Le vin, cette boisson vivante et complexe, a toujours été au cœur des échanges et des voyages, posant constamment la question de sa conservation et de son transport. Qu'il s'agisse d'une aventure personnelle pour emporter quelques bouteilles millésimées lors d'un long périple en mer ou d'une révolution logistique à grande échelle, le défi demeure : comment préserver l'intégrité et la qualité du vin face aux contraintes du voyage, et ce, de manière durable ? Cette interrogation prend une dimension particulière lorsqu'il s'agit de crus anciens, tels que le millésime 1989, dont la complexité et le potentiel de garde sont déjà une énigme en soi, même dans des conditions de stockage optimales à terre. Le spectre du goût de bouchon et d'autres désagréments plane toujours, car, comme on le dit si bien, "rien ne peut être garanti à 100 pour 100 car c'est la nature et c'est vivant !". Cependant, l'histoire et l'innovation moderne nous offrent des perspectives fascinantes sur la manière dont le vin peut non seulement voyager, mais aussi s'épanouir en mer, redéfinissant les standards du transport maritime.
La Quête d'une Conservation Optimale du Vin en Mer : Leçons du Passé et Innovations du Présent
La question de la conservation du vin à bord d'un navire est aussi ancienne que le commerce maritime lui-même. Si l'expérience personnelle se limite souvent au transport de vins jeunes, âgés de deux à cinq ans, pour des durées courtes de quelques semaines, la perspective d'embarquer des bouteilles millésimées, vieilles de dix ou vingt ans, pour un voyage de plusieurs mois en Espagne, soulève des préoccupations légitimes. La stabilité thermique, l'humidité, l'agitation constante et l'exposition à la lumière sont autant de facteurs susceptibles d'altérer la qualité d'un vin, surtout pour des cuvées destinées aux "grandes occasions".
L'histoire nous offre cependant des exemples remarquables de conservation inattendue. Dans les années 1980, une campagne de fouilles archéologiques sous-marines a permis de retrouver quatorze bouteilles intactes, pleines… et excellentes ! Elles reposaient dans l’épave d’un navire marchand, le "L'Amsterdam", coulé au large de l’Angleterre, presque deux siècles et demi plus tôt, en 1749. Ce vaisseau de plus de 1 000 tonnes, 50 mètres de long et armé de 42 canons, avait appareillé début janvier d'Amsterdam, chargé de marchandises, dont des bouteilles d’un vin sucré des coteaux de Monbazillac, très prisé par la bourgeoisie européenne. Une tempête, au large de l'Angleterre, l'a obligé à s'échouer, scellant son destin et celui de sa cargaison au fond de la baie.
Entre 1983 et 1985, ces campagnes de fouilles ont mis au jour ce trésor : quatorze bouteilles d’un vin doux, restées intactes et pleines. Les premières analyses réalisées par l’Institut néerlandais de recherches technologiques ont révélé que le vin était parfaitement conservé. Ce nectar avait été protégé par un bouchon de liège, solidement tenu par un fil de cuivre et cacheté de cire. Il était demeuré tout ce temps à l’abri de la lumière, à une température constante d’environ 10 °C. Les scientifiques ont conclu que le vin avait, à peu près, les mêmes caractéristiques physico-chimiques qu’un monbazillac vieux de vingt ou trente ans. Une autre découverte de taille fut la qualité exceptionnelle des raisins utilisés à l’époque, comme l'écrivit le journaliste Jean-Paul Vignaud dans « Sud Ouest » à l'époque, preuve d'une exigence multiséculaire cultivée sur ce terroir. Les archives de l’Interprofession des vins de Bergerac et de la Compagnie des Indes ont confirmé que ce vin avait été produit dans la région en 1747, spécifiquement pour être envoyé en Hollande. En 1989, deux de ces bouteilles ont même été dégustées lors du salon Vinexpo, avec des témoignages indirects affirmant qu'il était "excellent" et "très bien conservé".
