À bord, le gilet de sauvetage n'est pas un accessoire : c'est l'équipement qui fait la différence entre un incident et un drame. La définition du gilet de sauvetage est simple : s'il est porté, il peut vous sauver la vie ! Ce matériel est un objet flottant et d’habillement sur le haut du corps qui augmente les chances de survie du porteur en cas d’incident. L'inventeur du gilet de sauvetage est l’explorateur et capitaine John Ross Ward, qui crée en 1854 sous la forme d’une ceinture en liège, le premier système de flottaison. Aujourd'hui, face à la diversité des modèles, comprenant des variations en flottabilité, déclenchement, présence de sous-cutale, et certifications comme SOLAS, le choix peut vite devenir un casse-tête. Pourtant, comprendre ces différents aspects est primordial pour assurer sa sécurité et celle de son équipage.
Les Composants Clés et Mécanismes des Gilets de Sauvetage
Un gilet de sauvetage est conçu avec plusieurs éléments dont la synergie garantit son efficacité. En navigation, sa fonction première est de maintenir la tête du porteur hors de l’eau afin de laisser libres les voies respiratoires. L'objectif du gilet de sauvetage n'est pas de supporter la totalité du poids du naufragé pour le maintenir au-dessus de l'eau ; il se concentre seulement sur une poussée verticale pour soutenir les voies respiratoires du porteur hors de l'eau. Ces dispositifs sont des vêtements de flottabilité individuelle, qui peuvent être gonflables ou en mousse, et permettent à une personne tombée à l’eau de ne pas couler.
La Cartouche de CO₂ et les Systèmes de Gonflage Automatique
Le système de déclenchement est l'un des critères techniques les plus importants pour les gilets gonflables. Un gilet à cartouche de CO₂ est muni, comme son nom l’indique, d’une cartouche de CO₂ qui, une fois percutée, vient gonfler un boudin autour de votre cou, ce qui permet de maintenir la tête hors de l’eau. Il assure une flottabilité bien meilleure qu’un simple gilet en mousse, en effet la flottabilité d’un gilet autogonflant est au minimum de 150 Newtons.
Le mécanisme de gonflage automatique repose sur une combinaison d'immersion et de pression. Il ne s'active qu'en cas d'immersion complète dans l'eau, à une profondeur minimale de 10 cm. Le ressort actionne alors un dispositif de percussion, qui perce l'extrémité de la cartouche de gaz. Un indicateur visuel, situé à l'avant du mécanisme, permet à l'utilisateur de vérifier d'un coup d'œil le bon positionnement de la cartouche et le bon état de fonctionnement du système. Le système UML MK5 est un système de gonflage automatique à pastille hydrosoluble, reconnu pour sa fiabilité et sa grande rapidité de déclenchement. Dans des conditions normales d'utilisation, le gilet de sauvetage est entièrement gonflé en environ 3 secondes après l'immersion du mécanisme. La capsule automatique contient un ressort puissant, maintenu comprimé par un élément en papier hydrosoluble. Le système UML Pro Sensor Elite®, plus récent, constitue une évolution du MK5. Il intègre des indicateurs visuels avancés permettant à l'utilisateur de vérifier que la cartouche de CO₂ est correctement installée et fonctionnelle.
Il existe deux technologies différentes pour les gilets automatiques. Ils peuvent intégrer une pastille de cellulose ou de sel (qui va se désintégrer au contact de l’eau et déclencher l’ouverture de la cartouche) ou être équipés d’un détecteur de pression de l’eau (système Hammar) qui va déclencher le gonflement. Le système hydrostatique (Hammar) permet d’éviter les déclenchements intempestifs qui peuvent survenir sur les percuteurs non-hydrostatiques exposés régulièrement à l’humidité ambiante (pluie, paquet de mer, eau de lavage, etc.). Le second système se déclenche à la pression de l’eau lorsque le gilet est immergé de quelques centimètres dans le liquide. Il peut ainsi être éclaboussé sans risque que le système percute.
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Équipements Complémentaires pour une Sécurité Renforcée
Au-delà du simple élément de flottabilité, de nombreux équipements supplémentaires peuvent s'ajouter au gilet de sauvetage afin de le rendre davantage efficace et d'améliorer son fonctionnement. Ces équipements ne sont pas des gadgets.
