Les Cabines des Vieux Voiliers : Confort, Aventure et Patrimoine Maritime

L'attrait des grands voiliers et des vieux gréements ne se dément pas. Pour ceux qui ont envie d’une expérience du monde maritime, ces navires ancestraux offrent bien plus qu'une simple traversée : ils promettent une immersion totale dans l'histoire, la tradition et la beauté de la navigation. L'aventure inoubliable à bord d'une goélette splendide ou d'un trois-mâts majestueux est une invitation à découvrir les merveilles de la Méditerranée ou d'autres horizons lointains, le tout en symbiose avec l'océan. La vie à bord, souvent perçue comme rustique, a pourtant évolué, et la cabine du vieux voilier, autrefois espace de survie, est aujourd'hui le cœur d'un confort inattendu, permettant aux marins comme aux passagers de se reposer et de profiter pleinement de leur périple. Ces bateaux, qu'ils soient en bois ou en acier, qu’il s’agisse de voiliers à 5, 4, 3 ou 2 mâts, ont marqué l’histoire. Ils ont navigué dans le monde entier pour y travailler et permettre à leurs équipages de découvrir les océans, d’exploiter la mer et ses ressources, de pêcher, de faire du commerce, d’apprendre la voile ou de combattre pour défendre leur pays.

L'Écrin de la Vie à Bord : La Cabine, Cœur du Voilier de Croisière

La caractéristique la plus importante d'un bateau de croisière est indéniablement la présence d'une cabine, un espace clos sous le pont où l'équipage et les passagers peuvent rester et se reposer lors de longs voyages à la voile. Les voiliers à cabine offrent ainsi aux marins la possibilité de découvrir la liberté de naviguer à la voile, combinée au confort et aux commodités d'une véritable maison de loisirs sur l'eau. Ces croiseurs à cabine varient considérablement en taille, des petits bateaux pouvant accueillir quelques personnes aux grands yachts capables d'accueillir dix personnes ou plus. Ils sont généralement dotés d'une quille sous la surface de l'eau pour assurer la stabilité, et sont équipés de plusieurs voiles pour propulser le bateau avec la force du vent. L'utilisation d'un bateau de croisière s'adapte aux préférences de son propriétaire et au but recherché, qu'il s'agisse de détente et de navigation récréative dans les eaux côtières, les lacs et les rivières, ou de voyages plus longs en haute mer, voire de participation à des courses de yachts.

Le confort des cabines est une préoccupation majeure pour les passagers. Par exemple, sur certains navires, comme la splendide goélette proposant des croisières entre la France et l'Italie, la capacité est de 12 passagers maximum, répartis dans 6 cabines doubles, dont 3 cabines avec lit double et 3 cabines avec deux lits simples superposés. Ce type d'aménagement privilégie un certain niveau d'intimité et de commodité. Le Bora Bora, un vieux gréement historique et typique de la Méditerranée, offre un confort notable avec ses cinq cabines équipées de douches et toilettes, une cuisine entièrement équipée et un grand salon pour les repas en commun, avec des cabines prévues pour 2 ou 3 personnes. Le salon de l'Atlantis, exploité par la compagnie néerlandaise Tallship Company, est également mentionné, suggérant des espaces communs accueillants. Cette même compagnie gère plusieurs grands voiliers, dont L’Atlantis avec 18 cabines pour 36 passagers, son jumeau L’Artemis proposant 16 cabines pour 2 ou 3 personnes, L’Antigua avec 16 cabines pour 32 passagers et L’Elizabeth qui dispose de 10 cabines pour 20 passagers.

