La course au large incarne une quête perpétuelle d'excellence, de performance et d'innovation. Au cœur de cette discipline exigeante, des figures emblématiques façonnent l'histoire maritime par leurs exploits et leur vision. Parmi elles, François Gabart s'est distingué comme un navigateur de premier plan, marquant son époque par des victoires retentissantes, des records mondiaux et un engagement profond pour un futur maritime plus vertueux. Son parcours, intrinsèquement lié à l'évolution des multicoques - qu'il s'agisse de trimarans géants ou de catamarans performants - et à l'aura de compétitions légendaires comme la Route du Rhum, témoigne d'une approche holistique de la voile, où la vitesse n'est jamais une fin en soi, mais un moyen d'atteindre une liberté et une autonomie accrues.
François Gabart : Un Parcours Météorique et un Palmarès Incontesté
François Gabart a tracé un chemin exceptionnel dans le monde de la voile de compétition, s'imposant rapidement comme une référence. Après avoir fait ses armes sur le circuit Figaro en 2008, où il a aiguisé ses compétences et sa compréhension des subtilités de la navigation en solitaire, le skipper a rapidement gravi les échelons. Sa consécration arrive à un âge précoce, puisqu'il remporte à seulement 29 ans le Vendée Globe 2012-2013, cette course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, réputée pour sa difficulté extrême. Le 27 janvier 2013, aux Sables d'Olonne, François Gabart remportait la 7e édition du Vendée Globe en établissant un nouveau record de circumnavigation en solitaire à cet âge. Cette victoire emblématique, dès sa première participation, a marqué le début d’un palmarès exceptionnel.
Confirmant son talent sur la prestigieuse Route du Rhum l’année suivante, en 2014, François Gabart s'est affirmé comme un compétiteur redoutable. Sa capacité à dompter les éléments et à pousser ses machines dans leurs retranchements s'est manifestée de manière spectaculaire. À partir de 2015, il change de dimension et se consacre à la classe Ultim, ces trimarans géants de 32 mètres de long, véritables fleurons de la technologie navale. C'est à la barre du Trimaran MACIF qu'il va décrocher alors de nombreuses victoires, inscrivant son nom dans l'histoire de la course au large. Parmi ses succès figurent des épreuves majeures telles que la Transat Jacques Vabre, la Transat Anglaise, et The Bridge, démontrant une polyvalence et une constance au plus haut niveau.
L'année 2017 fut particulièrement marquante pour François Gabart, puisqu'il pulvérise le record du monde en solitaire, le Trophée Saint Exupéry, réalisant une circumnavigation planétaire en 42 jours, 16 heures, 40 minutes et 35 secondes. Cet exploit, accompli à bord du trimaran MACIF, a illustré sa maîtrise exceptionnelle de ces machines complexes et sa quête inlassable de performance. Le navigateur s'est ainsi imposé non seulement comme un vainqueur, mais aussi comme un recordman hors pair, repoussant sans cesse les limites du possible en mer.
MerConcept : Le Moteur de l'Innovation Maritime
Derrière les exploits du skipper se cache une structure dédiée à l'innovation et à la performance : MerConcept. Fondée par François Gabart lui-même en 2006 alors qu'il est encore étudiant à l’INSA, MerConcept est née de son ambition profonde de mener à bien une carrière de skipper professionnel. Dans un premier temps, la société a permis à François de multiplier les expériences sur différents supports, lui offrant la plateforme nécessaire pour performer notamment sur la Solitaire du Figaro.
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L'entreprise connaît un nouvel essor significatif en 2013, une année charnière où François Gabart recrute une dizaine de personnes. L'objectif était clair : créer une équipe dédiée au service de bateaux fiables et performants, capable de soutenir ses ambitions de victoires et de records. Grâce à cette structure interne consolidée, MerConcept a pu développer une expertise unique, allant de la conception à la construction, en passant par l'optimisation et la maintenance des navires de course les plus avancés.
Un exemple frappant de l'ingéniosité et de l'autonomie de MerConcept est l'assemblage du trimaran SVR-LAZARTIGUE. Si les pièces structurelles, telles que la coque centrale et les flotteurs, ont été fabriquées par des spécialistes reconnus comme Multiplast et CDK Technologies, les équipes de MerConcept ont intégralement assuré l'assemblage final du trimaran géant à Concarneau. Cette réalisation a constitué une grande première pour une écurie de course au large, démontrant la capacité de MerConcept à gérer des projets de très grande envergure. Cette prouesse a été rendue possible par la multiplication et surtout la diversité des compétences réunies en interne. De la technologie de pointe, essentielle au moment d'établir les premiers plans et d'intégrer toutes les données les plus fines, à la finition méticuleuse de la moindre pièce, du moindre centimètre carré du bateau, chaque tâche a nécessité un savoir-faire unique. Parfois transmis à travers l'expérience des plus anciens, parfois appris et approfondi au fil des navigations, ce savoir-faire est aujourd'hui la richesse intrinsèque de MerConcept, faisant de cette entreprise un acteur clé dans l'évolution des multicoques de course.
