Se mettre debout sur sa planche et surfer une vague est l'image idyllique que tous les débutants imaginent et dont ils rêvent. Ils sont donc impatients de s’y mettre et de ressentir leurs premières sensations de glisse. Cependant, il est crucial de comprendre que ce n’est pas l’étape idéale pour débuter. En réalité, un débutant n'a souvent aucune connaissance de l’environnement dans lequel il évolue : l’océan et ses vagues. La base du surf, ce n’est pas uniquement se mettre debout. C’est avant tout comprendre la vague et arriver à profiter de son énergie pour la surfer. Surfer une vague, c’est la suivre à mesure qu’elle déroule, ce qu’on appelle aller « down the line ». Cela implique de rester sur cette vague, là où elle propose le plus de puissance (pocket/curl) pour au final arriver sur l’épaule et sortir proprement de la vague. Au final, on peut donc dire qu’on surfe parallèlement à la plage et non perpendiculairement.
L’idéal pour comprendre cette vague et son énergie est d’apprendre à la surfer en restant couché. Sur une planche de surf, par exemple, mais on peut aussi commencer par du bodyboard. Cette approche permet d'apprendre à faire glisser la planche dans la vague, sans se tracasser de toute la technique pour se mettre debout, ce qui occuperait pleinement l'esprit et empêcherait de se concentrer sur le reste. Cela peut paraître simple mais le surfeur se verra confronté à de nombreux problèmes pour faire surfer sa planche, même en étant couché.
Comprendre les Fondamentaux avant de se Redresser
Avant de viser la position debout, la première étape est de se placer et de commencer à ramer pour prendre la vague. Les débutants commencent généralement par prendre des mousses, c'est-à-dire des vagues qui ont déjà cassé. Il est impératif que la planche soit parfaitement perpendiculaire à la vague.
L’étape suivante est de comprendre quand il est possible d’arrêter de ramer. Il s'agit de sentir quand la vague a pris la planche et qu’elle la fait avancer, indiquant ainsi qu'il est temps d'arrêter de ramer. En débutant, une erreur fréquente est d'arrêter de ramer trop tôt, et la vague dépasse alors le surfeur. Progressivement, on apprendra à lire les vagues et à se placer au bon endroit pour prendre la vague avant qu’elle ne casse, et non lorsqu’elle est déjà une mousse. Cela permet de profiter de plus de puissance et de vitesse, mais cela révèle aussi que la pente de la vague est un peu plus creuse (pocket/curl). Pour contourner ce problème, le surfeur se mettra naturellement plus sur l’arrière de sa planche, pour que le nez sorte un peu plus de l’eau et ne risque pas de se planter. Un "nose dive" survient parce qu'on met trop de poids sur l’avant de sa planche.
Il est donc primordial d’apprendre à bien répartir son poids sur la planche de surf afin qu’elle profite pleinement de l’énergie de la vague. En mettant plus de poids sur l’arrière, on modifie le trim (l'assiette) de la planche, ce qui correspond à son inclinaison. Il faut donc apprendre à partir sur la vague, sans avoir peur de coller le nez de la planche sur la vague, mais apprendre à éviter le "nose dive" en faisant ce que l’on appelle un "press up". Cela consiste à placer les mains à plat sur la planche, sous les pectoraux, et à pousser sur ces mains pour se mettre en position cobra, en levant la tête et en cambrant le dos. Cette technique permet de mieux contrôler l'assiette du flotteur et la répartition du poids. Si une planche est placée seule dans l’eau devant une vague, avec un poids sur l’arrière, la vague va la pousser et la faire avancer. Au contraire, si le poids est sur l’avant, la planche ne bougera presque pas.
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L’autre étape primordiale à apprendre est de regarder dans la direction où l'on souhaite aller. On ne regarde pas le nez de sa planche ou la mousse, sinon c’est là qu’on va terminer. Il faut regarder « down the line », vers où la vague casse (selon qu’il s’agit d’une gauche ou d’une droite). Rien que le fait de regarder dans cette direction en position de "press up" et la tête bien levée va orienter le corps dans cette direction, car il va s’adapter. Le surfeur va naturellement pousser un peu plus sur la main droite ou gauche et s’incliner dans cette direction. Un débutant qui surfe tout droit garde sa planche plate sur l’eau ; elle s’enfonce donc beaucoup dans l’eau et ralentit. La lecture de vague et la direction du regard sont des piliers fondamentaux pour une glisse efficace.
La Progression au-delà des Premières Mousses : Techniques et État d'Esprit
Une fois que les premières sensations sont acquises dans la mousse, l'envie de progresser se fait sentir. On veut éviter de stagner au niveau mousse pendant plusieurs étés et kiffer encore plus chaque session. Pour cela, la progression en surf est un cheminement qui intègre pratique, technique, mental, équipement et même un certain style de vie.
