La bôme : caractéristiques techniques, innovations et maintenance rigoureuse du gréement

La bôme est une pièce maîtresse de l'équipement d'un voilier, agissant comme le support dynamique de la grand-voile. Au-delà de sa fonction primaire de maintien de la bordure, elle est au cœur de nombreuses évolutions techniques visant à améliorer la sécurité, la performance et la gestion des manœuvres en mer. Comprendre son rôle dans l'ensemble du gréement, qu'il soit courant ou dormant, est essentiel pour tout marin, qu'il s'agisse de régatiers de haut niveau ou de plaisanciers pratiquant la croisière.

Innovations et évolutions techniques sur la bôme

L'évolution des matériaux et des systèmes de sécurité a profondément transformé l'approche des bômes modernes. L'un des développements les plus marquants est l'intégration de dispositifs facilitant la prise de ris. Le nouveau hook Facnor, par exemple, permet de prendre un ris en toute sécurité. La partie mâle se fixe sur la bôme, la partie femelle sur l'œillet de ris. Et au moment de réduire la toile, ce hook vient fixer l'ensemble. Cette ingénierie de précision réduit considérablement les efforts requis pour gérer la voilure dans des conditions météorologiques dégradées.

Parallèlement, la quête de performance pousse les architectes à explorer de nouveaux matériaux. La jauge du 5O5 vient d'autoriser l'utilisation du carbone pour la bôme et le tangon du dériveur double. Réputé hyper-rapide, le 5O5 devrait y gagner en nervosité, démontrant que la rigidité et la légèreté du carbone sont des vecteurs de gain de vitesse significatifs, même sur des unités de taille modeste.

La sécurité reste toutefois la priorité absolue, particulièrement en course au large. Le frein de bôme intégré dans la bôme est une innovation majeure. Ralentir les mouvements de bôme, éviter les empannages sauvages, assurer la sécurité sur le pont, suppléer le hale-bas de GV : le frein de bôme a de nombreux adeptes. Cette technologie prévient les accidents graves, souvent liés à des mouvements incontrôlés lors de changements de bord. Malgré ces aides techniques, le facteur humain reste prépondérant : un voilier de 24 mètres nécessite toujours un peu d’huile de coude et quelques bras - même un Wally 77 !

Les fragilités structurelles et les défis de la navigation

La bôme, comme l'ensemble du gréement, est soumise à des contraintes mécaniques extrêmes lors des navigations difficiles. Les récits de course illustrent la vulnérabilité de ces pièces. Alors qu’il mène la 4ème étape de la Volvo Ocean Race, Puma est pris dans un violent coup de vent de Nord Ouest au Nord des Philippines et explose sa bôme en direct. De même, le Cap-Cochin est rude, le Grand Sud, même quand on y reste à la lisière, entre Afrique du Sud et Inde, a vu le voilier Green Dragon casser sa bôme. Enfin, Raphaël Dinelli a lui aussi connu l'avarie en cassant sa bôme lors du Vendée Globe. Ces événements nous rappellent que pour tous, le Vendée Globe n’a qu’une règle : jusqu’au bout, rien n’est acquis. Les petites indiscrétions techniques observées sur les quais avant le départ de la Jacques Vabre sont autant de signes de la vigilance nécessaire pour éviter ces défaillances.

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L'inspection et la maintenance du gréement complet

Le gréement d'un voilier se compose du gréement dormant, qui assure le maintien du mât et son réglage, et du gréement courant qui comporte toutes les drisses, écoutes et bouts de manœuvre. Le type de gréement et le plan de pont dépendent des bateaux. Les éléments du gréement dormant constituent le haubanage, et tous ces câbles sont fixés à l'aide de terminaisons et ridoirs.

En sortie d'hivernage, une inspection de chaque pièce s'impose, car le vieillissement est un facteur de risque majeur. Il convient de retourner le mât pour accéder à toutes les pièces et aux réas. Pensez également à nettoyer la bôme et le mât, souvent couverts de poussières émanant de travaux d'autres plaisanciers. Passez une éponge humide en ajoutant éventuellement un produit nettoyant léger, puis protégez les surfaces avec des produits de traitement des métaux de Yachticon, qui ont prouvé leur efficacité, suivis d'une protection en micro-fibres.

La vérification systématique est capitale : votre mât est vérifié, ainsi que votre tangon, la bôme et le bout de-hors le cas échéant. Changez toutes les goupilles pour des neuves. Attention, ne torsadez pas le fil inox, cela le fragilise considérablement. Ne négligez pas ce point. Vérifiez également les écrous, notamment l'utilisation d'écrous auto-bloquants, pour éviter toute vibration ou desserrage intempestif. Assurez-vous du bon diamètre du câble et inspectez les câbles autant que possible, en surveillant les signes de corrosion ou de fatigue.

Gestion du circuit électrique et instrumentation en tête de mât

Les câbles électriques, feux de navigation et éclairages méritent une attention particulière. Il est impératif de tester les feux et les projecteurs avant de mâter. Il est bien plus complexe de monter en haut du mât pour changer une ampoule ! Vérifiez également les accessoires, antennes et girouette-anémomètres. Avec la Windex en place, vérifiez bien leurs fonctionnements. Concernant le réseau d'instrumentation, faites tourner la pale et les godets pour lire les valeurs. Il existe un débat constant sur le choix de la girouette, qu'elle soit électronique ou mécanique (Windex). Il y a du pour et du contre pour chaque option et il est difficile de trancher. Dans tous les cas, les composants électroniques sont à protéger avec un produit comme le WP100 de TALAMEX.

Stratégies d'hivernage : mâté ou démâté ?

L'hivernage est un moment critique. Plusieurs facteurs peuvent dicter la décision d'hiverner le bateau mâté, mais nous vous encourageons à trouver un endroit bien abrité si c'est le cas. Si le bateau est hiverné mâté, les éléments démontables doivent être enlevés pour éviter les prises au vent et les vibrations. Pavillons, tangons, bômes et hale-bas sont démontés et stockés au sec.

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Pourquoi hiverner le bateau démâté ? Bien sûr les mâts sont conçus pour résister aux vents violents, mais ne perdons pas de vue qu'à terre la coque est posée sur un ber. Les efforts restent concentrés sur des points précis et le matériau de la coque est soumis à efforts. Démâter permet également de réaliser une inspection approfondie de l'état du gréement dormant, chaque propriétaire doit prendre cela au sérieux. Ne jamais utiliser les câbles au-delà de 10 ans et planifiez à l'avance les échéances de remplacement des pièces d'usure.

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