Le castor qui nage : comportement, habitat et rôle écologique

Le castor, un travailleur acharné et organisé, est un animal fascinant en perpétuelle activité. Son comportement, son habitat et son rôle écologique sont autant d'aspects qui méritent d'être explorés. Cet article se propose de plonger au cœur de la vie du castor, en mettant en lumière ses adaptations uniques et son impact sur l'environnement.

Organisation sociale et territoriale du castor

Les castors vivent en couple et semblent très fidèles l'un à l'autre. Quatre à huit animaux cohabitent en une colonie, comprenant le couple reproducteur et les jeunes des deux ou trois dernières portées. Hormis le mâle et la femelle adultes, les aînés ont rarement plus de deux ans. La densité des colonies peut varier, avec une moyenne de 0,4 à 0,8 colonie par kilomètre carré, mais pouvant atteindre jusqu'à trois colonies au kilomètre carré.

Animal semi-aquatique, le castor aménage son espace autour d'un plan d'eau, lac ou rivière assez lente. Son territoire comporte des sites particuliers, comme la plate-forme de repos ou le réfectoire. Souvent, au bord des grandes rivières et si la configuration de la berge le permet, le castor ne construit pas de hutte, mais creuse un terrier dont l'entrée est sous l'eau et dont les réseaux souterrains peuvent atteindre 10 m de long !

Se nourrissant essentiellement d'arbres, le castor, lorsqu'il construit sa hutte, choisit de préférence un cours d'eau aux rives boisées, là où l'eau est profonde et tranquille. La hutte, qui repose sur une accumulation de boue et de grosses pierres, est recouverte de branches. Des branchages et de la boue colmatent l'ensemble, qui peut mesurer 2 m de haut, 12 m de diamètre à la base, au fond de l'eau.

Huttes et barrages sont des constructions très élaborées. Le principe est d'assurer une profondeur d'eau suffisante pour stocker la nourriture au fond sans que la glace n'en condamne l'accès et pour maintenir l'entrée de la hutte sous le niveau de l'eau. Ainsi, les provisions, retenues par des pierres, ne gèlent pas et sont facilement accessibles aux castors qui pourront, au cœur de l'hiver, plonger sous la glace depuis leur hutte et y rapporter les branches dont ils se nourrissent.

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Le barrage s'appuie généralement sur un obstacle naturel : rétrécissement de la rivière, grosse pierre, tronc tombé. À partir de là, les castors apportent les matériaux de construction : grandes branches orientées face au courant, branchages et boue pour colmater les passages de l'eau.

Chaque famille défend son plan d'eau et ses ressources de nourriture, mâles et femelles marquant le territoire par une sécrétion huileuse produite par des glandes spéciales situées près de l'anus : le castoréum. Reconnu par tous les membres du groupe, il est déposé sur des monticules édifiés à partir de brindilles et de boue. Le castor adapte son type d'habitation à son environnement. Il peut « faire un nid » dans une grotte, creuser un terrier ou construire une hutte. L'ouverture externe est toujours immergée. À l'intérieur, le plancher d'habitation est au niveau de l'eau. Le castor s'y sèche. Un deuxième niveau est aménagé avec une litière de copeaux de bois et de brindilles sèches qui sert de couche aux animaux. Le castor garde toujours propre et net son intérieur et renouvelle régulièrement le sol du nid avec des copeaux neufs, débités dans la hutte.

Adaptations à la vie aquatique

Le castor est un rongeur parfaitement adapté à la vie aquatique. Avec ses pattes postérieures palmées, sa large queue aplatie et son épaisse fourrure étanche, il peut nager sous la glace en hiver, dans une eau proche de 0 °C. Capable de rester aisément 4 à 5 minutes en apnée, le record pouvant aller jusqu'à 15 minutes, il lui arrive de parcourir 750 m sous l'eau sans réapparaître.

En surface, le castor nage essentiellement avec des mouvements alternés des pattes postérieures. Sa queue lui sert de propulseur en cas de démarrage brusque et de nage rapide. S'il est poursuivi, le castor à la recherche d'un abri peut avancer à la vitesse moyenne de 5 km/h, mais ses vitesses de pointe sont de l'ordre de 2 m/s, soit 7 km/h.

