérienne.

Constipation et alimentation

Une alimentation inappropriée ou une constipation peuvent également causer des problèmes de vessie natatoire. La constipation provoque un excès de nourriture dans l’intestin, qui gonfle et appuie contre la vessie natatoire. De plus, avaler trop d’air en mangeant ou consommer des aliments qui fermentent dans l’intestin peut entraîner des troubles de la flottabilité.

Facteurs génétiques et malformations

La consanguinité ou la sélection pour des malformations peuvent entraîner des problèmes de vessie natatoire. Les poissons rouges japonais et les mollies ballons sont particulièrement susceptibles de développer ces troubles en raison de leur morphologie particulière. Dans certains cas, la vessie natatoire ne se développe pas correctement et se retrouve compressée par d’autres organes. Des mutations génétiques peuvent également induire une scoliose idiopathique chez certains poissons, affectant leur capacité à nager correctement. Une étude a montré qu'une mutation du gène Dstyk conduit à des malformations vertébrales congénitales de type scoliose chez le poisson zèbre via une voie mTORC1/TFEB dérégulée.

Conditions environnementales

Un petit litrage ou une surpopulation de l’aquarium peuvent altérer la croissance des poissons et entraîner des troubles de la vessie natatoire. La pollution de l’eau peut également nuire à leur développement. Il est donc essentiel de maintenir une bonne qualité de l’eau et d’offrir suffisamment d’espace aux poissons. La qualité de l'eau, la température, le pH et la présence de nitrites et/ou de nitrates sont des conditions environnementales essentielles pour la santé des poissons.

Mycobactéries

La tuberculose du poisson, causée notamment par Mycobacterium marinum, peut induire des lésions squelettiques, y compris des déformations de la colonne vertébrale. Les poissons s’infectent en consommant de la nourriture ou de l’eau contaminée. Cette maladie est une zoonose fréquente chez les aquariophiles et peut être diagnostiquée par un examen microscopique de frottis lésionnels après coloration de Ziehl-Nielsen ou par culture.

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Diagnostic différentiel

Le diagnostic différentiel des troubles de la flottaison chez un poisson nécessite une approche méthodique pour identifier la cause sous-jacente.

Examen clinique

Un examen clinique à distance peut révéler des anomalies de la flottaison, telles qu’une nage la tête en bas (« negative floating ») ou une flottaison non contrôlée. Une asymétrie de la silhouette, comme une déviation de la nageoire caudale, peut également être observée.

Radiographie

La radiographie est un outil précieux pour évaluer la forme, la taille et l’aspect de la vessie natatoire, ainsi que les anomalies squelettiques. Dans le cas du poisson rouge présenté au CHV Saint-Martin, les radiographies ont révélé une déviation prononcée de la colonne vertébrale (scoliose), mais une vessie natatoire d’apparence normale. Pour réaliser des radiographies, il est recommandé de placer le poisson dans un gant powder free préalablement humidifié afin de faciliter sa manipulation.

Analyse de l’eau

Tester la qualité de l’eau de l’aquarium est essentiel pour exclure les problèmes environnementaux. Il est important de vérifier le taux de nitrate (NO3) et de nitrite (NO2), ainsi que la température et le pH de l’eau.

Observation du comportement

Observer attentivement le comportement du poisson peut fournir des indices importants. Un poisson qui se frotte au décor, présente un caractère craintif inhabituel ou a des difficultés à respirer peut souffrir d’une maladie ou d’une infection.

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Traitements possibles

Le traitement des troubles de la vessie natatoire dépend de la cause sous-jacente.

Traitement médical

Contre les infections bactériennes, les infestations de vers ou la constipation, il existe de nombreux traitements spécifiques sur le marché. Un traitement médicamenteux (type désinfectant général pour poisson d’aquarium) peut être envisagé en cas d’infection bactérienne.

Changements alimentaires

Ajuster l’alimentation du poisson peut aider à résoudre les problèmes de constipation ou de fermentation intestinale. Il est recommandé de faire jeûner le poisson pendant 48 à 72 heures, puis de le nourrir moins et avec un aliment plus adapté. Les poissons rouges ont besoin d’une nourriture variée, principalement à base de verdure. Il est conseillé de varier la nourriture autant que possible et de donner des légumes 1 à 3 fois par semaine.

Amélioration de l’environnement

Assurer une bonne qualité de l’eau et offrir suffisamment d’espace aux poissons est essentiel. Il est important de maintenir un aquarium propre, avec une filtration adéquate et des changements d’eau réguliers.

Bains spéciaux

Des bains spéciaux peuvent être bénéfiques pour soulager les symptômes. Dans un bac hôpital, ajoutez une cuillère à café rase de sel non iodé (sel de Guérande) pour 5 litres d’eau. Laissez le poisson se détendre dans ce bain pendant 30 minutes, en ajoutant un bulleur si possible.

Traitement de la scoliose

Il n’existe actuellement aucun traitement médical ou chirurgical pour la scoliose chez le poisson. Dans le cas du poisson rouge présenté au CHV Saint-Martin, aucun traitement n’a pu être proposé en raison de la scoliose.

Euthanasie

Dans les cas incurables, tels que les tumeurs sévères, les troubles de la croissance ou les tares génétiques, certains aquariophiles peuvent décider d’euthanasier le poisson pour mettre fin à ses souffrances. Il est important de prendre cette décision après mûre réflexion et en faisant preuve de bon sens.

Prévention

La prévention des troubles de la vessie natatoire passe par plusieurs mesures clés.

Quarantaine

Il est indispensable de respecter un protocole précis avant d’intégrer un nouveau poisson dans l’aquarium. Préparez un aquarium de quarantaine séparé de l’aquarium principal, avec une eau de bonne qualité et un cycle de l’azote établi. Laissez flotter le sac contenant le poisson dans l’eau de l’aquarium de quarantaine pendant 15 à 30 minutes, puis libérez le poisson. Observez attentivement le poisson pendant deux à quatre semaines pour détecter tout signe de maladie.

Alimentation adaptée

Fournissez une alimentation adaptée et de qualité, en évitant les excès et en variant les sources de nourriture. Les poissons rouges ont besoin d’une alimentation riche en fibres et en légumes.

Maintenance de l’aquarium

Maintenez une bonne qualité de l’eau, en effectuant des changements d’eau réguliers et en contrôlant les paramètres physico-chimiques. Assurez-vous que l’aquarium est suffisamment spacieux pour les poissons et qu’il n’est pas surpeuplé.

Association des espèces

Veillez à associer les espèces de poissons de manière appropriée, en tenant compte de leurs besoins et de leur comportement.

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