Le Sangria : Une Légende de la Plaisance Française, du Rêve à la Réalité Nautique

Le Sangria, issu du chantier vendéen Jeanneau, est sans doute le voilier le plus célèbre en France. Son histoire est intrinsèquement liée à celle de la plaisance hexagonale, marquant profondément les esprits et permettant à nombre de plaisanciers de passer du rêve à la réalité grâce à cette embarcation emblématique. Il a laissé une empreinte indélébile par le nombre impressionnant d’unités produites, faisant de lui une véritable référence dans le monde nautique.

Les Origines d'un Succès : La Vision de Jeanneau et l'Expertise de Philippe Harlé

Le parcours du Sangria au sein du chantier Jeanneau est celui d'une réussite éclatante, succédant à un premier essai moins concluant. Le Sangria est en effet le premier voilier de référence du chantier Jeanneau, un statut qu'il a acquis après qu'un voilier nommé le Storm ait été tenté, mais sans grand succès. Cette expérience initiale a sans doute affiné la vision du chantier vendéen, menant à un cahier des charges d'une grande pertinence pour l'époque. L'objectif était clair et précis : proposer un voilier familial, un croiseur côtier économique, marin et bon marcheur. Cette description correspondait, en fait, à la demande de l’époque, une période où la plaisance se démocratisait et où les marins recherchaient des bateaux à la fois accessibles, fiables et performants.

Pour concrétiser cette ambition, Henri Jeanneau s'est tourné vers un architecte qui s’était déjà fait un nom depuis quelques années, Philippe Harlé. Le choix de ce talentueux concepteur a été déterminant. De cette collaboration est né le voilier Sangria, un bateau qui se caractérise par sa nature de voilier de course croisière économique et simple. Le premier exemplaire a quitté les ateliers en 1969, marquant le début d'une production exceptionnelle. Plus de 2150 suivront derrière, 2155 pour être précis, faisant du Sangria un des voiliers les plus produits au monde. Ce chiffre colossal témoigne non seulement de son succès commercial mais aussi de sa capacité à répondre aux attentes d'une large clientèle.

Une Conception Ingénieuse : Performances et Aptitudes Marines

Le Sangria a été conçu avec une approche qui privilégie l'efficacité et la solidité. Ce voilier se distingue par sa performance, attribut rendu possible grâce à une faible surface mouillée et un lest important, correspondant à près de 50% du poids du bateau. Cette caractéristique de conception lui confère une grande stabilité et une capacité à bien remonter au vent, des qualités appréciées tant en croisière qu'en régate. Cependant, il serait réducteur de le considérer uniquement comme un compétiteur. Mais ce petit voilier n’est pas qu’un régatier, loin de là, et de nos jours, il faut bien reconnaitre qu’il sera un peu dépassé par des voiliers de nouvelle génération. Sa force réside plutôt dans sa polyvalence.

Le Sangria est un excellent croiseur pouvant emmener une famille en croisière côtière pendant quelques jours, voire plus. Son comportement en mer est exemplaire, ce qui en fait un bateau simple à naviguer, y compris pour des plaisanciers moins expérimentés. Les témoignages de propriétaires confirment ses aptitudes marines. Il est reconnu comme un bon "marcheur", c'est à dire que, bien réglé, il peut facilement tenir tête à des bateaux plus récents. Le Sangria apprécie particulièrement une petite brise, dans les environs de 3 à 4 Beaufort. De plus, il a prouvé sa robustesse et sa capacité à affronter des conditions difficiles. Certains propriétaires ont fait l’expérience sur un retour de Corse où l’on a malheureusement essuyé un bon coup de Mistral, avec des vents atteignant force 8, puis 10 dans le courant de la nuit. Dans ces circonstances extrêmes, après avoir vainement tenté de "faire du cap" pour se mettre à l’abri par le chemin le plus court, les marins se sont finalement mis en fuite vers le golfe de Gênes, démontrant la sécurité et la capacité du bateau à bien passer dans le gros temps. Ces récits soulignent la confiance que l'on peut accorder à ce voilier, même lorsque la météo se déchaîne.