Le castor est certainement le rongeur le mieux adapté physiquement et physiologiquement à la vie aquatique. Pour que l'eau ne pénètre pas lorsqu'il est en plongée, les narines et les oreilles sont obturées par des valvules et ses lèvres peuvent se fermer derrière ses incisives. De plus, une troisième paupière, la membrane nictitante, lui assure une vision claire sous l'eau, tout en protégeant ses yeux. Enfin, grâce à la disposition particulière de la partie postérieure de la langue et de l'épiglotte, il peut fermer son orifice commun bucco-pharyngé et respirer ainsi normalement par les narines en restant la bouche ouverte.

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Régime alimentaire et adaptations digestives

À la belle saison, les repas sont nettement plus diversifiés ! Le castor profite de la croissance végétale pour agrémenter son ordinaire de toutes sortes de plantes terrestres ou aquatiques, comme le nénuphar, les lentilles d'eau et les potamots, ou épis d'eau. Mais son régime reste basé sur les arbres : érables, bouleaux, trembles et peupliers, avec une préférence pour les saules, car il fait ses délices des nombreux rejets qui vont très vite pousser sur la souche après l'abattage.

Attaquant le tronc à hauteur de ses incisives, le castor peut abattre seul un arbre de 12 cm de diamètre en une demi-heure, le découpant en pointe. Pour le castor, tout est bon à consommer sur l'arbre : en été, il se nourrit du feuillage frais, de l'écorce, de la partie vivante du tronc et des grosses branches (le cambium), sans dédaigner pour autant les racines.

Dès la fin des beaux jours, une partie de la colonie stocke des branches au fond du plan d'eau. En hiver, ces provisions, maintenues au frais grâce à la basse température environnante, conservent leur valeur nutritive et nourrissent jour après jour toute la famille. Les castors s'activent et se nourrissent toute l'année.

Pour digérer la cellulose, en grande quantité dans son régime alimentaire, le castor possède un intestin dont le cæcum à trois lobes contient des micro-organismes. Il a également la possibilité, tout comme les lièvres et les lapins (qui ne font pas partie de l'ordre des rongeurs), de consommer des excrétions particulières, vertes et tendres, très nutritives, qu'il va chercher directement à son anus et qui sont le produit d'une première digestion. Malgré cela, le castor n'assimile parfaitement que 32 à 33 % de la cellulose ingérée, ce qui est loin des capacités digestives des autres ruminants. Organisés et prévoyants, les castors accumulent, dans une réserve qui prolonge la hutte, des provisions pour l'hiver. À la fin de l'été, les castors débitent sur la rive les branches des arbres provenant du champ d'abattage, puis en acheminent le bois jusqu'au plan d'eau, isolé du cours du ruisseau par un barrage. Les provisions stockées sont maintenues au fond de l'eau par des pierres.

Reproduction et développement

Fidèles et constants, les castors choisissent leur compagnon pour la vie, ce qui est assez exceptionnel pour des rongeurs. Chaque année, généralement en hiver, au mois de janvier ou février, commencent les poursuites et les jeux nuptiaux dans l'eau. Il est difficile de distinguer le mâle de la femelle durant ces courses amoureuses, car ils se ressemblent beaucoup ; mais la femelle, généralement plus lourde que le mâle, domine souvent son partenaire et, comme pour beaucoup d'autres activités de l'espèce, c'est elle qui prend l'initiative. La femelle castor a des cycles d'environ deux semaines durant lesquels elle n'est réceptive que pendant une dizaine d'heures.

