La discipline du canoë-kayak, lors des grandes échéances internationales, se divise en deux mondes distincts : le canoë sprint, qui se déroule sur un stade d'eau calme, et le slalom, qui nécessite une infrastructure complexe appelée stade d’eau vive. Cette distinction est fondamentale pour comprendre les enjeux techniques et physiques auxquels font face les athlètes de haut niveau, tels que le canoéiste français Marthin Thomas, spécialiste du canoë monoplace en slalom.
La Mécanique des Fluides au Service de la Compétition
Un stade d’eau vive est une installation artificielle conçue pour reproduire les conditions d'une rivière naturelle tout en garantissant une équité parfaite pour tous les concurrents. Le principe repose sur une gestion rigoureuse des flux hydrauliques. Comme l'explique Benjamin Duprez, responsable du Stade Nautique Olympique à l’Île de loisirs de Vaires-Torcy, le fonctionnement de ces bassins est une prouesse technologique. Le système utilise de puissantes pompes pour élever l'eau à une hauteur significative, créant ainsi le dénivelé nécessaire pour générer du courant.
Une fois lancée, la masse d'eau rencontre des obstacles stratégiquement placés, souvent appelés des « Lego ». Ces blocs de plastique, fixés au sol, permettent de simuler la présence de rochers et de créer les mouvements d'eau caractéristiques d'une rivière sauvage : rouleaux, courants porteurs et déflecteurs. La configuration de ces obstacles est déterminante pour la difficulté du parcours. Les techniciens, comme Ludovic Royé, directeur technique national de la Fédération française de canoë-kayak (FFCK), soulignent que le dessin de la rivière est figé plusieurs mois avant une compétition majeure, notamment en mai, afin d'assurer une égalité stricte entre tous les pagayeurs.
La Spécificité des Bassins et l'Avantage du Terrain
La nature de l'eau dans un bassin artificiel peut varier selon la conception des obstacles et le débit. Certains bassins, comme celui de Pau, présentent une « eau dure », où le courant porte naturellement le bateau. À l'inverse, le bassin de Vaires-sur-Marne se distingue par une « eau vive » mais « assez molle ». Cette subtilité est cruciale : dans une eau molle, le bateau ne réagit pas de la même manière à l'appui de la pagaie. Les athlètes français, en s'entraînant sur ces installations depuis plusieurs années, ont acquis une connaissance fine de# Le Stade d'Eau Vive de Vaires-sur-Marne et l'Héritage des Bassins Olympiques de Slalom
Les épreuves de canoë-kayak slalom des Jeux Olympiques se distinguent par leur exigence technique et leur cadre spectaculaire. Cette discipline du canoë slalom a la particularité de se dérouler dans un stade d’eau vive, contrairement au Canoë Sprint qui se déroule sur un stade d’eau calme. Pour les Jeux de Paris, ce bassin sera à la base nautique olympique de Vaires-sur-Marne. La base nautique de Vaires-sur-Marne accueillera de nombreuses épreuves d’aviron et de canoë olympiques et paralympiques, devant plusieurs lumens de spectateurs.
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Pour comprendre le fonctionnement de ces équipements de pointe, il convient de se pencher sur la définition même de ces structures, sur les spécificités techniques du bassin francilien par rapport aux précédentes infrastructures olympiques comme celle de Londres, et sur les retours d'expérience des athlètes.
Qu'est-ce qu'un stade d'eau vive pour le Canoë-Kayak ?
La question du jour : Qu'est-ce qu'un stade d'eau vive, pour le Canoë-Kayak ? La réponse de France Bleu Paris nous est apportée par Benjamin DUPREZ, responsable du Stade Nautique Olympiques à l’Île de loisirs de Vaires-Torcy. Dans ce podcast, Benjamin Duprez vous explique la différence entre ces deux bassins. Contrairement aux plans d'eau naturels ou aux structures calmes destinées au sprint, le stade d'eau vive est une installation artificielle conçue pour générer des courants rapides, des turbulences et des mouvements d'eau complexes.
Le bassin de canoë-kayak, c'est de l'eau qui est prise par des pompes et montée à 4 mètres de haut, détaille Ludovic Royé, directeur technique national de la Fédération française de canoë-kayak (FFCK). Pendant la descente, après avoir appuyé sur un simple bouton pour lancer la machine, l'eau rencontre de gros blocs de plastique, qui vont permettre la création des différents courants. Pour faire ces mouvements d'eau, on met sur le chemin ce qu'on appelle des 'Lego', que l'on accroche au sol et qui viennent simuler les cailloux.