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Aménagements et Vie à Bord : Simplicité Fonctionnelle des Années 70

En matière d’aménagement intérieur, il faut reconnaitre que le Sangria date. Son design et son agencement reflètent l'époque de sa conception, les années 70. On reste sur un voilier de moins de 8 mètres, ce sera donc du camping. Cependant, malgré son âge, c'est un bateau fonctionnel qui a été pensé pour optimiser l'espace disponible. À l’intérieur, on pourra coucher quatre personnes sans grande difficulté. La cabine avant sera très bien pour permettre aux enfants d’avoir leur univers réservé, offrant un espace semi-privatif pour les jeunes équipiers. Le carré offrira deux couchettes supplémentaires, le soir venu, complétant ainsi la capacité d'accueil.

Il est important de noter, pour ceux qui envisageraient de modifier les aménagements, de ne pas se lancer sans avoir en tête que la rigidité du Sangria tient dans ces derniers et aux cloisons. Les éléments structurels du bateau sont intégrés aux agencements intérieurs, ce qui demande une approche prudente et réfléchie en cas de rénovation. Côté extérieur, le cockpit n’est pas exemple de confort mais est sécurisant, offrant un espace de manœuvre et de détente protégé. Les passe-avants, par nature sur un voilier de cette taille, sont de taille limitée et demanderont à bien se tenir, une recommandation essentielle pour la sécurité des déplacements sur le pont. Ces caractéristiques, bien que témoignant de son âge, confèrent au Sangria une authenticité et une simplicité appréciées par de nombreux propriétaires, qui privilégient la robustesse et la fonctionnalité à un luxe superflu.

Le Sangria en Compétition : Un Régatier au Potentiel Insoupçonné

Bien qu'étant avant tout un croiseur, le Sangria a montré à de multiples reprises qu'il pouvait se défendre honorablement sur un parcours de régate, surprenant même ses concurrents plus modernes. Les expériences de course à bord du Sangria sont nombreuses et souvent couronnées de succès. Un propriétaire a notamment mis "IMPREVU" sur sa première régate, et son comportement s'est avéré très satisfaisant en course, au point qu'il en fera d'autres. Le SANGRIA peut vraiment courir avec d'autres bateaux sans être ridicule, bien au contraire. Un autre témoignage de Laurent illustre parfaitement ce potentiel. Samedi dernier à Douarnenez avait lieu la grande classique "la régate des associations" organisée par le winches club de Tréboul. Le principe, très convivial, veut que la moitié de l'équipage des bateaux doivent être membres de l'association dont ils défendent les couleurs. Sur les 35 voiliers sur la ligne de départ, qui incluaient du Melges 24 au Sélection en passant par les inévitables Class 8 et Rush régate, deux Sangria étaient présents sur la ligne : "Jehol", un classique de 1971 appartenant à Laurent, et "A bout d'souffle", un autre classique de la même génération.

La régate fut une bonne performance pour les deux bateaux, qui finissent à 59 secondes l'un de l'autre. À la remise des prix, une agréable surprise attendait les équipages : ils ont gagné le classement côtier, avec "Jehol" à la première place et "A bout d'souffle" à la deuxième, devant 18 autres bateaux. Une deuxième bonne surprise fut le classement général, qui tenait du délire, puisque "Jehol" se classait 4e derrière un Rush régate, et "A bout d'souffle" talonnait, occupant la 5e place sur 35 bateaux. Le repas des équipages fut très sympa et les performances des bateaux dignement arrosées, comme il se doit. Pour l'anecdote, c'est l'Armagnac MK II "Weldom" de l'inévitable Claude Tanniou qui a mis tout le monde d'accord cette fois-là.