Pour certains, le choix du voilier ne se limite pas à la performance en mer, mais intègre des considérations de confort et d'espace de vie à bord. Il est parfois difficile de trouver la perle rare, comme en témoigne la quête d'un voilier "plus maison que performant". Les courtiers en yachts, tels que DOEVE Courtiers, spécialistes des voiliers à cabine, reconnaissent l'importance de ces critères. Un marin ayant un "profil" particulier, tel qu'une personne relativement grande avec un mètre 86 et une morphologie imposante, peut rencontrer des difficultés à trouver une cabine adaptée à son gabarit. Des aménagements spécifiques, comme ceux vus sur des bateaux tels que l'Etap 38i ou un Dufour 36CC, peuvent être appréciés. La propreté et l'agencement d'un bateau sont des facteurs clés dans l'appréciation d'une cabine. Le Santa Maria Manuela, grâce à un refit complet réalisé en 2022, accueille désormais ses équipiers dans des conditions plus que confortables, offrant un exemple parfait de la façon dont les vieux gréements peuvent être modernisés pour le bien-être des passagers, avec un sentiment de "décoration feutrée" et une super cuisinière, comme cela a pu être ressenti à bord de l'Oosterschelde.

Les Géants des Mers : Une Plongée dans l'Univers des Grands Voiliers

Le monde des grands voiliers est peuplé de navires légendaires, chacun porteur d'une histoire et d'une âme uniques. Ces bâtiments historiques sont des ambassadeurs flottants du patrimoine maritime, offrant des expériences uniques à tous ceux qui montent à bord. L'agence de voyage Vogweek propose de faire le point sur les grands voiliers qui existent et naviguent encore, ainsi que sur les options qui s’offrent pour les visiter ou même intégrer leur équipage.

Lire aussi: Remise en forme personnalisée avec l'aquabike

Parmi les plus emblématiques, le Belem se dresse en figure de proue. Classé monument historique, le dernier trois-mâts barque français navigue depuis 1896. En 2024, il a été mis à l’honneur en apportant jusqu’à Marseille la flamme olympique depuis Athènes, marquant ainsi son importance culturelle et historique. Figurant parmi les 20 plus grands voiliers du monde, le Belem peut embarquer 16 membres d’équipage et jusqu’à 48 passagers, passionnés de voile, à partir de 14 ans. Un matelot du bateau précisait lors de l’Armada de Rouen que "C’est pour certains passionnés le voyage d’une vie. Sans eux, on ne pourrait pas déployer les voiles." Les réservations pour la programmation de l’année suivante démarrent tôt, avec une accélération des ventes chaque année à l’occasion du salon nautique. Ces croisières durent généralement de 3 à 8 jours et leurs tarifs sont présentés sur le site du bateau, avec un coût d'environ 200 euros par jour sans le transport pour rejoindre le port d’embarquement. L'association française les Amis des grands voiliers offre de nombreuses informations sur ces unités.

Le Sedov, un quatre-mâts barque de 117 mètres de longueur de coque, dont le lancement remonte à 1921, se distingue comme le plus grand voilier encore en navigation. Ce géant, comme tous les voiliers à cinq mâts qui surgissent à l’horizon, procure un sentiment de petitesse et d'admiration. Outre le Sedov, peu d'autres voiliers à quatre mâts existent, à l'exception notable du Sea Cloud, ou Hussar II, un quatre-mâts barque en acier construit en 1931, qui a servi de navire de plaisance privé, de bateau militaire puis de navire école tout au long de sa vie. Le Santa Maria Manuela, un quatre-mâts goélette basé à Aveiro, au Portugal, dont le lancement a eu lieu en 1937 initialement pour la pêche à la morue, est un autre exemple de ces navires historiques toujours actifs.

De nombreux voiliers à trois mâts naviguent encore dans les eaux du monde entier. Le Götheborg of Sweden, une réplique d’un voilier de commerce du 18ème siècle, est considéré comme le plus grand voilier en bois du monde. Parmi les grands voiliers français naviguant encore, on peut citer Le Belem et Le Français, un trois-mâts construit en 1948 au Danemark. Il est important de noter que le dernier trois-mâts carré conservé, le Duchesse Anne, est aujourd’hui un des éléments principaux du Musée portuaire de Dunkerque, n'étant plus en navigation.

