L'Adour et ses Rivages : Canoë-Kayak, Découvertes et Activités Touristiques Autour de Cahuzac-sur-Adour

L'Adour, fleuve emblématique du sud-ouest de la France, offre un cadre idéal pour la pratique du canoë-kayak et une multitude d'activités touristiques, notamment aux abords de communes pittoresques comme Cahuzac-sur-Adour. Cet itinéraire nautique de l’Adour valorise la pratique du canoë kayak sur le fleuve, un projet utile aux clubs existants qui permet aussi la pratique libre. Il identifie des parcours avec des points d’accès aménagés, une voie d’eau sécurisée et une signalétique adaptée. Que vous possédiez votre propre matériel pour profiter d’une descente libre et agréable jusqu’à Mugron au cœur de la Chalosse ou que vous préfériez une formule encadrée, le fleuve et ses environs promettent une véritable immersion en pleine nature.

Cahuzac-sur-Adour : Au Cœur du Pays de l'Adour

Cahuzac-sur-Adour, petite commune nichée dans le département du Gers, en région Occitanie, représente un point d'intérêt clé le long de ce cours d'eau historique. Géographiquement, la commune se caractérise par une altitude variant de 112m à 141m, s'étendant sur une superficie de 6.62 km². Avec une population de 210 habitants et une densité de 31 habitants/km², Cahuzac-sur-Adour s'inscrit dans un cadre rural et paisible. Elle est rattachée au code postal 32400 et au code Insee 32070. Sur le plan administratif, elle fait partie de l'intercommunalité CC Armagnac Adour et sa préfecture est Auch, située à environ 66 km, soit 1h04 de trajet. La commune s'inscrit dans les territoires de la Gascogne et de Midi-Pyrénées, désormais partie intégrante de la région Occitanie.

L'Adour lui-même, né dans la vallée de Campan des Pyrénées, a une histoire riche, témoignant de l'évolution des paysages et de l'influence humaine. Saint-Sever avait autrefois son port sur ce fleuve. Le fleuve se jette depuis 1578 à Bayonne, après avoir changé d’embouchure, au cours du temps et de la main de l’homme. Cahuzac-sur-Adour se trouve ainsi au cœur d'une région où l'eau est omniprésente et façonne le territoire.

Explorer l'Adour en Canoë-Kayak : L'Expérience Pratique

L'exploration de l'Adour en canoë-kayak offre une perspective unique sur le fleuve et ses paysages. Le Canoë Kayak Aturin propose, en famille ou entre amis, une véritable immersion en pleine nature le temps d'une balade en canoë, en kayak ou en paddle au fil de l'Adour. Les départs se font à partir de la base nautique, avec une boucle de 7km d'environ 2h30, ou la possibilité d'aller jusqu'à 14km pour le canoë kayak. Il est important de noter l'obligation de savoir nager. La location de canoë kayak ou paddle est possible tous les jours en juillet et août, et le reste de l'année sur rendez-vous. Pour ceux venant de Mont de Marsan ou de Bordeaux, après le pont d'Aire sur l'Adour, il faudra tourner à gauche direction les arènes pour accéder à la base.

L'expérience de la descente peut varier considérablement selon les saisons et le niveau d'eau, comme en témoigne une balade estivale détaillée dans le sud-ouest au fil de l’Adour du 2 au 6 juillet pour un parcours de 145 km, allant de Préchac-sur-Adour (32) à Dax (40). La préparation pour une telle aventure demande une organisation minutieuse, notamment pour la manipulation du dépôt du matériel et la navette de véhicule. Il faut prévoir de faire tout cela sur deux jours pour tenir compte des correspondances et des moyens de transport disponibles avant le début de la descente.

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L'arrivée à Préchac en milieu de journée permettait de s'installer tranquillement au camping Centradour, souvent le premier et seul occupant en début de saison. L'installation du bivouac sous les tilleuls après une visite dans le village et une pousse jusqu’à la mise à l’eau sous le pont, à un kilomètre du village, marque le début de l'aventure. Le déplacement du véhicule d'arrivée à Dax s'est avéré être une étape importante. Après une recherche, un camping confortable et très arrangeant, le camping le Bascat, a été trouvé, bien qu'à 1,600 km de l’Adour, ce qui laissait présager des portages conséquents. Un retour à pied vers la gare pour prendre un train vers Tarbes, puis un bus sur la ligne 940 Tarbes/Aire-sur-Adour avec un arrêt à Préchac, complétait la logistique.