La sous-cutale est indispensable pour éviter que le gilet ne remonte sur la tête du porteur une fois gonflé. Elle améliore le maintien de l’équipement gonflé sur l'utilisateur. Elle est indispensable si le gilet n’est pas bien préformé. Elle l’est moins si le gilet est préformé et correctement réglé sur le marin. Pour les gilets de sauvetage spécifiquement conçus pour les enfants, il est important qu’ils soient équipés d’une sangle sous-cutale (qui passe entre les jambes et sous les fesses) afin de garantir un parfait ajustement et qu’il ne remonte pas en cas d’immersion.
La boucle de harnais en tissu permet de fixer une longe au gilet et ainsi s’accrocher au navire. En cas de conditions de navigation difficiles, le harnais de sécurité garantit des déplacements plus sûrs sur le pont. En navigation hauturière, au-delà de 6 milles d'un abri, tout voilier doit être équipé d'un harnais et d'une longe par personne embarquée. Pour les navires non voiliers, la présence d'au moins un harnais et d'une longe est obligatoire. La norme EN ISO 12401 définit les exigences des harnais de sécurité et lignes de vie. La longe permet de s’attacher au bateau, de préférence en 3 points pour pouvoir se déplacer en restant toujours attaché. Il faut veiller à prendre un mousqueton ergonomique afin que l’utilisation de la longe ne soit pas un effort pour le marin.
D'autres éléments augmentent la visibilité et la capacité de signalement :
- Les bandes réfléchissantes contribuent à la visibilité du porteur, de jour comme de nuit.
- Un sifflet doit être fixé de telle manière que son utilisation se fasse sans difficulté, pour attirer l'attention des secours.
- La lampe flash SOLAS augmente la visibilité de l’homme à la mer, de jour comme de nuit, avec un déclenchement manuel ou automatique. On la préfère au bâton lumineux et en automatique pour éviter de se fatiguer et de se refroidir lorsque l’on tombe à l’eau : mieux vaut être vu, automatiquement et sans effort. En application de la réglementation de la division 240, il faut impérativement à bord un dispositif lumineux. Celui-ci peut être collectif, sous la forme d'une lampe torche étanche ayant au moins 6 heures d'autonomie, ou individuel. Le feu individuel doit lui aussi être étanche, avoir une autonomie de 6 heures, et doit être impérativement soit porté par chaque personne à bord, soit fixée sur l'Équipement Individuel de Flottabilité (EIF), à savoir la brassière ou le gilet de sauvetage.
- Certains gilets de sauvetage très complets sont équipés de poches. Profitez-en pour garder sur vous votre matériel comme une VHF marine portable ou une balise individuelle de détresse (PLB ou AIS), qui permet la localisation de l’homme à la mer.
- La capuche anti-embruns se range dans une petite poche que l’on fixe sur une sangle du gilet et se déploie manuellement une fois le gilet gonflé dans l’eau. Le risque de noyade avec le gilet gonflé augmente avec le temps, l’hypothermie et la fatigue arrivant, la personne à secourir finit par boire la tasse et c’est l’objectif de cette capuche anti-embruns que d’empêcher cela.
La Flottabilité et les Classes de Newtons : Une Question de Performance
La flottabilité, exprimée en newtons (N), indique la force de portance du gilet une fois gonflé. Plus elle est élevée, mieux le gilet retourne et maintient un corps inconscient, notamment lesté de vêtements humides. La norme européenne définit les gilets en fonction de leur flottabilité exprimée en newtons (50, 100, 150 et 275). Il s’agit d’une flottabilité type pour un porteur de 70 kg. Les gilets sont classés par flottabilité qui s’exprime en Newton (50N, 75N, 100N, 150N, 165N, 200N, 225N, 250N et 275N). Plus le nombre est grand, plus le gilet va vous faire flotter et sera conseillé pour des conditions extrêmes, de grosses embarcations ou un fort éloignement de la côte. Et vice versa, plus le chiffre est petit, plus il sera adapté à une pratique proche du bord ou par temps calme.