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Cent à cent dix jours plus tard, au mois d'avril ou de mai, naîtront de 1 à 9 petits castors, la moyenne familiale se situant plutôt aux alentours de 2 à 4 jeunes pour cette unique portée annuelle. À la naissance, les petits pèsent environ 500 g et ont les yeux ouverts. Leur pelage, qui varie du fauve au noir, peut présenter toutes les nuances de brun. Chaque jour, dès 4 heures du matin, ils réclament le lait maternel et peuvent téter jusqu'à 9 fois dans une journée qui se terminera pour eux aux alentours de 22 h. À chacun de ces repas, qui durent de cinq à dix minutes, les nouveau-nés assimilent un lait riche en protéines et en matières grasses (le lait maternel des 2 mamelles antérieures est de 50 à 75 % plus riche que celui des deux mamelles postérieures).

Les jeunes castors grandissent dans un environnement très confortable, ce qui explique leur taux de survie élevé. Toute la famille s'occupe d'eux, les parents comme les grands frères et grandes sœurs des portées de l'année ou des deux années précédentes. Chacun leur apporte de la nourriture lorsque, progressivement, au bout de deux ou trois mois, interviendra le sevrage. Et les moniteurs de natation ne manqueront pas ! Le petit castor sait en fait nager très rapidement après sa naissance. Tout ce petit monde est fort bavard et les plus jeunes échangent en permanence toutes sortes de cris avec leurs aînés. Deux années s'écoulent ainsi dans la hutte familiale avant que les jeunes partent, au troisième printemps, pour fonder à leur tour une famille. Les jeunes animaux, au seuil de leur maturité sexuelle, parcourent alors en moyenne une vingtaine de kilomètres avant de s'installer. Mais il arrive parfois qu'un castor en quête d'émancipation s'éloigne beaucoup plus, puisqu'on cite le cas d'un animal particulièrement aventurier qui avait parcouru près de 250 km avant de construire son foyer !

Le lait de castor contient 67 % d'eau et 33 % de matières sèches, dont des protéines (27,3 %), beaucoup de matières grasses ou lipides (60 %), et, en proportions presque identiques, des sucres ou glucides (6,7 %) et des matières minérales (6,1 %). Cet aliment de départ, très riche, permet aux jeunes castors de grossir rapidement. De 500 g, poids moyen à sa naissance, le petit castor passe à un poids compris entre 6 et 12 kg à l'âge de un an. Si les bébés grossissent même lors de leur premier hiver, les jeunes plus âgés ne grandissent pas, pendant cette saison. Ils ne prennent du poids que de juin à novembre, et cela durant leurs quatre premières années.

Répartition géographique et impact environnemental

La répartition actuelle de l'espèce américaine est très proche de celle de ses origines, même si les densités de populations de castors sont aujourd'hui nettement inférieures. Pourtant, les choses ont bien changé. Plusieurs de ses diverses sous-espèces géographiques n'existent plus. Dès la fin du xviie siècle, l'espèce avait disparu de la région est des États-Unis et du Canada. Au début du xxe siècle, elle ne survivait plus que dans des zones refuges. Grâce à des mesures de protection et de réintroduction, ces derniers survivants ont pu à nouveau se multiplier.

L'espèce s'adapte pourtant très bien à des conditions climatiques aussi différentes que celles régnant le long des rives du golfe du Mexique et celles de l'Alaska. En Amérique du Nord, le castor se rencontre du niveau de la mer jusqu'à 3 000 m d'altitude. Au Canada, seuls les Territoires du Nord-Ouest et la pointe nord du Québec n'abritent pas de castors. Aux États-Unis, il est absent de la presqu'île californienne et de celle de Floride, ainsi que des zones arides du Texas, du Nouveau-Mexique et du Colorado. Il est également presque inexistant dans la frange la plus septentrionale de l'Alaska, mais aussi, plus au sud, dans l'Indiana, l'Ohio, la partie orientale du Kentucky et la Caroline du Sud. Si les castors n'ont pas colonisé l'extrême nord de l'Alaska ni la toundra canadienne, cela s'explique par la rigueur des hivers arctiques, la maigre végétation et l'absence de zones boisées.