L'expertise de MerConcept ne se limite pas aux projets personnels de François Gabart. Le bureau d’études de MerConcept a également été étroitement impliqué dans la conception et le design de l'IMOCA MACIF, en collaboration avec Charlie Dalin et l'architecte Guillaume Verdier (avec le cabinet VPLP). Géré par MerConcept, qui en a eu la maîtrise d’ouvrage, le trimaran M100 a été mis à l’eau en 2015, soulignant la capacité de la structure à piloter des projets complexes pour d'autres skippers de renom. Cette implication transversale confirme le statut de MerConcept comme un véritable hub d'expertise au service de la course au large, repoussant sans cesse les frontières de l'ingénierie navale.
Les Multicoques de Course : De l'Ultim MACIF au Trimaran SVR-LAZARTIGUE
Les choix techniques de François Gabart et de son équipe MerConcept ont toujours été orientés vers l'excellence et l'innovation. La transition vers la classe Ultim, à partir de 2015, a marqué une volonté d'embrasser les technologies les plus avancées pour les multicoques de course. Le Trimaran MACIF, avec lequel il a battu le record du tour du monde en solitaire en 2017, a été le fer de lance de cette démarche. Ces géants des mers, conçus pour la vitesse et la robustesse, incarnent le summum de l'ingénierie navale.
2020 marque un tournant pour le skipper avec la fin du programme Ultim du groupe Macif. Cependant, le sponsor maintient la construction d'un nouveau bateau, soulignant la confiance placée en Gabart et son équipe. En collaboration avec l'architecte Vincent Lauriot Prévost et les ingénieurs de MerConcept, et avec le concours de plusieurs experts de la course au large, le trimaran SVR-LAZARTIGUE a été conçu pour repousser les limites du vol au large. Cet Ultim est une véritable merveille technologique et son design futuriste, aux lignes épurées, surprend par ses innovations.
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Parmi les nombreuses avancées technologiques intégrées à bord, on retrouve un cockpit entièrement fermé façon avion de chasse, offrant une protection optimale au skipper et un gain aérodynamique substantiel. La barre traditionnelle a été remplacée par un volant, une innovation qui illustre la recherche d'une ergonomie poussée et d'un contrôle plus direct et intuitif du bateau. Le design futuriste du bateau est également caractérisé par ses gigantesques foils. Ces appendices, éléments clés de la nouvelle génération de bateaux volants, ont la capacité de surélever le bateau de 5 mètres à pleine vitesse, réduisant ainsi la traînée dans l'eau et augmentant la sensation de glisse. Le travail approfondi sur la forme aérodynamique du trimaran permet à la fois de limiter la traînée tout en augmentant la portance, et donc d'améliorer significativement le vol. Cette approche est d'autant plus pertinente que, comme le souligne Gabart, « Plus on va vite, plus l'aérodynamisme est important ».
Le trimaran SVR-LAZARTIGUE est doté de systèmes de vols et de logiciels de pilotage avant-gardistes, lui permettant de naviguer en vol à haute vitesse autour de la planète. Il est le fruit d’un travail d’équipe où l'ambition était de concevoir un bateau fiable, rapide, et adapté au solitaire et en équipage en toutes circonstances, qu’il s’agisse des grandes classiques de la course au large, d’une campagne de records, ou d’une course autour du monde. Au sein de l’équipe de conception, la philosophie était de réaliser un bateau où la performance, la sécurité et l’esthétisme tiennent une place primordiale. Ce trimaran appartient à la nouvelle génération de bateaux volants où l’aérodynamisme tient une place au moins aussi importante que l’hydrodynamisme.
Après quelques péripéties, le trimaran SVR-LAZARTIGUE a été mis à l'eau et a rapidement fait ses preuves. Le 7 novembre 2021, trois mois seulement après sa mise à l’eau, François Gabart s’est élancé sur le départ de la Transat Jacques Vabre aux côtés de son co-skipper Tom Laperche. Au terme de plus de 16 jours de course et d'une bataille acharnée, les deux skippers ont finalement réalisé l'exploit de s'emparer de la deuxième place sur cette transatlantique historique du circuit course au large, attestant de la compétitivité immédiate de cette nouvelle machine.