Progresser vite ne veut pas dire brûler les étapes. Ce n’est pas parce que l'on fait trois sessions par jour que l'on deviendra Kelly Slater en deux mois. Un des plus gros freins à la progression, ce sont souvent les mauvaises conditions. Il est crucial de chercher des spots adaptés à son niveau : petites vagues, longues mousses, "take-off" facile. Le secret, c’est de s’amuser en progressant. Et n’oublions pas : le surf, c’est 90% d’observation et 10% d’action.
Il est aussi vital de ne pas vouloir surfer une "shortboard" ultra fine dès le départ. Avec une planche adaptée, on va choper plus de vagues, se lever plus facilement et surtout… prendre plus de plaisir. Savoir quel type de dérives on a, comment positionner son "leash", où se placer sur sa planche : tout ça, c’est basique, mais essentiel. Un petit conseil bonus : entretenir sa planche.
Sans un bon "take-off", pas de surf. C’est LA manœuvre à bosser en boucle au début. Un bon "take-off", c’est fluide, rapide, stable. L'astuce est de penser à regarder où l'on veut aller, et non sa planche. Si l'on ne sait pas lire une vague, on passera à côté du potentiel de chaque session. Il faut aussi essayer de repérer les courants, les baïnes, et d’anticiper les pics. Plus on s’améliore en lecture de vague, plus on choisit les bonnes vagues. Et cela signifie plus de "take-off" réussis et plus de rides.
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On ne le répétera jamais assez : la rame, c’est 70% du surf. Et pourtant, beaucoup de surfeurs débutants (et même confirmés) négligent ce point. Un bon moniteur peut faire progresser dix fois plus vite qu’en solo. On n’est jamais "trop avancé·e" pour prendre un cours. Il est également bénéfique d'observer les bons surfeurs sur le spot. Regarder comment ils se placent, comment ils rament, comment ils tournent. Et se filmer est un excellent moyen de s'auto-analyser.
Avant de vouloir faire des "airs" ou des "tubes", il est essentiel de bosser son "bottom turn", son "cut-back", son "reentry". Il faut commencer par des petits virages bien contrôlés. Chaque manœuvre est une victoire. Ne pas s’habituer à un seul spot. Essayer différents types de vagues, de fonds (sable, reef), d’orientations.
Progresser en surf, c’est aussi accepter de tomber, de se faire laver, de ne pas réussir certaines sessions. Le surf est un sport d’humilité. Chaque surfeur a son propre rythme. Il faut éviter de se comparer aux autres sur le spot, car on ne sait pas depuis combien de temps ils surfent, ni leur "background" sportif. Le focus doit être sur son propre plaisir et son évolution.
La préparation physique et mentale est également cruciale : yoga, stretching, muscu légère, mobilité, tout ce que l'on fait hors de l’eau impacte son surf. La respiration est un bonus souvent sous-estimé. S'inspirer en regardant des vidéos, en lisant des bouquins, en suivant des surfeurs inspirants. Le corps est l'outil principal : il faut manger équilibré, s’hydrater (surtout après les sessions), et dormir suffisamment.
Rien de tel qu’un "surf trip" pour progresser d’un coup. Et en bonus, on rencontre d’autres passionnés, on échange, on progresse ensemble. C’est peut-être le conseil le plus important : ne pas chercher à aller trop vite. Chaque session, même difficile, nous apprend quelque chose. Le surf, c’est un art de vivre. Plus on se fait plaisir, plus on progresse.
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Le Passage de Barre : Une Compétence Essentielle pour l'Outside
Passer la barre est une compétence primordiale pour progresser en surf. Cela permet de sortir de l’"inside", la zone où les vagues déferlent, vers l’"outside", là où les vagues avancent sans casser. C'est la "terre promise". Un endroit où l'on peut s’asseoir sur sa planche, prendre le temps d’analyser les vagues qui approchent avant de se décider à ramer pour en surfer une. Il faudra alors bien se placer, au "peak", là où la vague va commencer à déferler, effectuer un bon "take off" puis profiter de cette merveille que nous offre dame nature en enchaînant les virages pour tracer une trajectoire parfaite.