Cette découverte historique souligne des principes fondamentaux de la conservation du vin : l'obscurité, une température fraîche et stable, et une bonne étanchéité du bouchon sont des éléments cruciaux pour la pérennité du breuvage. Ces enseignements résonnent particulièrement avec les préoccupations modernes concernant le transport de vins, notamment par voie maritime. En effet, les initiatives contemporaines de transport de vin par voiliers-cargos intègrent ces principes en développant des cales spécialement conçues pour maintenir des conditions optimales. Des entreprises comme Grain de Sail ou TOWT (TransOceanic Wind Transport) investissent dans des technologies d'isolation et de climatisation pour leurs cales, alimentées par des énergies renouvelables. Le voilier Grain de Sail, par exemple, bénéficie d’une isolation en mousse polystyrène et d’une climatisation pour réguler température et humidité, alimentée par éoliennes, panneaux solaires et hydro-générateurs. De même, le voilier-cargo "Anemos" de TOWT assure des "températures fraîches et stables dans nos cales".
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Cependant, le transport maritime moderne soulève de nouvelles questions, en particulier pour les vins les plus délicats. La traversée de 25 jours en mer, avec des creux de deux à trois mètres, peut susciter des inquiétudes quant à la buvabilité des vins, d'autant plus lorsque l'une des cuvées est vinifiée sans soufre. Les vins "naturels", par leur nature même, sont souvent plus sensibles aux variations et aux agitations, rendant la stabilité environnementale du transport encore plus critique. La capacité de ces voiliers-cargos à offrir des conditions qui rivalisent avec celles d'une cave souterraine millénaire est donc un enjeu majeur pour la crédibilité et le succès de ces initiatives.
Le Millésime 1989 : Un Héritage Viticole Complexe et Nuancé
Le millésime 1989 occupe une place singulière dans l'histoire viticole française. Il s'agit pour beaucoup d'une année symbolique, liée à une naissance, un mariage ou tout autre événement marquant, incitant à la recherche d'une bouteille de cette époque. Cependant, décrire ce millésime est une tâche ardue, car il est "difficile d’écrire sans perdre le fil de son récit" et le "mot juste est plutôt compliqué". Cette complexité s'explique par les nombreux paramètres propres aux vignerons et aux œnologues qui ont influencé la qualité de leurs vins.
Le millésime 1989 fut parfois critiqué, souvent pour un manque d’équilibre, mais aussi souvent encensé en raison de dates de vendanges précoces, de mesures phénoliques de grande qualité et d’un rendement parfait lorsque celui-ci fut bien maîtrisé. Une météo parfaite a permis un développement du cycle de la vigne dans les meilleures conditions. Il n’est pas anodin de constater que le millésime 1989 a fourni les vendanges les plus abondantes depuis l’année 1893.
L’année fut caractérisée par un hiver chaud et sec qui donna le ton. La floraison fut idéale, suivie d'une véraison légèrement précoce, aboutissant à une maturité des raisins très tôt dans le calendrier. C'est à ce stade que la complexité se manifeste. La quasi-totalité des Merlots fut récoltée à bonne maturité, affichant un degré d’alcool supérieur d'environ 1,5 degré à l'habitude. Cette caractéristique contribua à donner aux vins de la matière et du fruit. En revanche, pour certains Cabernets Sauvignons, bien que très mûrs, ils n'avaient pas toujours atteint leur maturité physiologique et manquaient d’acidité, ce qui pouvait altérer l’équilibre nécessaire. Le Cabernet Sauvignon étant souvent un déterminant du potentiel d’un grand vin, la décision du vigneron fut cruciale ; ceux qui ont choisi d’attendre un peu plus longtemps furent récompensés par la production de très grands vins.
En région bordelaise, le Libournais vit les Pomerols s’en sortir mieux que les Saint-Émilions, avec de très grandes réussites notamment pour Pétrus ou Lafleur Pétrus. Sur Saint-Émilion, Château Angélus et Château Cheval Blanc se sont distingués comme les meilleurs vins de l’appellation. En ce qui concerne la rive gauche, les vins de Margaux furent en règle générale désavantagés par rapport au reste du vignoble, mais produisirent comme en 1982 des vins de bonne ou moyenne qualité, à l’image de Château Margaux ou encore Château Rauzan Ségla. Les vins de Pessac-Léognan s’en sont, quant à eux, bien mieux sortis. Dans le Médoc, trois appellations se démarquent particulièrement : Saint-Estèphe, Pauillac et Saint-Julien. Les meilleures propriétés y ont produit des vins aussi bons que ceux du millésime 1982. On peut retenir les vins de Cos d’Estournel, Haut-Marbuzet, de Talbot ou encore de Lynch-Bages. Enfin, le millésime 1989 fait partie des « trois glorieuses », des millésimes d’une qualité exceptionnelle pour les vins blancs sucrés du Sauternais. Le faible niveau de précipitations en septembre favorisa le développement de la pourriture noble, complétant un cycle végétatif et une maturité du raisin parfaits, offrant des conditions idéales pour l'élaboration de grands vins liquoreux.