La Route du Rhum : Une Course Transatlantique de Légende
La Route du Rhum est bien plus qu'une simple course ; c'est une compétition emblématique, incontournable pour tous les amateurs de course en solitaire, qui incarne l'esprit d'aventure et de défi maritime. Organisée tous les quatre ans, cette transatlantique légendaire fait partie des épreuves de référence en matière de compétition, s'adressant aussi bien aux voiliers monocoques qu'aux multicoques. La course relie la ville de Saint-Malo, en Bretagne, à la ville de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, offrant un parcours transatlantique qui met à l'épreuve l'endurance des marins et la robustesse de leurs navires.
L'idée fondatrice de cette course est attribuée à Bernard Haas, secrétaire général du syndicat des producteurs de sucre du rhum des Antilles, qui, par cette initiative audacieuse, cherchait à faire la promotion du rhum par un moyen innovant, distinct des campagnes publicitaires classiques. Depuis sa création, la Route du Rhum est organisée par la société OC Sport Pen Duick, une filiale française d'OC Sport, garantissant ainsi son statut de compétition professionnelle et bien gérée.
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La course est ouverte à un large éventail de voiliers, à partir de 39 pieds, et se divise en plusieurs catégories distinctes, permettant à différents types de bateaux et de marins de concourir. Parmi elles, la classe ULTIM 32/23 est celle où s'affrontent les géants des mers, des multicoques véloces et aériens qui seront bien évidemment présents à Saint-Malo. Ces bateaux, mesurant jusqu'à 32 mètres de long pour 23 de large, sont plus grands qu'un terrain de tennis, représentant le summum de la technologie et de la vitesse sur l'eau. Les IMOCA, ces monocoques de 18 mètres qui participent également au célèbre Vendée Globe, constituent une autre catégorie majeure. Enfin, la classe "Rhum" est une catégorie "open" où s'affrontent des bateaux de toutes tailles, offrant une diversité et un esprit d'aventure particulier à la compétition. La durée de la course varie considérablement en fonction des conditions météorologiques rencontrées et des performances intrinsèques des bateaux, faisant de chaque édition une épreuve unique.
Au fil des éditions, la Route du Rhum a vu naître de nombreux records et légendes maritimes, forgeant son identité et son prestige. Les Français redécouvrent tous les quatre ans la voile avec son lot d'émotions intenses, de valeurs sportives et de défis techniques et humains. Des bateaux incroyables et des skippers passionnés par la mer donnent vie à une histoire et une périodicité particulières. La victoire de Florence Arthaud, la disparition d’Alain Colas, le chavirage du maxi catamaran Royale, le doublé de Laurent Bourgnon ou la victoire inespérée de Loïck Peyron ont jalonné pendant plus de 40 ans une course devenue légendaire. La Route du Rhum, bien qu'elle ne soit pas la plus longue des transatlantiques, ni nécessairement la plus difficile, conserve une place spéciale dans le cœur des marins et du public. En 2022, la douzième édition de la Route du Rhum a vu 138 skippers sur la ligne de départ, concourant dans 6 catégories, avec des marins tels que Thomas Coville répétant ses gammes sur son Ultim de dernière génération. Charles Caudrelier, avec son maxi-trimaran volant « Edmond de Rothschild », est le détenteur actuel du record de la traversée en solitaire, ayant accompli cet exploit lors de l'édition 2022 avec un temps de 6 jours, 19 heures, 47 minutes et 25 secondes.
François Gabart, skippeur du maxi-trimaran SVR-LAZARTIGUE, sera bien évidemment sur la ligne de départ de la douzième édition de la Route du Rhum, le 6 novembre, prêt à relever ce défi emblématique.
ORC 57 : La Philosophie du Catamaran Performant et Habitable
Au-delà des multicoques de course purement orientés vers le record, François Gabart a également partagé son regard sur une autre dimension de la navigation, incarnée par le catamaran ORC 57. Cette recherche d’équilibre entre performance, simplicité et habitabilité a réuni François Gabart et ORC autour de ce modèle de catamaran. Le marin partage son regard sur ce bateau, mais aussi sur une certaine manière d’aborder la mer : une navigation réfléchie, cohérente, où la performance n’est jamais une fin en soi, mais un moyen de gagner en liberté, en sécurité et en autonomie.
