Introduction
Ihar Boki, un nom qui résonne avec éclat dans le monde de la natation paralympique. Ce nageur biélorusse, concourant sous bannière neutre, a marqué l'histoire des Jeux Paralympiques en accumulant un nombre impressionnant de médailles d'or. Sa domination dans les bassins, en particulier dans la catégorie S13 (déficients visuels), lui a valu le surnom de "Michael Phelps biélorusse". Cet article explore le parcours exceptionnel d'Ihar Boki, ses réalisations, son impact sur le sport paralympique et le contexte politique particulier dans lequel il évolue.
Un Palmarès Époustouflant
Depuis ses débuts aux Championnats du Monde aux Pays-Bas en 2010, où il a remporté quatre titres à l'âge de 16 ans, Ihar Boki n'a cessé deCollectionner les succès. Sa carrière paralympique a véritablement décollé aux Jeux de Londres en 2012. À partir de là, en seulement quatre éditions des Jeux paralympiques, il a décroché 21 médailles d’or, ainsi qu’une médaille d’argent et une de bronze.
Aux Jeux Paralympiques de Paris 2024, Boki a continué d'écrire sa légende. Il a remporté plusieurs médailles d'or, consolidant sa position d'athlète masculin le plus titré de l'histoire des Jeux Paralympiques. Parmi ses victoires, on peut citer le 100 mètres papillon et le 100 mètres dos (catégorie S13), ainsi que le 200 mètres quatre nages. Sa polyvalence est impressionnante, puisqu'il excelle dans différentes nages et sur des distances allant de 50 à 400 mètres.
Domination à Paris 2024
Les Jeux de Paris ont été un véritable triomphe pour Boki. En décrochant cinq médailles d'or sur les cinq courses dans lesquelles il était aligné, il est devenu l'athlète masculin le plus titré de l'histoire des Jeux paralympiques (21 médailles d'or).
Le nageur biélorusse Ihar Boki a décroché deux médailles d’or jeudi et vendredi dernier, ce qui lui a permis de devenir l’athlète masculin le plus titré de la compétition. Il a remporté le 400 mètres nage libre en catégorie déficient visuel (S13), son 19e titre, après être devenu vendredi l'athlète masculin le plus titré de l'histoire des Jeux Paralympiques. Lors de ces jeux, il a dépassé le para-tireur suédois Jonas Jacobsson en nombre de médailles d'or, avec un 18e titre, faisant de lui l'athlète masculin le plus titré de l'histoire des Jeux Paralympiques.
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Rivalité avec Alex Portal
La présence d'Ihar Boki a eu un impact significatif sur la performance d'autres nageurs, notamment le Français Alex Portal. Alex Portal ne se faisait que peu d’illusion sur ses chances d’or, ce vendredi 30 août, lors de la finale du 100 m dos (S13, déficients visuels) des Jeux paralympiques de Paris. Pour autant, en montant sur le podium pour aller chercher sa médaille de bronze, il était à côté du Biélorusse, Ihar Boki, qui venait de décrocher sa 18e médaille d’or en quatre participations. Ce nouveau sacre du monstre sacré de la catégorie fait de lui l’athlète masculin le plus titré de tous les temps de l’histoire paralympique. Sur le 100 mètres papillon, jeudi, le Français Alex Portal était tout proche de faire tomber le Biélorusse de 1,90 mètres, mais l’or lui a échappé à la touche.
Malgré la domination de Boki, Portal a démontré une détermination admirable. Le Français, qui nageait contre le Michael Phelps des Jeux paralympiques, était tout proche de lui chiper le titre sur 100 mètres papillon. En l'absence de Boki, le nageur de Saint-Germain-en-Laye avait cueilli quatre titres planétaires. « On lui dit parfois : "Dommage que Boki soit là." Mais il nous répond : "Non, je veux gagner contre lui." Il veut un rival face à qui se battre, il ne le met pas sur un piédestal et on l'a vu sur 100 m papillon (battu de 25 centièmes) », assure sa mère, Virginie Portal. « On a compris avant les Championnats d'Europe (avril) qu'il serait aux Jeux, mais Alex avait accueilli la nouvelle sereinement. Boki a un niveau de maîtrise énorme, Alex l'a poussé dans ses retranchements, il trouvera la faille », complète le manager des Bleus, Guillaume Domingo.
