L'engagement de Banque Populaire dans l'univers exigeant de la course au large est ancré dans une histoire riche d'audace, d'innovation et de quête de performance. Cet investissement se manifeste à travers des projets nautiques de pointe, notamment dans les classes IMOCA et Ultim, où la technologie des foils joue un rôle prépondérant, ainsi que par un soutien institutionnel profond au sport et au patrimoine maritime français. Cette implication continue est animée par la volonté de repousser les limites techniques et humaines, tout en favorisant le développement de la voile et du surf à tous les niveaux.
L'Évolution des Foils et la Philosophie de Conception des Voiliers de Course
La course au large moderne, particulièrement dans la classe IMOCA 60, a été révolutionnée par l'intégration des foils, des appendices qui modifient fondamentalement le comportement des bateaux en mer. Ces éléments techniques clés permettent aux monocoques de "voler" au-dessus de l'eau, réduisant ainsi la traînée et augmentant considérablement la vitesse. Vincent Lauriot-Prévost, architecte de VPLP, résume parfaitement l'approche conceptuelle ayant mené au dessin du bateau vainqueur du Vendée Globe 2016-2017 pour le Team Banque Populaire : « Plutôt que de chercher la polyvalence, nous avons conçu un bateau offrant des gains importants 60% du temps, et des pertes plus faibles 20% du temps ». Cette philosophie illustre une optimisation poussée pour les conditions rencontrées le plus fréquemment en course.
Le rôle des foils est complexe et essentiel. Vincent Lauriot-Prévost précise : « Quand on bascule la quille au vent, le voile de quille génère la portance du bateau, et pour s’opposer à la gîte, on fait intervenir des foils qui compensent la perte de puissance en générant de la poussée verticale ». Cette poussée verticale permet non seulement de soulager la coque de l'eau mais aussi de s'opposer aux forces de gîte, stabilisant ainsi le bateau et permettant une plus grande surface de voile. La taille de ces appendices a considérablement évolué, les foils de certaines générations récentes étant environ deux fois plus grands que ceux des précédentes, témoignant d'une recherche constante d'amélioration de la performance et de la capacité à "voler" sur l'eau.
Le Nouveau Projet IMOCA 60 : Banque Populaire 14 et la Collaboration Inédite
Dans sa quête d'excellence et d'innovation, Banque Populaire a initié la construction de son nouvel IMOCA 60, baptisé Banque Populaire 14, avec une approche inédite marquant un tournant dans l'histoire récente de la classe. Pour ce projet ambitieux destiné à la Route du Rhum 2026 et au Vendée Globe 2028/2029, l'équipe s'est associée à deux autres écuries de pointe, TR Racing (Thomas Ruyant) et Malizia (Boris Herrmann). Cette démarche collective vise la conception, le développement et la fabrication de trois voiliers similaires, introduisant une réflexion partagée à toutes les étapes du projet.
Le choix de l'architecte s'est porté sur Antoine Koch, en collaboration avec le cabinet Finot Conq et le bureau d'ingénierie Gsea Design. Ensemble, ces partenaires ont œuvré à la création d'un design unique partagé entre les trois équipes. Le bureau d’études de Banque Populaire a pleinement participé à ce processus, notamment sur les sujets d’ergonomie, de choix de matériaux et de systèmes embarqués. Cette synergie s'est appuyée sur l'expérience acquise avec des monocoques de la génération précédente, tels qu'Advends 2 et Arkéa/Paprec, qui ont déjà prouvé leur capacité à naviguer en tête des courses ces dernières saisons. Loïs Berrehar, le talentueux skipper qui prendra la barre de ce nouvel IMOCA, exprime son enthousiasme : « Mutualiser avec deux équipes expérimentées permet d’élargir les réflexions sur la conception. Le projet met l’accent sur la capacité du bateau à bien passer la mer formée. L’équipe a pu y intégrer ses propres idées au fil de l’avancement ».
Lire aussi: Engagements Banque Populaire
L’objectif commun de cette collaboration est multiple : limiter l’empreinte carbone de la construction en mutualisant les outils et les procédés, tout en assurant des performances optimales. Les trois bateaux partageront ainsi une même coque, un mât, une quille et des safrans. Ce modèle unique permet une rationalisation des ressources tout en respectant les exigences sportives et de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE) mises en place par la Classe IMOCA 60. Antoine Koch, l'architecte, souligne : « La collaboration entre trois équipes sur un design commun est rare. Mutualiser les outils de construction permet de réduire l’impact environnemental et d’optimiser les ressources. Cette approche s’inscrit dans une logique d’économie d’échelle et de sobriété carbone ». Thomas Ruyant ajoute que « le cahier des charges commun reflète des ambitions partagées, incluant un engagement écologique », tandis que Boris Herrmann confirme que « les équipes partagent compétences et outils pour réduire l’empreinte carbone ».