Le passage de la barre n’est en réalité pas une compétence particulière, mais la combinaison de plusieurs techniques. Une bonne lecture, une bonne rame, une bonne technique de "push through", de "turtle roll" ou de "canard". Certains spots permettent d’éviter le passage de la barre grâce à un canal, une zone calme à côté des vagues par laquelle on peut remonter pour se placer au "peak". C’est évidemment hyper agréable car cela permet de moins se fatiguer, de ne pas se faire lessiver et nettoyer les sinus ! Mais ces spots sont un luxe et il ne faudrait pas trop s’y habituer, surtout que ce canal peut lui aussi saturer à certains moments selon la taille de la houle. Des vagues peuvent y entrer et il faudra pouvoir les gérer. C’est de plus une compétence primordiale en surf : être capable de gérer sa planche dans toutes les situations. Pour soi-même mais surtout aussi pour ne pas blesser les autres. C’est d’ailleurs une bonne règle pour déterminer si l'on est sur le bon spot ou non : "Es-tu capable de passer la barre sans perdre ta planche ?" Un bon surfeur doit pouvoir passer les vagues, il est donc impératif de travailler cette compétence.
Bien souvent, les débutants préfèrent éviter car c’est épuisant et parce qu’on boit la tasse. À un certain moment, il faut décider de consacrer du temps à cette étape car c’est primordial pour continuer à évoluer. Il ne faut plus se contenter de lâcher sa planche, de nager à côté, de marcher dès qu’on sent qu’on a pied. Il faut décider de passer à l’étape supérieure et d’apprendre à gérer sa planche dans toutes les conditions. C'est un signal fort envoyé aux surfeurs autour de soi : on n’est pas un "kook", on n’est pas un débutant. Et attention, ce n’est pas parce qu'on essaie de passer la barre que l'on doit oublier les règles de priorité. Lorsque l'on remonte vers le "peak", il faut absolument éviter de gêner les surfeurs qui sont sur une vague ou s’apprêtent à en prendre une. On ne peut donc passer par l’épaule de la vague que si l'on est certain de ne pas gêner.
Lorsqu’on s’imagine un surfeur qui passe la barre, on le voit couler sa planche avant l’arrivée de la vague, passer ensuite sous la vague et ressortir très rapidement derrière sans avoir reculé d’un mètre (le "canard"). Malheureusement, les planches des apprentis surfeurs sont trop volumineuses pour être coulées de la sorte. Nous devons donc passer par des techniques moins gracieuses et efficaces mais qui ont le mérite de nous maintenir en sécurité et de nous aider à atteindre notre objectif : rejoindre l’"outside". Dans cet article, nous parlons de deux techniques : le "push through" et le "turtle roll".
Avant de parler de technique, il est très important de parler de l’état d’esprit. Comme on le sait, les vagues arrivent en séries. Il ne faut donc pas commencer à ramer vers le large à n’importe quel moment. D’abord, on regarde au loin. Une vague déferle ? En voit-on d’autres derrière ? C’est la fin d’une série ? Feu ! C’est le moment de ramer ! Une fois lancé, il faut continuer à observer les vagues qui arrivent face à soi. Avance-t-on tout droit ou serait-il plus intéressant de se décaler un peu à gauche ou à droite ? L'objectif est clairement d’éviter de passer par l’endroit où la vague est la plus puissante, et donc l’endroit où elle déferle.
Il faut ensuite de la détermination. Une fois parti, on est en mission ! On ne s’arrête pas de ramer entre deux vagues, pour se reposer, se rincer les yeux ou se moucher. Ces quelques secondes perdues pourraient faire toute la différence et faire qu'on va prendre une nouvelle série sur la tête ! On se remet aussi à ramer tout de suite après le passage d’une vague. Et enfin, on opte pour une bonne vitesse de rame ! On aura tout le temps nécessaire pour se reposer une fois dans l’"outside". Dernier point important quant à l’observation : les courants. Avant de se mettre soi-même à l’eau, il faut observer le spot. Quel chemin empruntent les surfeurs à l’eau ? Sont-ils fortement déviés latéralement ou non ? Au contraire, un courant tire-t-il vers le large et facilite-t-il le passage de la barre ? À chaque fois qu’une vague se présente, il faut analyser et déterminer un plan d’action. Peut-on passer par l’épaule tout en continuant de ramer ? La mousse qui fait face ne semble-t-elle pas trop puissante ou trop haute ? Ou est-ce un monstre qui arrive, et l'on sait qu'on va se faire retourner ? Le "turtle roll" est alors l'ami du surfeur. Lorsqu'on voit une vague arriver (surtout si elle est impressionnante), notre instinct nous dit de nous arrêter ou de faire demi-tour. Mais en réalité, c’est l’inverse qu’il faut faire et ramer de plus belle. Car ainsi, on va prendre de la vitesse et cet élan va faciliter le passage de la vague. Pour que ces deux techniques se déroulent sans encombre, il est indispensable d’arriver bien perpendiculairement à la vague.