D'autres navires emblématiques sillonnent les mers, chacun avec sa particularité. Le voilier norvégien Statsraad Lehmkuhl, basé à Bergen, de 98 mètres de long et datant de 1914, est un véritable ambassadeur des Nations Unies pour sensibiliser sur la protection des océans. Cette unité peut embarquer 30 matelots et jusqu’à 150 passagers à partir de 12 ans, et propose des croisières de 2 à 5 jours entre Bergen et les îles Shetland. Avec comme port d’attache Torrevieja en Espagne, la goélette Pascual Flores fait du cabotage en Europe et en Méditerranée. Cet ancien bateau de commerce de 43 mètres datant de 1917, doté d’un équipage de 10 marins, peut accueillir jusqu’à 12 personnes à partir de 18 ans, et est idéal pour une croisière en famille ou en tribu. Sa participation à la vie du bateau est possible mais non obligatoire, à partir de 100 euros par jour. Le lisboète Santa Maria Manuela, avec une capacité de 44 passagers extérieurs, passe dix mois en mer et propose des croisières de 3 à 9 nuits entre Madère, les Açores et le Cap Vert. Sur ce fier vaisseau, il est possible de participer activement à la vie du bord ou de ne rien faire, observant la mer en sirotant un verre de Porto, pour un coût de 140 à 200 euros par jour de navigation.

La compagnie néerlandaise Tallship Company exploite plusieurs grands voiliers pour des croisières de formation de la Baltique à la Méditerranée, incluant L’Atlantis, L’Artemis, L’Antigua et L’Elizabeth. Nettement plus petit que le Belem avec ses 28 mètres, La Licorne, une belle goélette de trois mâts et hunier de 1907, peut accueillir 11 passagers dans 5 cabines doubles ou triples. Basée à Saint-Valery-en-Caux, elle navigue essentiellement le long des côtes bretonnes et de la Manche. La compagnie Voile traditionnelle gère le Lola of Skagen, un voilier de 1919 de 12 couchettes, pour des périples de 2 à 10 jours visitant les îles de l’Atlantique, les îles bretonnes et les îles anglo-normandes. Le Fleur de Lampaul, voilier traditionnel classé de 20 mètres, accueille 27 personnes à la journée et 12 en croisières longues pouvant atteindre les côtes de l’Afrique ou de la Norvège. Toujours dans la classe dundee, l’Etoile Molène navigue au départ de Saint-Malo avec jusqu’à 16 personnes pour les îles Chausey ou les îles anglo-normandes. D’avril à octobre, la cité corsaire sert aussi de port d’embarquement pour Le Renard, L’Etoile de France et L’Etoile du Roy, bateaux de la flotte Étoile Marine Croisières, fréquemment utilisés dans des films et des séries télévisées. L’Etoile du Roy est une réplique en bois d’une frégate corsaire malouine de 1745, tandis que Le Renard rend hommage au bateau du célèbre corsaire malouin Robert Surcouf. Également basé à Saint-Malo, le trois-mâts barque Le Français accueille de jeunes marins et des croisiéristes à la journée, et possède également trois cabines passagers. Le Charles-Marie, un ancien chalutier lancé en 1968 et basé à Granville, a la particularité d’embarquer des jeunes de 12 à 18 ans pour des séjours de vacances en mer. Il ne faut pas oublier La Recouvrance, bateau star de la ville de Brest, lancé en 1991, une copie de goélette à hunier du 1er Empire. Depuis son port, il est possible de mettre les voiles le temps d’une journée à bord du JR Tolkien, une jolie goélette à hunier de 1964 qui peut embarquer jusqu’à 90 passagers ou 32 stagiaires en croisières longues. Enfin, au départ d’Harlingen, le trois-mâts Thalassa prend la mer avec à son bord 120 marins d’un jour ou 34 croisiéristes pour des périples plus longs grâce à ses 18 cabines.

Lire aussi: Aquabike Professionnel : un investissement rentable ?

L'Expérience à Bord : Participation, Aventure et Apprentissage

Embarquer sur un vieux gréement est bien plus qu'une simple croisière ; c'est une véritable immersion dans le monde des marins passionnés et la découverte des manœuvres à la voile de tradition. Que l'on soit un marin aguerri ou un novice, ces voyages offrent une flexibilité et un confort adaptés aux attentes de chacun. Un équipage de marins professionnels est généralement à votre service pour assurer votre confort, la préparation des repas et l’organisation des activités à bord. La croisière peut être le temps d’une semaine, de quelques jours ou d’une journée, et de nombreux voiliers anciens proposent d’embarquer seul, en famille ou entre amis, souvent en participant aux manœuvres.