La descente, débutant un samedi, de Préchac-sur-Adour vers 1 km avant St-Mont, sur un parcours de 22,200 km, traversait notamment Cahuzac-sur-Adour et Riscle. Le départ du camping nécessitait un portage jusqu’à la mise à l’eau. Après une trentaine de minutes de route relativement plate, l'embarquement avec le kayak chargé s'avérait une manipulation rude, obligeant à des arrêts fréquents pour soulager le poids. Une attèle au poignet gauche, suite à un accident de VTT en juin, compliquait la tâche. Sur le départ, le plan d’eau, bien que calme, a rapidement révélé ses défis. La journée s’annonçait « galère » avec beaucoup trop d’embâcles, des arbres couchés obstruant le passage. Ces obstacles obligeaient à mettre pied à terre pour un contournement par la berge ou à se mettre à l’eau pour franchir les bois. Le niveau de l’eau étant assez bas par endroits, le kayak touchait fréquemment dans les courbes, nécessitant beaucoup de passages à la cordelle pour tirer le kayak sur les cailloux. Il est possible que juillet soit un peu tard pour l’Adour, qui baisse assez vite en été.

À 1,300 km avant Cahuzac (32), un gros bouchon constitué de deux embâcles successifs barrait le passage. Tenter de passer par-dessus était instable et dangereux en raison de l'accélération du courant et de l'affouillement créé sous le barrage. Il fallait se résigner à un long portage (250 m) par un bras mort repéré à gauche. Le chariot, lui aussi, a connu des avaries, coinçant sous le poids contre les galets durant le portage et tordant ses tiges. Malgré des tentatives pour redresser les tubes, la prudence était de mise pour ne pas compromettre les chariotages suivants. Juste après le pont de Cahuzac, un petit seuil a été franchi embarqué. L’état du cours d’eau soulevait des interrogations quant à l'entretien par les services municipaux, les associations, les clubs ou les propriétaires riverains.

Quatre kilomètres après Cahuzac, le franchissement du barrage de la Saouque s'est effectué directement sur le déversoir. Plus loin, le barrage du Moulin de Tarsaguet, un peu moins de 4 km avant Riscle (32), présentait un défi plus sérieux, avec un franchissement par le déversoir jugé trop périlleux en raison de sa hauteur. Une passe à poissons aménagée côté gauche offrait une alternative, mais son franchissement nécessitait une bonne réflexion pour en apprécier les risques, d'autant que le courant y était très fort. À Riscle, en début d’après-midi, le passage au niveau du pont s'est déroulé embarqué, mais en touchant pas mal par une veine côté gauche du cours. Après cela, la descente continuait avec une succession d’arbres couchés régulièrement rencontrés. Le premier bivouac s'est établi à 17h, à 1 km avant St-Mont (32), sur un chemin du « Sentier de l’Adour » en haut de berge droite.

Les Barrages et Seuils de l'Adour : Points de Passage Stratégiques

La navigation sur l'Adour est rythmée par la présence de nombreux barrages et seuils, chacun présentant ses spécificités et nécessitant des approches différentes, comme le montre l'itinéraire. Le dimanche, après un peu de soleil à l’embarquement au départ du bivouac, un plan d’eau élargi et calme annonçait l’approche d’un prochain barrage. Le premier est arrivé moins de 2 km après Saint-Mont. Avec des hautes berges embroussaillées, une manipulation par la berge était rendue difficile, et le passage délicat sur la gauche de l’ouvrage à travers les gros rochers a pris un bon moment. Entre les difficultés, la navigation se déroule sur des parties bien sauvages et sympathiques. Le barrage d’Artigaux, 7 km après Saint-Mont, présentait un semblant de passe à canoë pratiquée dans une veine à droite du cours. Un peu plus bas, 3 km avant Aire-sur-l’Adour (40), le barrage se passait par la droite en tout début d’ouvrage sur une belle rivière de contournement récemment aménagée. Il était conseillé de ne pas prendre la passe suivante juste avant le déversoir en raison de la présence de ferrailles et d'un terrain trop accidenté avec des cailloux.