L'influence du castor sur son environnement est l'une des plus importantes dans le monde animal. Dans tous les milieux qui lui sont favorables, le premier impact du castor concerne son travail de régulation des cours d'eau. Les castors s'installent essentiellement près des rivières dont la pente n'est pas trop forte : dans l'État du Colorado, 70 % des rivières à castors ont une pente inférieure à 6 ‰, et 26 % une pente comprise entre 7 et 12 ‰. Au-delà, le castor ne peut plus installer son territoire. L'aménagement des barrages ralentit le débit des cours d'eau et, lorsque de nombreuses familles se succèdent le long d'une rivière, les crues diminuent d'intensité et l'eau s'écoule plus régulièrement. En aval, les conséquences sur le système écologique sont alors nombreuses : les nappes phréatiques peuvent se reconstituer et la végétation environnante est irriguée naturellement pendant tout l'été. En Louisiane, les castors entretiennent ainsi de véritables clairières artificielles dans les grandes forêts de magnolias ou de chênes d'eau (Quercus niger), favorisant ainsi la diversité des paysages. L'ensemble de la faune sauvage en profite : oiseaux d'eau, poissons, ongulés, lagomorphes ou rongeurs. Peu à peu, les retenues d'eau construites par les castors se comblent avec les alluvions et finissent par se transformer en riches pâturages.

Le travail du castor n'influe pas seulement sur le modelé des paysages. Il joue également un rôle important dans la vie aquatique. Dans les rivières de montagne, son ouvrage accentue la production de plancton, nourriture préférée des truites. Les barrages et retenues d'eau qu'il construit contribuent à relever la température de l'eau en été, ce qui facilite la croissance des poissons, donc le développement des espèces piscivores : hérons et plongeons chez les oiseaux, ou, chez les mammifères, la loutre de rivière du Canada. L'influence bénéfique du castor sur l'environnement ne s'arrête pas là. Il lui est même arrivé de corriger les erreurs écologiques commises par l'homme. Ainsi, au début du xxe siècle, en Alabama et en Géorgie, une mauvaise exploitation agricole des terres avait entraîné une importante érosion des sols.

Bien que son activité profite à tous, le castor reste une proie potentielle pour de nombreux carnivores. Les loups, parfois les coyotes, s'avèrent être ses pires ennemis. Le castor court le plus de risques dans des zones de végétation clairsemée où il doit s'aventurer loin de son plan d'eau. Pourtant, animal prudent, il s'éloigne rarement à plus de 200 m des berges. Mais il arrive que la recherche de nourriture l'entraîne au-delà. Des études scientifiques pour connaître l'alimentation des loups dans le parc Algonquin, en Ontario (Canada), ont révélé la présence de restes de castor dans 55 % des excréments de loups analysés… Un chiffre élevé qui s'explique par le déclin, durant la même période, des populations de cerfs. L'ours, le lynx, le glouton, voire la loutre affectionnent aussi le castor, mais il n'est pour eux qu'une proie occasionnelle, car difficile à capturer. Le castor, en effet, sait se défendre : ses coups d'incisives sont redoutables ! Si l'ours ou le loup n'ont pas trop de mal à le maîtriser, le coyote ou la loutre s'en méfient. Aux États-Unis encore, le castor peut être parfois victime des mâchoires d'un alligator. L'appétit de leurs ennemis n'est pas la seule cause de mortalité des castors, qui souffrent aussi parfois de faim ou périssent noyés. Dans la partie nord de leur aire géographique d'implantation (Canada et Alaska), ils peuvent, faute de nourriture hivernale, mourir d'inanition. Leur maintien dans ces régions est conditionné par la durée de la belle saison. Dans toutes…

Le castor d'Europe : un retour en force

Recherché pour sa fourrure et ses glandes à castoréum ou considéré comme « nuisible », le Castor a fait l’objet d’une chasse intense. Seule une quarantaine d’individus subsistaient ainsi en France au début du XXe siècle, reclus dans la vallée du Rhône. L’espèce avait par ailleurs disparu de nombreux pays européens.