Cependant, la régate peut aussi être un apprentissage, comme en témoigne la première régate officielle de "Tahina", un Sangria classique de 74, le dimanche 12 octobre 2003. Au départ, il y avait 200 bateaux et Tahina s'est classé 140ème, ce qui peut sembler décevant au premier abord. Après avoir été dans les cinquante premiers sur les 10 premiers milles, il a suffi d'un long bord de près pour se faire passer par une centaine de bateaux. Ceci s'explique par le fait que, grosso modo, le bateau perdait une dizaine de degrés par rapport à la grande majorité. Ces expériences, qu'elles soient victorieuses ou plus modestes, confirment que le Sangria, malgré sa conception axée sur la croisière, possède un réel esprit de compétiteur et peut offrir de belles sensations en course pour les passionnés.

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Le Sangria, un Bateau pour l'Aventure : Des Croisières Côtières aux Transats Océaniques

Le Sangria a su conquérir le cœur des plaisanciers non seulement par sa simplicité et ses performances, mais aussi par sa capacité à emmener ses équipages vers des horizons lointains. Excellent croiseur côtier par essence, il a prouvé qu'il pouvait se muer en un véritable aventurier des mers. Certaines unités ont fait le tour de l’Atlantique et d’autres très longues croisières hauturières, attestant de sa robustesse et de sa fiabilité sur de longues distances.

Les récits de croisière abondent et témoignent de la diversité des parcours entrepris avec ce voilier. Des navigations en Méditerranée, telles que des aller-retour à Minorque par la Costa Brava, ou des découvertes de la Corse, de l'Italie et du Golfe de Gênes, sont monnaie courante pour les propriétaires de Sangria. Un couple a notamment beaucoup travaillé pour remettre son "Tahina" en ordre de marche, car c'était un bateau qui n'était plus sorti à la voile depuis longtemps de la rade de Toulon. Après avoir revu l'essentiel pour naviguer en sécurité, ils ont profité du premier été pour aller tirer des bords sur les côtes de Corse et du deuxième pour découvrir l'Italie et le Golfe de Gênes, avant que le troisième été ne soit occupé par la naissance de la petite Marine, qui a tiré ses premiers bords à 9 mois. Ces histoires familiales illustrent la capacité du Sangria à s'adapter à la vie à bord et à accompagner les moments importants de l'existence.

Le rêve de traversée océanique est également à la portée du Sangria. Des plaisanciers envisagent de rejoindre les Antilles avec leur Sangria, une entreprise tout à fait réalisable, comme d'autres l'ont fait avant eux. La réussite d'une telle expédition dépendra moins de la taille du bateau que de son armement complet, incluant le renouvellement du haubannage pour du neuf et le renforcement des hublots, entre autres préparatifs essentiels. L'importance des vérifications préalables, comme le contrôle du safran s'il est d'origine, est également soulignée, car plusieurs se sont découverts au ras de l'aileron, ce qui pourrait poser de sérieux problèmes en mer. L'objectif est de pouvoir planquer à l'intérieur et laisser l'eau dehors en cas de coup dur.

Le récit d'Édouard Pages et Alban Fournial, deux jeunes copains étudiants à Lille, est un exemple frappant de ce que l'on peut accomplir avec un Sangria. Sur un coup de tête, ils se sont offert un modeste Sangria, un petit bateau cinquantenaire de sept mètres, pour traverser l’Atlantique à la voile. Leur aventure a commencé par un simple message : « Quand est-ce qu’on s’achète un bateau ? » Sitôt dit, sitôt fait, ils l’ont acheté une semaine plus tard. Ils ont découvert tout au long de l’aventure que le Sangria a un capital sympathie hors du commun. Une semaine après avoir envoyé l’acompte, ils ont filé sur le port de Cherbourg pour visiter l’objet de leurs convoitises depuis plusieurs années. Le samedi soir de mars, il faisait nuit sur le port, et ils ont scruté les pontons un par un pour arriver sur le ponton K. Il était là, caché parmi les très nombreux bateaux de la marina. Pour eux, il était évidemment le plus beau du port ! La première nuit à bord a achevé de les convaincre, et ils ont conclu la vente le lendemain matin, signant l’acte de vente d'un bateau baptisé "La Confiance", un nom prédestiné.

