Le cadrage, notion essentielle en photographie et en cinématographie, doit faire l’objet de choix assumés. Apprendre à photographier, c’est, quand on le fait de façon sérieuse et méthodique, apprendre à composer et à cadrer. Mais pourquoi choisir un angle plutôt qu’un autre ? Est-ce vraiment important pour votre photo ? Il faut que vous compreniez que différents angles sur un même sujet vous donnent en fait des sensations différentes. En tout domaine, l’art est fait à la fois de classicisme et de créativité. La photographie en angle plongée ou contre-plongée est un bon moyen de varier vos cadrages pour les rendre plus dynamiques, offrant des compositions créatives qui surprendront les observateurs. Ces techniques permettent de montrer la réalité sous des angles improbables, rarement accessibles pour les yeux humains.
A l’origine, la plongée et la contre-plongée sont héritées de la peinture, puis de la photographie. Ce sont des techniques photo conceptuellement assez simples : il s'agit de photographier un sujet respectivement par dessus ou par dessous. La caméra peut également avoir une position plus ou moins haute ou basse par rapport au sujet. C’est ce que l’on appelle les angles de prises de vues. C’est un procédé plutôt basique et simple à exécuter, mais lourd de sens en terme de symbolique et de message envoyé au spectateur. Ces types de cadrage sont d'une grande utilité pour produire des images cohérentes, lisibles et professionnelles, intervenant dans l’organisation du cadre, la hiérarchie visuelle et la circulation du regard. Comprendre ces concepts permet d’anticiper les choix de prise de vue, de traitement ou de présentation selon le contexte : portrait, architecture, hôtellerie, gastronomie, reportage ou photographie d’auteur. Une photographie forte n’est jamais seulement une question de sujet. Maîtriser ces notions permet de produire des images plus justes, plus lisibles et plus fortes.
Les Angles Fondamentaux : Plongée et Contre-Plongée
Généralement, il est préconisé de placer l’objectif de son appareil sur le même plan HORIZONTAL que le sujet. Cadrer votre sujet en pointant votre appareil photo devant vous est neutre. Cependant, il existe aussi des situations où l’angle de prise de vue est libre, et c’est là que la plongée et la contre-plongée entrent en jeu, offrant des outils puissants pour transformer la perception et l'émotion de l'image.
La Plongée : Une Perspective de Domination ou d'Intimité
La plongée consiste à photographier un sujet se trouvant en dessous de l'appareil photo, c'est-à-dire une vue par le dessus. La technique du cadrage en plongée consiste à placer l’objectif de son appareil photo au-dessus de ce plan et donc incliné vers le bas en direction du sujet. Cet angle donne une impression que le sujet est plus petit, dominé par le photographe et écrase les perspectives. Cet effet donne l’impression de dominer le sujet, de l’écraser ou de le tasser. Le sujet est artificiellement en état d'infériorité. L’« écrasement » total s’obtient en plaçant l’objectif tout à fait verticalement au-dessus du sujet.
En variant la hauteur de votre angle de prise de vue, vous allez changer totalement les perspectives de votre photo et créer une composition plus forte. En vous surélevant par rapport à votre sujet, votre composition avec un angle de prise de vue en plongée a deux effets. Le premier, c’est de vous mettre en position de domination qui rend le sujet plus accessible, voire plus vulnérable. Au cinéma, une faible plongée va pouvoir permettre de dévoiler un décor. Cela peut également être utilisé pour donner un effet d’enfermement ou de déshumanisation, ou pour des effets de style. La plongée totale, où la caméra est quasiment à la verticale (à 90° du sujet), accentue encore plus l'écrasement. Lors de cette prise de vue, la caméra est placée au-dessus du sujet, lui donnant un air inférieur. L’effet produit est un tassement, un écrasement qui donne une sensation d’enfermement, d’étroitesse, de difficulté et de vulnérabilité du sujet. La plongée peut avoir une portée symbolique forte pour commencer ou finir un film, que ce soit pour un aspect de punition ou un happy end.
Lire aussi: Techniques de composition visuelle
Cependant, en raison de cette impression d’écrasement, cette façon de procéder doit être limitée, ou utilisée avec parcimonie, principalement quand on photographie des personnes. Les faire apparaître en position d’infériorité ne se justifie que très rarement, pour des buts tout à fait particuliers. Le reste du temps, mieux vaut s’abstenir. Par exemple, si vous faites le portrait d’une personne qui vous regarde de haut et vous domine, votre photo ne va pas créer le sentiment de domination pour celui qui la regarde. Au contraire : votre photo fera ressentir votre domination sur cette personne, et souvent contre la volonté naturelle de celui qui observe la photo. Mais comme nous venons de le voir, en ayant un point de vue qui domine l’enfant, on le rabaisse encore plus.
