Batz-sur-Mer, commune française comptant 2 892 habitants, est une localité au relief modeste, culminant à 0 m et atteignant un maximum limité, située sur une île qui, jusqu'aux environs du IXe siècle, demeure séparée du sillon de Guérande et de l'île voisine du Croisic. L'Homme a fréquenté ce territoire depuis le Paléolithique et l'Antiquité, marquant le début d'une longue occupation humaine. En 945, le duc de Bretagne Alain Barbe-Torte, après avoir repoussé les Normands installés à Batz, en offre le territoire à l'abbaye de Landévennec qui y fonde un prieuré dédié à saint Guénolé.
Géologie et formation du littoral
La configuration actuelle du littoral jusqu’à Guérande est relativement récente. Au Pléistocène supérieur, entre 37 000 et 24 000 av. J.-C., c’est-à-dire à l'apogée du dernier stade glaciaire, les îlots rocheux de Saillé et de Lanclis sont rattachés au sillon de Guérande par l’apport d’alluvions ; cette phase est contemporaine de la naissance de la presqu’île de Pen-Bron. Il y a 20 000 ans - soit 18 000 av. J.-C. - la mer s’avance encore jusqu’au coteau de Guérande. Les dépressions du Massif armoricain - qui est, dans sa partie sud, en grande partie constitué de granites d'origine hercynienne - sont envahies par l’océan, soumis aux effets de la transgression flandrienne. L'accumulation de sédiments colmate l'avancée de la mer dans les terres méridionales.
À une période comprise entre la fin de la Préhistoire et le début de la Protohistoire, de nouveaux apports sableux, tant maritimes que fluviaux, consolident la grande falaise de Pen-Bron et le cordon d’Escoublac. Le dépôt de sédiments fins va donner naissance aux prés salés argileux aujourd’hui utilisés pour la production de sel. La fin de la transgression semble intervenir à peu près au IIe siècle avant notre ère, et le niveau marin que nous connaissons aujourd’hui s’est probablement stabilisé au IVe siècle apr. J.-C.
Jusqu’au IXe siècle à peu près, les deux îles du Croisic et de Batz - éléments du sillon du Croisic - étaient encore séparées par un bras de mer du littoral, constitué par le sillon de Guérande. Par la suite, plusieurs flèches sablonneuses se sont établies : celle de Pen-Bron à l'ouest est restée incomplète ; celle de la plage Valentin a réuni les deux îles ; celle des dunes d'Escoublac a créé la baie du Pouliguen. L’île de Batz est également rattachée à l’îlot granitique de Penchâteau, situé sur le territoire du Pouliguen.
Paysage littoral et hydrologie
La côte rocheuse présente des aiguilles de granite, recélant des grottes profondes - comme celle dite des Korrigans, aujourd’hui sur le territoire du Pouliguen - et des chaos rocheux, parsemés d’anses sableuses. La roche contient des veines de minéraux du groupe des silicates (zircons, béryls et tourmalines noires) ou des nésosilicates comme les grenats. Une grande partie du territoire est constituée par des marais salants qui couvrent 459 des 927 hectares de la superficie de la commune. D’ouest en est, c’est-à-dire du Croisic vers le Pouliguen, plusieurs baies se succèdent sur environ 4,5 km sur le littoral atlantique, à partir de la pointe du Fort qui ouvre la baie de la Barrière, au fond de laquelle s’étale sur 740 m la plage Valentin, close par la pointe de Casse-Caillou. La baie des Bonnes-Sœurs précède la plage Saint-Michel, puis viennent les baies du Grand-Mathieu, du Carbonet, du Dervin et celle du Manéric.
