L'héritage historique et les racines de Labastide-Rouairoux
Le secteur de Labastide-Rouairoux a été occupé avant même la période préhistorique, même si des fouilles archéologiques ont livré peu de traces. Le patrimoine local est marqué par des monuments remarquables, à l’instar du dolmen de la Gante, classé monument historique, en bordure de la D.64 en direction de La Salvetat-sur-Agout. À l’époque gauloise, la rivière Arn, au Nord, formait vraisemblablement une frontière entre les tribus des Volques Tectosages (capitale Toulouse) et les Ruthènes (capitale Rodez). Lors de la « guerre des Gaules », la conquête romaine amène, avec sa langue latine et sa culture, de grandes voies de passage dont il subsiste ici et là quelques tronçons empierrés. Cette voie réduisait la distance entre les deux capitales volques à environ 180 milles.
À l’époque carolingienne, Raymond III Pons fonde une abbaye à Saint-Pons de Thomières, influençant durablement la paroisse de Saint-Saturnin de Bison qui avait dû être installée un siècle ou deux auparavant près d’Albine. Le blason actuel de Labastide, qui date de 1942, reprend les initiales SSB pour Saint-Saturnin de Bison. L'histoire administrative se confond avec celle de l'abbaye de Saint-Pons : tous les actes, legs et donations confirment les droits et les possessions de l'abbaye. La toponymie religieuse est omniprésente, avec des sites dédiés au corps du saint du même nom, à Castres pour les reliques de Saint-Vincent, ou à Toulouse pour le corps de Saint-Sernin. Saturnin et Sernin ne sont que les deux versions du même nom du martyre chrétien après la mort duquel on a édifié la basilique Saint-Sernin de Toulouse.
Vers 1166-1167, Raymond V de Toulouse fait construire un château fort, au lieu-dit appelé aujourd’hui « le Castel » sur la Serre du Batut. Les habitants commencent à se regrouper autour de cette place forte sous la forme d’une bastide dont la charte de fondation date de 1224. Le concile de Lombers (1165) a dû marquer durablement le pays, alors que les bûchers se dressent et que les cathares périssent ainsi que des dizaines de milliers d’innocents. En 1361, le Languedoc est rattaché à la couronne de France. À Labastide, un baile, assisté de deux sergents et un viguier, nommé par l’évêque de Saint-Pons, gèrent les affaires judiciaires. Le Moyen Âge se poursuit sous l'ombre de la guerre de Cent Ans, où l'on signale la présence des Anglais entre 1377 et 1390 avec la prise de Cassagnoles. Plus tard, les guerres de religion déchirent la région : embuscades, massacres, attaques et raids se multiplient. Le fort du Castel est démoli en 1628 sur ordre de Richelieu, comme la plupart des places fortes françaises. Après la révocation de l'édit de Nantes (1685), le temple de Labastide est rasé et les protestants locaux en sont réduits à pratiquer leur culte au « Désert » dans des assemblées clandestines.
La révolution industrielle et l'épopée du textile
L'économie locale a longtemps reposé sur l'exploitation forestière. Le bois servait pour le chauffage, le mobilier, la construction et fournissait également des quantités importantes de combustible pour les fours à verre qui ronflaient plusieurs mois par an. Par l'incinération de végétaux, du sable et divers colorants, les maîtres verriers fabriquaient dames-jeannes, vaisselle vinaire et bagues de cantre. Parallèlement, les écrits parlent de tisserands dès le XIIe siècle en vallée du Thoré sous forme de filage et de tissage artisanal à domicile. Avec la spécialisation, toutes ces opérations donnent naissance à des corps de métier spécialisés pour produire des draps de qualité.
Avant la Révolution, on compte 400 ouvriers sur des métiers à tisser manuels. Le cadastre de 1838 mentionne 6 moulins foulons, 2 filatures, une fabrique, 3 teintures et 2 apprêts. Avec l’industrialisation, se créent de grandes filatures avec des machines à vapeur et des manufactures célèbres comme Mercier, Icher ou Clavel. Le bâtiment principal abrite aujourd’hui les locaux du Musée départemental du Textile, créé en 1983 et entièrement rénové en 2008. En 1888, le chemin de fer arrive à Labastide-Rouairoux. La vallée du Thoré se spécialise : à Mazamet, c’est le délainage et la mégisserie ; à Labastide-Rouairoux, c’est le textile et toutes les opérations annexes. La réputation des produits, la qualité des dessins et l’innovation placent les tissus bastidiens au tout premier rang français. On dit alors « Labastide, c’est l’Elboeuf du sud ». La « Haute Nouveauté » passe les frontières nationales et, en 1944, la commune atteint 3 390 habitants. Aujourd'hui, bien que l'activité textile ait été marquée par les restructurations, la ville préserve la mémoire des anciens artisans et leur savoir-faire, notamment lors de la Fête du Fil qui a lieu chaque année au 15 août.
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Paysages, sentiers et immersion en pleine nature
Le territoire entourant Labastide-Rouairoux est un appel à l'aventure. Le circuit n° 1 du site VTT FFC, long de 24 km, offre une expérience riche. Tout au long de cette route, vous vous retrouverez dans un secteur boisé. Si le bois est présent, la pierre l'est aussi ! Passant près de la pierre de la crosse de l'évêque, vous rencontrerez également le menhir du Briol et le carrefour de la Pierre Plantée. Vous traverserez un passage en sous-bois où vous rencontrerez chênes et hêtres durant le circuit. Ce sentier est connecté aux centaines de kilomètres du site VTT de la Salvetat.
Pour ceux qui cherchent une expérience plus immersive, le Parc Naturel du Haut-Languedoc offre des refuges d'exception. À 600 m d'altitude, niché en plein cœur de la montagne Noire, des hébergements proposent des repas biologiques servis dans votre logement ou les jardins. Des établissements comme « Le Nid du Dragon Rouge » invitent à un voyage exotique, tandis que le domaine de Belsoleil, situé entre Toulouse et Montpellier, permet de se reposer et de retrouver son rythme personnel. Dans un environnement boisé et préservé, vous profiterez d'une vue exceptionnelle vers les Pyrénées. Pour se réveiller au son de la nature, le café du matin sur la terrasse sur pilotis permet de se reconnecter à l’essentiel, en douceur, entre Haut-Languedoc, Montagne Noire et Monts de Lacaune.
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