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Les Différents Niveaux de Flottabilité et Leurs Usages
Flottabilité 50 Newtons (50 N) : L'aide à la flottabilitéEn dessous de 100 N, une brassière est considérée comme une aide à la flottabilité. Les gilets 50N ne proposent qu’une aide à la flottabilité. Ces vêtements offrent un faible encombrement, mais présentent des performances limitées en eaux agitées. Ils sont adaptés à un adulte de corpulence moyenne. Ce type d’équipement a pour fonction principale d’assurer la flottaison de personnes tombées à l’eau et sachant nager. Le plus simple des gilets est bien celui en mousse, aussi appelé gilet de flottaison. De faible Newton, de 50N à 100N, c’est une aide à la flottabilité plus qu’un réel outil qui peut vous sauver la vie. Ils peuvent être utilisés lorsque l’on reste à moins de 2 milles nautiques d’un abri, en plan d'eau fermé. Les gilets en mousse se portent en plan d'eau fermé ou à 2 milles d'un abri. Une aide à la flottabilité de 50N ne permet pas, par exemple, un dégagement des voies aériennes si la personne est inconsciente.
Flottabilité 100 Newtons (100 N) : Pour les eaux abritéesCette flottabilité est adaptée à un adulte de corpulence moyenne. Ce niveau de flottabilité est destiné aux personnes susceptibles d'avoir à attendre l'arrivée des secours en eaux abritées. Ils sont indiqués pour nageurs, pour eaux protégées et eaux intérieures. Si vous naviguez tranquillement, par exemple sur un bateau électrique ou un petit sloop sur des eaux intérieures abritées, un gilet de sauvetage homologué avec une flottabilité de 100 N est souvent suffisant, à condition que tous les passagers sachent nager. La recommandation des Sauveurs en Mer pour la plaisance (navigation à voile ou à moteur) est de porter un gilet de 100N ou 150N même si on navigue à moins de 2 milles nautiques d'un abri.
Flottabilité 150 Newtons (150 N) : Le gilet polyvalentFlottabilité minimale de 150 Newtons, adaptée à un adulte de corpulence moyenne. Ce niveau est recommandé pour nageurs et non-nageurs, pour toutes les eaux. Il garantit le retournement sur le dos d'une personne inconsciente sauf dans de rares cas. Dès que l’on s’éloigne vers la haute mer, il est impératif de choisir un gilet de 100N, 150N ou 275N. Si vous naviguez en mer ou sur des eaux libres, comme la mer ou l’IJsselmeer, il faut opter alors pour un gilet de sauvetage de 150 N ou plus. Ces chiffres sont des minimums légaux.
Flottabilité 275 Newtons (275 N) : Pour conditions extrêmes et le hauturierFlottabilité minimale de 275 Newtons, adaptée à un adulte de corpulence moyenne. Ce niveau de gilet de sauvetage est principalement destiné à une utilisation hauturière, y compris dans des conditions extrêmes. Pour nageurs et non-nageurs, il est recommandé pour la haute mer et les conditions extrêmes. Ces derniers sont fortement recommandés en cas de longue traversée, mais également en hiver, lorsque l’on est plus lourdement équipé (polaire, imperméable, chaussures, etc.). Plus on s’éloigne des côtes, plus il est nécessaire d’assurer une sécurité maximale pour les personnes à bord et donc d’opter pour les gilets de 150 ou 275 newton. Si le temps est mauvais et que vous êtes loin en mer, les secours mettront plus de temps à arriver. Un gilet de 275N permet, en cas d’accident, d’assurer une plus longue flottabilité et de garder la tête hors de l’eau plus facilement dans les vagues.
La flottabilité requise est un minimum réglementaire, pas un objectif. Par mer formée, vêtements lourds ou navigation solitaire, choisissez systématiquement le cran au-dessus.
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Typologies de Gilets de Sauvetage : Mousse, Gonflables et Spécifiques
On peut distinguer les gilets de sauvetage selon deux grands critères : leur flottabilité et le matériau utilisé. En France, le port d’un gilet de sauvetage automatique ou en mousse est obligatoire durant toutes activités nautiques et doit être porté tout au long de la pratique pour assurer votre sécurité.
