La présence de caméras et de systèmes d'imagerie à bord des bateaux de course et de plaisance est devenue une composante essentielle de la navigation moderne, transformant à la fois la manière de communiquer l'aventure maritime et de garantir la sécurité des équipages. Cela fait désormais partie du métier : communiquer pour les fans, le grand public et permettre aux sponsors d’avoir des retombées pendant les grandes courses comme la Route du Rhum ou le Vendée Globe. C’est l’une des facettes du métier devenue presque incontournable pour les skippers d'aujourd'hui, qu'il s'agisse de la communication en course ou de celle largement alimentée ces derniers mois lors d’entraînements.
Bien que l'on connaisse les traditionnelles vacations avec les organisateurs de la course, les médias et le grand public, les méthodes de communication ont considérablement évolué avec le temps, grâce au matériel et aux possibilités offertes par les réseaux sociaux. Si les marins ont moins de temps sur une course transatlantique rapide comme la Route du Rhum que sur un tour du monde, ils s’adonnent néanmoins à l’exercice dès que possible, reconnaissant l'importance cruciale de ce partage d'expérience.
La Communication Embarquée : Un Impératif pour le Partage et le Partenariat
L'intégration de systèmes de capture d'images est désormais une pratique courante, permettant aux skippers de partager leur quotidien en mer et de maintenir le lien avec le public et leurs partenaires. Dans la catégorie des Ultimes, où la course s’annonce rapide, très rapide, l'équipement de communication est sophistiqué. Chez Gitana, on explique que Sébastien Josse « va faire son maximum pour envoyer des images du bord. Quand la situation s’y prêtera bien. » Sébastien Josse est ainsi équipé pour communiquer sur la Route du Rhum. Le maxi Edmond de Rothschild, son bateau, est doté de caméras embarquées, incluant trois caméras fixes et un iPhone 10 étanche. Cette configuration lui permet de l’avoir toujours sur lui et d’être réactif. Grâce à un logiciel spécial, tout peut être envoyé, via le fleet, une antenne située sur le bateau, directement depuis l’iPhone.
Une approche similaire est observée pour Armel Le Cléac’h. Le maxi Banque Populaire est équipé d’une caméra sur le mât, de deux petites de chaque côté de la barre d’écoutes, ainsi que d’une webcam à la table à carte, prévue pour faire des enregistrements ou des téléconférences. Pour faciliter le travail du marin dans sa cellule de vie, il dispose de tablettes et d’un iPhone pour pouvoir avoir des images en mouvement. Un petit appareil photo et des Go Pros complètent cet arsenal. Il pourra aussi porter un bracelet étanche pour avoir l’iPhone sous la main. Yannick Guernec, responsable de l’électronique et de l’informatique Banque Populaire, précise qu'Armel pourra faire de petites séquences qu’il va envoyer à terre et que l’équipe de communication s’occupera de faire des montages pour diffuser. L'objectif est clairement de simplifier un maximum les moyens de communication, car Armel est énormément sollicité pour la navigation et les manœuvres. Les tablettes utilisées par Armel Le Cléac'h sont à cet égard des outils précieux.
D'autres skippers, comme Louis Burton, engagé sur son Imoca Bureau Vallée 2, utilisent également ces technologies pour enrichir leur communication. Il tiendra des carnets de bord pour Ouest-France et Le Parisien, et fera des vidéos pour la chaîne TV78. Il dispose pour cela de deux caméras embarquées et de Go Pros. Il s’occupera de cela quand il aura le temps, soulignant la contrainte de temps inhérente à la course. Les caméras de chaque côté de la barre d'écoute offrent des angles de vue dynamiques, tandis qu'une caméra sur le mât de Banque Populaire permet des prises de vue en hauteur.
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Le projet du Défi Voile Solidaires en Peloton de Thibaut Vauchel-Camus a été conçu pour la communication dès sa construction. Il faut partager l'aventure et les valeurs. Concrètement, le bateau est désormais doté d’une connectique plus moderne et d’un logiciel de montage d’images relié à un téléphone portable, ce qui évite au skipper des allers-retours dans son carré et lui permet d’optimiser son temps à la barre. Pour Thibaut Vauchel-Camus, la communication fait donc partie intégrante de son projet. Il exprime que « On vend de l’aventure, des valeurs. Il faut les partager ». Pour autant, le skipper ne veut « pas devenir otage de la communication. Il faut témoigner des moments joyeux comme des moments difficiles, tout en conservant une certaine forme de pudeur. Personnellement, je ne me pose pas trop de questions. » Il souligne également une réalité économique : « tous les skippers n’ont pas les moyens financiers de s’équiper, de transmettre et de s’entourer pour communiquer. »
Les Solutions de Capture Vidéo : Des GoPros aux Drones Spécialisés
Pour la capture d'images, une variété d'équipements est employée, depuis les caméras d'action robustes jusqu'aux systèmes plus complexes. La GoPro Hero, dans sa version basique, est souvent citée pour son rapport qualité-prix et ses fonctionnalités adaptées à l'environnement marin. Proposée à environ 150 euros aujourd'hui, elle fut achetée à 60 euros il y a sept ans, témoignant de son accessibilité. Elle offre des photos en rafale, des films et des photos fixes, le tout avec un très grand angle de prise de vue et une très bonne qualité d’image. Beaucoup de films postés sur les forums sont réalisés avec ce type de caméra, et même si le passage par YouTube peut faire perdre en qualité d’image, celle-ci reste bonne quand même, les originaux stockés sur un ordinateur étant encore meilleurs. Avec une autonomie d’environ trois heures, une étanchéité sans boîtier jusqu’à 40 mètres et un stockage qui dépend de la carte mémoire installée - une carte de 32 méga (probablement gigaoctets) offrant déjà beaucoup d’espace - elle est très pratique. La récupération des images sur ordinateur ou tablette est immédiate, même si le chargement peut être assez lent, exigeant de la patience. La lecture est immédiate avec un support lecteur de carte.