Techniques Spécifiques pour Passer Sous la Mousse et les Vagues
Le "Push Through" (Passer à travers)
La technique "push through", ou « passer à travers », est la méthode optimale pour passer à travers les petites vagues sur une grande planche de surf. Il faut marcher vers le large dans l’océan jusqu’à ce que l'on ait de l’eau jusqu’à la poitrine. On doit tenir la planche de surf par son « nose » et la garder perpendiculaire aux vagues. Lorsque l'on arrive à des eaux plus profondes, on regarde à l’horizon. On nage fortement vers la vague. Lorsque l'on se rapproche du « whitewater » (la « mousse » blanche qui apparaît après qu’une vague ait cassé), on continue à nager directement vers la vague. Deux mètres avant de frapper le « white water », on saisit les rails, on pousse la planche vers le bas et on ramène la poitrine vers le haut. Le « white water » et son énergie passeront entre le surfeur et sa planche de surf. Sur les plus grandes vagues, on peut soulever une jambe dans l’air pour augmenter le poids vers le haut du corps, ce qui entraîne une lourdeur supplémentaire vers l’avant de la planche de surf. Lorsque le « white water » frappe, la planche doit faire face à la vague, 100% perpendiculaire à celle-ci (à 90 degrés).
L’erreur la plus courante est probablement d’essayer de “pousser” à travers une vague avec très peu de vitesse. Une autre erreur est de ne pas être perpendiculaire (90 degrés) à la vague. On voit cela tout le temps : les surfeurs débutants tentent de passer à travers une vague, mais ils ont un léger angle en face de celle-ci. Il est important de noter que cette technique n'est pas adaptée pour un gros mur de « white water ». Ce n’est pas la bonne technique pour passer de grandes et puissantes vagues d’eau vive. Une longboard flotte trop et le surfeur sera probablement renversé par la vague.
La technique est très similaire au "take off" version « pompage ». On rame en direction de la vague et lorsqu’elle est à environ deux mètres, on place les mains à plat sur la planche à hauteur des épaules ; si la vague est grosse, on peut carrément attraper les rails de la planche sur les côtés. On pousse alors sur les bras pour créer de l’espace entre le surfeur et sa planche, en faisant un pompage. La majeure partie de l’énergie de la vague va ainsi passer dans cet espace, ce qui va l’empêcher de retourner ou d’arracher la planche. Pour s’équilibrer et mettre davantage de poids sur l’avant de la planche, on peut aussi lever une des deux jambes en l’air. La limite à cette technique est bien entendu la taille de la vague, même si un surfeur expérimenté va arriver à passer de grosses mousses avec un "push through". Attention, l’objectif n’est pas de couler le nez de planche, juste de créer de l’espace entre le surfeur et la planche. Cela veut donc dire aussi que l'on ne peut pas lancer cette manœuvre trop tard, lorsque la vague a déjà soulevé la planche. Lorsqu'on débute cette technique, il peut être utile de faire une pompe sur les genoux pour moins se fatiguer. À noter que lorsqu’on éloigne son corps de la planche, on gagne en contrôle. Par exemple, plutôt que de se faire retourner bêtement par une vague, on peut prendre cette position pour absorber une partie du choc avec les bras (s’ils sont fléchis), mais aussi contrôler l’assiette du flotteur et la répartition du poids.
Le "Turtle Roll" (Eskimo Roll)
Comme pour le "push through", on rame vers la vague et environ deux mètres avant, on attrape les rails et on retourne la planche en se faisant rouler dans l’eau. On va pour cela pousser sur un bras et tirer sur l’autre. Une fois dans l’eau sous la planche, l'unique objectif est de garder la planche bien collée à l’eau. Il ne faut pas que le nez sorte de l’eau, sinon la vague va attraper la planche et l’arracher. Il faut donc tenir la planche fermement par les rails et utiliser le poids de son corps sous l’eau, comme une ancre. La tête ne doit pas être contre la planche. Les bras doivent être presque tendus mais légèrement fléchis, cela permettra d’absorber le choc. Si les bras sont complètement tendus, il y a de grands risques de lâcher la planche. Une autre technique est de se laisser tomber à pieds joints à côté de la planche avant de la retourner, plutôt que de se retourner en restant collé à la planche. Il faut laisser passer la vague dans cette position puis effectuer la manœuvre inverse pour remettre la planche droite et remonter dessus. Il est plus facile de retourner la planche en mettant une main plus bas sur le rail. On peut alors pousser cette main et donner un coup de pied dans l’eau pour se propulser et remonter sur la planche. Il est très important de bien gérer ces transitions et de se remettre rapidement sur sa planche, dans une bonne position de rame. Cela permet de gagner de précieuses secondes.