Une croisière en catamaran représente une aventure familiale unique, alliant confort, découverte et moments privilégiés. Le choix du catamaran est crucial pour la réussite de votre croisière et la qualité de votre expérience familiale en mer. L’expérience montre que la configuration du catamaran est plus importante que sa taille brute. L’expérience nous a appris à considérer des détails souvent oubliés lors du choix. La capacité des réservoirs d’eau douce, par exemple, devient critique avec des enfants à bord. Un catamaran équipé d’un dessalinisateur offre une autonomie précieuse, permettant douches et vaisselle sans restriction. Les catamarans de croisière modernes proposent généralement entre 130 et 200L de volume réfrigéré, réparti entre réfrigérateur et congélateur. Le Lagoon 42, par exemple, offre un réfrigérateur de 130L combiné à un congélateur de 65L. L’énergie est un élément crucial pour le confort de votre croisière en famille. Un catamaran bien équipé pour une famille doit pouvoir assurer votre autonomie sans compromis sur le confort. Les dernières générations de catamarans intègrent des innovations significatives pour la sécurité familiale. Faire le tour du monde en catamaran n’a rien d’un rêve fou : des couples, des familles avec trois ou quatre enfants embarqués en Nautitech 40 ou 46 prouvent en ce moment même que l’aventure est à portée d’étrave.
L'organisation du quotidien et la vie à bord
Contrairement aux idées reçues, vivre à plusieurs sur un catamaran ne signifie pas sacrifier son confort ou son intimité. Les catamarans modernes offrent des espaces modulables qui, bien organisés, permettent à chaque membre de la famille de trouver son équilibre. La réussite d’une croisière en famille repose en grande partie sur une organisation minutieuse du quotidien. La gestion des repas en mer représente un défi quotidien qui peut transformer une croisière de rêve en cauchemar logistique si elle n’est pas correctement anticipée. Les statistiques sont éloquentes : une famille de 4 personnes consomme en moyenne 150 litres d’eau douce et 5kWh d’électricité par jour en croisière. Dans un contexte où les ressources sont limitées et précieuses, la gestion intelligente de l’eau et de l’énergie devient un véritable art de vivre à bord.
Pour maintenir cet équilibre, plusieurs méthodes ludiques ont fait leurs preuves :
- Le « Water Challenge Family » : Un tableau magnétique installé près de la cuisine où chaque membre de la famille a son avatar.
- Le « Trésor du Capitaine Eco » : Chaque jour où la famille reste sous les 100L de consommation totale, une pièce d’or (chocolat) est ajoutée dans le coffre.
- Le « Rinçage Minute » : Installation d’un minuteur pour limiter la consommation lors des douches.
Une croisière en catamaran offre bien plus qu’une simple navigation : c’est une opportunité unique de créer des moments magiques en famille. Loin des écrans et des distractions habituelles, le catamaran devient un terrain de jeu éducatif où chaque membre de la famille trouve son épanouissement. La présence d’un skipper professionnel transforme radicalement l’expérience d’une croisière en famille. Pour les familles ayant déjà une expérience nautique, la location sans skipper offre une liberté totale. Comme le souligne la famille M. : « Partir avec un skipper nous a permis d’apprendre tout en restant sereins ». De même, la famille D. confirme : « Après deux expériences avec skipper, nous nous sommes lancés seuls ».
Planification et itinéraire : La route des Alizés
À l’évidence, lorsqu’on explore sur la carte la meilleure route possible autour du monde en catamaran à voile, la première question qui se pose, outre celle du budget, n’est pas tant où aller, mais quand partir pour ce voyage d’une vie ? Ce qui conduit tout naturellement à un préalable : de combien de temps dispose-t-on ? Embarquée sur leur catamaran Nautitech 46 Open Kumbaya, la famille Dolley était partie pour un voyage de trois années. Elle en mettra quatre. Ainsi, même s’il est toujours possible de lutter contre le chronomètre, mieux vaut compter large en voilier même si on ne part pas pour une croisière : trois ans constituent une durée raisonnable.
Lire aussi: Expérience culinaire en catamaran
Le meilleur itinéraire autour du monde en catamaran est celui où le vent souffle toujours dans la bonne direction, autant dire celle vers laquelle on se dirige. Poussés par les vagues et le vent, les catas sont faits pour abattre leurs 160 à 200 milles par vingt-quatre heures en moyenne. Or, la nature étant bien faite, cette route existe, c’est celle des alizés. Dans l’hémisphère nord, les vents tournent dans le sens des aiguilles d’une montre autour de ces bulles de haute pression, et en sens inverse dans l’hémisphère sud. Si bien qu’en suivant une route au sud des anticyclones dans l’hémisphère nord et au nord de ceux-ci dans l’hémisphère sud, on est assuré de bénéficier de cette merveilleuse trouvaille de la nature que sont les alizés.