Dès l’après-midi, ils ont profité de 10 nœuds de vent pour se lancer. Le week-end suivant, ils ont convoyé le bateau jusqu’à Gravelines, afin de s’assurer de l’état général de leur nouvelle frégate et que le gréement et les voiles soient en état correct pour les 300 milles qui les séparaient de son futur port d’attache. Ils ont alors compris pourquoi le Sangria a été vendu en de si nombreux exemplaires et pourquoi on en entend parler avec des étoiles dans les yeux, car pour un bateau de 7,60 m, il en a dans le ventre.

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Le projet a mûri avec l'envie de faire un grand voyage, initialement autour du Royaume-Uni ou des pays du Nord, avant de se tourner vers le Sud à la fin de leurs études, en septembre. La côte française, l’Espagne, le Portugal, les Canaries, le Cap-Vert, puis finalement, une fois au Cap-Vert, les Antilles, qui ne leur semblaient plus si loin. Dix mois de préparatifs intenses ont été nécessaires pour faire de leur Sangria un voilier capable de traverser l’Atlantique en toute sécurité. Ils ont étudié comment être autonomes en énergie sur un si petit bateau, comment charger de l’eau et de la nourriture pour les 30 jours que pourrait durer leur traversée. De nombreux copains se sont relayés à Gravelines pour entretenir "La Confiance", chaleureusement accueillis dans ce port où tout le monde était prêt à les aider.

Dix mois plus tard, ils étaient sur le port de Saint-Martin-de-Ré, salués par quelques copains. La prochaine étape se trouvait de l’autre côté du fameux golfe de Gascogne, après le cap Finisterre. Le trac montait pour eux, qui n’avaient pour le moment jamais passé plus de deux nuits d’affilée en mer et rarement à plus de 50 milles des côtes. La traversée du Golfe fut un baptême du feu, avec un avant-goût d’Alizés, dans vingt nœuds de portant, l'observation d'une première bonite, de dauphins filant dans les planctons photoluminescents et une mer plus creuse pour passer la pointe Espagnole. Ils sont arrivés en fin de soirée dans la ria de Vigo, soulagés d’avoir mis ce gros morceau derrière eux.

La descente de la côte du Portugal s'est faite par des sauts de puces, contents de voir que leur safran n’était pas au goût (ou à la taille) des orques dont ils entendaient les attaques plusieurs fois par jour, à quelques milles de leur position. Arrivés à Lisbonne, le saut vers les premières îles de l’Atlantique s’est ouvert à eux. En embarquant un copain, ils ont largué les amarres vers Porto Santo, une petite île au large de Madère. Mais six heures après le départ, au lever de soleil, du jeu est apparu dans le safran. Avec 20 nœuds au portant et deux à trois mètres de creux dans le dos, ils n’avaient pas vraiment d’autre choix que celui de continuer. À Porto Santo, ils ont dû se confronter au problème : vingt degrés de jeu dans le safran, rendant toute continuation impossible sans réparation. Le quai à sec du port étant plein pour les deux semaines à venir, la seule proposition était de laisser le bateau sur la grue, à un coût prohibitif de 150 euros l’heure. Un rapide calcul leur a montré qu’un boulon un peu trop rouillé pouvait facilement leur coûter une "Confiance" ou une "Confiance et demi". Trop cher. La deuxième solution s'est imposée : l’eau n’étant qu’à 24°, et cumulant à deux une minute trente d’apnée, ils ont trouvé deux-trois paires de bras pour les aider à récupérer le safran. Un démontage sous l’eau, beaucoup plus facile que ce qu'ils imaginaient pour ce Sangria de quasiment 50 ans, a permis de le réparer. Ils sont partis à la rencontre de Miguel, qui construisait son bateau pour une exploration polaire sur le port. En deux coups d’électrodes, il a soudé le peigne de safran qui s’était brisé.

