Décryptage Complet du Balisage Maritime: Comprendre les Bouées, Marques et Leurs Significations, de la Balise Charpente Rouge aux Signaux de Détresse

La navigation en mer, qu'elle soit de plaisance ou commerciale, est une activité exigeante qui requiert une compréhension approfondie de son environnement et des règles qui la régissent. Pour assurer la sécurité des marins et faciliter leur déplacement, un système complexe mais essentiel a été mis en place : le balisage maritime. Comparable au code de la route pour les véhicules terrestres, ce balisage permet aux navigateurs de se repérer, d'identifier les dangers potentiels et de suivre les routes les plus sûres. Il se traduit par l'installation de bouées et de marques, fixes ou flottantes, dont les couleurs, les formes et les signaux lumineux délivrent des informations cruciales. Ces dispositifs sont universellement reconnus et régis par des standards internationaux, bien qu'il existe quelques variations régionales. Dans cet article, nous allons explorer en détail l'univers du balisage maritime, en décryptant les différents systèmes, les types de marques que vous pourrez rencontrer, et en particulier la signification d'une "bouée charpente rouge", pour naviguer en toute confiance.

Le B.A.-BA du Balisage Maritime: Principes Fondamentaux et Organisation Mondiale

Le balisage maritime regroupe un ensemble de marques et de balises, fixes ou flottantes, positionnées en mer pour guider les navigateurs, leur permettre de se situer et d'éviter tous types de danger, à l'instar d'un phare la nuit. Depuis 1980, l'Association Internationale de Signalisation Maritime (AISM) est l'organisme qui s'occupe de l'établissement et de la gestion de l'ensemble du balisage. Cela inclut le balisage du territoire français, y compris les Départements et Territoires d'Outre-Mer (DOM-TOM), mais également celui de nombreuses autres nations à travers le globe. Il est crucial de noter que les règles ne sont pas uniformes dans toutes les régions du monde, l'AISM ayant distingué deux zones principales pour l'application de ses systèmes.

L'Association Internationale de Signalisation Maritime (AISM) et ses régions :

L'AISM découpe le monde en deux régions distinctes influençant l'application du balisage :

  • La Zone A correspond à l'Europe, l'Afrique, l'Asie, le Moyen-Orient, l'Australie, ainsi que la France métropolitaine, La Réunion, la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie. Dans cette zone, les balises et les règles que nous allons définir par la suite s'appliquent de manière standard.
  • La Zone B correspond aux Amériques, au Japon, à la Corée, aux Philippines et aux Caraïbes, englobant également la Guyane et les Antilles pour la France. Dans cette zone, le système de balisage latéral présente une inversion des couleurs, ce qui demande une attention particulière aux navigateurs. Par exemple, si vous envisagez une navigation dans les Antilles, il vous faudra vous familiariser avec le fait que la balise rouge sera celle de tribord en entrant au port, et la balise verte, celle de bâbord.

Les Critères Distinctifs des Marques: Couleur, Voyant et Feu.

Pour les marins, chaque marque est définie par trois critères essentiels, permettant une identification rapide et fiable, de jour comme de nuit :

  • Sa couleur : La couleur permet de reconnaître immédiatement la marque et son type. Chaque catégorie de marque possède une couleur bien spécifique, agissant comme un signal visuel primaire.
  • Son voyant : Le voyant, situé au sommet de la balise, est un élément de forme et de couleur différente selon la caractéristique de la marque (croix, sphère, cylindre ou cône). Il est extrêmement utile pour reconnaître le type de marque, surtout lorsque la balise est rouillée, souillée par les déjections d'oiseaux marins, ou observée à contre-jour, rendant la reconnaissance des couleurs difficile voire impossible.
  • La couleur et le rythme de son feu : La nuit, la couleur et le rythme spécifique du feu émis par la balise permettent de l'identifier sans ambiguïté. C'est une information vitale pour la navigation nocturne ou par faible visibilité.

Les Différentes Formes Physiques des Balises en Mer.

Au-delà de leurs couleurs et voyants, les balises maritimes peuvent prendre diverses formes physiques, chacune adaptée à son environnement et à sa fonction. Ces formes, qu'elles soient fixes ou flottantes, n'influencent pas intrinsèquement le message délivré par la balise, mais les connaître est utile pour mieux les repérer et les distinguer.