Pour Banque Populaire, il s’agit de la huitième construction de bateau depuis la création de son écurie de course au large. La construction a été confiée au chantier CDK à Lorient, avec une mise à l’eau prévue début 2027. Ce nouvel IMOCA sera alors entre les mains de Loïs Berrehar, qui bénéficiera de deux saisons de préparation intensive en vue du Vendée Globe 2028/2029. D'ici là, le skipper embarquera régulièrement à bord d'autres IMOCA 60, à commencer par le Macif dès la fin juin pour la course des Caps, ce qui lui permettra d'emmagasiner de l'expérience et de marquer des points au championnat IMOCA 60, la règle ayant évolué pour permettre l'acquisition de points sur différents IMOCA 60.
Innovations Techniques et Ergonomie pour la Performance en Solitaire sur l'IMOCA 14
Le cahier des charges de l'IMOCA Banque Populaire 14 a été méticuleusement élaboré pour répondre aux défis physiques et techniques des courses en solitaire les plus exigeantes. Maël Devoldere, responsable du bureau d’études du Team Banque Populaire, explique : « Le bateau a été pensé pour résister à des conditions exigeantes tout en étant performant dans différentes allures. Le bureau d’études a innové sur plusieurs aspects, avec une attention portée à la réduction de l’impact carbone ».
Sur le plan technique, l’accent a été mis sur la robustesse dans des conditions de mer engagées, avec une recherche de performance accrue au portant VMG (Velocity Made Good), mais aussi au reaching (allure de travers) et au près (contre le vent). Les concepteurs ont eu pour point de départ la nécessité de disposer d'un bateau résistant aux conditions musclées, tout en cherchant à rester performant au portant VMG et à être plus à l’aise aux allures de reaching et au près.
L'innovation ne se manifeste pas par une « révolution majeure sur l’IMOCA », comme le précise l'équipe, mais par des avancées significatives dans l'intégration des systèmes de bord, l’échantillonnage du fond de coque ou encore l’orientation des plis en composite. Ces éléments contribuent à réduire l’impact en équivalent CO2 du bateau tout en optimisant la performance. Le Team Banque Populaire a également apporté sa « patte » distinctive, notamment sur le plan de pont et l’ergonomie du cockpit. Tout est pensé pour que les winchs et la barre soient accessibles tout en ayant une vision conséquente sur l’extérieur, optimisant ainsi le poste de pilotage pour le solitaire. De même, les winchs et la barre seront facilement accessibles depuis la zone de vie (où seront installées la table à carte et la cuisine) comme depuis la zone de couchage. L'idée est de limiter au maximum les déplacements à bord afin de permettre au skipper d'être réactif par tous les temps, un facteur crucial pour la sécurité et la performance. Loïs Berrehar, skipper de l'IMOCA Banque Populaire 14, exprime sa gratitude pour cette opportunité : « J’ai beaucoup de chance d’intégrer une des meilleures équipes de course au large du monde et de pouvoir disputer le Vendée Globe, la course qui me fait le plus rêver. Je sens beaucoup d’enthousiasme, d’écoute et de bienveillance dans l’équipe. J’ai envie de travailler au maximum pour pouvoir atteindre les objectifs que l’on va se fixer ensemble. Toutes mes expériences passées, notamment en Figaro, ont contribué à m’aguerrir avant cette nouvelle aventure en IMOCA. La main tendue et la confiance de Banque Populaire, c’est une incroyable opportunité ».
Lire aussi: Tout savoir sur le Banque Populaire Surf Tour
Le Maxi Banque Populaire XI : De la Conception aux Exploits Récents
Parallèlement à son engagement en IMOCA, Banque Populaire déploie une énergie considérable dans la classe Ultim avec le Maxi Banque Populaire XI. Ce géant des mers est le fruit d’un intense travail collectif mélangeant haute technologie et artisanat. Fabriqué par le chantier naval CDK Technologies, il a nécessité 24 mois de travail et mobilisé 150 entreprises en plus du Team Banque Populaire. Avec son bureau d’études et l’ensemble de ses salariés, le Team Banque Populaire a fait la part belle au « made in France » en sollicitant en grande majorité des entreprises françaises et locales, et en collaborant avec des centaines d’artisans, d’ingénieurs et d’architectes.