Ils ont ensuite foncé vers Madère, sans avoir oublié de faire quatre fois le tour de Porto Santo, de goûter les ponchas et de se faire de nouveaux amis. Sur Madère, ils ont usé leurs semelles de chaussures de randonnée. Ils ont continué vers Santa Cruz de Tenerife avec l’objectif ambitieux de tracer leurs 250 milles de route assez rapidement pour assister à la victoire de l’équipe de France de rugby face à l’Afrique du Sud, un objectif à moitié rempli. Sur Tenerife, l'escalade nocturne du mont Teide a permis au normand de l’équipage de réaliser que son mal de mer n’avait d’égal que son mal de l’altitude. La traversée vers le Cap-Vert a été classée dans la catégorie « vous dégoûtent de la voile », avec la fameuse phrase « c’est décidé, j’arrête la voile » sortant forcément de la bouche d’un des marins. Malgré cela, l’objectif a été rempli : la traversée, bien qu'ayant été très inconfortable, a vu le débarquement à Mindelo. Après une semaine à terre pour randonner dans la vallée de Paul et oublier que le Sangria est davantage prévu pour traverser le pertuis breton que l’Atlantique, ils étaient devant le grand départ. Complétant leur avitaillement de fruits frais et discutant au floating bar avec les équipages se lançant dans la traversée sur la stratégie à adopter face à une bulle sans vent en plein milieu de l’océan, ils ont finalement opté pour une option Sud qui leur a permis d’atteindre la Martinique en 21 jours, sans pépin majeur et en saluant par hasard Pili Pili, des copains qu'ils ont croisés à 1 000 milles de toutes côtes. Ils ont ensuite profité de deux mois dans les Antilles avant de revendre le bateau à la Martinique et de rentrer, en avion cette fois, vers la métropole.

Ces récits, qu'ils soient de courte ou longue haleine, illustrent la capacité du Sangria à être un compagnon fidèle pour des aventures maritimes variées, renforçant son image de voilier polyvalent et fiable.

Modifications et Optimisations : Personnaliser son Sangria

La polyvalence du Sangria se reflète également dans la liberté que les propriétaires ont de le modifier et de l'optimiser pour l'adapter à leurs propres besoins et styles de navigation. Depuis qu'il possède son Sangria en 1995, un propriétaire a effectué quelques modifications qui ont amélioré son comportement sous voiles. L'essentiel de ces améliorations a résidé dans l'achat de voiles de qualité, dont un génois en sandwich dacron-mylar qui a véritablement transformé le comportement du bateau et qu'il conseille vivement. Avec ce nouveau génois, dans les risées, le bateau ne se vautre plus, il gîte un peu plus et accélère, permettant également un parfait contrôle de la risée à la barre en restant plus facilement sur le « fil du rasoir ». Ces améliorations démontrent qu'avec des choix judicieux en matière d'équipements, le Sangria peut révéler des performances encore plus remarquables et offrir un agrément de navigation supérieur.