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  • La tourelle : De forme conique, la tourelle est une balise fixe, entièrement émergée, souvent construite sur des rochers (émergés ou immergés en eaux peu profondes) ou sur des ouvrages portuaires.
  • L'espar : L'espar est une balise de forme cylindrique, fixe et en partie immergée, car elle est ancrée solidement dans le fond marin ou fixée à une structure.
  • La bouée de forme : C'est une balise flottante dont la forme elle-même indique la signalisation. Elle est reliée par une chaîne à un corps mort au fond de la mer.
  • La balise fuseau : Également flottante, la balise fuseau se caractérise par sa forme conique élancée.
  • La balise charpente : Il s'agit d'une balise flottante, facilement reconnaissable car elle est constituée d'une structure en charpente, comme son nom l'indique. Une "bouée charpente rouge" est donc une balise de ce type, dont la couleur principale est le rouge. Comme nous le verrons, cette couleur est généralement associée aux marques latérales bâbord dans la Zone A de l'AISM.

Le Système de Balisage Latéral: La Voie à Suivre dans les Chenaux

Le système de balisage latéral est l'un des plus fondamentaux et se trouve généralement à l'entrée d'un port, pour indiquer un chenal, un abri ou une rivière. Ces marques indiquent les côtés bâbord et tribord de la route à suivre, agissant comme des guides visuels pour maintenir les navires dans un chenal sécurisé. Il est primordial de se rappeler que le système de balisage latéral est inversé dans la Zone B.

Comprendre Bâbord et Tribord :

Pour la clarté, rappelons que tribord est le côté droit d'un navire, lorsqu'on est placé dans son axe et qu'on regarde vers l'avant (la proue). Bâbord est l'autre bord, donc le côté gauche. Un moyen mnémotechnique simple pour se souvenir est d'imaginer lire le mot « batterie » (l'addition des deux préfixes « ba » et « tri » faisant ba-tri) à l'avant d'un navire. On observe alors que « ba » est à gauche du mot « batri », comme bâbord, et que « tterie » (tri) est à droite du mot « batri », comme tribord.

Marques Latérales Bâbord (Rouges) :

Dans la Zone A, la marque latérale bâbord est de couleur rouge. Elle arbore un voyant en forme de cylindre et son feu est de couleur rouge avec un rythme quelconque. Lorsque vous venez du large et que vous entrez dans un port ou un chenal, vous devez laisser cette balise à bâbord (à gauche de votre embarcation). Cela signifie que vous passez à sa droite. Une "bouée charpente rouge" que vous pourriez rencontrer serait donc une marque latérale bâbord, signalant la limite gauche du chenal dans le sens conventionnel d'entrée. En revanche, si vous sortez du port, le sens s'inverse, et vous devrez laisser cette même balise à tribord. Pour les Français des Antilles, de la Guyane et de Saint-Pierre-et-Miquelon, se trouvant dans la Zone B, le balisage latéral présente une inversion de couleur : la marque bâbord sera alors verte.

Marques Latérales Tribord (Vertes) :

Toujours dans la Zone A, la marque latérale tribord est de couleur verte. Elle est surmontée d'un voyant conique, la pointe vers le haut, et son feu est de couleur verte avec un rythme quelconque. En venant du large pour entrer dans un port, vous devez laisser cette balise à tribord (à droite de votre embarcation). Cela signifie que vous passez à sa gauche. Si vous sortez du port, vous devrez laisser cette balise à bâbord. Dans la Zone B, en raison de l'inversion des couleurs, la marque tribord sera rouge.

Marques de Chenal Principal (Préféré) :

Il existe également des marques qui indiquent un chenal préféré, permettant de distinguer la route principale d'un chenal secondaire :

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  • Marque de chenal principal à tribord : Il s'agit fondamentalement d'une bouée de bâbord, mais avec une bande verte distinctive au milieu. Son voyant est un cylindre et ses feux sont rouges avec un rythme à éclats diversement groupés, souvent 2 éclats groupés suivis d'un éclat. En Zone A, il faut la considérer principalement comme une bouée tribord. Pour suivre le chenal principal, vous devrez la laisser à tribord, et pour prendre le chenal secondaire, vous la laisserez à bâbord.
  • Marque de chenal principal à bâbord : Cette marque est une bouée tribord, mais elle se distingue par une bande rouge au milieu. Son voyant est un cône et ses feux sont verts avec un rythme à éclats diversement groupés, souvent 2 éclats groupés suivis d'un éclat. En Zone A, il faut la considérer principalement comme une bouée bâbord. Pour suivre le chenal principal, vous devrez la laisser à bâbord, et pour prendre le chenal secondaire, vous la laisserez à tribord.