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En Bourgogne, le millésime 1989 est souvent qualifié de "millésime d’amateurs et de vignerons". La météo fut idéale malgré quelques gels sur les Hautes-Côtes en avril. L’été très chaud permit au Pinot Noir de s’exprimer pleinement. Les vins rouges sont souvent racés, riches et puissants. Plutôt tanniques, ils se révèlent plus équilibrés et plus flatteurs que les 1988 et pouvaient être dégustés sur le fruit entre 5 et 10 ans selon l’appellation. Les plus belles cuvées peuvent encore s’apprécier de nos jours, témoignant d’un remarquable potentiel de garde. Pour les vins blancs, le Chardonnay a également profité de cette magnifique météo. Les vins sont gras, puissants et d’une minéralité pure. Sur Meursault, par exemple, les vins possèdent un potentiel de garde remarquable. Ce fut un millésime de vignerons car, même si les quelques averses de juillet ont aidé les vignes à surmonter la sécheresse estivale, certaines vignes ont atteint des degrés d’alcool très élevés. C’est à ce moment que les décisions éclairées des meilleurs vignerons firent la différence, certains produisant des vins trop chargés et lourds, tandis que d’autres réussirent à élaborer des vins d’une très grande qualité, dotés d’un beau potentiel de garde.
Dans la Vallée du Rhône, à l’instar du reste de la France, les vins ont bénéficié d’un été très chaud avec une faible pluviométrie. Ce millésime est parfois un peu oublié, car il précède l’extraordinaire millésime 1990. Néanmoins, lorsque les vendanges furent bien maîtrisées et le travail en chai à la hauteur de la qualité de l'année, le vin produit fut très grand. Dans la partie Septentrionale, les vins rouges tels que les Côte-Rôtie ou Hermitage sont exceptionnels. Ils sont puissants, concentrés et d’une très belle matière. Pour les plus beaux domaines ayant réussi à maîtriser l'équilibre entre alcool et acidité, les vins offrent une très longue garde et pourront se déguster encore jusqu’en 2030. Pour les blancs, le constat est similaire. Les Roussannes et Marsannes sont opulents, très expressifs et assez gras. Cependant, le manque de précipitations a pu avoir raison de certains de ces vins, qui auraient dû, selon certains experts, avoir déjà été bus. Pour la partie méridionale, le millésime est également fantastique, avec un seul petit bémol sur les vins de Tavel qui sont passés à côté et n’offrent que des vins de moyenne qualité. En revanche, tous les voyants sont au "vert" en ce qui concerne les vins de Châteauneuf-du-Pape. Il faudra cependant être amateur de vins puissants, car les fortes chaleurs de cette année 1989 ont donné des raisins très mûrs et donc des vins très puissants, capiteux, avec un caractère tannique affirmé.
Il est difficile de mettre en avant une région viticole plus qu’une autre, car cette année 1989 fut magnifique sur la quasi-totalité du terroir de France. Une petite note concernant les vins de Champagne : ils sont difficilement trouvables, car des gels ont attaqué presque 20% des vignobles, surtout sur la Côte des Blancs. Cependant, le peu de jus produit fut gras, puissant et différent de ce qu’avait pu donner le Chardonnay auparavant. Sur le Sud-Ouest, les vins de Madiran ou Cahors sont d’un très bon niveau, avec des domaines comme Brumont ou le Château d’Aydie. Dans le Languedoc-Roussillon, les vins ont également profité des fortes chaleurs. Les vins sucrés y sont à l'honneur, à l'image des Maury gorgés en sucre à souhait. Sur la Loire, le millésime a davantage bénéficié aux vins blancs.