Il ne resterait alors qu’à bâtir une route qui, bien plus qu’un simple choix de date de départ et d’arrivée, évite tout simplement la saison des cyclones dans les deux hémisphères. Ou du moins qui écarte l’éventualité de traverser un océan durant cette période mal famée.
De La Rochelle aux premières étapes transatlantiques
Quittons donc La Rochelle et la France à l’été. Notre Nautitech est fin prêt, l’équipage s’est amariné au cours de sorties de week-end ou de petites vacances. On met le cap au 240° pour quitter le Golfe de Gascogne sans trop tarder. Si pour les meilleures raisons du monde, on ne peut partir en juillet ou août, ne nous attardons pas trop en début d’automne. Un départ fin septembre ou début octobre reste évidemment fort possible, mais on se méfiera alors de l’escale à La Corogne. Mieux vaut alors viser directement Cascais, à l'ouverture du Tage, que l’on atteint en cinq jours en moyenne depuis La Rochelle.
L’été, la traversée de six-cent milles vers Graciosa ou Lanzarote permet de s’accoutumer au grand large sans risquer de pièges météo, ce qui n’est pas toujours le cas en automne. Si le planning est un peu serré et l’itinéraire plus flexible, on se lancera directement dans la traversée vers les Antilles. Le mieux, avec un catamaran, est de viser le sud de la Martinique distante d’un peu moins de 3 000 milles, que l’on atteindra en quinze-vingt jours en voilier en moyenne. En revanche, si l’on a l’éternité devant soi ou presque, quitter Lanzarote pour une traversée vers les îles du Cap Vert ou Dakar présente plusieurs avantages. Dans le premier cas, en visant Mindelo, en face de l’envoûtante Sant Antao, au nord-ouest de l’archipel, on poursuit l’apprentissage du grand large.
La traversée du Pacifique et les escales incontournables
Une fois franchi le canal de Panama, on ne traînera pas trop du côté de Panama City, on préférera préparer la traversée et le parcours vers les Galapagos dans l’archipel des Perlas par exemple. Les 850 milles de traversée vers les mythiques Galapagos peuvent s’effectuer très rapidement, en moins d’une semaine, en particulier durant la période favorable, soit de février à mai. L’entrée dans cet archipel, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité, ne peut se faire que dans l’île principale de San Cristobal.
Lire aussi: Voiles de catamaran expliquées
L’étape suivante, vers les Marquises, est à peu près aussi longue que la traversée Canaries-Antilles. Avec une différence importante : dans le Pacifique, l’alizé souffle en général moins fort qu’en Atlantique. La meilleure période pour rallier Tahiti depuis les Marquises s’étend d’avril à juin. Tahiti, Moorea, Bora Bora, la séduction des îles de la Société ne se dément pas. Là encore, un tour du monde en catamaran ne peut s’y contenter d’un simple « pit stop ». Il faut donc s’y autoriser quelques semaines voire quelques mois tout en gardant en tête la suite du voyage et en se donnant une date de départ. La meilleure saison pour continuer sa navigation vers les Fidji, la Nouvelle-Calédonie et éventuellement la Nouvelle-Zélande se situe de juin à octobre.
Perspectives sur l'océan Indien et le retour
Une fois aux portes de l’océan Indien se pose un nouveau choix, éventuellement cornélien. Le choix du nord permet de visiter des destinations fabuleuses comme le Sri Lanka, les Maldives et les Seychelles. Quant à la saison idéale pour traverser à la voile l’océan Indien dans son nord, elle se situe en théorie de novembre à avril.
Si l’on choisit la route sud, la période des cyclones qui peuvent menacer l’île Maurice, la Réunion et Madagascar commence vers le 15 décembre. Les eaux sud-africaines, balayées par de puissants courants, tel celui des Aiguilles, et des contrastes de masses d’air importants, entre l’air chaud d’Afrique et glacial de l’Antarctique, sont parfois très agitées. C’est bien pourquoi la sagesse recommande de prendre tout son temps. Qui ne sera pas du temps perdu. Accostez votre bateau, car en dépit de ses difficultés, l’Afrique du Sud compte parmi les pays les plus beaux et les plus attachants du monde. Il sera temps ensuite, vers le début janvier, de se remettre en route et de reprendre la navigation à travers l’Atlantique sud. Après l’escale historique de Sainte-Hélène, la route logique ramène vers l’Europe, souvent en passant par les Açores, point de rencontre privilégié pour les équipages bouclant leur circumnavigation.
Lire aussi: Choisir le bon chausson voile pour votre catamaran