Le 31 août 2024, les para-nageurs français Alex et Kylian Portal ont remporté les médailles d'argent et de bronze sur 400 m nage libre derrière l'intouchable biélorusse Ihar Boki, vainqueur de son 18e titre paralympique. Ihar Boki et Alex Portal étaient encore au coude à coude après 300 mètres de course, mais Boki a accéléré dans les deux dernières longueurs. Le Bélarusse l'a finalement emporté en 3'58''37, avec près de deux secondes d'avance sur Alex Portal et sept sur Kylian.
Boki lui-même reconnaît le potentiel de Portal. « Je suis heureux de voir qu'il est de plus en plus performant. Je pense qu'il me battra dans le futur, qu'il prendra ma place », a-t-il déclaré.
Déficience Visuelle et Catégorie S13
Ihar Boki concourt dans la catégorie S13, qui regroupe les athlètes ayant une déficience visuelle. Cette catégorie concerne des athlètes qui ont une cécité légère, contrairement aux catégories S11 et S12, qui regroupent des formes plus sévères de déficience visuelle. Dans la catégorie S11, les nageurs doivent porter des lunettes opaques et être guidés par une perche pour signaler l'approche du mur. Dans la catégorie S13, les nageurs possèdent une vision périphérique restreinte.
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Un Athlète sous Bannière Neutre
En raison des sanctions internationales contre le Bélarus, allié de la Russie dans la guerre contre l'Ukraine, Ihar Boki participe aux compétitions en tant qu'"athlète individuel neutre" (AIN). Cela signifie qu'il ne représente pas son pays et que l'hymne paralympique est joué lors de ses victoires. Malgré cela, Boki a reconnu « nager avec [son] pays dans un coin de la tête ».
Cette situation a suscité des réactions mitigées. D'un côté, certains estiment qu'il est injuste de priver un athlète de la possibilité de représenter son pays. De l'autre, certains athlètes ukrainiens ont exprimé leur aversion envers les athlètes russes et biélorusses, refusant de poser avec eux sur les podiums.
Réactions Politiques et Propagande
La situation d'Ihar Boki est complexe en raison du contexte politique. En Biélorussie, son image est utilisée par le pouvoir d'Alexandre Loukachenko à des fins de propagande. Une série de timbres à son effigie a même été créée. Le président Loukachenko a également diffusé un message au champion : « Nous sommes fiers de vous, nous vous soutenons et nous attendons avec impatience de nouvelles victoires ».
Cette utilisation de l'image de Boki par le gouvernement biélorusse a provoqué un certain malaise à la Fédération internationale de natation. « Ihar Boki est un immense athlète et il aurait été catastrophique que le meilleur para-nageur du monde ne participe pas aux Jeux, avoue un de ses membres. Mais nous savons aussi que la Biélorussie peut se servir de ses exploits, et se victimiser du fait qu’il soit obligé d’être sous bannière neutre pour étendre leur propagande nationale.
Impact et Héritage
Malgré les controverses politiques, l'impact d'Ihar Boki sur le sport paralympique est indéniable. Ses performances exceptionnelles ont inspiré de nombreux athlètes et ont contribué à accroître la visibilité du handisport. Il est devenu une figure emblématique du mouvement paralympique, et son histoire continue d'inspirer le monde entier.
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En battant des records et en remportant des médailles, Ihar Boki a prouvé que le handicap ne doit pas être un obstacle à la réussite. Il est un modèle de détermination, de persévérance et de talent.