Pourtant, la plongée n'est pas toujours synonyme de dévalorisation. Le deuxième effet d'un angle de prise de vue en plongée est que le menton se lève et se dégage du cou, affinant ainsi les traits du visage. L'intérêt supplémentaire de légèrement plonger l'objectif vers le sujet est que cet angle a tendance à écraser les perspectives et donc d'affiner les traits du visage, un réel avantage en photographie de portraits. Vous créez ainsi une fragilité imperceptible sur votre sujet qui le rend plus proche et plus touchant. Ce type de cadrage se rencontre souvent en photo animalière : on ne peut malheureusement pas toujours regarder un animal (et le shooter) les yeux dans les yeux.
Pour prendre des photos en plongée, il faut que l'appareil (et bien souvent le photographe) soit placé en hauteur. Une astuce qui fonctionne généralement bien consiste à intégrer dans le cadrage en plongée un premier plan relativement proche. Cela permet notamment de donner une idée de la hauteur et de procurer un petit vertige chez la personne qui découvre la photo. Il n'est pas toujours possible de grimper sur quelque chose pour prendre une photo en plongée. Une technique souvent utilisée consiste à se servir d'un monopode télescopique pour « faire prendre de l'altitude » à l'appareil photo, le surélevant d'1m50 à 2m. Bien entendu, impossible de déclencher manuellement en procédant ainsi, sauf à utiliser le retardateur de votre appareil, ou une télécommande sans fil.
La Contre-Plongée : Grandeur et Majesté
À l'inverse, la contre-plongée est la photographie d'un sujet se trouvant au-dessus de l'appareil photo, une vue par le dessous. En étant plus bas que votre sujet, vous pouvez cadrer avec un angle de prise de vue en contre-plongée. La technique consiste cette fois à placer l’objectif de son appareil photo au-dessous de ce plan et donc incliné vers le haut. Cette inversion donne l'impression d'un sujet plus grand, dominant le photographe et exagère les perspectives. On valorise le sujet, on lui donne une impression de puissance, de domination sur le photographe. Le sujet prend tout de suite beaucoup plus d’importance et de grandeur, ce qui provoque alors des émotions comme l’admiration, l’anticipation, l’optimisme, etc. Cela rend le sujet supérieur en exagérant les perspectives. La contre-plongée, en toute logique, donne un sentiment de supériorité, de force, et de domination. Cela peut aussi être utilisé simplement pour magnifier un sujet. Par exemple, après que ce dernier ait réussi quelque chose de fort, d’impressionnant, le filmer en contre-plongée va servir à le mettre en valeur.
La photographie en contre-plongée correspond à une prise de vue allant du bas vers le haut. Ce changement de perspective donne de la grandeur au sujet, c'est pourquoi elle est souvent assimilée à l'image du regard de l'enfant sur le monde, tout paraît plus grand, plus impressionnant que dans la réalité. Imaginez que vous contempliez une statue géante d’une divinité égyptienne : la contre-plongée est l'angle idéal. En prenant le pont de Brooklyn avec un angle de prise de vue en contre-plongée, il y a automatiquement un effet de perspective verticale. Cet effet est très visible avec les piliers verticaux du pont. Cet effet, qui n’est pas naturel pour l'œil, crée des émotions contradictoires par rapport à cette vision nocturne scintillante et colorée de New-York.
Lire aussi: Marques d'équipement de plongée sous-marine
Cette technique est très intéressante si vous êtes démuni face à un monument aux lignes de fuite délicates à capturer. L'idée est de jouer sur cette déformation, en l'amplifiant grâce à une exagération de la contre-plongée. Effet bœuf garanti, surtout si le ciel est bien bleu ! Elle est idéale pour photographier des bâtiments ou des paysages qui vous impressionnent comme des gratte-ciels, des cathédrales ou des forêts de pins. Dans ce cas, n'hésitez pas à exagérer l'inclinaison de l'angle ; plus il sera à la verticale, plus la ligne de fuite sera importante, donnant ainsi une impression de grandeur infinie, mais aussi une déformation telle que le premier plan sera immensément grand et le second plan totalement étiré. Des deux techniques, c'est encore la contre-plongée qui vous sera sans doute la plus utile, pour sa polyvalence et sa facilité de mise en œuvre.