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Aucun ruisseau ou cours d’eau douce n'irrigue la commune. Plusieurs sources ont été utilisées par le village pour les besoins quotidiens, et servent encore à l’alimentation en eau de la commune. Ainsi, près de la plage Valentin, les sources de la Barrière, aujourd'hui sur le territoire du Croisic, ont longtemps appartenu à Batz-sur-Mer. À compter de ce point, et en se dirigeant vers le centre du village, on trouve la fontaine d’à bas et la fontaine neuve, puis la fontaine de la Bonne eau et la source de la Herpe.
Climat et environnement
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Bretagne orientale et méridionale, Pays nantais, Vendée, caractérisée par une faible pluviométrie en été et une bonne insolation.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 12,3 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 12,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 795 mm. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Herbignac à 23 km à vol d'oiseau, est de 12,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 886,4 mm. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-Nazaire, une agglomération intra-départementale regroupant 17 communes, dont elle est une commune de la banlieue. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction du Pouliguen, dont elle est une commune du pôle principal. La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du 3 janvier 1986, dite loi littoral. L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des zones humides (60,5 % en 2018).
Développement urbain et habitat vernaculaire
Batz-sur-Mer comprend cinq localités principales. Kervalet, village paludier aux hautes maisons mitoyennes, a longtemps concurrencé le bourg proprement dit. Le village de Batz-sur-Mer a longtemps été le centre religieux et économique de l’île de Batz, Le Croisic et Le Pouliguen, situées à chacune de ses extrémités, n’étant que des trèves de la paroisse. Des chemins muletiers parcouraient les dunes instables, entre marais et mer, pour relier les deux extrémités, sur un chemin souvent inondé.
Le chemin de fer arrive à Batz en 1879 - le début de l'exploitation de la ligne de Saint-Nazaire au Croisic date du 11 mai 1879 - et participe au développement des bains de mer, en rapprochant Nantes et Paris de la côte atlantique. « On allait à la gare accueillir les estivants. Certains avaient réservé mais je me souviens qu'il était courant de voir des voyageurs descendre en demandant où ils pouvaient loger ! C’était une aubaine pour les habitants de Batz, une occasion de gagner un peu d’argent en louant sa maison. » La gare est intégrée au réseau privé de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans en janvier 1884. L'arrivée du chemin de fer dans la presqu’île du Croisic va modifier les habitudes économiques, propulsant le transport du sel par le rail au détriment du cabotage maritime. Ainsi, la construction de salorges - entrepôts également nommés magasins ou greniers à sel -, rares avant 1850, s’intensifie à partir de 1865.
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Batz est traversée par la route départementale D 45, qui suit la côte, par la route nationale 171 - reliant Saint-Nazaire au Croisic, elle prend le nom de D 245 du Pouliguen au Croisic -, ainsi que par la D 774 en provenance de Guérande. Au niveau de la « plage Valentin », la D 45 et la D 245 empruntent la même chaussée sur environ 500 mètres, constituant le seul accès routier au Croisic sur une largeur d'environ 13 mètres, à la limite des deux communes entre l'océan et les marais salants.
Si l'habitat des marais salants fait partie de la forme architecturale vernaculaire présente sur la façade atlantique entre les embouchures de la Loire et de la Vilaine, il se distingue par des toitures à fortes pentes - supérieures à 40° -, couvertes d'ardoise. Ce caractère est relativement récent, le chaume ayant longtemps concurrencé l'ardoise au cours des siècles précédant le XIXe siècle. Les regroupements villageois en groupes compacts dans le marais, qui se distinguent du Bourg proprement dit, se justifient par la proximité immédiate des salines, appelées manufactures de plein air par le géographe Raymond Regrain. Au milieu du XIXe siècle, Batz n'a pas encore subi les conséquences du tourisme balnéaire ; les marais représentent alors 45 % du territoire de la commune et les dunes, 8 %. Le recensement de 1856 décrit un total de 530 maisons dont 347 sont établies dans neuf villages, dont 108 logements pour le seul Kervalet. Tous ces hameaux ont une existence attestée antérieurement au XVe siècle ; ils sont orientés vers le marais, tournant le dos à la côte rocheuse exposée aux vents et aux pluies d'ouest et de sud-ouest, et implantés sur les terres exondées et les îlots granitiques.
