L'architecture catamaran n’a presque que des avantages pour les bateaux de plaisance, et cela explique l'engouement qu'elle rencontre auprès des plaisanciers. Le moment de redressement est un aspect essentiel dans l'architecture d'un catamaran de croisière. Pour appréhender ce concept physique, imaginez une tige plantée au milieu d’une base lourde, comme pour un parasol de jardin. La stabilité proviendra de deux facteurs, le poids de la base et sa largeur. En appliquant une force horizontale sur la tige verticale, vous allez donc chercher à incliner le parasol. La force contraire provient de la stabilité de la base.
Sur les catamarans de croisière, ce moment de redressement peut atteindre des valeurs importantes (en tonnes mètres) puisqu’il est égal à la demi-largeur multipliée par le poids du bateau. Sur un monocoque, c’est bien différent puisque son augmentation sera beaucoup plus progressive pour atteindre un maximum autour de 40 degrés de gîte. Sur un catamaran de croisière, ce maximum sera atteint autour de 10 degrés. Entre 0 et 10 degrés de gîte, à la même inclinaison, le moment de redressement d’un catamaran est nettement plus élevé.
Les implications mécaniques de la stabilité sur le gréement
Qu'est-ce que cette différence entre un monocoque et un catamaran cache-t-elle ? De manière extrêmement simple, cela veut dire que sur tous les types de bateaux, plus le moment de redressement est élevé, plus les efforts dans le gréement sont importants. Souvenez-vous du parasol : plus la base sera lourde, plus l’effort pour l’incliner sera important.
Lorsque l’on parle de gréement, on parle bien de gréement dormant mais également de gréement courant. Cela signifie donc que très rapidement, plus le bateau s’incline, plus les efforts dans les écoutes augmentent, et ce, de manière exponentielle ! De 1 à 2 degrés de gîte, on peut ainsi très facilement doubler les efforts. Or, ressentir une différence d’inclinaison simplement due au vent, de 1 degré, est quasiment impossible à bord d'un catamaran.
Vous n’aurez donc que vos yeux et votre expérience pour vérifier la vitesse du vent, et prévoir une réduction de voilure suffisamment tôt, avant de voir les efforts passer de 2 à 4 tonnes sur le winch ou une compression en base de mât passer de 10 à 20 tonnes. Tous les catamarans possèdent un tableau sur lequel sont inscrites les conditions de voilure limite. Comme le souligne Adrien Jousset, responsable du bureau d'études chez Sunreef Yachts et diplômé en architecture navale de l'Université de Southampton, la compréhension de ces limites est cruciale pour la sécurité et la pérennité du matériel.
Lire aussi: Tout savoir sur les barres de toit magnétiques pour le transport de votre surf
Définition et lexique : distinguer le catamaran et ses modèles
Le catamaran est un bateau à voiles ou à moteur comportant deux coques accouplées, utilisé pour la navigation de plaisance. Le terme de « catamaran » désigne une catégorie de bateau à voiles au même titre que le trimaran. Pour illustrer, le catamaran ou le trimaran sont à la voile ce que le monospace, la berline ou la citadine sont à l’automobile.
Il existe parfois une confusion avec le terme « Hobie Cat ». Il s’agit en fait d’une marque. C’est un cas où un nom propre devient peu à peu un nom commun et usuel, comme « frigidaire » pour réfrigérateur ou « K-way » pour coupe-vent. Le Hobie Cat 16 est un modèle phare de la marque, célèbre depuis 1970. Il est autant utilisé pour la régate que pour l’apprentissage ou le loisir. En résumé, le catamaran est une catégorie, Hobie Cat est un constructeur, et le Hobie 16 est l'un de leurs modèles.
Évolution historique et technique des catamarans
On sait que les catamarans sont apparus en Polynésie, où ils servaient de moyen pour relier Tahiti, Hawaï, et bien d’autres îles de l’archipel. Le mot catamaran vient de « kattuamaran » en tamoul (« katta » : lien et « maram » : bois). Selon Wikipédia, l’aventurier britannique William Dampier fut le premier occidental à décrire un catamaran alors qu’il naviguait dans le golfe du Bengale en 1697.
Pour beaucoup, le père des catamarans modernes est l’architecte américain Nathanael Herreshoff. En 1876, « The Wizard of Bristol » a conçu l’« Amaryllis » avec une fine coque symétrique en forme de V, équipée de 2 safrans et de 2 plaques de safran. Si certains pensent que le premier catamaran de sport moderne est né en Catalogne dans les années 1920 avec le « pati à vela », l’histoire moderne du catamaran de plage a véritablement commencé avec le Hobie 14 d’Hobart Alter en Californie en 1968. Hobart, surnommé « Hobie », a ensuite lancé le Hobie 16 en 1970. Avec 135 000 exemplaires écoulés, il demeure le catamaran le plus populaire au monde.
Fonctionnement aérodynamique de la voilure
Les voiles fonctionnent pour « prendre le vent » uniquement lorsque le bateau est directement au portant. Le reste du temps, une voile agit comme l’aile d’un avion en position verticale. Lorsqu’elle est bien ajustée, son « guide », c’est-à-dire la face orientée vers le vent, crée plus de pression du côté au vent et moins de pression du côté opposé. La voile se déplace vers une zone de pression plus basse et entraîne le bateau. Sa courbe ou « cavité » est incorporée à la voile par le fabricant en coupant et cousant soigneusement les segments qui la constituent. La portance exercée par la voile tire également le voilier de côté.
Lire aussi: Sécurité piscine : focus sur la bâche à barres 10x5
On distingue trois allures principales :
- Le près (proche de l’axe du vent à 45°).
- Le vent de travers (le bateau reçoit le vent sur le côté).
- Les allures portantes (largue, vent arrière).
Guide de manœuvre pour le skipper de catamaran
Pour les skippers qui n'ont jamais navigué en catamaran, le maniement du multicoque implique un changement de mentalité sur de nombreux points : manœuvres de port, maniement des voiles, prise de ris et ancrage. Un catamaran de 40 pieds offre autant d'espace qu'un monocoque de 46 à 48 pieds, avec tout le confort sur un seul niveau, beaucoup de lumière, et une absence de roulis au mouillage.
Manœuvres de port
Les dimensions imposantes font souvent hésiter les débutants, mais le catamaran possède un avantage majeur : avec ses deux machines, il peut être tourné sur place comme un char d'assaut. Une machine en avant, l'autre en arrière, et le bateau pivote. Attention, les hélices de nombreux nouveaux catamarans sont situées à l'arrière du safran, à moins d'un mètre de la poupe, facilitant l'attrapage des lignes de mouillage. Il est conseillé de s'exercer à faire quelques rotations dans l'avant-port.
Manœuvre de bouée
Au lieu de se diriger vers la bouée par l'avant, ce qui rend la récupération difficile en raison de la hauteur du franc-bord, il est préférable de reculer vers elle. Le skipper peut alors voir la distance sans problème, et l'équipier est à la même hauteur que la bouée.
Hisser les voiles et prendre des ris
Les grandes voiles de catamarans sont souvent plus vastes et lestées sur des glissières, ce qui demande un effort plus important. L'utilisation d'un winch électrique doit se faire avec prudence pour éviter de déchirer les lazy-jacks ou d'endommager les prises de ris. Contrairement aux monocoques, le catamaran n'indique pas par sa gîte qu'il est surpuissant ; il faut donc se référer scrupuleusement aux tableaux de prise de ris fournis par le constructeur ou l'exploitant de la flotte.
Lire aussi: La Barre de Monts : Spots de kitesurf
#