Cette caméra est très appréciée pour filmer en embarqué, son grand angle étant jugé génial car on voit tout. Cependant, elle n'est pas idéale pour filmer depuis un autre bateau. Sans télécommande, il est nécessaire de retravailler les images pour sélectionner les bonnes séquences et couper l’inutile, ce qui peut rendre le chargement un peu long. L'avantage majeur est de ne rater aucune étape de la navigation puisque l'on dispose de toute la navigation en image sans interruption. Certains ont essayé avec une télécommande et ont constaté que c’était compliqué de la sortir, de mettre en marche, puis d’éteindre, puis de rallumer, surtout quand on navigue dans du bon vent. Cela conduit souvent à rater les bons moments ou à filmer tout puis à découper ensuite, comme avec une GoPro basique. Pour l'usage embarqué, la basique suffit amplement.
L'expérience suggère que trois emplacements sont particulièrement efficaces pour obtenir de bons angles de vue : un support d’un mètre sur la barre de safran, un support d’un mètre en bout de bôme - excellent pour voir tout le bateau et l’équipage au complet sous plusieurs angles - et enfin, une caméra directement sur le front de l’équipier. Les images prises en haut du mât sont intéressantes pour réaliser un montage avec quelques vues originales, mais ne sont pas adaptées pour un film complet, car sous cet angle, l'image peut devenir lassante. Une GoPro installée sur l’étambrai est également utile pour un débriefing technique de navigation après une sortie. Une GoPro avec écran et télécommande peut rapidement atteindre un prix de 400 euros, avec d’autres modèles moins chers et plus chers également. Les alternatives à GoPro, bien que généralement d'un prix plus petit, offrent des fonctionnalités plus variées, comme un système de télécommande à partir d’un smartphone, et une qualité d’image un peu moins bonne que GoPro, mais reste tout de même bonne. Il est important de noter que certains modèles d'autres marques, comme la "500", sont disponibles, tandis que la "300" n'est plus fabriquée et que les pièces ne sont plus en stock. Pour être étanche, ces caméras nécessitent souvent un boîtier étanche qui, comme souligné par certains utilisateurs, a tendance à condenser, contrairement à la GoPro Hero basique qui est étanche sans boîtier.
Au-delà des caméras portatives, des systèmes plus sophistiqués sont également utilisés. Certains équipages ont par exemple ajouté une perche fixe positionnée à l’arrière du bateau. L'utilisation de drones est également une option grandissante. Il existe déjà des drones capables de suivre automatiquement et de filmer. Pour leur utilisation, il faudra choisir un emplacement qui ne gênera pas l’équipage, ni les voiles ou les poulies. Son autonomie doit être de plusieurs heures et sa capacité de stockage doit permettre de filmer au moins le temps de l’autonomie de la batterie. Les skippers se retrouveront rapidement avec des heures d’images à traiter. Il est important de noter que les prises réalisées sont souvent longues et manquent de rythme. Un bon montage est alors essentiel pour mettre en avant le team et permettre de trouver des fonds avec un sponsor. La notoriété du team peut être considérablement augmentée en publiant ces vidéos sur YouTube, puis en les partageant sur les réseaux sociaux.
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En plus de ces outils, une catégorie plus large de caméras et de systèmes d'imagerie est spécifiquement développée pour la sécurité et la navigation dans les environnements marins. Cette catégorie regroupe une large gamme, des caméras thermiques fixes pour une surveillance continue aux unités portables pour une utilisation flexible lors des opérations de sauvetage et de la navigation de nuit. Des caméras IP pour la surveillance en réseau ainsi que des caméras de réalité augmentée, qui améliorent l'expérience de navigation grâce à des superpositions numériques en temps réel, sont également disponibles. Ces produits sont souvent compatibles avec les écrans multifonctions (MFD) Raymarine et offrent des fonctions avancées telles que la technologie d'imagerie thermique, le panoramique, le zoom, la reconnaissance d’objets et la technologie d'alerte intelligente.
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