Candyce Chafa : Parcours Professionnel et Triomphe en Para-Aviron

Avec les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, la délégation française rassemble un ensemble impressionnant de 875 sportifs, dont 261 étudiants. Suite à une récolte exceptionnelle de médailles aux Jeux olympiques de Paris 2024, où 33 étudiants et lycéens ont été honorés, l'attention se tourne désormais vers les Jeux paralympiques. La cérémonie d'ouverture se déroulera le mercredi 28 août, place de la Concorde à Paris. Parmi les participants, 57 étudiants concourront dans diverses disciplines, telles que la paranatation, le tennis-fauteuil, le para-aviron et le goalball.

Une étoile montante du para-aviron français

Candyce Chafa, à seulement 18 ans, est la benjamine de l'équipe de France d'aviron. Elle a découvert cette discipline pendant ses années de collège. En 2017, un diagnostic de tumeur bénigne à la jambe gauche a marqué un tournant dans sa vie, mais n'a pas freiné sa passion pour l'aviron.

Jeux Paralympiques de Paris 2024

Le Comité Paralympique de Sélection (CPS) du Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF) a annoncé la liste des athlètes sélectionnés pour les Jeux paralympiques de Paris 2024. Sur les six athlètes au total, seulement trois athlètes maralpins étaient présents sur les différents terrains des Jeux Paralympiques, aujourd'hui : David Smétanine, Candyce Chafa et Christophe Carlier.

Une médaille de bronze aux Jeux de Paris

Déjà sur le podium à Tokyo en 2021, le quatre de pointe mixte avec barreur PR3 a remporté une nouvelle médaille de bronze, ce dimanche à Paris. Grégoire Bireau, Emilie Acquistapace, Margot Boulet, Remy Taranto et Candyce Chafa ont devancé les Allemands dans un finish de folie !

Un parcours semé d'embûches

Au lendemain du bronze glané avec l’équipage du quatre barré mixte PR3, le rameur libournais a encore du mal à se rendre compte de leur performance. Il était peut-être un peu ambitieux de tenter d’avoir Grégoire Bireau (21 ans) à la descente de son podium olympique, ce dimanche. En fin de matinée, le rameur né à Bordeaux et licencié du club nautique de Libourne venait de remporter le bronze avec ses camarades du quatre barré mixte PR3 (Émilie Acquistapace, Margot Boulet, Rémy Taranto et Candyce Chafa) après une course folle, terminée 6 centièmes devant le bateau allemand. Ce lundi, dans un rare moment de calme, Grégoire Bireau continue d’atterrir.

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Les souvenirs de la course

L’aviron est un sport très exigeant, physiologiquement et physiquement donc forcément, ça laisse des traces. Aujourd’hui, j’ai encore quelques stigmates. On a la médaille pour 6 centièmes, on a vraiment été au bout de notre effort et même sur la ligne d’arrivée, on n’était pas sûr de l’avoir. Il y a eu un petit temps d’attente, même pas une minute mais qui nous a paru interminable. Et quand il y a enfin l’affichage, c’était un truc de fou. Ce n’était pourtant pas la meilleure course d’un point de vue technique, il y avait un vent de travers mais j’en garde des souvenirs incroyables.

Les sensations à l'arrivée

Sur les 22 derniers mètres, on sait, grâce à notre barreuse Émilie, que nous sommes au coude à coude avec les Allemands. Mais à ce moment-là, physiquement, c’est le blackout. On a la vision qui se brouille et on ne se souvient pas de grand-chose. Une fois la ligne passée, j’entends un brouhaha parce qu’il y a un monde fou, j’entends du bruit, je vois trouble et là le résultat s’affiche mais physiquement t’es à peine prêt à capter ce qu’il se passe !

L'intégration au sein de l'équipe

Ce collectif a aussi intégré la jeune Candyce Chafa (18 ans), retenue pour ses meilleures performances au détriment d'Érika Sauzeau, tandis qu'Antoine Jesel, le « coéquipier de toujours » de Taranto, est parti sur un autre projet. Grégoire Bireau (21 ans) lui a succédé.

« Candyce nous a rejoint pour la première fois au mois d'avril, pour les Championnats d'Europe, poursuivait Taranto. Elle a confirmé aux Championnats du monde qu'elle nous apportait énormément physiquement et techniquement. Elle méritait pleinement sa place. »

L'épreuve de Grégoire Bireau

Suite à un accident du travail avec une hélice de bateau en 2022, Grégoire Bireau a su puiser dans cette épreuve pour se réinventer. Ancien athlète de haut niveau en aviron, il se réoriente vers le para aviron, où il décroche sa place au sein de l’équipe de France.

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Préparation physique et mentale

« En termes de préparation physique, il n’y a pas eu de changement. La distance reste la même : 2 000 mètres à parcourir le plus rapidement possible. Pour être performant, il faut simplement accumuler du volume d’entraînement pour n’importe quelles compétitions. La fédération a mis en place des stages pour regrouper les athlètes. Sur l’année, j’ai fait environ 200 jours. D’un point de vue mental, c’est différent. J’ai la chance d’être suivi par un préparateur mental, et la pression est plus forte pour les Jeux Paralympiques, qui n’ont lieu que tous les quatre ans. »

L'héritage des centres de formation

Les centres de formation toulousains permettent aux jeunes talents de progresser et se préparer au plus haut niveau, comme en témoigne le parcours inspirant de Grégoire Bireau.