Depuis, l’animal a commencé à reprendre possession des territoires où il était autrefois présent. Il a en particulier été réintroduit sur la Loire dans les années 70. De là, il a recolonisé les vallées de ses affluents : la Mayenne, l'Èvre, le Layon, le Thouet… Et il continue sa progression ! Le Castor est facilement confondu avec le Ragondin. S’il est vrai que leur allure n’est pas si étrangère, le Castor est bien plus long, plus gros et a une queue plate caractéristique. Dans l’eau le Castor nage par ailleurs presque totalement immergé contrairement au Ragondin. Il est en revanche beaucoup plus rare de l’observer que son invasif comparse.

Les Castors aménagent leur habitat, laissant des marques bien visibles de leurs activités : terriers-huttes, voies de passage ou coulées, petits barrages sur les affluents. Et, bien sûr, les « chantiers » de coupes d’arbres. Le Castor modèle son environnement à plusieurs niveaux. Ses coupes d’arbres permettent tout d’abord de régénérer des milieux dits « ouverts » (herbacés) sur les berges. De nouvelles espèces peuvent alors s’inviter sur le site comme le Campagnol amphibie, des Libellules, de nombreux oiseaux d’eau…

Les barrages parviennent quant à eux à changer la superficie d’un plan d’eau ou le cours d’une rivière. En cherchant à maintenir un niveau d’eau suffisant à leur survie, les Castors en font profiter toute la faune et la flore. Il suffit de quelques Castors dans un écosystème pour qu’ils y jouent un rôle majeur. L’espèce est ainsi dite « parapluie » et ou « clef de voûte ».

Le Castor d’Europe est protégé en France depuis 1968. La destruction de ses constructions et de son habitat a également été interdite en 2007. Ces mesures légales ainsi que des plans de réintroduction ciblés ont porté leur fruit. Si l’espèce se porte mieux, elle reste néanmoins considérée comme « quasi menacée » en Pays de la Loire.

Caractéristiques physiques et comportementales

Le Castor d’Europe (Castor fiber) mesure entre 75 et 90 centimètres de long et peut peser plus de 30 kg. Sa queue est atypique : en forme de rame et recouverte d’écailles, elle peut atteindre les 16 cm de large. Couplée à des pattes postérieures palmées, elle fait de lui un excellent nageur. Son pelage est par ailleurs très dense et imperméable. Quant à ses grandes incisives jaunâtres voire rougeâtres, elles poussent tout au long de sa vie.

C’est un grand consommateur d’écorce et des parties tendres des branches. À la belle saison il consomme les feuilles et plantes annuelles tandis qu’à l’approche de l’hiver il stocke des branches. Les Castors vivent en famille, formant une petite tribu de cinq ou six individus. Les jeunes restent en effet avec leurs parents jusqu’à un, deux ou trois ans, voire plus s’ils ne trouvent aucun territoire où s’implanter.

L’entrée de son terrier est immergée, elle donne sur un couloir oblique menant à une chambre située au-dessus du niveau de l’eau. Cette dernière peut atteindre 1 mètre 20 de diamètre et faire 50 cm de haut ! Une petite cheminée la surmonte permettant d’aérer la pièce. Elle est cachée par quelques branchages, formant parfois une véritable « hutte ». Les jeunes sont parfois la proie des Loutres et des Renards.

L’accouplement a l’originalité d’avoir lieu dans l’eau, ventre contre ventre. Généralement, la femelle n’aura qu’une portée de deux petits par an. Le risque de prolifération de l’espèce est donc très limité, contrairement au Ragondin. S’il perçoit un danger, le Castor plonge tout en frappant l’eau de sa queue : il avertit ainsi toute sa famille. Le Castor n’est pas très regardant quant à la taille du cours d’eau où il s’installe. Un ruisseau comme un fleuve peuvent lui convenir tant qu’ils sont toujours en eau et suffisamment profonds. L’animal doit en effet pouvoir se déplacer sans être vu. Les courants trop forts le font par ailleurs fuir et il a besoin d’une ripisylve étendue, si possible riche en saules et peupliers.

Le castor du Canada (Castor canadensis)

Le castor du Canada (Castor canadensis), aussi appelé castor d’Amérique du Nord ou castor Américain, est un grand rongeur que l’on trouve dans de nombreux points d’eau en Amérique du Nord.

