Le biathlon est une épreuve combinée de ski de fond et de tir à la carabine réalisée selon différentes formules de compétition. D’origine militaire, le biathlon est un sport d’hiver combinant deux disciplines totalement opposées : le biathlète alterne entre le ski de fond avec plusieurs boucles à parcourir et le tir à la carabine avec des cibles situées à une distance de 50 mètres. La combinaison du ski de fond et du tir implique des efforts intenses et le tir requiert du calme et de la concentration devant les 5 cibles à viser. Ces deux disciplines antagonistes forment un cocktail explosif: le biathlon. L’intérêt et la complexité de cette discipline étant d’alterner des phases d’effort intense, des phases de calme, de concentration où précision et rapidité au tir sont indispensables. Une difficulté renforcée par la gestion de situations de confrontation directe avec ses adversaires.
Historique et développement du biathlon
Si des compétitions de tir et de ski de fond peuvent être identifiées dès le XVIIIe siècle dans les pays Nordiques, le biathlon ne s’est réellement développé et structuré que durant la deuxième partie du XXe siècle. En 1924, à Chamonix, une forme préalable du biathlon a fait ses débuts olympiques : la patrouille militaire. Cette épreuve est par la suite proposée en démonstration en 1928, 1936 et 1948. Le biathlon fait ses débuts sous sa forme actuelle aux Jeux de 1960 à Squaw Valley, avec une seule épreuve individuelle masculine sur 20 kilomètres au programme. Jusqu'aux Jeux de 1976 à Innsbruck, les épreuves se composent de cette course et d'un relais. À Lake Placid, en 1980, est introduite une deuxième épreuve individuelle, le sprint. Le biathlon féminin fait sa première apparition au programme olympique lors des Jeux d’Albertville 1992. À Salt Lake City en 2002, s’ajoute une épreuve de poursuite de 12,5 km pour les hommes et de 10 km pour les femmes. À la différence des autres sports d’hiver, le biathlon est totalement autonome vis-à-vis de la Fédération Internationale de Ski et est géré par l’Union Internationale de Biathlon (IBU) depuis 1993.
Le fonctionnement du pas de tir et de la carabine
Le tir s'effectue la carabine 22 long rifle à une distance de 50 mètres dans deux positions différentes : couché et debout. Le biathlète a pour objectif de faire basculer ses 5 cibles distantes de 50 m. Que ce soit pour le tir couché ou le tir debout les cibles restent les mêmes mais un cache permet de réduire leur taille en couché : 4,5 cm de diamètre contre 11,5 cm sur un tir debout. Chaque cible manquée donne lieu à un tour de pénalité ou à une minute ajoutée au temps de course. Pour les relais, l’athlète possède trois balles supplémentaires qu’il doit charger manuellement. Si ses trois balles ne suffisent toujours pas, alors il devra tourner sur l’anneau de pénalité autant de fois que le nombre de cibles restant à blanchir.
Le règlement est strict : la carabine doit peser au minimum 3,5 kg sans chargeur ni munition. Depuis 1978, le biathlon s’est détaché du monde militaire en passant à une carabine de plus petit calibre avec des munitions .22 Long Rifle à percussion annulaire. Le poids de déclenchement de la détente doit être au minimum de 500 g pour une question de sécurité et aucun système de grossissement de la visée est autorisé. Pendant la course, l’athlète porte sa carabine dans le dos grâce à des bretelles liées à un harnais fixé sur un côté de la crosse. La carabine se compose de plusieurs pièces : la crosse, en bois ou en matériaux composites ; le canon composé de différents éléments de visée : la hausse (où on met l’œil), l’œilleton et la culasse avec un armement linéaire pour gagner du temps ; une bretelle en cuir qui sert de point d’appui lors du tir couché ; les bretelles pour porter la carabine sur le dos ; des chargeurs de cinq balles placés généralement sous le canon ; des clapets qui protègent les organes de visée des intempéries. Un pas de tir compte généralement 30 tapis et chaque tapis fait face à 5 cibles.
Les formats de compétition individuels
Les athlètes rencontrent quatre types d'épreuves individuelles tout au long de la saison. L’individuel est l’épreuve la plus originale et la plus longue des courses de biathlon, les femmes doivent parcourir 15km et les hommes 20km avec 4 arrêts sur le pas de tir. Contrairement aux autres épreuves, l’individuel alterne les positions au tir (couché et debout avant de repasser sur un tir couché et un tir debout). La conséquence d’une balle loupée sur ce format est d’une minute de pénalité rajoutée sur le temps final du biathlète.