Les Gilets à Flottabilité Permanente (en Mousse)
Le gilet en mousse est certainement le moins cher de tous. Entre 20 et 50 euros seront nécessaires pour s’en procurer un. À la manière d’un gilet de pêche, il peut être équipé de poches de rangement ou non. On retrouve généralement trois plaques de mousse sur ce type de vêtement : une dorsale et deux au niveau du torse. En mousse, ils présentent l'avantage de proposer une flottabilité permanente, dès l’instant où l’on tombe dans l’eau. Ces équipements assurent selon leur taille une flottabilité simple par mer calme jusqu’à une flottabilité active par mer agitée permettant notamment le retournement. Ces brassières ou gilets assurent par ailleurs à bord une certaine protection physique en cas de choc.
Les gilets en mousse sont ainsi bien adaptés à la voile légère, aux catamarans de sport, à la planche. Des activités pour lesquelles on pourra se contenter d’un gilet 50N, étant donné que ces sports se pratiquent souvent avec une combinaison Néoprène®, qui offre déjà un premier niveau de flottabilité. La mousse présente, en outre, une protection contre les chocs et protège du vent. Ils sont enfin faciles à entretenir (il suffit de les rincer) et coûtent généralement moins cher qu’un gilet gonflable. Ils sont moins chers à l’achat mais plus encombrants. Pour des pêches en kayak, un gilet d’aide à la flottabilité vous conviendra peut-être ? Depuis un float tube, un kayak de pêche ou un paddle, il est préférable d’avoir un gilet en mousse.
Les gilets en mousse avec une flottabilité plus importante (100N-150N) proposent, en revanche, une moindre liberté de mouvement et peuvent être moins confortables lorsqu’il fait chaud. De plus, ils prennent plus de place sur un bateau. À noter également que, contrairement aux gilets gonflables et aux gilets en mousse de flottabilité supérieure, les gilets 50N ne garantissent pas automatiquement le retournement de la personne tombée à l’eau sur le dos afin de libérer ses voies respiratoires. En cas de chute inconsciente, à la suite d’un malaise ou d’un accident, la personne peut donc rester sur le ventre et se noyer.
Les Gilets Gonflables : Technologie et Confort
Les gilets de sauvetage gonflables offrent une flottabilité idéale et une sécurité excellente. Ils sont plus chers à l’achat, mais ces gilets ont un encombrement réduit. Ils se portent sur les vêtements et allient sécurité et confort et permettent une meilleure mobilité lors des déplacements ou des manœuvres. C’est pourquoi il est fortement conseillé de porter son gilet de sauvetage à bord de son navire de plaisance. Ces gilets étant gonflables, la flottabilité est assurée par l’action d’une bouteille de gaz CO₂ capable de gonfler instantanément des réservoirs d’air. Cette particularité donne au gilet automatique un avantage important en termes de mobilité. À porter sur les vêtements, il n’entrave pas les mouvements et facilite manœuvres et déplacements à bord. Les gilets se portent désormais « haut » et sur les épaules, grâce aux travaux réalisés par les fabricants sur les formes 3D des poumons et de l’enveloppe extérieure.
Les gilets gonflables sont disponibles en 100, 150 et 275 newtons, et se gonflent soit manuellement, soit automatiquement.
- Le gilet gonflable manuel : il est constitué d’un poinçon à actionner manuellement en cas de chute. Ce poinçon perfore l’opercule de la bouteille de gaz (CO₂) qui gonfle le gilet. Ils sont adaptés aux personnes habituées à être sur l’eau qui ne stressent pas une fois tombées à l’eau, pour des conditions calmes ou lorsque plusieurs personnes sont présentes sur l’embarcation. Cependant, un accident est vite arrivé. Si on s’assomme en tombant à l’eau ou que l’on fait une hydrocution, on ne peut pas déclencher le système. Et c’est bien là que le côté manuel de ce type de gilet trouve ses limites.
- Le gilet gonflable automatique dit à pastille de cellulose : Ce système fonctionne avec une cartouche munie d’un élément soluble mais résistant à l’humidité et aux embruns. Le gilet se déclenche donc qu’après immersion dans l’eau. Le déclenchement automatique : le système de gonflage se déclenche au contact de l’eau, qui va dissoudre l’élément hydrosoluble. Un ressort pousse le poinçon dans la cartouche de gaz, la chambre gonflable se remplit. Le témoin de percussion automatique change d’état.
