Le Stade nautique de Vaires-sur-Marne : Un héritage olympique au cœur de l'Île-de-France

Le Stade nautique olympique d'Île-de-France : Présentation et infrastructures

Niché au cœur de l’Ile de Loisirs Vaires-Torcy qui propose tout au long de l’année de nombreuses activités au grand public, le Stade nautique olympique d'Île-de-France a accueilli les athlètes et les spectateurs lors des épreuves olympiques et paralympiques d’aviron et de canoë-kayak. Inauguré le 22 juin 2019, le stade nautique de Vaires-sur-Marne a été renommé "Stade nautique olympique d'Île-de-France", dans la perspective des Jeux. Le pôle sportif de 4 400 m2 comprend le nouveau stade d’eau vive et ses deux parcours de 300 mètres et 150 mètres de long. Il a été le théâtre des épreuves de canoë-kayak slalom et de slalom extrême. Un plan d'eau plate d'une longueur totale de 2200m a accueilli les épreuves d’aviron et de canoë-kayak sprint, de para-aviron et de para-canoë. Ces deux espaces sont aussi complétés par une annexe médico-sportive, une salle de musculation, des espaces administratifs et un media center. À cela s’ajoutent un centre de formation et d’hébergement, ainsi qu'un plateau vif doté d’un toit paysager accessible à la promenade. Le bassin de canoë-kayak, c'est de l'eau qui est prise par des pompes et montée à 4 mètres de haut. Pendant la descente, après avoir appuyé sur un simple bouton pour lancer la machine, l'eau rencontre de gros blocs de plastique, qui vont permettre la création des différents courants. Pour faire ces mouvements d'eau, on met sur le chemin ce qu'on appelle des 'Lego', que l'on accroche au sol et qui viennent simuler les cailloux. Le dernier dessin de la rivière s'est fait en mai, pour qu'il y ait une certaine équité entre tous les pagayeurs. Ce système implique une consommation électrique importante, mais le site reste sécurisé par des groupes électrogènes en cas d'orage.

Programmation et logistique des compétitions

Le Stade nautique olympique d'Île-de-France a accueilli 45 épreuves pendant les Jeux olympiques et paralympiques. Le complexe s’articule autour de trois éléments majeurs de l’île de loisirs de Vaires-Torcy : le lac, le stade d’eau vive et le plateau vif. Les épreuves olympiques d'aviron se sont déroulées du 27 juillet au 3 août (bassin eaux calmes), le canoë-kayak slalom du 27 juillet au 5 août (bassin eaux vives), et le canoë-kayak sprint du 6 au 10 août (bassin eaux calmes). Les épreuves paralympiques ont suivi avec le para-aviron du 30 août au 1er septembre, suivies des épreuves de para-canoë du 6 au 8 septembre. Quelques chiffres clés illustrent l'ampleur de l'événement : 15 jours de compétitions, 28 sessions olympiques et paralympiques, 1 006 sportifs, 24 000 spectateurs pour le sprint/aviron par session, 12 000 spectateurs pour le slalom par session, 1 000 volontaires, 265 officiels techniques et 650 positions media. Pour se rendre au bassin eaux calmes, le RER A permettait d'atteindre l'arrêt « Bussy Saint-Georges » (avec bus gratuit jusqu'à la tribune), le RER E l'arrêt « Chelles-Gournay » (bus gratuit), et le Transilien P l'arrêt « Vaires Torcy ». Pour le bassin eaux vives, les accès se faisaient par le RER A (arrêt « Bussy Saint-Georges ») ou le Transilien P (arrêt « Vaires Torcy »).

L'impact socio-économique et l'héritage local

Avant les Jeux, une immense majorité de Français n’avait jamais entendu parler de Vaires-sur-Marne. La ville, située à 30 km à l’est de Paris, ne présente pas d’intérêt particulier, si ce n’est d’être une porte d’entrée pour le parc d’attractions Disneyland. Le comité d’organisation avait jeté son dévolu sur cette base nautique en 2017. Un an après les Jeux, le constat est contrasté. La base nautique, joyau de la couronne, a nécessité cent millions d’euros pour sortir de terre, dont seulement 11 pris en charge par l’État. Le site nécessite déjà une vingtaine de millions d’euros supplémentaires pour des travaux de fondations. La présence des deux fédérations nationales, aviron et canoë-kayak, sur le site représente un coût de 720.000 euros par an, un seuil de non-rentabilité. La fédération de canoë, qui dispose d'une priorité d'usage, est parfois critiquée pour une gestion des créneaux qui limite l'accès au public. En ville, les rues ont retrouvé leurs airs désertiques. La maire Edmonde Jardin souligne que le reste à charge des Jeux pour la commune, toute subvention déduite, est de 500.000 euros. Certains aménagements, comme des caméras de surveillance dans des zones désormais désertes, soulèvent des questions sur la pertinence des investissements. Cependant, la ville a pu récupérer des caméras de vidéoprotection et refaire l’axe permettant de rejoindre la base nautique depuis la gare, facilitant l'autonomie des personnes en situation de handicap. La visibilité apportée par le label "ville olympique" reste un atout que la mairie tente de cultiver par l'organisation d'événements sur la Place de la République.

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