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À Aire-sur-l’Adour, le barrage se passe juste après le pont par une passe à canoë à droite. Cette passe est propre et facile à faire. Il faut faire attention, selon le niveau d’eau, car le nez de la marche en bas de la passe est cassé et l’eau se déverse en travers en sortie. De plus, une veine d’eau tout contre la berge se déverse directement en bas de la passe, ce qui crée en plus une vague de biais en portefeuille qui ajoute à une petite instabilité, bien que ce ne soit pas bien méchant. Après le pont de l’Autoroute A65, le petit barrage de la Pachère, au niveau d’une gravière, coupait la descente mais se passait facilement à gauche par une veine entre les rochers. La descente se prolongeait sur une rivière parfois largement ouverte dans un milieu plutôt sauvage et éloigné de toute occupation humaine la plupart du temps. Quelques centaines de mètres plus bas, au niveau du hameau des Arrats, un prochain barrage était bien équipé d'une belle passe à canoë fléchée à côté d’une énorme passe à poissons. La glissière était bien faite avec une sortie propre, même avec un faible niveau d’eau.

La navigation s'est poursuivie tranquillement avec de temps en temps quelques petites accélérations dans des courbes. En fin d'après-midi, la recherche d'un emplacement pour le bivouac du soir, notamment pour un hamac, était parfois ardue, les berges étant souvent hautes ou très embroussaillées, et les arbres rares ou mal situés. La décrue de fin de printemps avait laissé quantité d’arbres déracinés, branchages ou autres déchets végétaux. Il a fallu s'installer au sol sur une berge accueillante entre Cazères et Grenade, où le plan d’eau était tranquille avec un fond de sable, parfait pour une baignade du soir.

Le lundi, après le démontage du campement sous un beau soleil matinal, la descente reprenait vers 8h. La rivière, élargie et calme, glissait bien, menant doucement jusqu’à Grenade en à peine une heure. Les dernières maisons riveraines étaient vite dépassées, et moins de 3 km après, le large barrage de l’usine électrique de Saint-Maurice-sur-l’Adour (40) était atteint. Le milieu de l’ouvrage est constitué d’un long déversoir bien glissant qui atterrit sur un gros enrochement à sa base. À gauche, une grande passe à canoë maçonnée mais sèche se déversait sur une sortie trop haute et également enrochée. Sur la droite de l’édifice, au niveau de l’usine, la hauteur des aménagements bétonnés et la vitesse du courant interdisaient le passage. Il ne restait qu'à choisir le passage le plus favorable sur la pente et sa sortie dans les rochers en se promenant sur le haut du déversoir.

En fin de matinée, des formations rocheuses sur près de 2 km procuraient par endroits quelques bonnes accélérations. Ce spot est pratiqué à la belle saison par les clubs locaux sur les rapides du circuit de Montgaillard à Saint-Sever. Vers le milieu de ce tronçon, un passage trop accidenté avec le niveau d’eau actuel était infranchissable avec un kayak chargé pour la randonnée. La seule possibilité était de contourner par la droite par un long cheminement dans l’enrochement très abrasif pour la coque. Plus bas encore, il fallait bien viser pour se positionner sur les bonnes trajectoires et arriver à la sortie de cet endroit, sûrement très ludique avec d’autres conditions. Après une pause de midi bien méritée, l’arrivée à Saint-Sever était marquée par le passage, au niveau du pont, d’un seuil largement enroché. Côté gauche du barrage, un passage au milieu des blocs serait plus praticable avec un niveau d’eau plus important, mais avec le niveau bas, il n'était pas question de s’y aventurer à la cordelle ou à pied, le jus poussant trop fort dans la caillasse. Une passe à canoë non signalée est aménagée complètement à droite du fleuve. Toujours à cause du faible niveau du moment, le kayak chargé collait à l’entrée et sur la pente de la passe.