- Le gilet gonflable automatique pressiostatique : Ce système fonctionne avec une valve hydrostatique qui s’active sous l’effet d’une pression faible de l’eau. Ils se déclenchent de façon autonome en cas de chute.
Tous ces gilets automatiques permettent également de retourner automatiquement la personne tombée à l’eau. Pour un gilet à cartouche de CO₂, il faudra compter minimum 100 euros pour vous en équiper. Les gilets automatiques existent en taille enfant. Moins contraignants pour eux aussi, ils sont à privilégier pour leur assurer une sécurité maximum. Si l’on vient à se faire éjecter de l’embarcation en route, un franc-bord haut entraînant une chute plus violente, ou tout simplement parce que l’on part plus loin et dans des conditions plus dures, parfois l’utilisation d’un gilet automatique est bien plus sécurisante.
Gilets Spécifiques : SOLAS et Ski Nautique
Pour les professionnels de la mer et les conditions les plus exigeantes, les gilets SOLAS répondent à un cahier des charges renforcé. Ils doivent être dotés de deux chambres indépendantes, chacune équipée de son propre système de gonflage automatique.
Un gilet de ski nautique, également appelé gilet de protection, est conçu pour l’action : ski nautique, wakeboard, kneeboard, bref, toutes les activités où vous tombez régulièrement (et à grande vitesse) dans l’eau. Il vous offre une grande liberté de mouvement et une certaine protection en cas de chute, mais n’est pas conçu comme un dispositif de sécurité en cas d’urgence. Un gilet de ski nautique est idéal pour les activités nautiques, mais ne remplace en aucun cas un gilet de sauvetage à bord.
Réglementations et Obligations : Ce que dit la Loi
L'Europe impose des normes strictes pour l'utilisation d'un gilet de sauvetage ou d'une aide à la flottabilité. Tous les gilets de sauvetage doivent donc être agréés CE (ou ISO). Cette information doit être apposée sur l'étiquette de conformité présente sur le gilet. Les gilets de sauvetage sont aujourd'hui conçus pour répondre à des normes et des dispositifs très précis, comme la Norme ISO ou les Newton par exemple, afin de garantir au mieux la protection des pratiquants à bord de leurs bateaux. En tant qu’Équipement de Protection Individuel (EPI) destiné à la lutte contre le risque de noyade, les gilets de sauvetage (et tous les V.F.I - Vêtements de Flottabilité Individuelle) sont soumis aux normes européennes ISO 12402-1 à 10 définissant les critères de confort et de flottabilité.
Obligations d'Embarquement et de Port
La division 240 rend l'Équipement Individuel de Flottabilité (EIF) obligatoire pour tout type de navigation de plaisance. L’emport de gilets de sauvetage est bien obligatoire sur toute embarcation. Il en faut au moins un par personne à son bord.
Quant à l'obligation de porter le gilet, la situation est nuancée : vous ne serez pas verbalisé si vous ne portez pas sur vous un gilet de sauvetage à bord de votre embarcation en mer. Il n’y a pas d’obligation légale de « porter » un gilet à bord d’un bateau. Voir la division 240 article 240-2.12 des conditions d’utilisation des véhicules nautiques à moteur. Cependant il n’est pas obligé de le porter s’il se trouve proche d’un abri ou de la côte.
Néanmoins, sur l’eau, nous ne sommes rien et un accident est vite arrivé. C’est pourquoi il est fortement conseillé de porter son gilet de sauvetage à bord de son navire de plaisance. Quand utiliser un gilet de sauvetage ? Dès que vous posez le pied sur un bateau et où que vous soyez par rapport au rivage. Les accidents n’arrivent, en effet, pas qu’au large. On constate, chaque année, de nombreuses chutes depuis une annexe sur le bref trajet du rivage au mouillage. Même proche des côtes, vous pouvez tomber à l’eau inconscient, à la suite d’un malaise ou si vous vous faites accidentellement projeter par la bôme de votre voilier. Cette recommandation est d’autant plus importante si vous êtes au large. Quelles que soient les conditions climatiques et l’expérience de la mer que l’on peut avoir, le port du gilet de sauvetage est une recommandation prioritaire des Sauveteurs en Mer.