Moyens Mnémotechniques pour les Marques Latérales.

Un moyen mnémotechnique non-officiel mais efficace pour se souvenir des caractéristiques des bouées de bâbord et de tribord en Zone A est l'expression : "Tri-cot vert, Bas si rouge".

  • "Tri-cot vert" fait référence à "Tribord Conique vert".
  • "Bas si rouge" fait référence à "Bâbord Cylindrique Rouge".

Le Système de Balisage Cardinal: Identifier et Éviter les Dangers

Les marques cardinales ont pour objectif essentiel de signaler un danger, tel qu'un rocher isolé ou un haut-fond, et d'indiquer de quel côté le contourner en toute sécurité. Elles tirent leur nom des quatre points cardinaux : Nord, Sud, Est et Ouest. Il est donc absolument primordial, pour interpréter correctement ces balises, d'être équipé d'un instrument de navigation fiable comme un compas magnétique ou un GPS. Ce système de balisage cardinal est reconnu uniformément à l'international, sans inversion de couleurs ou de significations entre les zones A et B. Le corps de ces marques est toujours noir et jaune, et elles sont toujours munies d'un feu blanc.

Les Quatre Types de Marques Cardinales :

  1. Cardinale Nord :

    • Description : Elle arbore deux cônes noirs pointés vers le haut. Sa couleur est noir en haut et jaune en bas.
    • Signification et Passage : Elle indique qu'un danger est situé au Sud d'elle. Le navigateur doit donc passer au Nord de la marque pour éviter le danger. Son feu est blanc avec des scintillements continus. Si, par exemple, vous rencontrez une telle balise, votre compas magnétique étant représenté par une boussole grise (le N représentant le nord), et les deux cônes sont vers le haut, le bas est jaune et le haut noir, il s’agit sans aucun doute d’une cardinale Nord. Vous devez donc passer au nord de la balise.
  2. Cardinale Sud :

    • Description : Elle présente deux cônes noirs pointés vers le bas. Sa couleur est jaune en haut et noir en bas.
    • Signification et Passage : Elle signale qu'un danger est situé au Nord d'elle. Le marin doit passer au Sud de la marque. Son feu est blanc et se caractérise par six scintillements suivis d'un éclat long, le tout toutes les 10 secondes.
  3. Cardinale Est :

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    • Description : Elle est identifiable par deux cônes noirs opposés par leurs bases. Ses couleurs sont jaune, noir, puis jaune de haut en bas.
    • Signification et Passage : Elle indique qu'un danger est situé à l'Ouest. Il faut donc passer à l'Est de la marque pour éviter ce danger. Son feu est blanc avec trois scintillements toutes les 5 secondes.
  4. Cardinale Ouest :

    • Description : Elle est dotée de deux cônes noirs opposés par leurs pointes. Ses couleurs sont noir, jaune, puis noir de haut en bas.
    • Signification et Passage : Elle signifie qu'un danger est situé à l'Est. Le navigateur doit passer à l'Ouest de la marque. Son feu est blanc avec neuf scintillements toutes les 10 secondes.

Quand un bateau rencontre une cardinale, il doit naviguer sur le même point cardinal que celui indiqué par la marque. Par exemple, si un bateau navigue vers l’Ouest et rencontre une cardinale Nord, il doit passer au Nord de la cardinale, car celle-ci est placée au Nord du danger. Le danger se situe au Sud de la balise, le navigateur doit donc naviguer au Nord de celle-ci pour contourner le danger en toute sécurité.

Les Marques Spéciales et D'Autres Aides à la Navigation

En plus des systèmes latéral et cardinal, d'autres marques et bouées sont présentes pour fournir des informations spécifiques aux navigateurs, balisant des zones particulières ou des dangers isolés.