La contre-plongée vous permettra aussi de saisir des personnes ou des animaux avec une posture improbable, de les grandir, de les mettre en scène. Ce type de cadrage est parfois utilisé dans le domaine de la mode, où l’on donne l’impression que le sujet est plus grand, ce qui le valorise : c’est le but recherché ! Et ici, quand on parle de sujet, c’est moins le mannequin que le vêtement, évidemment. Il est des domaines où le cadrage en contre-plongée est fréquent, voire normal parfois. C’est particulièrement vrai en macro où on ne peut pas toujours maîtriser son positionnement. Pour ce genre de prise de vue, si votre appareil n'est pas doté d'une fonction de visée sur l'écran, n'hésitez pas à faire quelques tentatives en cadrant grosso modo, en tenant l'appareil à bout de bras très près du sol. Vous vous surprendrez avec des angles improbables ! Une autre ruse consiste à utiliser un miroir que l'on place au sol, afin de photographier sous un angle inaccessible, en contre-plongée. Cette technique a l'avantage de permettre l'accès à des angles difficiles, notamment pour les utilisateurs de reflex n'autorisant pas la visée sur écran. Néanmoins, elle est relativement pénible à mettre en œuvre, l'image dans le miroir étant inversée, et la perte de piqué n'étant pas négligeable. Sachez qu'il existe également des accessoires permettant la visée au-dessus de l'appareil, et donc de simplifier la prise de vue en contre-plongée, mais ces viseurs ont la particularité d'être assez chers.
Pour autant, si dans le principe cette technique semble facile et à la portée de tous, en réalité, elle est beaucoup plus difficile à bien doser si vous voulez créer des images équilibrées. En effet, dès que l'on prend une photo en contre-plongée, le sujet principal est mis en valeur et occupe une place prépondérante dans votre composition. Le problème est aussi qu'avec ce changement de perspective, si vous l'exagérez, vous risquez de créer une déformation trop importante des plans et des lignes de fuite. À l'inverse, si vous souhaitez utiliser la contre-plongée pour réaliser un portrait, limitez l'inclinaison de l'angle, car outre la déformation due à la perspective qui rendrait les proportions moins réalistes, l'inclinaison bas vers le haut n'est pas toujours très flatteuse pour le sujet. Au contraire, si vous souhaitez réaliser le portrait d’une personne, faites en sorte de limiter l’inclinaison, plus celle-ci sera forte, plus vous donnerez une impression de domination du sujet par le photographe, avec une tendance pour le lecteur à ressentir une forme d’oppression du sujet - sauf si bien entendu c’est la sensation recherchée. La contre-plongée peut également pouvoir traduire un sentiment de malaise du personnage, par exemple en le mettant devant quelque chose de trop grand pour lui. Enfin, la contre-plongée peut souligner des défauts.
Sécurité et Réflexion
Question sécurité tout de même, vouloir prendre de la hauteur et de la verticalité c'est bien, mais éviter de tomber ou de faire tomber son appareil photo, c'est mieux. Pensez à vérifier votre stabilité avant d'escalader tout et n'importe quoi, et pensez à bien attacher votre appareil photo à vous, car une belle photo prise à la verticale du haut de la falaise c'est impressionnant, mais ça l'est encore plus si ni le photographe ni l'appareil ne tombent du haut de la falaise, ou du balcon, ou de la chaise, etc.
Le Plan en Amorce : Immersion Narrative et Psychologique
Le plan avec personnage en amorce est une technique de cadrage courante qui plonge le public au cœur de la scène, en le mettant à la place d’un personnage situé face à un autre. Le plan avec personnage en amorce place le public du point de vue de l’un des protagonistes à travers une composition orchestrant les émotions, l’espace et le storytelling. Il permet de vivre une séquence du point de vue d’un personnage tout en se concentrant sur un autre. Ce cadrage crée un impact émotionnel à plusieurs niveaux.
Lire aussi: Choisir sa montre de plongée
Au cinéma, les angles de caméra, comme le plan avec personnage en amorce, sont utilisés tout au long de la narration pour établir un lien et un rythme visuel. Les plans avec personnage en amorce sont de puissants outils narratifs. Ils permettent de vivre une scène à travers les yeux de l’un des protagonistes tout en se focalisant sur l’autre. Les cinéastes privilégient cette technique pour créer une intimité avec les personnages, souligner un point de vue ou une position dominante, faire monter la tension ou suggérer un secret, ancrer les spectateurs et les spectatrices dans l’espace, et rythmer les dialogues.