Pour les plaisanciers, la division 240 impose d’avoir à bord des EIF en quantité suffisante mais n’impose pas le port en permanence de ces derniers. Pour les professionnels, le gilet de sauvetage est depuis 2007 un équipement de sécurité nautique obligatoire pour les gens de mer. Comme tout EPI, ses règles de mise à disposition et d’utilisation à bord sont encadrées par la réglementation.
Entretien et Durée de Vie : Garantir l'Efficacité de Votre Équipement
Un gilet de sauvetage est considéré comme un équipement de protection individuelle. Les gilets de sauvetage ont une durée de vie limitée, accentuée par les agressions auxquelles ils sont soumis (rayonnement ultra-violet, en mer avec le sel, abrasion, micro-organismes, hydrocarbures, compression,…).
Nous vous recommandons une révision annuelle pour rester efficace le jour où vous en aurez besoin. Un gilet gonflable se contrôle dans son intégralité : état de la vessie, état de la cartouche CO₂, pastille de déclenchement, sangles. Un contrôle tactile et visuel doit être réalisé régulièrement. Pour les gilets gonflables, il vous faudra remplacer la cartouche de gaz après utilisation du gilet de sauvetage, ou si elle n'est plus opérationnelle. Pour un gilet automatique, il faudra en plus changer également la pastille à sa date d'expiration ou après utilisation du gilet. En mer, le nettoyage à l’eau douce après chaque utilisation est préconisé, le stockage dans un endroit sec, aéré et à l’abri des rayonnements solaires est recommandé, les réparations de fortune sont déconseillées.
Notre conseil plaisance : l’achat d’un gilet est un investissement pour 10 ans minimum, alors 2 à 3 fois dans la durée de vie du produit, faites faire la révision par un professionnel (Ouest Sécurité Marine par exemple !). Le poumon sera gonflé et testé à la valeur de pression de test exigée par le fournisseur. Avant de prendre la mer, il est indispensable d’informer l’équipage sur l’utilisation des gilets et brassières de sauvetage.
Le Choix du Gilet : Adapter la Sécurité à Votre Pratique
Le meilleur gilet est celui que vous porterez réellement. Le choix se fera donc en fonction de sa pratique (type d’activité, zone et fréquence de navigation), de sa morphologie, de son poids et, bien évidemment, du prix. Adapter le choix de votre gilet à votre pratique sportive et aux risques pris plutôt qu’à l’éloignement d’un abri est crucial. Il faut s’assurer, en premier lieu, qu’il est adapté au poids et à la morphologie de votre enfant. Les gilets sont spécifiques aux enfants, il ne faut donc pas choisir un petit gilet pour adulte.
Des Critères de Sélection Spécifiques
Comment choisir en pratique ? Côtier, semi-hauturier, hauturier, professionnel ? Naviguez-vous souvent par mer formée ? Avec un ciré épais ? En solitaire ?
- Navigation côtière ou en eaux intérieures protégées : Si vous naviguez sur des eaux intérieures avec des enfants ou des personnes qui ne savent pas bien nager, un gilet de sauvetage d’une flottabilité minimale obligatoire de 100 N est recommandé. Pour les sorties à la journée, un gilet 100 N par personne embarquée est un minimum légal.
- Navigation en mer ou sur eaux libres : Si vous naviguez en mer ou sur des eaux libres, comme la mer ou l’IJsselmeer, optez alors pour un gilet de sauvetage de 150 N ou plus.
- Navigation hauturière et conditions extrêmes : 150 Newtons pour les navigations à plus de 6mn. 275 Newtons pour les navigations en haute mer et conditions extrêmes. Ces derniers sont fortement recommandés en cas de longue traversée, mais également en hiver, lorsque l’on est plus lourdement équipé (polaire, imperméable, chaussures, etc.).
Nos experts en magasin et sur uship.fr sont là pour vous orienter vers le modèle adapté à votre programme de navigation. N’hésitez pas à poser la question à nos instructeurs lors d’un de nos cours pour être sûr que votre équipement est en ordre et savoir quel gilet acheter pour votre type de bateau.