Les Marques de Danger Isolé :

Comme son nom l'indique, cette marque a pour objectif de prévenir d'un danger isolé de taille limitée, tel qu'un écueil peu étendu ou une épave, situé généralement à l'endroit précis où la balise est positionnée. Elle est de couleur noire avec une large bande horizontale rouge. Son voyant est composé de deux boules noires superposées, et son feu est de couleur blanche avec un rythme de deux éclats groupés. Il faut s'en éloigner, car elle signale une zone où il y a un danger dont il faut s'écarter.

Les Marques d'Eaux Saines :

Ces marques, caractérisées par des rayures verticales rouges et blanches d'égale largeur, indiquent qu'autour d'elles, les eaux sont libres de tout danger. Elles sont souvent utilisées pour baliser le milieu d'un chenal ou l'entrée d'une voie navigable sécurisée. Elles sont composées d'un voyant à une boule rouge. Leur feu est blanc, soit isophase, soit à un éclat long toutes les 10 secondes. Elles signalent une zone où il n'y a aucun danger, on peut naviguer des deux côtés sans risques.

Les Marques Spéciales :

La marque spéciale n'a pas pour but principal d'aider la navigation dans un chenal ou à éviter un danger général, mais plutôt d'indiquer une zone ou une configuration particulière mentionnée dans les documents nautiques (cartes marines, livres des feux). La couleur de la balise est de couleur jaune. Elle est généralement composée d'un voyant en forme de croix en position droite, de couleur jaune. Ces marques peuvent signaler, par exemple, des zones réservées à la plaisance, des câbles ou pipelines sous-marins, des zones d'exercices militaires, des zones d'aquaculture, ou des zones de séparation de trafic. Elles peuvent être signalées par un doublement de la balise. On pourra également rencontrer des bouées rondes totalement jaunes, qui dans certains contextes, à 300 mètres de la côte, peuvent signaler une zone de baignade.

Les Bouées de Mouillage (Ancrage) et d'Avertissement :

  • La bouée de mouillage (ancrage) balise le périmètre d'une zone de mouillage autorisée. Elle est blanche et porte un sigle distinctif sur deux côtés opposés. Ce sigle se décrit soit comme le contour d'un cercle orange situé entre deux bandes horizontales de même couleur, soit comme un losange orange à l'intérieur duquel se dessine une croix de même couleur.
  • Une bouée d’avertissement balise les zones où les navigateurs doivent être avertis de la présence de dangers spécifiques comme des zones de tir, de régates, des bases d'hydravions, des ouvrages sous-marins, des zones où il n'existe aucun chenal sûr, des zones de séparation de trafic et des exploitations d'aquacultures.

Les Chenaux Traversiers et les Bouées de Baignade :

À travers la zone des 300 mètres de la côte, il y a parfois des chenaux traversiers. Cela permet aux utilisateurs des activités nautiques (scooters de mer, planches à voile, etc.) d'accéder à la plage en toute sécurité. On retrouve alors, comme dans un chenal classique, des bouées cylindriques (côté bâbord) et des bouées coniques (côté tribord). Les bouées de natation marquent le périmètre d'une zone de baignade, souvent positionnée à environ 150 ou 200 mètres du rivage, à ne pas confondre avec la zone des 300 mètres qui est une limitation de vitesse générale.

Les Bouées de Plongée :

Ces bouées marquent les secteurs de plongée sous-marine desquels il est impératif de se tenir à distance. Si la plongée se fait à partir d'un bateau, celui-ci doit arborer le pavillon A (bleu et blanc) du code international des signaux, signifiant « J’ai un plongeur à l’eau ; écartez-vous largement à basse vitesse ». Le pavillon Alpha doit être hissé sur l’embarcation de plongée dès son ancrage ou lorsque les plongeurs sont mis à l’eau. D'autres pavillons peuvent également signaler la présence de plongeurs. Lorsqu'un bateau rencontre un de ces trois pavillons, il doit passer à 100 mètres au moins du bateau de plongée.

Réglementation Maritime et Zones Spécifiques

La navigation est soumise à des règles strictes visant à garantir la sécurité de tous, tant des marins que des baigneurs et des infrastructures. Plusieurs zones réglementées existent, notamment en bord de plage et pour le trafic maritime intense.