Les épreuves de para aviron aux Jeux Paralympiques de Paris 2024

Les épreuves de para aviron des Jeux Paralympiques de Paris 2024 auront lieu du 30 août au 1er septembre du côté du stade nautique olympique de Vaires-sur-Marne, à environ 30 km à l’est de Paris.

Histoire du Para Aviron

La première mention du para aviron est apparue au début du XXe siècle en Grande-Bretagne. Avant la Première Guerre mondiale, George Clifford Brown, directeur de Worcester College for the Blind (une école pour non-voyants), veut démontrer le principe de l’égalité. Il décide donc de ne promouvoir des sports que dans lesquels ses élèves peuvent concourir sans modifications. Cela permettant qu’ils se sentent considérés comme équivalents à leurs camarades voyants.

Dans la même période, et ce à la suite de la Première Guerre mondiale, des vétérans aveugles utilisent le para aviron pour se rééduquer. Un barreur voyant permettait à tous de concourir à égalité. Après la Deuxième Guerre mondiale, ce sont les États-Unis qui mettent en place des compétitions. Des vétérans de l’armée et des civiles, tous avec des problèmes visuels, s’affrontent. Cela mène à la création en 1980 du Philadelphia Rowing Program for the Disabled, le premier club d’aviron dédié aux personnes en situation de handicap. Dès 2003, la FISA propose des événements en vue de réussir à faire du para aviron une discipline paralympique. Et c’est chose réussie puisque le sport fait son apparition aux Jeux de Pékin en 2008. Les épreuves se disputent alors sur une distance de 1000 mètres. Cependant, la distance est rallongée à 2000 mètres à Tokyo, s’alignant sur celle des Jeux Olympiques.

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Les différentes épreuves et catégories

Les épreuves paralympiques auront toutes leurs pendants olympiques. Nous retrouverons donc de l’individuel avec le skiff, c’est-à-dire un bateau à une place. Nous pourrons également assister à des épreuves en deux de couple, embarcation à deux rameurs, chacun ayant deux rames. La dernière épreuve est celle du quatre barré, quatre rameurs tenant tous une rame, et un barreur qui dirige l’embarcation avec un gouvernail.

PR1 : réservé aux rameurs ne pouvant pas utiliser leurs jambes et leur tronc.

PR2 : équipage de deux rameurs (un homme et une femme) chacun ayant deux rames. Réservé aux rameurs ne pouvant utiliser que le haut du corps pour ramer.

PR3 : équipage composé de quatre rameur.se.s (deux femmes et deux hommes), et d’un barreur. Chaque rameur n’utilise qu’une seule rame, côté droit ou gauche.

Le skiff est donc réservé au PR1, avec des épreuves masculines et féminines. Les PR2 eux n’ont accès qu’aux deux de couple, en mixte.

La France aux Jeux Paralympiques

La France est jeune aux Jeux Paralympiques en para aviron, mais a pu briller par moments. Présents seulement depuis les Jeux de 2012, les Bleus ont quand même remporté 2 médailles d’argent en Grande-Bretagne, avant de glaner le bronze à Rio puis deux nouveaux bronzes à Tokyo. Pour Paris, l’équipe officielle ne sera annoncée que fin juin. Cependant, nous savons déjà que 5 quotas non nominatifs ont été récupérés, soit un par catégorie !

C’est lors des Mondiaux à Belgrade en septembre 2023 que les premiers billets ont été récupérés. Il y a d’abord eu le quatre barré mixte PR3. Ils ont fini 5ème, mais une place en finale était suffisante pour se qualifier pour Paris. Margot Boulet, Erika Sauzeau, Rémy Taranto, Grégoire Bireau et leur barreuse Emilie Acquistapace composaient le bateau. Les trois premiers cités faisaient partie de l’équipage décoré du bronze à Tokyo en 2021. Elur Alberdi et Laurent Cadot ont eux fini sur la dernière place du podium en République Tchèque. Une médaille et un quota en plus. Certes, ils étaient tenants du titre, mais quand on sait que la première citée sortait d’une victoire contre un cancer quelques semaines avant, c’est plus qu’un exploit. C’est “la médaille de la vie, la médaille de l’espoir” déclarait la principale concernée. Au même endroit, Nathalie Benoit a quant à elle décroché l’argent en skiff féminin PR1.

Le 21 mai, à Lucerne en Suisse, c’était la dernière chance de qualification pour les Jeux. Et les Français ne se sont pas loupés. Avec d’abord Alexis Sanchez, en skiff PR1. Il a remporté l’or avec brio, finissant avec 14 secondes d’avance sur le Brésilien Rene Campos Pereira, pourtant en bronze aux derniers Jeux. Il récupère le dernier quota en jeu de la catégorie, et pourrait vivre ses premières paralympiades. Perle Bouge, de son côté, a tout connu depuis Londres, prenant même l’argent en Grande-Bretagne et le bronze à Rio, en deux de couple mixte PR2. La belle histoire était pourtant incertaine, puisqu’elle a tenté le coup de poker de changer de duo il y a quelques mois. Et surtout de prendre le risque de s’associer avec Benjamin Daviet, novice dans la discipline. Mais pour autant pas du tout novice du sport de haut niveau, puisqu’il n’a pas moins de 10 médailles paralympiques en… biathlon et ski de fond !

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