L'organisation de l'habitat regroupe de façon très systématique le logement et un jardin potager clos de murs, définissant ainsi une cellule de base quasi incontournable pour assurer l'autosubsistance de la famille paludière. Le hameau type s’articule à partir de la structure de village-rue, se complexifiant par l’adjonction de venelles ou de places. Les maisons doubles, dites « sous même couverture » sont fréquentes, le pignon central s’arrêtant souvent au niveau du plancher du grenier, prolongé en hauteur par une cloison de sapin. Les maisons anciennes possèdent des murs dont l’épaisseur varie de 55 cm à 80 cm en fonction de l’époque de construction et du type de mur considéré, gouttereau ou pignon, ce dernier étant généralement aveugle. Le bâtiment en pierres de granit ne possède pas de fondation, érigé qu'il est sur un affleurement rocheux qui apparaît parfois à l’intérieur même du logement. Les murs extérieurs sont généralement blanchis à la chaux. Selon Gildas Buron, les murs gouttereaux ont été assez systématiquement protégés des infiltrations par une corniche depuis au moins 1716 à Batz-sur-Mer. La maison paludière des XVIIe et XVIIIe siècles présente deux types distincts : l’un est un bâtiment bas à pièce unique, surmontée d'un grenier vaste destiné au stockage de la nourriture des animaux et du petit bois de chauffage.
Tourisme, villégiature et gestion littorale
La mode de la villégiature balnéaire et du thermalisme a été lancée par l’aristocratie au XIXe siècle. Le Croisic accueille dès 1828 les amateurs de bains de mer. Les dunes de La Falaise accueillent à partir de 1853 un établissement de bains, à l’initiative de Louis Killian, carrier qui se reconvertit en baigneur. L'arrivée du train jusqu’au Croisic, avec arrêt à Batz-sur-Mer, en 1879 est déterminante pour le développement de l’attractivité des bourgs côtiers. À la fin du XIXe siècle, le Grand Hôtel de la plage, puis Régina Hôtel et Atlantic-Hôtel, est construit. La construction de l’hôtel s’accompagne de la rédaction d’un véritable plan d’occupation d’urbanisme, où villas, parc d’agrément et établissements de soins se partagent l’espace. Mais ce domaine, qui porte le nom de « parc de Beaulieu » ne voit pas le jour, miné rapidement par des problèmes économiques et définitivement enterré par le décès de Jean-Baptiste Boju et le début de la Première Guerre mondiale.
Parmi les logements contemporains, 36,8 % sont des résidences principales, 59,9 % des résidences secondaires et 3,3 % des logements vacants. La révision du plan local d'urbanisme (PLU), commencée en 2002, s’est achevée en 2010. L’objectif de ce PLU est la recherche d’un équilibre entre différents usages du sol.
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Dans ce contexte de surveillance maritime, une bouée jaune s’est retrouvée échouée sur le sable des Jaunais, à la limite entre Saint-Nazaire et Pornichet. C’est une bouée particulière d’une marque spéciale qui était arrimée sur la Basse-Michaud au Sud de Batz-sur-Mer. Elle appartient à l’Université de Nantes en lien avec le CNRS, unité Mer et Littoral. La bouée a été conçue pour le réseau « capacités » et permet de surveiller les sites d’énergies marines renouvelables en collectant des données. La société Atlantique Scaphandre des Sables-d’Olonne est venue la réinstaller le 18 juillet. Cette activité de surveillance s'intègre aux multiples activités nautiques proposées sur la côte d'Amour : locations de bateaux à moteur, Jet Ski à Piriac-sur-Mer, ou encore sessions de bouées tractées. JetN’Gliss et Aqua Jet Pornichet proposent des services sur mesure pour les groupes et les familles, allant des balades encadrées aux activités de glisse.
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