Le Castor : Maître Architecte des Voies Aquatiques et Nageur Émérite

Le castor est un mammifère semi-aquatique fascinant, considéré comme l'un des plus grands rongeurs de la planète. Il est principalement présent sur tout le territoire canadien : Québec, Ontario, provinces maritimes. Dans le reste de l'Amérique du Nord, il est présent dans le sud-ouest de l'Alaska et dans tous les états au sud-est du 49ème parallèle. On le retrouve également en Europe et plus précisément en Finlande, en Pologne, dans quelques états de l'ex-URSS, en Bavière et en Belgique. L’animal a une valeur symbolique au Canada, il en est l'emblème officiel depuis le 24 mars 1975. Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Le Castor d'Europe est un mammifère semi-aquatique, et l'un des plus grands rongeurs de la planète. Le Castor d’Europe est strictement inféodé aux milieux aquatiques.

Adaptations physiologiques à la nage et à la plongée

Le castor est certainement le rongeur le mieux adapté physiquement et physiologiquement à la vie aquatique. Grâce à ses pattes postérieures palmées qui contribuent à sa force propulsive et à sa queue lui servant de gouvernail, il peut nager à une vitesse de 5 à 9 km/h. S'il est poursuivi, le castor à la recherche d'un abri peut avancer à la vitesse moyenne de 5 km/h, mais ses vitesses de pointe sont de l'ordre de 2 m/s, soit 7 km/h. En surface, le castor nage essentiellement avec des mouvements alternés des pattes postérieures. Sa queue lui sert de propulseur en cas de démarrage brusque et de nage rapide.

Dans l'eau, le castor est en sécurité. Il est léger, il vole à la surface, pattes avant et oreilles plaquées contre le corps, torpille parfaitement profilée. En plongée, le castor se propulse en battant simultanément des deux pattes arrière. Largement palmées, celles-ci agissent comme des nageoires hyper efficaces. En même temps, la queue bat de bas en haut et de haut en bas, une ondulation que le castor prolonge avec tout son corps. Capable de rester aisément 4 à 5 minutes en apnée, le record pouvant aller jusqu'à 15 minutes, il lui arrive de parcourir 750 m sous l'eau sans réapparaître. Pour tenir aussi longtemps, le bièvre stocke d'importantes quantités d'oxygène dans ses muscles et dans son cœur. Il en conserve également dans des ramifications spéciales de ses vaisseaux sanguins, ainsi que dans son foie exceptionnellement développé. Cet organe détruit également au fur et à mesure de la plongée les substances toxiques produites par son métabolisme. Enfin, ses pulsations ralentissent de 130 à 50, voire jusqu'à 10 battements par minute.

Lorsqu'il nage, le castor place les pattes avant serrées le long du corps et pagaie avec les pattes arrière. Il ne se sert de sa queue que comme stabilisateur. Lorsque le castor nage, seule sa tête dépasse de l’eau. Son nez, ses yeux et ses oreilles se retrouvent ainsi alignés juste au-dessus de la surface, ce qui rend le castor presque invisible tout en lui permettant tout de même de reconnaître un danger. Pour que l'eau ne pénètre pas lorsqu'il est en plongée, les narines et les oreilles sont obturées par des valvules et ses lèvres peuvent se fermer derrière ses incisives. De plus, une troisième paupière, la membrane nictitante, lui assure une vision claire sous l'eau, tout en protégeant ses yeux. Enfin, grâce à la disposition particulière de la partie postérieure de la langue et de l'épiglotte, il peut fermer son orifice commun bucco-pharyngé et respirer ainsi normalement par les narines en restant la bouche ouverte.

La fourrure : une protection thermique de haute technicité

La fourrure du castor est une merveille qui permet de rester des heures dans une eau glacée sans attraper froid. Le ventre du castor compte 23 000 poils au cm2. Le seul mammifère au pelage encore plus dense est la loutre. La combinaison de plongée proprement dite est faite de jarres, des poils longs de 5 à 7 centimètres. Mouillés, ils se plaquent immédiatement les uns contre les autres en formant une couche imperméable qui glisse dans l'eau. En dessous, les poils de bourre forment une laine courte et ultra-serrée qui isole du froid. La densité de la fourrure empêche l’eau de pénétrer jusqu’à la peau. Contrairement à ce qui se dit souvent, le castor ne règle pas sa température corporelle par la queue. Pour qu’il reste en tout temps sec et bien isolé, le poil de bourre du pelage du castor est particulièrement dense.

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Habitat et ingénierie hydraulique

On le trouve au bord des cours d'eau calmes, des lacs et des marais bordés d'arbres à feuilles caduques tels que le peuplier ou le tremble. La colonie de castors occupe environ 1 km de rive de chaque côté du cours d'eau où elle s'est installée. À l'endroit ou il décide de s'installer, le castor va élever le niveau de l'eau de 2 à 3 m en construisant un barrage constitué de branches, de mottes d'herbes, de boues et parfois de pierres. Proche de la berge, il établit son habitat dans une hutte-terrier conique qu'il construit en utilisant les mêmes matériaux. Le castor a besoin d’une profondeur d’eau d’environ 60 cm pour que l’entrée de son terrier se trouve sous l’eau, pour pouvoir nager en toute sécurité et pour plonger en cas de danger. Si l'eau n'est pas assez profonde, ou si la profondeur varie beaucoup au cours de l'année, le castor la régularise en construisant un barrage. En construisant un barrage, le castor agrandit également son habitat et peut accéder ainsi à d'autres sources de nourriture.