Les Zones Réglementées en Bord de Plage :

  • Les ports : Dans l'enceinte des ports, la vitesse est strictement limitée à trois nœuds, soit environ 6 km/h, ce qui correspond à la vitesse d'une personne marchant rapidement. À cette vitesse, le bateau ne fait aucune vague. Cette réglementation est essentielle car les ports sont des zones où la circulation est intense et où de nombreuses personnes effectuent des travaux minutieux sur les bateaux à quai, comme des vernis ou des réparations en tête de mât.
  • La zone des 300 mètres (par rapport au rivage) : Dans cette zone, la vitesse est limitée à cinq nœuds (environ 10 km/h). Le trafic maritime y est important, bien que l'espace soit plus vaste qu'un port. Il est important de noter que cette limitation s'applique si une partie de l'embarcation se trouve dans ce rayon. Par exemple, si le capitaine d'un bateau se trouve à 300 mètres d'un point et à 200 mètres d'un autre, l'embarcation doit respecter la limitation de cinq nœuds. Il ne faut pas confondre la zone des 300 mètres avec la zone de baignade, qui est matérialisée par les bouées jaunes rondes et est souvent positionnée plus près du rivage.
  • Les chenaux d’accès à la plage : Ces chenaux ont également une vitesse imposée à l'intérieur de leurs limites, ne devant pas dépasser cinq nœuds. Les raisons sont évidentes : gestion du trafic que l'on peut y trouver et protection des baigneurs qui se seraient malencontreusement aventurés dans ces zones qui leur sont normalement interdites.

Signalétique des Activités et Pavillons :

Une signalétique spécifique, incluant des pictogrammes (dessins) placés sur les bouées ou en bord de plage (trottoirs), est utilisée pour informer sur la pratique d'activités autorisées ou interdites dans certaines zones. Cela couvre la navigation pour les embarcations de sport ou de plaisance, les bâtiments motorisés (navires à moteur, motos de mer), les navires à voile, la pratique de la planche à voile, du ski nautique, la navigation pour les bâtiments non motorisés ni à voile, et la baignade.

Les Zones Réglementées pour le Trafic :

En raison du trafic maritime important, et afin d'éviter les accidents, des systèmes de circulation pour les bateaux de commerce ont été mis en place pour organiser et réguler ce trafic. Les rails de circulation, comme l'exemple le plus parlant du rail d'Ouessant situé au large de l'île du même nom, permettent aux remorqueurs, tel l'Abeille Flandre, de prendre en charge les navires en cas d'avarie à bord et d'éviter ainsi un échouement prématuré. À l'échelle locale, des régulations du trafic maritime existent également, comme dans la baie de Cannes, un lieu où le trafic maritime est significatif, surtout pendant la saison estivale, avec des zones réglementant la vitesse et le mouillage des bateaux.

Consignes et Précautions Générales :

Il est illégal et dangereux de s'amarrer à un équipement officiel d'aide à la navigation. Cela peut endommager la bouée, nuire à son fonctionnement et mettre en danger les autres plaisanciers. De même, si vous rencontrez une bouée qui semble être hors de sa position désignée, endommagée ou non éclairée alors qu'elle devrait l'être, vous devez le signaler au centre des Services de communication et de trafic maritimes (SCTM) de la Garde côtière canadienne le plus proche (ou l'autorité compétente locale).

Les Signaux de Détresse: Visuels et Sonores pour la Sécurité en Mer

Au-delà du balisage pour la navigation quotidienne, il est impératif de connaître et de comprendre les différents signaux de détresse. Ces dispositifs sont cruciaux en cas d'urgence pour alerter les secours et les navires environnants de votre situation critique. Ils se divisent en deux grandes catégories : les signaux visuels (pyrotechniques ou non-pyrotechniques) et les signaux sonores.

Les Signaux de Détresse Visuels Pyrotechniques :

Les engins pyrotechniques sont universellement identifiés comme d'excellents signaux de détresse en raison de leur visibilité et de leur capacité à attirer l'attention à grande distance. Cependant, ils restent potentiellement dangereux pour les dommages et les dégâts matériels qu'ils peuvent occasionner s'ils ne sont pas correctement manipulés. Il est obligatoire d'avoir à bord du matériel non périmé, et une fois la date de péremption expirée, ils peuvent être conservés comme matériels supplémentaires. Les dispositifs pyrotechniques visuels doivent être stockés dans un récipient étanche rouge ou orange, portant la mention "signaux de détresse" ou "fusées", et si possible dans un endroit sec et frais. Ils doivent être aisément accessibles.

