Le petit monde des batraciens est passionnant. Les amphibiens sont liés aux milieux humides (mares, fossés, ruisseaux, étangs, marais, etc.) où ils naissent, grandissent et retournent chaque année au printemps pour se reproduire. Dans le monde des amphibiens, il est parfois difficile de distinguer les grenouilles et les crapauds. Les grenouilles ont une peau lisse, fine et toujours humide. Leurs longues pattes arrières musclées leur permettent de sauter et de nager avec agilité. Les crapauds, eux, possèdent une peau sèche et granuleuse, souvent recouverte de petites glandes qui sécrètent un venin pour repousser les prédateurs. Leur corps trapu et leurs pattes plus courtes les rendent moins habiles au saut : ils se déplacent plutôt en marchant ou en rampant.
La migration prénuptiale : un voyage vers les origines
Alors que l’hiver perdure, les amphibiens décident que c’est le bon moment pour se reproduire ! Oui nous parlons bien de migration de crapauds et autres grenouilles. Cette migration de fin d’hiver s’appelle la migration prénuptiale (avant la reproduction). Les amphibiens ont passé l’hiver réfugiés au fond de la vase ou enfouis dans l’humus de la forêt, au fond de trous ou des cavités de micromammifères, sous des souches et bien d’autres lieux à l’abri du gel.
Comme le démontre l’opération que suit Nature en Périgord sur une route départementale, la sortie de l’hibernation peut-être brutale. Surtout chez les crapauds épineux ou communs. On observe de véritables rushs printaniers, c’est-à-dire que le grand nombre d’individus se ruent dans les pièces d’eau qui les ont vus souvent naître pour se reproduire. Et cela peut être très localisé et engendrer de grosses pertes si une route vient barrer cet axe de migration.
Dynamiques de reproduction et cycles de vie
Les premières espèces à ouvrir le bal de la reproduction dans notre région sont les Grenouilles rousses dans la famille des grenouilles brunes. Dès le mois de janvier, la reproduction a déjà commencé chez la Grenouille rousse et des pontes sont observables dans les pièces d’eau. Chez les grenouilles, les pontes sont toujours en amas. Pour différencier une ponte de grenouille rousse de celle d’une grenouille Agile, ce n’est pas évident et il faut se garder de toute certitude surtout. Une ponte très précoce en janvier est plutôt synonyme d’une rousse mais avec le changement climatique, qui sait ? Il faut additionner certains de ces critères pour être certain de l’espèce.
Arrivées à la mare, les femelles, et plus particulièrement les plus grosses, sont assaillies par plusieurs mâles. Ces assauts forment des boules de crapauds mouvantes et bruyantes. Au cœur de ces orgies sexuelles, les femelles ne peuvent se libérer de tous ces mâles excités. Le mâle est donc agrippé sur le dos de la femelle, il l’enserre sous les aisselles avec ses pattes, plantant ses poings dans les flancs de cette dernière. La ponte a lieu dans l’eau. Le mâle accroché à la femelle va éjecter son sperme sur les ovules à leur sortie. Après avoir pondu, la femelle repart quasiment aussitôt de l’étang ou de la mare pour éviter de subir les assauts des mâles.
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Les œufs fécondés vont donner lieu à de petits têtards de couleur noire au bout d’environ 15 jours. La transformation du têtard en petit crapelet intervient entre deux et trois mois plus tard. Les crapelets nombreux se dispersent lors de conditions favorables (pluie et douceur) dans l’environnement proche. Ce n’est qu’au bout de deux ou trois ans que les individus sont matures sexuellement.
Le complexe des grenouilles vertes et leurs singularités
Il existe de nombreuses espèces difficiles à différencier de prime abord. La Grenouille rieuse, de Lessona, de Graf, de Perez… on parle souvent du complexe des grenouilles vertes. En tous les cas, les grenouilles vertes font sans aucun doute partie des batraciens les plus souvent observés et les mieux connus du grand public. La grenouille verte ou grenouille comestible (Pelophylax esculentus) est un amphibien qui résulte de l'hybridation entre la Grenouille de Lessona (Pelophylax lessonae) et la Grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus). Elle peuple nos étangs, lacs, mares et ruisseaux riches en végétation qui lui assure un abri. Elle sort de son hibernation en mars et reprend sa place au bord de l'eau ou sur les nénuphars.
Au printemps et en été, leur chant retentit aux abords des points d’eau, de jour comme de nuit. Durant la journée, les grenouilles vertes se chauffent au soleil sur la berge, d’où elles peuvent sauter dans l’eau pour se réfugier en cas de danger. Ces grenouilles se mélangent génétiquement et forment des hybrides féconds. Les grenouilles vertes ont une peau le plus souvent vert brillant, plus rarement jaune-vert ou bleu-vert, parfois même brunâtre. Le dos et les flancs sont parsemés de taches foncées, qui se rejoignent sur les cuisses pour former des raies. Le milieu du dos est souvent orné d’une ligne longitudinale vert clair. La ponte est beaucoup plus tardive que les autres espèces de grenouilles. Leur activité commence en mars où les mâles se font entendre mais la reproduction est en avril ou mai. Là aussi la ponte se constitue en amas d’œufs dans les mares et eaux stagnantes.
Distinctions et comportements spécifiques : rainettes et crapauds
Les rainettes ne font pas partie de la famille des grenouilles. Elles s’en différencient par la présence au bout de leurs doigts de disques adhésifs, leur permettant de grimper dans la végétation. On dit rainettes arboricoles qui ne vont dans les points d’eau que pour s’y reproduire. Le critère principal est l’observation du flanc de la Rainette.
Qui n’a pas entendu ce petit chant au printemps ou l’été le soir en bord de terrasse, surtout après une pluie salvatrice ? Les mâles chantent depuis leur cachette ou à proximité car, à la différence des autres anoures de notre pays, les adultes ne se regroupent pas dans un point d’eau pour la reproduction. Ce sont ces chants qui permettent aux femelles de localiser les mâles reproducteurs. Autre originalité, son mode de reproduction. Alors que la plupart des amphibiens s’accouplent dans l’eau, lui s’accouple au sec, sur la terre ferme, généralement entre mars et septembre. Après l’accouplement, le mâle récupère les œufs fécondés et les fixe sur ses pattes arrière. Durant cette période, le mâle fréquente les milieux chauds et humides, caché entre les pierres ou un tas de sable et il ira régulièrement tremper les œufs dans l’eau pour les hydrater. Juste avant l’éclosion, les œufs seront déposés dans un point d’eau où les têtards pourront éclore et se développer.
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Le crapaud calamite (Epidalea calamita) se reconnaît à sa peau rugueuse brun-vert et à la fine ligne jaune qui court le long de son dos. Il possède des yeux aux pupilles horizontales entourées d’un iris cuivré. Contrairement à d’autres crapauds, il est assez agile et se déplace plus en courant qu’en sautant. Il affectionne les milieux sableux et ouverts, où il peut se dissimuler sous les pierres ou dans la végétation basse.
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