Ces expériences maritimes inoubliables sont souvent des croisières actives, bien que certains passagers puissent choisir d'être plus contemplatifs. La vie à bord implique parfois de laver le pont, de faire la cuisine voire de tenir la barre. Les seules contraintes sont généralement de savoir nager, d’être en bonne santé (un certificat médical est requis) et, pour certaines activités, de ne pas avoir le vertige pour grimper dans la mâture. Mais "Pas besoin de savoir naviguer pour monter à bord !", comme l'illustre un stage tous niveaux qui s’adapte à tous. On peut y développer un apprentissage de la navigation. Le capitaine d'une telle expédition peut être un marin aguerri, tel que Christophe Houdet, détenteur de son Brevet d’État depuis 1997 ainsi que du brevet de capitaine 200, l'homme idéal pour découvrir la Voile. Détenteur du record de vitesse de la Route du thé, il ne compte plus le nombre de transats.

Les activités proposées à bord varient, incluant la pêche, le snorkeling ou le paddle, avec tout le matériel mis à disposition par l’équipage. Au-delà des activités ludiques, naviguer c’est aussi se dépasser : on apprend un nouveau vocabulaire, une nouvelle activité, on joue avec les éléments pour avancer sur l’eau. C'est également un moment de complicité et de rencontres, car "on ne navigue pas seul sur un aussi gros bateau, on va avoir besoin d’être un véritable équipage et se serrer les coudes !"

L'engouement pour ces voyages est tel que les grands rassemblements maritimes, comme l’Armada de Rouen en 2023 où une quarantaine de bateaux étaient réunis, ou les courses à la voile pour bateaux école mesurant de 10 à plus de 100 mètres de long, sont des occasions de vivre ces expériences. Ces événements permettent souvent d’embarquer des jeunes et des particuliers sur chaque étape de la course pour vivre comme les matelots du bord en participant quotidiennement aux manœuvres. La deuxième étape de ces courses se déroule cet été entre le 7 et le 10 juillet entre Le Havre et Dunkerque, animant ces deux villes avec de grands rassemblements. Les étapes suivantes peuvent conduire ces vieux gréements jusqu’à Aberdeen en Écosse, puis Kristiansand en Norvège, avant une arrivée à Esbjerg au Danemark. Ces croisières plus sportives - et parfois spartiates - font partie du modèle économique qui permet d’entretenir ces voiliers et de les faire naviguer, assurant ainsi la pérennité de ce patrimoine.

Des croisières plus spécifiques, comme celles en Corse, offrent une "navigation privilégiée, hors de la foule, où se succèdent falaises, îlots baignés par une mer turquoise et… rencontre avec les mammifères marins ! Eh oui, nous allons traverser le sanctuaire Pelagos ! Dans ce sanctuaire, vivent des dauphins, des cachalots et même.. des baleines !" Cette destination offre des paysages côtiers époustouflants, des plages de sable blanc et des criques isolées accessibles uniquement par bateau. C'est l'occasion de découvrir la navigation et le voyage à la voile, en ressentant un sentiment d’apaisement en écoutant les vagues. L’immensité de la mer apporte un vrai sentiment de paix intérieure. L'itinéraire s’affinera en fonction des attentes du groupe et de la météo. Le rendez-vous se fait au port de Hyères, avec un départ prévu du 7 au 14 septembre. Il est même possible d'arriver la veille, le vendredi, et de dormir sur le bateau sans frais supplémentaire.

Lire aussi: Bien-être et minceur : l'aquabiking en cabine privée.

Malgré l'enthousiasme, il peut y avoir des imprévus. Il était par exemple possible de postuler pour embarquer en tant que gabier sur l’Hermione, mais malheureusement, l’Hermione a suspendu ses projets pour le moment, à cause d’un problème de champignons à bord. Cependant, de nombreuses autres opportunités existent, et l'expérience d'un "rêve d’enfant" de naviguer sur un grand voilier traditionnel est souvent à portée de main, avec un équipage "très sympa, compétent, pédagogue et accueillant". Des moments uniques, comme "monter dans la mâture pour déverguer la misaine", peuvent créer des souvenirs inoubliables.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *