Le monde du yachting moderne a vu émerger une alternative crédible et robuste aux voiliers et yachts monocoques traditionnels : le catamaran à moteur, ou « powercat ». En 2026, ce type de navire s'impose comme une référence incontournable, porté par une croissance soutenue de 15 % du segment des multicoques motorisés. Que vous soyez un plaisancier en quête de croisières côtières ou un navigateur au long cours, l'acquisition d'un catamaran à moteur d'occasion nécessite une compréhension approfondie de sa conception, de sa motorisation et de son entretien.
La Philosophie de Conception : Stabilité et Volume
L'achat d'un catamaran à moteur au lieu d'un bateau à une seule coque relève d'une analyse pragmatique de la vie à bord. La stabilité du catamaran est immédiate ; là où un monocoque roule sous l'effet de la houle, un powercat reste posé sur l'eau, offrant une sérénité totale. Un point souvent sous-estimé lors de la recherche est le volume disponible : à longueur équivalente, les catamarans offrent jusqu’à 40 % d’espace de vie supplémentaire par rapport aux bateaux à cabine standards.
Un exemple probant illustre cet avantage : en Grèce, au large des Cyclades, alors qu’une vedette de 50 pieds tanguait furieusement dans le sillage d’un ferry, le propriétaire du multicoque déjeunait sur le flybridge, son verre de vin immobile sur la table. C’est là que l’on comprend le terme confort. Les catamarans à moteur Leopard, construits par Robertson & Caine en Afrique du Sud, incarnent cette efficacité. Contrairement à certains modèles modifiés, des unités comme le Leopard 40 PC ont été conçues dès le départ comme des bateaux à moteur, avec des coques spécifiques et une répartition des poids optimisée pour la navigation motorisée.
Comprendre la Motorisation et la Transmission
Tous les catamarans Leopard sont équipés de moteurs Yanmar, choisis pour leur fiabilité éprouvée. La configuration varie cependant selon le modèle et les besoins. Sur les Leopard 50 et 58, des options de moteurs plus puissants sont disponibles pour permettre au yacht d’atteindre sa vitesse de coque à un régime plus bas, ce qui réduit la consommation de carburant. Par exemple, sur le Leopard 50, il est possible de passer de 57 ch à 80 ch, et sur le Leopard 58, de 80 ch à 110 ch.
Il est toutefois crucial de comprendre les limites physiques de ces choix. Une fois la vitesse de coque atteinte, on entre dans la zone des rendements décroissants : si vous poussez le moteur à un régime plus élevé pour gagner en vitesse, la consommation augmente de manière exponentielle alors que la vitesse du bateau ne progresse que très peu. Votre yacht laisse également un sillage bien plus important et vous voyez la poupe de votre Leopard s’enfoncer.
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La technologie de transmission est également adaptée au gabarit :
- Sail-drive : Utilisé sur de nombreux modèles pour sa compacité, il est parfois remplacé par un V-drive sur les unités comme le Leopard 58 (lorsque la puissance passe à 110 ch), car ces moteurs ne sont pas disponibles en version sail-drive.
- Arbre droit : Sur le Leopard 43 PC et le Leopard 51 PC, les moteurs développent respectivement 2 x 320 ch et 2 x 370 ch. Cette puissance nécessite une transmission par arbre droit, qui occupe nettement plus de place et impose un positionnement des moteurs plus en avant.
Sur les catamarans à voile Leopard, les moteurs sont logés dans les jupes arrière, séparés des cabines par la cloison arrière, avec un montage inversé (sail-drive devant le moteur) qui libère un espace précieux dans les cabines. L'isolation du compartiment moteur, la garniture et la trappe d’accès assurent un niveau sonore très étouffé en navigation.
Manœuvrabilité et Performance en Navigation
La facilité de manœuvre est l'un des grands atouts du catamaran à moteur. Grâce à l’écartement important de ses deux moteurs, il offre un plan de navigation sereine, loin du tumulte des voiliers gîtés. Leopard ne propose le propulseur d’étrave en option que sur son navire amiral, le Leopard 58 ; sur les modèles plus petits, avec des moteurs distants d’au moins 6 mètres et un peu de pratique, on accoste un Leopard assez aisément.
Prenons le cas du Leopard 40 PC, capable d'atteindre une vitesse de croisière d'environ 18 nœuds (21 mph) avec une vitesse de pointe proche de 23 nœuds (26,5 mph). Grâce à l'efficacité de sa coque, il n'a pas besoin de la surpuissance observée sur certains bateaux américains. À vitesse de croisière, sa consommation s'établit à 90 litres/heure, offrant une autonomie de près de 280 milles avec ses réservoirs de 1 400 litres. En mode croisière économique à 8 nœuds (9 mph), cette autonomie grimpe jusqu'à 600 milles.
Énergie et Systèmes Embarqués
Le choix des batteries est un aspect fondamental pour l'autonomie. Les batteries plomb-acide sont les équipements de série sur les Leopard, mais la plupart des acheteurs optent pour les batteries AGM (Absorbent Glass Mat), développées initialement pour l’aviation militaire. Leur principal avantage est qu’elles ne demandent quasiment aucun entretien et offrent une grande fiabilité.
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Depuis 2019, Leopard propose des batteries au lithium en option sur certains modèles comme le Leopard 50, marquant une étape vers une meilleure efficacité énergétique grâce à leur légèreté et leur capacité de décharge profonde. Chez Leopard, on privilégie les systèmes éprouvés que l'on peut entretenir avec des connaissances classiques. Concernant la propulsion électrique, bien que les premiers modèles soient apparus il y a 15 ans, l'absence de généralisation par les constructeurs de série souligne que la technologie n'est pas encore assez mature pour les contraintes de maintenance mondiale exigées par Robertson et Caine.
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