Il y a bien plus d’une façon de cadrer un plan avec personnage en amorce. Au-delà de l’aspect stylistique, ses variations façonnent la perception des personnages par les spectateurs et les spectatrices. Le sentiment de proximité, de pouvoir ou de distance émotionnelle varie d’un cadrage à l’autre. Faire le bon choix permet d’affiner l’impact d’une scène. La version la plus répandue implique que le sujet présent au premier plan est hors champ. Ce plan élargit le cadre pour inclure davantage de personnages et d’éléments environnants. Chaque déclinaison de ce plan peut susciter des émotions, donner le ton et introduire une dynamique entre les personnages. Entretien. Échange tendu. Dialogue romantique. Changement de rapport de force. Dans une scène de confrontation avec plan en amorce, la caméra peut passer d’un personnage assis à un autre dressé au-dessus de lui, renforçant le suspense. Dans un thriller, un plan lent suivant de près l’épaule d’un personnage en amorce peut créer de la tension lorsque ce dernier s’approche d’une porte, tourne au coin d’un couloir ou fouille une pièce sombre.
En production vidéo, les plans avec personnage en amorce sont une question de perspective et de précision émotionnelle. Pour les réussir, il est crucial de planifier la prise de vue, de choisir le personnage à placer au premier plan et de définir la proportion de sa tête et de ses épaules à rendre visibles dans le cadre. Il faut organiser la mise en scène en étudiant le scénario pour identifier les relations entre les personnages et les moments clés, puis définir l’angle et le positionnement de la caméra avec le directeur ou la directrice de la photographie. Établir la ligne de regard, équilibrer l’éclairage et choisir la profondeur de champ sont également des étapes essentielles. Réaliser plusieurs prises, ne serait-ce qu’avec de légers changements de mise au point ou de posture, offre aux équipes de montage davantage de liberté pour composer le rythme émotionnel d’une scène. Les plans en amorce sont souvent associés à un contrechamp pour créer un rythme visuel naturel dans une conversation. Pour réussir cette prise de vue, il est nécessaire de recourir à deux caméras afin de filmer simultanément les perspectives des deux personnages.
Les erreurs sont à éviter : lignes de regard asymétriques, éclairage médiocre, mise en scène maladroite. La mise en scène permet aux cinéastes de simuler les mouvements des personnages par rapport à la caméra, et aux acteurs et actrices d’anticiper et de cerner l’atmosphère d’un plan. Une direction de l’écran non respectée peut, lorsqu’elle est mal orientée, donner l’impression que les sujets se font face alors qu’ils ne devraient pas, ou inversement. Enfin, le manque de couverture peut nuire à l'efficacité du montage. Une fois votre séquence filmée, peaufinez vos plans avec personnage en amorce dans un logiciel de montage vidéo pour affiner le rythme, assurer la cohérence visuelle et renforcer l’impact émotionnel d’une scène.
Au-delà des Angles : Cadrages Spécifiques et la Créativité du Photographe
L'angle de champ de l'objectif (donc lié à sa focale) n’est pas sans incidence sur les effets produits sur le sujet, tant en plongée qu’en contre-plongée. Si on les connaît et qu’on les assume, pas de problème. Dans le cas contraire, si l’on ne les maîtrise pas, attention aux réactions ! Les déformations induites, tant par le cadrage que par la distance de prise de vue et l’angle de champ, doivent absolument être maîtrisées quand il s’agit de modèles humains.
Le Portrait et ses Variations
Le portrait se pratique généralement face au sujet, parfois latéralement ou de trois quarts, mais très rarement de dos. Peut-on d’ailleurs, dans ce cas, parler réellement de portrait ? On photographie alors une personne dont on ne veut pas dévoiler les traits du visage. On peut bien sûr, trouver des cas qui peuvent justifier cette manière de procéder, mais ils sont relativement rares ou répondent à des besoins bien particuliers : attirer le regard vers l’anatomie du modèle, quel que soit le but poursuivi dans ce cas, ou bien vers les vêtements qu’il porte. Un autre but est de montrer une personne dans l’exercice d’une activité et dans un angle particulier. Il se justifie notamment quand le sujet est lui-même au ras du sol, et que le point d’intérêt y est situé aussi. Il est important de se tenir à hauteur du sujet. Un exemple : un bébé qui ne marche pas encore, et rampe au sol pour attraper un objet. Bien évidemment, dans ce cas, impossible de cadrer en contre-plongée : il faudrait creuser le sol et trouver un angle improbable de prise de vue. Resterait alors la solution de shooter en plongée, au risque de dévaloriser encore le sujet. En tous cas, il est important de se poser la question avant de faire la photo.