Moins de 3 km après, le seuil d’Augreilh, commune de St-Sever, a été atteint. Ce qui semblait être une simple formalité s’est avéré plus complexe. Le barrage est infranchissable avec une passe à canoë trop haute en sortie. Un portage par la rive gauche sur près de 200 m le long d’un champ est devenu la solution, une épreuve supplémentaire pour un chariot déjà endommagé. L'arrêt à gauche contre l’entrée de la passe à poissons a permis de commencer le va-et-vient du déchargement du matériel en haut de berge. En vérifiant un passage possible dans le champ et la présence d’une mise à l’eau au bout, un bruit sec a retenti, mais sans y prêter attention sur le moment. En remontant récupérer le kayak chargé de tout le matériel pour le portage, malgré les tiges d’aluminium tordues, le chariot avançait en crabe, mais le portage était anormalement trop dur. Après avoir avancé péniblement et s’être arrêté fréquemment, il a fallu inspecter le chariot : un pneu éclaté, une situation rare en randonnée kayak. Le soleil intense de la journée avait probablement échauffé l'engin. Cette avarie compromettait les éventuels portages à venir, en particulier celui de l’arrivée à Dax avec une « promenade » de 1,600 km pour rejoindre le camping. Après plusieurs navettes pour redescendre sacs et bidons à la mise à l’eau, une pause à l’ombre était nécessaire pour récupérer avant de repartir. La manipulation aura pris plus d’une heure sous un beau soleil. Enfin, 6 km plus bas, un bon endroit pour s'installer pour le bivouac sous des érables en hauteur sur une large berge a été trouvé, permettant baignade, apéro, et une petite pluie bienvenue en soirée.

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Le mardi matin, le ciel était couvert après le temps orageux de la veille. 1 km plus loin, un énième seuil-barrage au milieu de nulle part se passait bien après une rapide inspection de routine de la passe aménagée sur la gauche de l’ouvrage. C’était une passe non signalée mais bien faite, large et propre. Ensuite, c’était la pleine nature, sauvage juste ce qu’il faut sur des kilomètres. Le passage sous le pont de Mugron (qu’on ne voit pas, en retrait à quelques centaines de mètres à gauche) a été noté. Plus bas encore, dans une boucle très élargie du fleuve, des pêcheurs de silures en poste depuis la nuit ont été rencontrés. L'occasion de faire une petite pause et de papoter, découvrant que la pêche avait été bonne avec trois belles prises, dont un magnifique silure de 2,20 m. Vers midi, le barrage de la rivière de dérivation de la microcentrale hydroélectrique d’Onard (40) a été atteint. Laissant à gauche le bras qui mène à l’usine, le barrage a été franchi en face. La passe à canoë bâtie à droite, bien que poussant fort, était sympathique même si elle embarquait pas mal de flotte. Un arrêt pour parler avec un adolescent pêchant au pied du barrage a souligné la beauté des coins de cette rivière où il faut prendre son temps. La rivière s’écoulait doucement, toujours au milieu de nulle part. La confluence avec la Midouze, arrivant du nord sur la droite de l’Adour, marquait les 107 km parcourus depuis le départ à Préchac. Large avec un bon débit, la rivière s’écoulait doucement au milieu d’une épaisse végétation en berges ou bordée de forêts. La recherche d'un emplacement pour le campement du soir a mené à une cale de mise à l’eau en berge droite, 2 km avant Pontonx-sur-l’Adour (40). C'est un endroit fréquenté par les promeneurs du coin avec pas mal de passage, promettant un lieu pour monter un hamac ou une installation au sol. Le mercredi a marqué le dernier jour de cette aventure, de Pontonx-sur-l’Adour à Dax, une nouvelle étape en pleine nature.

Au Fil de l'Eau : Paysages et Nature de l'Adour

Au-delà des défis techniques, la descente de l'Adour est une immersion dans un environnement naturel préservé. Le fleuve serpente à travers des paysages variés, alternant entre des parties bien sauvages et sympathiques, des zones largement ouvertes, et des sections caractérisées par un milieu plutôt sauvage et éloigné de toute occupation humaine la plupart du temps. Les berges sont souvent bordées d'une épaisse végétation ou de forêts, offrant des recoins propices à l'observation de la faune et de la flore. Les pêcheurs de silures rencontrés témoignent de la richesse piscicole du fleuve, avec des prises impressionnantes. Les bivouacs sous les érables, avec des plans d'eau tranquilles et des fonds de sable, invitent à la baignade et à la détente. Cette abondance de nature est un atout majeur pour les adeptes de la randonnée fluviale, qui peuvent profiter de la sérénité du fleuve et de ses rives pour se ressourcer loin de l'agitation.

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