À bord de l’ORC 57, François Gabart retrouve des fondamentaux qui lui sont familiers et qu'il valorise profondément. Il s'agit d'un bateau léger, lisible et réactif, des qualités essentielles pour une navigation où la connexion avec l'environnement est primordiale. Conçu pour avancer dans des conditions réelles, sans artifice ni surcharge, ce catamaran est l'exemple d'une approche pragmatique et efficace. Comme il le formule, « La performance, ce n’est pas seulement aller vite. C’est être capable d’aller loin, longtemps, et avec sérénité ». Cette philosophie guide la conception de l'ORC 57.
Conçu par Marc Lombard Yacht Design, l’ORC 57 s’inscrit dans une filiation directe avec le monde de la course au large, intégrant des principes de conception issus des bateaux de compétition, tout en restant profondément marin dans son usage quotidien. Sa légèreté est un atout majeur, contribuant à une agilité et une réactivité exemplaires. Son plan de voilure est optimisé pour capter au mieux la puissance du vent, tandis que son système de barre et son ergonomie de pont ont été pensés pour offrir une relation directe avec le bateau. Cette conception permet une lecture claire de ses réactions, favorisant ainsi une connexion permanente avec les éléments. Il ne s'agit pas ici d'une démonstration spectaculaire de vitesse brute, mais d'une approche qui parle autant à des navigateurs expérimentés qu’à celles et ceux qui recherchent une navigation simple et cohérente, axée sur le plaisir et la maîtrise.
Une autre dimension essentielle de l’ORC 57, mise en lumière aux côtés de François Gabart, est sa capacité à vivre à bord sur la durée. Ce catamaran offre un équilibre judicieux entre performance et habitabilité, pensé pour des projets de navigation au long cours. Que ce soit en équipage réduit ou en famille, l'ORC 57 propose un espace de vie confortable et fonctionnel, sans compromettre les qualités marines du bateau. Cette dualité entre la quête de vitesse et le confort de vie à bord est une illustration de la vision de Gabart pour une navigation plus sereine et plus accessible.
Partenariats Engagés et Vision Responsable
L'année 2020 a marqué un tournant dans la carrière de François Gabart, avec la fin du programme Ultim du groupe Macif, son sponsor historique. Toutefois, cette séparation a ouvert la voie à de nouvelles collaborations. Animé par le désir de donner plus de sens à ses défis et profondément engagé pour défendre son élément, l'Océan, le marin s'est mis en quête d'un nouveau partenaire capable d’envisager un sponsoring à mission.
En mai 2021, le groupe français de cosmétiques KRESK s’engage aux côtés de François Gabart, devenant le sponsor du nouveau trimaran SVR-LAZARTIGUE. Cette alliance est fondée sur des valeurs partagées et un engagement mutuel. Particulièrement sensible à toutes les causes environnementales et soucieux de rendre le monde maritime de demain plus vertueux, le marin entrepreneur accompagne son nouveau partenaire, précurseur et déjà très engagé dans une cosmétique davantage responsable, dans sa démarche de durabilité. Kresk amplifie ses actions et investit activement autour de la protection des océans en créant le fonds de dotation KRESK 4 OCEANS. Ce partenariat va au-delà d'un simple soutien financier ; il représente une synergie entre la performance sportive de haut niveau et la promotion d'une cause environnementale essentielle. Tentatives de records et courses au large rythmeront les différentes sorties en mer du trimaran SVR-LAZARTIGUE, durant lesquelles il portera haut les couleurs et les valeurs du groupe Kresk autour du globe, diffusant un message de durabilité et de protection des océans.
Cet engagement se reflète également dans les actions de sensibilisation menées par François Gabart. Dans la droite ligne d’un engagement qui englobe tous les aspects de sa vie, le navigateur propose aux élèves du CP à la 6e de le suivre durant la traversée, tout en découvrant les enjeux de protection de l’Océan. Dans les vidéos de « La Course Bleue », François Gabart s’adresse aux plus jeunes, leur transmettant un message d'espoir et d'action. « Je suis très heureux de vous embarquer avec moi dans cette course bleue et j’espère que vous allez pouvoir rêver avec moi. Vous pouvez, par vos petits gestes, diminuer votre consommation de plastique de manière très rapide et très efficace. Vous avez un pouvoir énorme pour le monde de demain. » Cet aspect éducatif et environnemental est une composante essentielle de la mission que s'est donnée François Gabart, utilisant sa notoriété pour inspirer et mobiliser les futures générations à protéger l'environnement marin.