Choisir sa planche de surf, c’est un peu comme choisir sa monture pour une aventure en pleine mer. Le surf, catégorie reine des sports de glisse aquatiques, est une pratique aussi bien culturelle que sportive qui, au fil des décennies, s’est déclinée en différentes variantes. Terrain de jeu des surfeurs, les vagues peuvent prendre diverses formes, varier en termes de taille ou de puissance, et toutes les planches de surf ne sont pas forcément adaptées à tous les spots. Il convient dès lors de choisir sa planche non seulement en fonction du type de vague que l’on souhaite rider, mais également selon son gabarit et son niveau afin de progresser dans de bonnes conditions et pour profiter au maximum de ses sessions.
Anatomie d'une planche de surf et influence sur le comportement
Une planche de surf, quel que soit son shape, peut se diviser en plusieurs parties dont les propriétés impacteront directement le comportement, la maniabilité et la performance en termes de flottabilité, de stabilité et de glisse.
Le nose (l'avant) joue un rôle capital au moment de la rame, au niveau de la flottabilité ou de la glisse. Plus le nose est fin et pointu, plus la performance sera au rendez-vous dans les vagues creuses et puissantes. La technique du « canard », qui consiste à plonger avec sa planche pour passer sous les vagues, sera également plus facile à réaliser avec ce type de nose. Un nose plus large et plus arrondi offrira quant à lui une meilleure flottabilité et une vitesse de rame plus importante.
Le deck (pont) est la partie supérieure de la planche. Il est traversé du nose au tail par une latte de bois appelée stringer. Cette latte améliore la réactivité de la planche en la rendant plus souple, offrant ce qu'on appelle le « flex », qui permet à la planche de mieux répondre aux impulsions du rider. Le stringer accroît également la solidité de la planche. Le deck accueille aussi le pad et le leash. Le pad est une surface en mousse offrant du grip, tandis que le leash est un cordon de sécurité essentiel pour ne pas perdre la planche en cas de chute. Pour un débutant, il est préférable d’opter pour un leash assez grand pour éviter tout accident type retour de planche. Un surfeur aguerri pourra en revanche se tourner vers un leash plus court.
Le bottom (dessous) définit la glisse, se traduisant par un dessous plutôt plat ou creusé. Une planche au bottom plat est plus maniable et rapide, mais a tendance à être moins constante dans les trajectoires. Un bottom plus creusé (concave) offre vitesse et maniabilité tout en assurant une meilleure conservation des trajectoires. Un double concave permet un écoulement de l’eau plus efficace, produisant une meilleure accélération, tandis qu'un bottom convexe offre une meilleure stabilité générale.
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Les rails (bords) jouent un rôle important dans la pénétration dans l’eau et la réactivité. Plus le rail est « hard » (proche du bottom), plus la board sera performante dans les vagues puissantes. Un rail « soft » est plus adapté pour les petites vagues, plus molles.
Les différents types de tails et leur impact
S’il existe de nombreux types de tails, les formes les plus répandues conditionnent la réactivité et la stabilité :
- Square tail : De forme carrée, il permet de profiter d’une bonne vivacité dans les petites vagues.
- Round tail : Parfait pour les vagues plus imposantes, ce tail est beaucoup plus arrondi.
- Swallow tail : Il conviendra mieux pour les petites vagues.
- Pin tail : Le tail le plus fin et pointu. Il permet une excellente accroche sur les grosses vagues très creuses, ainsi qu’un bon contrôle de la trajectoire, bien qu'il soit moins à l’aise dans les virages.
Le système de dérives : de la stabilité à la performance
Les dérives sont des ailerons fixés sous la planche dans des boîtiers (FCS, FCS II, Future).
- Montage en single : Une seule dérive centrale. Parfait pour conserver les trajectoires sur les grandes planches, mais peu maniable.
- Montage en twin : Deux dérives latérales offrant de la vitesse.
- Montage en thruster : Trois ailerons. C’est le compromis parfait entre maniabilité, stabilité et vitesse. C’est le montage le plus répandu.
- Montage en quad (quatro) : Quatre dérives. Il offre une grande polyvalence sur les vagues creuses comme molles, de la vitesse et une bonne accroche.
Plus une dérive est longue et rigide, plus l’accroche est forte, tandis qu'une dérive souple et fine favorise la maniabilité, ce qui est idéal pour les débutants.
Typologie des planches : du longboard au gun
Chaque planche répond à un besoin spécifique selon le niveau et le type de vague :
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- La planche en mousse (softboard) : Longue, large et volumineuse, elle est idéale pour débuter. Elle garantit stabilité, sécurité et confort.
- Le longboard : Mesurant entre 2,70 m et plus (8’ à 12’), il est parfait pour les vagues douces et les grandes courbes. Stable et facile à ramer, il permet des figures classiques.
- Le mini-malibu : Plus court qu’un longboard, il garde une bonne stabilité tout en étant plus maniable.
- Le shortboard : Court, fin et nerveux (5’ à 6’), il est conçu pour les manœuvres radicales dans les vagues creuses et rapides.
- Le fish : Reconnaissable à son tail en queue de poisson, il est plus large qu’un shortboard. Parfait pour les vagues molles tout en gardant une bonne vitesse.
- L’hybride (Egg) : Mélange entre le shortboard et le fish, il offre nervosité et stabilité.
- Le Gun : Conçu pour les grosses vagues, il est difficile à manœuvrer et réservé aux surfeurs expérimentés.
Critères de choix : niveau, gabarit et conditions
Le choix d’une planche dépend de plusieurs facteurs : votre niveau, votre poids, votre taille et le type de vagues visées. Pour les débutants, la priorité est la stabilité et la flottabilité pour faciliter la rame et le take-off. Une planche grande, large et épaisse est recommandée. À mesure que le niveau augmente, le surfeur peut s'orienter vers des planches plus courtes et plus réactives.
La taille de la planche se mesure en pieds (1 ft = 30,48 cm) et doit être proportionnelle au gabarit du surfeur. Une personne plus lourde et plus grande nécessitera une planche plus longue, large et épaisse. Le volume, mesuré en litres, est crucial : un débutant recherchera un volume élevé pour le confort, tandis qu'un surfeur avancé cherchera le volume optimal pour performer sans être limité par l'encombrement.
Le choix du matériau (mousse, résine polyester ou époxy) est aussi déterminant. La mousse est sécuritaire pour l'apprentissage, tandis que la résine (en dur) est réservée aux surfeurs ayant déjà une bonne maîtrise, car elle est plus rigide, légère et potentiellement plus dangereuse en cas de choc.
Il n’existe pas une seule planche parfaite. La plupart des surfeurs constituent au fil du temps un "quiver", un ensemble de planches adaptées aux différentes conditions rencontrées. "Le mieux est d’y aller par pallier. Pour ne pas se tromper, le plus simple est de se faire prêter des planches pour les essayer et de demander conseil auprès d’un shapeur ou d’un vendeur spécialisé", recommande le shapeur Pierre Cazadieu.
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