Le millésime 1989 est donc considéré comme l'un des "très bons millésimes oubliés". Il en existe ainsi, qui, soit parce qu'ils succèdent à un millésime exceptionnel, soit parce qu'ils sont moins "marchands" que leurs voisins, se font discrets. C'est le cas pour 1989, qui est venu après un millésime cher, sans que son propre prix ne baisse, alors que le millésime 1990 a vu son prix chuter d’environ 20%. Moins bon marché, les marchands de vin ne s’y sont pas arrêtés plus que cela, préférant le très bon rapport qualité/prix du millésime 1990.
Si l'on souhaite offrir une bouteille de 1989, il est conseillé de choisir une bouteille avec un niveau cohérent par rapport à son âge. Il est normal que les étiquettes des vins de 1989 soient souvent légèrement tâchées ou abîmées pour un vieux millésime. De grands vins rouges de France à Bordeaux, en Bourgogne et dans la vallée du Rhône, ainsi que du nord de l'Italie (Piémont), sont très concentrés et offrent une longue conservation. Les grands vins blancs de Bourgogne sont également très recherchés dans ce millésime. L'humidité automnale a aussi offert des conditions idéales pour le développement du Botrytis, permettant l'élaboration de grands vins liquoreux dans le Sauternais.
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Le Retour de la Voile : Une Révolution Éco-Responsable pour le Transport du Vin
Le transport maritime est un élément clé du commerce international, responsable d'environ 90% des produits consommés dans le monde. Cependant, il est également l'une des principales sources de pollution, avec environ 100 000 conteneurs émettant 4% du CO2 mondial. Les allégations faites par le "shipping" mondial sont souvent opaques et peuvent "être probablement divisées par deux" par rapport aux informations techniques réelles. Face à ce constat alarmant, certains entrepreneurs, partageant un goût pour la mer et une "détestation pour le carbone", ont décidé de réinventer le transport de marchandises en revenant aux cargos à voile, ou voiliers-cargos. Cette initiative, qualifiée par certains d'"énorme retour en arrière", est en réalité une "énorme innovation" dont le bilan carbone est "juste exceptionnel".
Grain de Sail : L'Aventure Maritime entre Vins, Cacao et Café
L'entreprise Grain de Sail, fondée par des frères jumeaux aux parcours poussés de managers énergéticiens, illustre parfaitement cette nouvelle approche. Ils ont réinventé une sorte de "commerce triangulaire" moderne, mais cette fois-ci vertueux. Leur activité englobe une chocolaterie, un atelier de torréfaction et un négoce de vins. Le 18 novembre (une année récente, implicitement), le voilier Grain de Sail a quitté le port de Saint-Malo, avec 15 000 bouteilles de vin bio à son bord. Ce "premier voilier-cargo au monde" (selon leur déclaration) est défini comme un VOTAAN 72 (Voilier Océanique de Transport trAns Atlantique iNnovant de 72 pieds). Il mesure 24,24 mètres de long et se distingue par sa largeur de 6 mètres, lui permettant d’accueillir dans sa cale 50 tonnes de marchandises dans des conditions exceptionnelles. Sa structure en aluminium et son équipement technologique sont conçus pour l'efficacité.
Le voilier-cargo GDS1, piloté par trois marins, quitte la Bretagne deux fois l’an avec une cargaison de vins. Il arrive à Manhattan environ 25 jours plus tard, où les vins "méritent bien un petit repos" après la traversée. À New York, Matt, le US W&S Director, accompagne des milliers de bouteilles bio à la conquête de la Grosse Pomme, lance les cuvées Grain de Sail Wines et s’occupe des formalités. Des dégustations festives sont organisées avec des sommeliers et cavistes français installés sur place.
Les vins transportés sont issus de beaux domaines réputés dans leurs appellations, tous certifiés bio, biodynamiques ou naturels. Parmi eux, on trouve Isabelle Pangault (Sancerre), Denis Hebinger (Alsace), J-F & Morgane Bistagne (domaine Maravilhas, Rhône), la famille Dietrich (Alsace), C-H Piconnet (Champagne, Côte des Bar) ou encore Antoine Arraou, du château Lafitte - l’autre ! - en Jurançon. Émeline Bergeron et Jérôme Dumanois, du domaine de la Fessardière en Pays Nantais, ont également vu leurs cuvées bio en Melon B, "L’Air du Temps" et "L’Air Innocent (2017)", faire le buzz à New York, notamment auprès des New-Yorkais qui "adorent les huîtres". Émeline Bergeron, dont le domaine de 25 hectares est certifié bio, est "très sensibilisée à la transition écologique" et voit cette initiative comme "un pas symbolique vers le grand basculement". L'entreprise Grain de Sail agit comme un négoce à l’export, commandant et payant les palettes (par exemple, environ 1350 bouteilles en 2021) et prenant le risque de la commercialisation des vins une fois arrivés à New York.