En ce qui concerne la motorisation, les Sangria se trouvent équipés soit de moteurs in-board, soit de hors-bord. Le choix entre les deux dépend souvent des préférences du propriétaire et des conditions d'utilisation. Un exemple concret est celui de "Tahina", qui, lors de son acquisition, avait les deux types de moteurs, mais l'in-board était hors service depuis longtemps. Compte tenu du coût des réparations nécessaires, la décision fut prise de le débarquer, offrant plusieurs avantages non négligeables. Cette opération a permis de supprimer les mauvaises odeurs dans la cabine, de libérer un grand coffre sous le cockpit, parfait pour la survie ou l’annexe, et d'obtenir un gain de poids tout en éliminant une traînée inutile une fois l’arbre d’hélice déposé. Au final, le bateau est devenu plus rapide, avec un gain d'un gros ½ nœud, et est resté performant au moteur grâce au hors-bord. Le meilleur moteur, malheureusement rendu l’âme à terre par la négligence et l’incompétence d’un chantier, aux yeux de ce propriétaire, restera le Yamaha 4 temps 9.9 ch. avec arbre très long et hélice forte poussée qu’ils avaient au début. Ce type de moteur offrait une vitesse de croisière au moteur de 5,5 nœuds, une consommation ridicule, un bruit pas trop désagréable (car cela ne reste qu’un moteur… beurk !), et pas d’odeur, en comparaison à un 2 temps.

L'équipement pour la sécurité et la conformité est également une préoccupation pour les propriétaires. Un Sangria peut être équipé en 3ème catégorie, mais pas en 2nd à la connaissance de certains. Pour sa part, un propriétaire a équipé "Tahina" en 3ème catégorie, installant tout l’équipement nécessaire hormis la survie, qu'il loue pour les périodes où l’on navigue effectivement en 3ème. Le reste du temps, le bateau est donc rétrogradé en 5ème catégorie. Ceci dit, l'intérêt d'un classement en 2nd catégorie est souvent remis en question compte tenu des navigations que l’on est en mesure d’envisager au départ de Marseille. Le problème se pose uniquement si l'on veut faire route en direct sur les Baléares, mais malheureusement, à la belle saison, par régime de brises, il n’y a quasiment plus de vent au large (au-delà d’une trentaine de milles), rendant le recours au moteur presque obligatoire pour un tel parcours direct, à moins d’être un accroc du moteur.

L'Acquisition d'un Sangria d'Occasion : Points de Vigilance et Conseils

Le Sangria se retrouve fréquemment sur le marché du voilier d’occasion à des prix très variés, rendant l'acquisition accessible à de nombreux budgets. Cependant, comme pour tout achat de bateau d'occasion, il est crucial d'être vigilant et de procéder à des vérifications approfondies. Pour un futur propriétaire, plusieurs points méritent une attention particulière.

L'un des problèmes souvent évoqués est l’osmose, une dégradation de la coque en polyester qui nécessite des réparations spécifiques. Il est également essentiel de bien vérifier les varangues, éléments structurels internes du bateau. Concernant le moteur, qu'il s'agisse d'un in-board ou d'un hors-bord, l'absence de garantie sur le moteur et d'historique d'entretien ou de factures d’achat doit susciter la prudence, même si le vendeur garantit qu'il va démarrer. Si un moteur in-board a été enlevé, il est impératif de s'assurer que les arrivées d’eau pour la passe-coque ont été rebouchées correctement afin d'éviter toute voie d'eau. La présence de l'hélice du moteur in-board ou de l’échappement sans moteur fonctionnel peut indiquer un travail inachevé ou des coûts supplémentaires à prévoir. Des équipements de base comme la gazinière ou le GPS sont à vérifier, particulièrement pour les débutants dans la voile qui "bricolent un peu" et qui pourraient sous-estimer l'importance de ces éléments pour la navigation et la vie à bord.

Un aspect souvent négligé mais d'une importance capitale pour tout propriétaire de bateau est la place de port. Avec le temps, beaucoup en viennent à penser qu'il vaut mieux avoir un bateau un peu moins "bien" près de chez soi, que le bateau "idéal" à 100 km de son "home sweet home". La première année, on fait les kilomètres avec plaisir, la deuxième uniquement pour les week-end complets, et la troisième on trouve que le vélo en famille c’est finalement pas si mal ! Ce constat souligne l'importance de la proximité du bateau pour pouvoir en profiter pleinement et régulièrement. L'acquisition d'un Sangria d'occasion est donc une opportunité fantastique, à condition de procéder avec méthode et d'être bien informé sur les points techniques et pratiques.

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