Le dernier dessin de la rivière s'est fait en mai, pour qu'il y ait une certaine équité entre tous les pagayeurs qui font les Jeux olympiques. Tout a été pensé pour éviter que cette rivière ne tarisse. Une coupure de courant en pleine compétition ? Aucun problème pour les spécialistes du slalom. On a toujours comme sécurité des groupes électrogènes. Même en cas d'orage, le site reste opérationnel, rassure Ludovic Royé. Ce système implique évidemment une consommation électrique assez importante, mais le DTN assure qu'elle n'est pas le principal coût économique du bassin.
Les disciplines olympiques et les règles du slalom
Deux disciplines du canoë-kayak figurent au programme des Jeux olympiques : le slalom et le sprint. Elles se déroulent toutes les deux sur le site de Vaires-sur-Marne. Ces deux disciplines comprennent des courses en kayak et en canoë. Le pagayeur de kayak est assis et utilise une pagaie double. Le pagayeur de canoë est agenouillé et utilise une pagaie simple.
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En slalom chacune des épreuves est désignée par une abréviation : C1D , K1H, etc. Comment décoder cette abréviation ? C ou K indique l’embarcation : C pour canoë, K pour Kayak. Le chiffre indique le nombre d'équipiers, et la lettre finale précise la catégorie (D pour dame, H pour homme). C’est en Canoë monoplace Slalom (C1) que Tony Estanguet, le président du Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 fut triple champion olympique, à Sydney en 2000, à Athènes en 2004 et à Londres en 2012. Le canoëiste français Marthin Thomas est également un spécialiste du Canoë monoplace en slalom.
Le slalom consiste à réaliser un parcours en eau-vive matérialisé par 18 à 25 portes. Les quatre épreuves olympiques se déroulent contre la montre en une minute trente environ. Objectif : aller le plus vite possible sans toucher les portes (2 secondes de pénalité) et sans les manquer (50 secondes de pénalité). Le slalom a figuré au programme olympique en 1972, puis y figure sans interruption depuis 1992. Marjorie Delassus s'y est notamment illustrée avec une 4e place en C1D aux JO de 2020.
Au programme, un nouveau format de compétition de slalom fera ses débuts aux Jeux avec des épreuves de kayak cross. Le kayak cross est inscrit pour la première fois au programme des JO en 2024. C’est une évolution récente du slalom. Après des qualifications au temps, contre la montre, quatre athlètes s’élancent ensemble depuis une rampe de départ pour un parcours en eau-vive comprenant un esquimautage, 4 à 6 portes en descente et 2 en remontée. Les deux premiers passent à la phase suivante jusqu’à la finale. Boris Neveu a notamment remporté la 1er place en finale de la coupe du monde 2023 de Kayak cross sur le bassin olympique de Paris 2024.
De Londres à Vaires-sur-Marne : l'évolution technique des bassins
Les caractéristiques physiques des rivières artificielles varient grandement d'un site olympique à l'autre. Le bassin de Londres (Lee Valley White Water Centre), conçu pour les Jeux de 2012, proposait des mouvements d'eau puissants et un débit marqué. Les kayakistes et céistes du monde entier ont dû s'adapter à des configurations changeantes au fil des ans.
Dès le mois de février 2011, les premiers visiteurs et passionnés de kayak partageaient leurs impressions sur le site londonien. Récemment nous sommes allés visiter les installations de slalom ainsi que l'environnement alentour. Nous avons pu faire quelques images du bassin en eau mais sans pagayeur dessus. Parcours sans grosse difficulté particulière (pas de grosse chute) mais soutenu tout du long (sauf un bon plat dans les 50 derniers mètres), avec pas mal de petits rouleaux et déflecteurs. L'eau coule, mais tout le reste est encore en travaux. L'ouverture au public est prévue pour le mois d'avril 2011. Pour de nombreux pratiquants européens, l'accessibilité de ce bassin représentait une opportunité : le bassin m'intéresse car c'est assez proche du nor'ch. Et si nous nous groupons pour louer un matin ou am à plusieurs ? 1500 Euro divisé par une trentaine de personnes … en plus un weekend/soirée à Londres.
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À Vaires-sur-Marne, le profil de l'eau présente des singularités bien différentes de celles de Londres ou d'autres bassins français. Cette rivière d'eau vive est singulière parce que "l'eau va vite, tout en étant assez molle". Une particularité que connaissent parfaitement les athlètes français, qui s'entraînent sur le bassin depuis plusieurs années. Naviguer pendant des heures et des heures ici, c'est un vrai avantage, parce qu'on apprenait à créer de la vitesse dans de l'eau molle, ce qu'on ne retrouve pas souvent ailleurs. Par exemple, à Pau, c'est de l'eau qui va très vite, mais qui est dure. Quand on place la pagaie, je dirais que le bateau avance presque tout seul. Alors qu'ici, avec le même mouvement, le bateau ne bouge pas, détaille Ludovic Royé. Une connaissance du terrain dont les Bleus ont su profiter, en élevant petit à petit leurs capacités physiques et leur aptitude à donner de la vitesse au bateau.