L'évolution contemporaine du catamaran : de la performance technologique à l'industrialisation durable

L'industrie nautique traverse une période de transformation profonde, marquée par une quête permanente d'innovation, de sobriété et d'adaptation aux nouveaux usages de la plaisance. Le catamaran, par sa structure à deux coques, s'est imposé comme une alternative majeure aux monocoques traditionnels, offrant une stabilité accrue et des espaces de vie optimisés. Cette dynamique, qui va de la conception de prototypes de course à l'industrialisation de modèles de croisière, illustre une filière en pleine mutation.

Les fondements techniques et les défis de la construction navale

La conception d'un catamaran, qu'il soit destiné à la compétition ou à la croisière, repose sur une recherche constante d'équilibre entre masse, rigidité et flottabilité. Dans le domaine du sport de haut niveau, le projet Rafale 2 a mis en lumière les complexités liées à la performance pure. L'objectif était de concevoir un deuxième catamaran class-C plus performant que le premier, en corrigeant les défauts de Rafale I : retravailler les différents éléments du bateau pour réduire la masse, améliorer la flottabilité, la rigidité des hydrofoils, et reconstruire l’aile rigide endommagée afin d’obtenir un navire bien plus performant.

Le volume des coques de Rafale 1 avait été volontairement limité afin de réduire leurs masses au maximum. Cependant, pour décoller, le bateau avait besoin d’atteindre une vitesse d’au moins 10 nœuds. Un second problème présent dans de nombreux catamarans : le manque de volume à l’avant des coques. Le bateau avait alors trop tendance à enfourner, c’est-à-dire piquer du nez et s’enfoncer dans la mer et se retourner. Rafale II avait donc pour principale mission de répondre à ces problèmes liés à la flottabilité des coques. Un important travail de design a été réalisé : augmenter le volume des coques afin de flotter plus haut et de ne plus enfourner.

Pour répondre à ces problématiques, et, toujours dans l’optique de réduire la masse totale du bateau, les étudiants ont travaillé sur un nouveau design et se sont orientés sur l’utilisation de fibre de carbone pré-imprégné de qualité aéronautique. Des moules chauffants ont été conçus afin de pouvoir fabriquer les coques. La nouvelle structure a permis de réduire la masse des coques de 10% tout en augmentant le volume et la rigidité. De même, les foils de Rafale 2 avaient été redessinés pour améliorer leurs performances et surtout réduire leur masse. Ainsi, de même que pour la coque, la fibre pré-imprégnée a été choisie liée à un renfort imprimé 3D: ce qui a permis une importante réduction de masse et une amélioration de la rigidité globale.

L'innovation au service de la transition écologique

La construction navale moderne ne se limite plus à la seule performance sportive ; elle intègre désormais des impératifs environnementaux stricts. En 2021, Roland Jourdain et Sophie Jourdain Vercelletto décident d’accélérer leurs actions en construisant un catamaran de 18 mètres en partie avec de la fibre de lin, une première mondiale. À l’œil nu, rien ne distingue We Explore d’autres grands multicoques. La singularité du voilier se trouve au cœur de sa structure. Catamaran éco-conçu, We Explore associe l’innovation à la sobriété.

Lire aussi: Expérience culinaire en catamaran

Fabriqué à La Grande-Motte par le chantier Outremer, We Explore ressemble comme une goutte d’eau à l’Outremer 5X. Il lui emprunte en effet ses moules, mais son modèle est à part, car il intègre 50 % de fibres de lin dans sa construction. Avec la livraison du pont, plus grande pièce jamais réalisée en fibre de lin, c’est « un verrou technologique qui a été levé ». Ce projet est la continuité du travail et de l’engagement de toute une équipe afin de limiter notre impact sur l’environnement. We Explore est conçu pour faire rêver et inspirer à travers une approche qui allie éco-responsabilité et performance.

Dans une logique similaire, MerConcept travaille sur le projet de catamaran à moteur volant, marquant la 1ère étape d'une volonté de diversification au-delà de la course au large. Si les bateaux à moteur à foil ne sont pas nouveaux, l'équipe de MerConcept, contactée par un propriétaire passionné, compte faire bénéficier la plaisance du transfert des technologies développées en course au large. Le bateau sera équipé, préparé et testé dans les locaux de MerConcept. Projet one-off, il permet de réaliser des développements technologiques importants, notamment sur l'asservissement du vol, un élément clef pour baisser la consommation énergétique et la vitesse limite de début de vol. Un ingénieur étudie l'Analyse de Cycle de Vie du bateau (ACV), tandis qu'un second se penche sur le choix des matériaux.