Après New York, le voilier-cargo repart pour la République Dominicaine pour un voyage humanitaire chargé de matériel sanitaire, bien que l'entreprise soit "pas très bavarde sur cette séquence". Sur place, à Saint-Domingue, il charge des fèves de cacao pour les chocolateries de Morlaix en Bretagne, complétant ainsi son "bilan carbone au ras des pâquerettes" et concrétisant une "belle aventure maritime". Les piliers de l'entreprise depuis sa création en 2010 sont le développement durable, la qualité des produits et le développement social, avec une sélection de cafés et cacaos à la source en Amérique Centrale.
TOWT et l'Anemos : Un Tournant Historique pour les Grands Crus
Dans le même esprit de décarbonation du transport maritime, l'entreprise française TOWT (TransOceanic Wind Transport), engagée depuis 2011, a franchi une étape majeure avec le lancement de son voilier-cargo "Anemos". Le 9 août (une année récente également), le voilier-cargo "Anemos" a quitté le port du Havre, direction les États-Unis, marquant un "voyage historique pour le transport maritime". C’est la "première vraie navigation du plus grand voilier-cargo" qui s'apprête à livrer 1000 tonnes de bouteilles de vin aux États-Unis.
Cette initiative est le fruit d’une collaboration entre la Maison Joseph Drouhin, célèbre producteur de vins de Bourgogne, et TOWT. La Maison Joseph Drouhin, fondée en 1880 et propriétaire d’un domaine de 100 hectares de Chablis jusqu’à Saint-Véran, a expédié 15 000 bouteilles de vin de Chablis et de Côte de Beaune à bord de l'Anemos. Pour son président, Frédéric Drouhin, cette première expédition est un "véritable pari". Ayant "stoppé l’expédition par voie aérienne il y a deux ans", l'entreprise recherchait des "moyens alternatifs" et a choisi de faire confiance à TOWT, s'engageant à long terme avec deux expéditions par an pendant trois ans.
L'Anemos est présenté comme le "premier voilier-cargo du monde". Entièrement propulsé par le vent, ce navire d’une longueur de 80 mètres, pensé pour transporter des marchandises à grande échelle - jusqu’à 1000 tonnes - est une "alternative écologique réduisant ainsi les émissions de CO2 de 90% à 98% et celles d’oxyde de soufre de 98%, par rapport aux modes de transport traditionnels". Avec 3 000 mètres carrés de voile, il peut effectuer la traversée "sans émettre de CO2". Le chargé de communication de TOWT précise que "selon les prévisions, Anemos est strictement en dessous de 2 grammes" de CO2 émis par kilomètre et par tonne transportée en moyenne, comparé aux 20 grammes pour un navire de l’ordre de 10 000 conteneurs. Frédéric Drouhin souligne que le choix de ce mode de transport est fait "pour des raisons climatiques", tout en "replongeant dans nos racines". Il ajoute que ces bateaux, étant plus petits, permettent de "charger et décharger très vite", évitant l'attente au large des ports saturés que subissent les porte-conteneurs. Les "températures fraîches et stables dans nos cales" sont également un atout majeur pour le vin.
TOWT a développé le label "Anemos", sous forme de journal de bord énergétique, certifiant un transport à la voile transparent et décarboné. Ce label est présent sur tous les produits transportés à la voile provenant des quatre coins de l’Atlantique, notamment d’Amérique latine, des Caraïbes, des Açores ou des Cornouailles. TOWT propose également une "dimension humaine" avec "l’expérience passager". Un nouveau voilier-cargo est d'ailleurs en cours de construction aux chantiers Piriou, à Concarneau, et devrait prendre la mer avant la fin de l’année 2023, témoignant de l'expansion de cette vision.
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