Morphologie générale et caractéristiques distinctives

Le castor du Canada est un mammifère semi-aquatique trapu et dodu. C'est le plus gros rongeur de l'Amérique du Nord avec une taille comprise entre 87 et 125 cm, pour un poids variant de 13 à 35 kg. Il possède une large queue écailleuse aplatie en forme d'aviron qui mesure entre 23 et 53 cm, son épaisseur est de 3,5 cm. La tête est caractérisée par une grosse truffe noire et des narines largement séparées et tournées vers le haut. Il possède 4 grandes incisives orangées, bien développées, taillées en biseau, à croissance continue. Avec ses incisives, le castor peut abattre n’importe quel arbre, aussi dur soit-il. La racine des incisives étant ouvertes, elles croissent durant toute la vie du castor.

Ses pattes antérieures sont courtes. Le premier doigt est réduit et possède un ongle court. Les autres ongles sont forts et recourbés : ils sont dédiés au fouissage. Le castor ne possède certes pas de pouce opposé comme l’homme, mais cette fonction est reprise par le petit doigt. Les mains peuvent ainsi tenir adroitement jusqu’aux plus petites brindilles et les cinq doigts, munis de fortes griffes, permettent au castor de creuser des terriers dans pratiquement n’importe quel type de terre. Les pattes et la queue sont glabres et noires. Les pattes comportent chacune 5 doigts. Il peigne sa fourrure en utilisant la griffe dédoublée du doigt interne de ses pattes puissantes postérieures palmées.

Régime alimentaire et stratégie de digestion

Le castor du Canada se nourrit exclusivement de végétaux et plus particulièrement de l'écorce tendre du jeune tremble, des feuilles et des bourgeons de l'aulne, du peuplier et de l'érable. Les herbacées, les plantes aquatiques (lentilles d'eau, nénuphars et potamots), les baies et les fruits à sa portée sont à son menu au printemps et à l'été. Le castor ne mange donc aucun aliment animal même si, dans certains livres anciens, il était représenté comme piscivore. Il est également caecotrophe : son tube digestif est adapté à son régime alimentaire compte tenu de la forte concentration de cellulose contenu dans l'écorce des arbres. Le caecum est de grande taille, il contient des millions de bactéries indispensables à la digestion de cette cellulose. Les bactéries transforment l'écorce prédigérée par l'estomac en grosses boulettes vertes humides, luisantes et molles. Ces boulettes sont saisies à la sortie de l'anus, ingérées puis digérées une seconde fois.

Organisation sociale et vie en colonie

Le castor du Canada est monogame, il vit en famille, chaque colonie comporte environ une douzaine d'individus. Elle comprend les jeunes de moins de 2 ans et les petits du printemps. Les couples sont habituellement formés à vie. La communication joue un rôle essentiel chez ces animaux, que ce soit au sein de leur groupe comme avec les autres individus. En présence de danger, il frappe la surface de l'eau avec sa queue avant de plonger, pour alerter ses congénères. Il dispose de tout un répertoire sonore (gémissement, murmures, soupirs, soufflement, grognements, feulements, sifflements…).

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Le castor est un animal principalement nocturne. Au crépuscule, il quitte son terrier et part à la recherche de nourriture dans son territoire. Les jeunes animaux, au seuil de leur maturité sexuelle, parcourent alors en moyenne une vingtaine de kilomètres avant de s'installer. Les castors s'accouplent sous la glace, fin janvier ou début février. Mâles et femelles nagent en tournant l'un autour de l'autre, en se livrant à des poursuites et à divers jeux aquatiques. La femelle allaite les petits pendant 10 semaines. Les jeunes plus âgés prodiguent des soins attentifs à leurs frères et sœurs plus jeunes, mais lorsque la troisième génération vient au monde, les castors âgés de 2 ans doivent quitter la famille et chercher leur propre territoire.

Comparaisons et interactions écologiques

Le castor du Canada se distingue du castor européen sur plusieurs points : le castor européen est plus petit, moins trapu, son crâne est plus allongé. Le taux de reproduction du castor du Canada est plus élevé, et la maturité sexuelle est plus tardive chez le castor européen. Il existe également des différences génétiques : 48 chromosomes pour le castor européen contre 40 pour le castor du Canada.

La loutre du Canada Lutra canadensis et le castor du Canada partagent souvent des habitats similaires et peuvent même interagir de manière bénéfique. Un mutualisme est présent entre les deux espèces : les barrages créés par les castors augmentent la source de nourriture pour les loutres, ces dernières peuvent réduire les populations de poissons prédateurs de jeunes castors. Ses principaux prédateurs sont l'homme, l'ours noir, le loup, le lynx, le coyote, le pékan et le carcajou.

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