Lire aussi: L'univers fascinant des défis sportifs enchaînés
Le sprint est une épreuve de vitesse avec deux passages sur le pas de tir (couché et debout). Les hommes réalisent trois tours de 3,3 kilomètres (2,5 pour les femmes), entrecoupés par deux séquences de tir. Pour chaque cible manquée, le concurrent doit skier un tour de pénalité de 150 mètres, installé à la sortie du pas de tir.
La poursuite regroupe les 60 premiers du sprint pour une confrontation directe sur la piste. Les biathlètes s’élancent selon l’ordre d’arrivée sur le sprint en conservant les écarts. Les hommes skient cinq tours de 2,5 km avec quatre séances de tir (couché - couché - debout - debout). Le premier concurrent à passer la ligne d’arrivée est le vainqueur.
La mass-start est surnommée “la course des rois/reines”, regroupant les 30 meilleurs biathlètes du moment pour un départ groupé. C’est le deuxième format de course le plus long avec 12,5 km à parcourir pour les femmes et 15 km pour les hommes. Il y a quatre passages sur le pas de tir, avec les deux premiers en position couchée et les deux derniers en position debout. Chaque cible manquée correspond à une boucle de pénalité de 150 m.
Les épreuves de relais et formats spéciaux
Les relais sont disputés par équipe nationale de quatre biathlètes. Le départ se fait en ligne, et chaque relayeur doit accomplir un parcours de 7,5 km (6 pour les femmes) entrecoupé de deux tirs, couché puis debout. Chaque cible ratée se traduit par un tour de pénalité de 150 mètres. Contrairement aux autres épreuves, le biathlète dispose d'un total de huit balles pour abattre les cinq cibles : les cinq balles habituelles, issues d'un chargeur, et trois balles de pioche à charger manuellement.
Le relais mixte est au programme des Jeux olympiques d’hiver depuis les JO de Sotchi en 2014, composé de deux femmes et deux hommes. Le relais mixte simple, apparu sur le circuit de la Coupe du Monde en 2015, comprend des équipes composées d’une femme et d’un homme par pays. L’Individuel court est une épreuve plus courte que l’individuel classique : 12,5 kilomètres pour les dames et 15 kilomètres pour les hommes. Chaque cible manquée ne coûte pas une minute de pénalité mais 45 secondes. Enfin, le super sprint se déroule en deux étapes : d’abord une phase de qualifications puis une phase finale. La séance de qualification se fait sur une distance de 3km avec un tir couché et un tir debout. Le départ de la finale se fait en mode mass start pour une distance de 5km à parcourir avec quatre tirs à réaliser.
Lire aussi: Le triathlon expliqué
La gestion de la progression sur les skis
Toutes les techniques de ski de fond sont autorisées dans le biathlon. Les biathlètes utilisent principalement trois styles pour se déplacer qu’ils varient en fonction de leur vitesse et du profil du terrain : le décalé (ou “pas de montée”) à faible vitesse dans les bosses, le “un temps” sur les plats ou plats-montants pour garder une vitesse élevée, ou le pas “combiné” utilisé dans les faux plats-descendants. Le matériel est similaire à celui d’un fondeur. Une paire de skis de skating doit mesurer 20 cm plus long que la taille du biathlète, avec une paire de bâtons dont la longueur est similaire à la hauteur d’épaule. Le ski doit avoir une largeur minimale de 40 mm sous la fixation, et peser au minimum 750 g sans la fixation.
Calendrier et structure du classement mondial
Une saison de biathlon dure quatre mois pendant l’année (de décembre à mars), rythmée par la Coupe du Monde, les Championnats du Monde ou bien les Jeux Olympiques. Depuis 1978 chez les hommes et 1983 chez les femmes, la Coupe du Monde de biathlon se déroule chaque hiver rassemblant les meilleurs biathlètes du monde. Elle compte une vingtaine de courses individuelles réparties sur une dizaine d’étapes se trouvant le plus souvent en Europe. Les courses apportent des points pour établir différents classements : ceux des spécialités, le classement général qui récompense le meilleur biathlète de la saison, mais également les classements par équipe. Les premiers de ces classements se voient décerner en fin de saison un globe de cristal. Les Championnats du Monde, qui se déroulent chaque année hors année olympique, décernent des titres mondiaux sur des courses d’un jour. Les Jeux Olympiques, tous les quatre ans, sont également des courses à part dans le calendrier depuis les JO de Sotchi.
Lire aussi: Offre sportive locale à Gérardmer