  • Feux à main : C'est un signal à dispositif d'allumage intégré, semblable à un feu de Bengale que l'on tient obligatoirement sous le vent à bout de bras à 45° de la verticale. La fumée dégagée permet d’être repéré. Pour éviter des brûlures, il est recommandé de mettre des gants ou d'utiliser un chiffon mouillé. Les petits modèles durent de 30 à 60 secondes, et les plus gros modèles jusqu'à 8 minutes. Ils sont efficaces de jour comme de nuit et leur couleur est rouge.
  • Fumigène orange : Dégoupillé sous le vent puis soit tenu dans la main, soit jeté à l'eau (système de flotteur). Il sert principalement pour le repérage par avion ou hélicoptère et pour attirer l'attention des navires. Les mêmes précautions s'appliquent pour éviter les brûlures. Ils dégagent une fumée orange pendant 2 à 5 minutes et sont visibles entre 2 et 6 milles de jour uniquement.
  • Fusée éclairante avec parachute : Percutées au vent avec les flèches d'éjection orientées vers le haut. Elles restent allumées entre 30 à 40 secondes, mais dérivent très rapidement sous l'effet du vent. Elles atteignent une hauteur de 200 à 300 mètres et sont visibles jusqu'à 25 milles par temps clair, de jour comme de nuit.
  • Fusée à main à une ou deux étoiles : Permet de lancer en succession rapide deux ou plusieurs étoiles rouges avec un dispositif automatique ou grâce à un pistolet. Elles durent moins de 4 à 5 secondes, atteignent 60 à 90 mètres de hauteur et sont visibles de jour comme de nuit. Chaque étoile est de couleur rouge vif.

Les Signaux de Détresse Visuels Non-Pyrotechniques :

Ces signaux doivent également être en état de fonctionnement et aisément accessibles.

  • Pavillon de détresse rouge : Des gilets de sauvetage, vêtements ou toute autre pièce de tissu frénétiquement agités peuvent servir de pavillon de détresse, visible de jour uniquement.
  • Signal de détresse SOS : Ce signal universel peut être émis à l’aide d’une lumière (flashs courts, courts, courts, longs, longs, longs, courts, courts, courts), d’une corne de brume, d’un GPS, etc., visible de jour comme de nuit.
  • Pavillon NC (November Charlie) : Deux pavillons du code international, N « November » et C « Charlie », hissés l'un sur l'autre. Il est plus distinctif une fois attaché et ondulé au moyen d'une gaffe ou d'une rame, visible de jour uniquement.
  • Balancement des bras en C : Mouvements lents et répétés de haut en bas des bras, formant un C.
  • Pavillon carré avec une boule au-dessus ou au-dessous : Visible de jour uniquement.
  • Le miroir de signalisation : À utiliser avec le soleil pour réfléchir des éclairs lumineux, visible de jour uniquement.
  • La lumière électrique : Faire clignoter sa torche selon le signal de SOS, efficace de nuit uniquement.
  • La lumière stroboscopique : La lumière stroboscopique ou à éclats blancs est utilisée sur les lampes flottantes à allumage automatique lors d'un chavirage de bateau ou comme équipement individuel accroché au bras. Elle a une visibilité de 2 milles et une durée d'environ une dizaine d'heures.
  • La lumière chimique ou bâton luminescent (lightstick ou cyalume) : Ses avantages sont nombreux : pas de batterie, bon marché, résiste à l'eau, insubmersible, ni flamme, ni étincelle, ni chaleur, non toxique, ininflammable. À balancer au bout d’une corde, elle offre une visibilité à 360° sur quelques milles après percussion pour 8 à 12 heures.

Les Signaux de Détresse Sonores :

  • Klaxon, corne de brume ou sifflet : Émission d’un son continu prolongé ou du signal en morse SOS, efficace de jour comme de nuit.
  • Émission d’un appel de détresse au moyen d'une radio VHF : Dans une situation de détresse, sur le canal 16 de la VHF (156,8 MHz), il faut répéter trois fois "MAYDAY". Attendre une réponse et donner : votre position, la nature de l’incident, le nombre de personnes à bord et le nom du bateau. La BLU (2 182 kHz) est une autre fréquence pour les appels de détresse. Ces communications sont efficaces de jour comme de nuit.

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