Le Cadrage Oblique : Dynamisme ou Déséquilibre
Ces cadrages en oblique se rencontrent souvent dans les photos de rue. Soit que le photographe ait cadré « au jugé » pour différentes raisons, soit qu’il ait voulu donner une dynamique particulière à sa photo. Il faut noter, quand on photographie des personnes marchant dans la rue, sans montrer le sol, qu’un cadrage oblique donnera l’impression (s’il est dans le bon sens, bien sûr) que ses personnes se hâtent vers leur lieu de destination. Si, au contraire, on cadre normalement, alors ces personnes donneront l’impression de se promener tranquillement dans la rue. En cadrant en oblique, il faudra prendre garde à ne pas provoquer d’impression de déséquilibre, de trouble, chez le lecteur de la photo. Un cadrage oblique ne pourra pas dans tous les cas s’avérer « neutre » à cet égard. En revanche, ce type de cadrage est à éviter lorsque l’on photographie des paysages où l’horizontalité est de mise. Par exemple, une surface aquatique (mer, lac, etc.) : si l’on cadre en oblique, on va donner l’impression que la mer, le lac, etc., se vide progressivement dans le sens de la pente.
La Distance de Prise de Vue : Du Détail à l'Immersion
Pour ce qui est des objets, shooter de très près se justifie par la volonté de montrer les détails de l’objet photographié. En pareil cas, d’ailleurs, l’utilisation d’un objectif macro pourrait tout à fait être préconisée. Elle dépend essentiellement de la taille de l’objet. Ce qui est « visé » ici, ce sont essentiellement les portraits du visage. S’approcher de très près, surtout si l’on utilise un objectif grand-angle, va provoquer des déformations très peu esthétiques. Par exemple, le nez de la personne va se trouver démesurément grossi, jusqu’à emplir une grande proportion de la photo. Là encore, tout dépend de ce que l’on veut obtenir.
Si le sujet, cadré de très loin, est trop petit, le risque est qu’il soit noyé dans son environnement, et qu’il perde ainsi tout son intérêt. Quand on veut cadrer de cette façon, c’est souvent pour montrer l’isolement du sujet. Mais l’espace qu’il occupe doit être suffisant pour montrer que c’est bien lui le sujet et non l’environnement. C'est un subtil équilibre, pas toujours facile à trouver. Sans ce cas, le photographier de loin ne permettra pas de le reconnaître. De notre point de vue, cette façon de cadrer est une des plus délicates, tant elle nécessite de soin pour équilibrer les proportions entre le sujet et son environnement. Ce n’est pas une question de technique pure, mais plutôt de conception de l’image. Parfois, une image mal cadrée, où le sujet est éloigné et le regard est détourné par des éléments environnants, perd tout son impact. L’équilibre ciel/eau, par exemple, peut être trop égalitaire et donc trop banal si le sujet n'est pas mis en valeur.
Le Cadrage Carré et l'Usage "À Contre-Emploi"
Ce qui est évoqué ici, c’est l’usage « à contre-emploi » du type de cadrage. Ainsi, un paysage qui devrait être cadré au format paysage, peut aussi être cadré en format portrait. On peut aussi traiter de la même façon, mais à l’inverse, le portrait d’une personne. Bien souvent - et d’ailleurs trop souvent - on recadre en carré en post-traitement. Le but est généralement de masquer une composition initiale erronée ou la présence dans le champ d’un élément indésirable. Il aurait été préférable, évidemment, de bien composer dès la prise de vue, le cas échéant en format carré, ce que ne permettent pas nativement tous les appareils photo. Cela implique qu’il faut « penser la photo » que l’on va faire dans ce format et l’organiser dans ce but. Le cadrage carré ne peut pas être un cadrage « par défaut ». Le sens de lecture dans un carré ne répond pas tout à fait aux mêmes « normes » que sur un format rectangulaire. Ce qui ne signifie pas qu’on peut négliger la composition. De fait, les meilleurs sujets seront ceux que l’on peut centrer sans choquer le regard. Par exemple un objet shooté de près, un élément du paysage que l’on veut isoler.