Le castor du Canada est le deuxième plus gros rongeur d’Amérique après le capybara. Il pèse entre 15 et 25 kg et mesure de 1 à 1,2 m de long environ. Le castor du Canada est un gros rongeur à la silhouette imposante, physiquement parfaitement adapté à la vie aquatique. Il possède en effet un corps trapu, un dos arrondi, des petites pattes palmées (pattes arrière) assez courtes et une longue et large queue aplatie. Son museau est assez arrondi et pointu, ses oreilles sont petites et rondes, tout comme ses yeux noirs. Sa fourrure est brillante et imperméable, grâce à ses glandes qui sécrètent une huile très grasse.

Le castor du Canada vit essentiellement dans les rivières et les lacs, dans les forêts tempérées ou boréales (taïgas) comme dans les plaines et prairies tempérées. Il se nourrit exclusivement d’écorce des divers arbres de son habitat naturel. Il en mange également les feuilles et le reste du bois. Il complète son alimentation de bourgeons, de branches et de roseaux.

Les castors du Canada sont des animaux sociables, qui vivent en groupes familiaux. Ce groupe familial est composé d’un couple, qui reste le même toute leur vie (les castors sont monogames), ainsi que des petits de l’année. La communication joue un rôle essentiel chez ces animaux, que ce soit au sein de leur groupe comme avec les autres individus. Pour signaler un danger ou réclamer de la nourriture, ceux-ci utilisent différents cris, accompagnés de claquements de queue dans l’eau.

Animaux territoriaux, ils marquent leur territoire avec des sécrétions odorantes sous forme de petits monticules générées par une de leurs glandes: le castoréum. Lors de la reproduction, l’accouplement a lieu sous l’eau. Le petits sont élevés par leurs parents pendant les premiers mois de leur existence, et quittent leurs parents avant 1 an.

Animal semi-aquatique, le castor du Canada passe beaucoup de temps dans l’eau (étant très pataud sur la terre ferme). Ce rongeur est d’ailleurs, comme le castor d’Europe, réputé pour construire de grands barrages naturels dans les cours d’eau à l’aide de rondins de bois. En effet, ces constructions lui sont indispensables pour éviter les inondations dans sa cachette en cas de cru. Cette cachette est généralement un terrier creusée dans les berges ou une hutte réalisée en bois sur les étangs (artificiels suite à la création des barrages) et enduite de boue avant l’hiver. Pour réaliser son barrage, le castor découpe divers troncs, branches et buissons avec ses puissantes dents, puis les dispose dans l’eau. Il œuvre souvent seul, mais il arrive que toute une famille travaille en coordination. Ses constructions sont impressionnantes, plus grandes encore que celles de son cousin: le plus gros barrage mesuré faisait 850 mètres de long !

Contrairement à divers animaux vivant dans les climats froids, les castors du Canada n’hibernent pas. En effet, ils font de grandes réserves de nourriture, leurs provisions devant leur permettre de passer l’hiver. C’est une tâche qui leur prend beaucoup de temps: ce sont donc des animaux très actifs. Afin d’éviter les prédateurs, ils sont principalement actifs la nuit (c’est un animal nocturne).

Les principaux prédateurs du castor du Canada sont le loup gris, le puma (cougar) et le coyote. Le renard, le glouton (carcajou), le lynx roux et le lynx du Canada sont également des prédateurs du castor. Ces derniers s’attaquent cependant le plus souvent aux individus faibles (petits, bébés, blessés, malades ou âgés).

L’espérance de vie du castor du Canada est de 12 à 15 ans en moyenne à l’état sauvage et jusqu’à 20 ans en captivité. La saison des amours du castor du Canada s’étend sur les mois de janvier à mars. La femelle castor met bas 1 portée par an, composée de 3 à 6 petits après une gestation de 128 jours en moyenne. Le petit est sevré à l’âge de 6 à 8 semaines environ.

On compte entre 10 et 15 millions de castors du Canada vivant actuellement à l’état sauvage. Le castor du Canada est une Préoccupation mineure (LC) selon l’UICN.

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