Le développement des infrastructures et l'industrialisation des pôles nautiques

L'essor du catamaran, tant en version croisière que trawler, nécessite des infrastructures adaptées. Le pôle nautique de Canet, en Méditerranée, illustre cette volonté de structurer une filière capable de répondre à la demande mondiale. Après 20 ans, Canet a passé un cap dans ses ambitions en matière de construction navale. Avec cette phase 2, nous voulons l’industrialiser un peu plus. Mais c’est fragile. Nous sommes en concurrence avec des hubs européens. Le dernier terrain disponible au titre de la SPL1 a été vendu à la société Tenderlift, fabricant de solutions hydrauliques pour le nautisme. L’opération lui permet de muscler sa production de plateformes hydrauliques pour voiliers et catamarans, et d’internaliser une unité de thermolaquage de grande dimension.

Signe de l’attractivité de la zone, le constructeur de catamarans écoconçus Windelo avait choisi Canet parmi d’autres destinations possibles, en 2020, pour implanter son usine. En pleine croissance, avec 10 bateaux vendus par an environ, il va investir 12 millions d’euros pour porter la surface bâtie du site, d’ici la fin 2025, de 1 600 à 3 500 m2. L’investissement permettra d’élargir la gamme, avec le lancement d’un modèle de 51/55 pieds en 2025, et la conception de futurs modèles de 60 pieds. Historiquement, le pôle s’est structuré autour de l’industriel Catana, arrivé sur place en 1997. Depuis, le groupe catalan est devenu le deuxième acteur mondial du catamaran, avec 300 unités livrées rien qu’en 2024. Il gère pour cela 6 usines dans le monde, et vient de réceptionner un site dédié à sa marque de bateaux à moteurs, Yot.

Cette dynamique industrielle s'accompagne d'une spécialisation des services. À Canet, l’association Nautipole rassemble 20 PME prestataires (négoce, entretien, réparation, refit, services). La fabrication de bateaux neufs est une chose, mais le marché des bateaux qui voguent déjà en est une autre. Au vu du boom des années post-Covid, le potentiel d’affaires est grand. Un pari tenu par la société MDCP, experte dans la préparation de bateaux neufs et la rénovation complète ou partielle. Elle a ouvert, en janvier, un nouveau site de 5 000 m2 à Canet, dont une aire de carénage privée pour 20 catamarans et 30 monocoques.

Lire aussi: Voiles de catamaran expliquées

La diversité des gammes et l'expérience de la plaisance

Au-delà de la technique et de l'industrie, le catamaran reste avant tout un objet de liberté et de convivialité. Le marché actuel propose une segmentation très claire pour répondre aux besoins variés des navigateurs. Catamaran de croisière pour des aventures en famille ou entre amis ; catamaran de sport avec une grande surface de voile pour dompter les flots à grande vitesse ; catamaran à voile de luxe pour naviguer dans un confort absolu ; ou encore nouvelle gamme complète de navires en fibre de verre qui contribue à une mobilité plus responsable : avec ces deux coques, un catamaran offre la stabilité d’un navire moderne et l’agilité d’un voilier bien né.

Le Lagoon 55 incarne ce que doit être un grand catamaran de croisière pour familles et grands équipages. Le Fountaine Pajot 48 est un catamaran de croisière performant, vivant, un peu plus compact, mais de qualité. Moins volumineux qu’un 55 pieds, il reste suffisamment spacieux pour des navigations confortables à 6-8 passagers. EXCESS 13 est destiné à ceux qui aiment la mer « active » : navigation rapide, régate amateur, sensations pures, tout en gardant un certain confort. Le BALI 4.6 se lit comme un symbole de liberté douce. C’est le choix de ceux qui veulent vivre la mer, sans viser la vitesse, mais la sérénité, la convivialité, le partage. Le Nautitech 40 Open est une référence pour qui souhaite naviguer facilement, sans gros équipage, tout en gardant les atouts du catamaran : stabilité, confort, modularité.

Pour un équipage familial, ou un couple avec enfants, le Lagoon 55 ou le BALI 4.6 nous paraissent particulièrement judicieux. Le FP 48, quant à lui, joue l’équilibre : ni trop grand, ni trop petit. L’achat d’un catamaran, c’est un engagement, mais cela ne doit pas être un frein. Crédit bateau avec paiement échelonné sur 10 à 15 ans permet de devenir immédiatement propriétaire de votre catamaran neuf ou d’occasion, tout en répartissant le coût sur le long terme. La LOA est une formule souple, pour tester un modèle plusieurs années, décider à la fin si vous l’achetez, changez pour un autre bateau, ou restituez. Une formule combinée (LOA + assurance) est pensée pour ceux qui veulent tout regrouper dans un seul contrat simple.

Lire aussi: Choisir le bon chausson voile pour votre catamaran

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *