La gestion et la pratique des activités en milieu fluvial reposent sur une compréhension fine des caractéristiques hydrologiques et biologiques des cours d'eau. D’une rivière à l’autre, les conditions ne sont pas les mêmes. Autant une descente en kayak est possible avec un enfant de 10 ans dans telle rivière, autant elle est dangereuse dans telle autre rivière ! Chaque rivière et torrent est classifié, permettant aux professionnels et aux pratiquants de se transmettre des informations fiables sur un parcours précis, un itinéraire donné, tout en se basant sur une échelle officielle connue et acceptée par tous.
Classification technique des parcours en eaux-vives
Comme dans beaucoup de sports de pleine nature, le milieu dans lequel on est amené à évoluer est coté, classé par niveau de difficulté et d’engagement. Les activités d’eaux-vives telles que le Rafting, le Canoraft, le Kayak de rivière ou encore l’Hydrospeed, sont des activités de plein air que l’on a rangées dans une catégorie appelée officiellement Canoë-Kayak et Disciplines Associées (ou CKDA).
Les niveaux de difficulté technique, appelés Classes de rivières, vont de 1 à 6 et sont notés en chiffres romains. Cette notation est établie lors d’un débit normal, mais les conditions météo jouent aussi et il faut toujours se renseigner au préalable (orages, fonte des neiges, fortes pluies…).
- Classe 1 (Très facile) : Cours d’eau calme et régulier. La pente est faible, les vagues sont petites et régulières. Il peut y avoir quelques remous. Les parcours de Classe 1 sont souvent utilisés pour la découverte des premières sensations du canoë-kayak en rivière.
- Classe 2 (Débutant) : Quelques rapides simples, ne demandant pas de reconnaissance préalable. Le courant devient plus irrégulier mais les vagues et autres mouvements d’eau restent de taille moyenne. C’est un niveau idéal pour s’initier au kayak ou faire du rafting en famille.
- Classe 3 (Intermédiaire) : Quelques manœuvres à effectuer, avec rochers et vagues de taille moyenne. Les rapides sont visibles mais ont des vagues irrégulières. Le franchissement demande une bonne maîtrise du bateau.
- Classe 4 (Sportif) : Des rapides longs et puissants, des vagues fortes irrégulières. On rencontre des grosses vagues et de gros rouleaux ainsi que des passages étroits demandant une bonne maîtrise des manœuvres. Le parcours est difficile avec des rapides non visibles entièrement à l’avance.
- Classe 5 (Expert) : Les rapides sont longs, violents, les passages sont techniques, avec grosses vagues et rouleaux. La reconnaissance est inévitable. Seuls des professionnels très entraînés peuvent naviguer dans ces rivières.
- Classe 6 (Limite de navigabilité) : Généralement impossible. Le franchissement de ces rapides est extrême et peut être périlleux. Si un passage infranchissable est réussi dans des conditions normales et de façon volontaire, il est décoté en VI.
La notion d'engagement en milieu aquatique
L’engagement est un paramètre indispensable pour appréhender de façon globale la rivière. Il mesure l’accessibilité et la difficulté à sortir du parcours en cas d’imprévu. Il est noté de E1 à E3 :
- E1 : Accès facile et rapide à la route.
- E2 : Implique une sortie plus difficile et plus de temps pour rejoindre la route.
- E3 : Accès quasiment impossible sans aide extérieure.
Parfois, l’on peut rajouter un ou plusieurs chiffres entre parenthèses après la classe pour préciser qu'un ou plusieurs rapides sont d’un niveau supérieur à la cotation générale du parcours. Par exemple, le parcours des Gorges de la Durance est noté : Classe III-IV(5,6,X). La lettre « X » désigne un passage infranchissable.
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Cadre juridique et catégorisation piscicole
Parallèlement à la navigation, la gestion des cours d'eau en France repose sur un classement juridique fixé par décret et arrêté ministériel, divisant les eaux en deux catégories. Ce classement dépend de la biologie des espèces dominantes. La totalité des cours d’eau de la Seine-et-Marne, par exemple, irrigue le bassin de la Seine et totalise près de 3.000 km de cours d’eau.
- Cours d’eau de 1ère catégorie : Ce sont les eaux du domaine public ou privé où la présence des salmonidés (truite, saumon, ombre commun) est dominante. Ce sont des rivières aux eaux vives, fraîches et bien oxygénées abritant une faune adaptée à des conditions de vie difficiles.
- Cours d’eau de 2ème catégorie : Ce sont les eaux où la présence des cyprinidés (poissons blancs) et des carnassiers est dominante.
Le décret du 16 septembre 1958 a reconduit ce classement. Bien que ce texte soit général, des dérogations locales sont possibles par arrêté préfectoral. Ces nuances sont essentielles car elles régissent non seulement la protection des espèces, mais aussi les périodes d'ouverture de pêche. Par exemple, la pêche du brochet est autorisée du dernier samedi d'avril au dernier dimanche de janvier de l'année suivante en 2ème catégorie, tandis que des règles strictes s'appliquent pour les salmonidés en 1ère catégorie.
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