Le Maxi Banque Populaire XI se distingue par sa capacité à « voler » et à se maintenir dans cet état grâce à ses appendices et leurs réglages. Conçu entièrement en carbone, la finesse de ses formes est marquante, et son poste de pilotage, très innovant. Une recherche poussée a été menée afin d’améliorer l’aérodynamisme, et ses foils sont environ deux fois plus grands que ceux des précédentes générations. Ces études en matière de performance ont toujours été menées en parallèle d’un autre enjeu majeur : la fiabilité et la sécurité à bord. Dans ce cadre, l’ensemble des parties critiques du bateau a été vérifié à deux reprises via un cabinet d’experts. Armel Le Cléac’h, skipper emblématique du Team, observe avec satisfaction : « Par rapport à l’ancienne mouture, nous avons progressé dans tous les domaines avec ce Maxi Banque Populaire XI. Nous savons qu’il va être plus rapide, plus performant, plus marin ».
Le parcours du Maxi Banque Populaire XI et de son équipage est jalonné de performances notables. Armel Le Cléac’h, son co-skipper Kevin Escoffier et toute l’équipe ont multiplié les sorties en mer pour s’attacher à fiabiliser et à mettre au point le bateau, une montée en puissance progressive jusqu’au 7 novembre 2021, date du départ de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre. Armel Le Cléac’h se souvient : « Notre objectif premier, c’était d’arriver en Martinique. Nous y parvenons en terminant sur le podium, c’est forcément très positif ». La saison 2022 a marqué les premières expériences en solitaire pour le Maxi Banque Populaire XI. Avant d’entamer cette partie en solo, Armel et le Team Banque Populaire ont participé à la toute première édition de la Finistère Atlantique, obtenant une deuxième place. Les 24h Ultim ont ensuite signé la première course en solitaire du Maxi Banque Populaire XI avec une belle deuxième place.
Le 9 novembre 2022, Armel s’est élancé à la barre du Maxi Banque Populaire XI sur la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Suite à une avarie de dérive, le bateau a été contraint de revenir à Lorient pour une escale technique. Au bout de 36 heures d’efforts collectifs fournis par le Team Banque Populaire, Armel a pu reprendre la route vers Pointe-à-Pitre. L’année 2023 a vu l’arrivée d’une nouvelle casquette pour le Maxi Banque Populaire XI, une amélioration visant à optimiser l’aérodynamisme du bateau en vue du premier Tour du Monde en solo à bord d’un Ultim début 2024. Pour se préparer à cette échéance, le bateau a effectué sa première course de la saison en équipage lors de la Rolex Fastnet, course à l’issue de laquelle il a terminé deuxième. En septembre, Armel est revenu en duo, secondé par Sébastien Josse, durant les 24h Ultim, et le binôme a signé une victoire convaincante. Un mois plus tard, le duo a pris le départ de la Transat Jacques Vabre, ralliant Le Havre à la Martinique. Après un départ musclé, Armel et Sébastien ont réalisé une course presque parfaite avec notamment 11 jours en tête sur les 14 passés en mer, concrétisant une victoire.
L’année 2024 a commencé fort pour le Maxi Banque Populaire XI avec son premier tour du monde. Dès le 7 janvier, le bateau a pris le départ de l’Arkea Ultim Challenge - Brest, la première course solitaire autour du monde en Ultim. Cette aventure, ayant nécessité 56 jours et 2 escales techniques, a permis d'accomplir ce tour du monde historique, le Maxi Banque Populaire XI décrochant la troisième place. Le 7 juin 2024, le Maxi Banque Populaire XI est reparti de Brest pour une mission exceptionnelle : amener la Flamme Olympique de Paris 2024 jusqu’aux Antilles dans le cadre du Relais des Océans. À son bord, un équipage inédit composé d’Armel Le Cléac’h, Sébastien Josse, Marine Lorphelin, Marie José Pérec, Alexis Michalik et Hugo Roellinger a traversé l’Atlantique pour arriver à Pointe-à-Pitre et partager l’esprit olympique avec les Guadeloupéens. Après ce passage exceptionnel en Guadeloupe, la Flamme Olympique a repris le large direction la Martinique avec un nouvel équipage incluant Laura Flessel, Coralie Balmy, Kéni Pipérol-Dampied et Thomas Debierre, accompagnés de Tony Estanguet.
Lire aussi: Clarisse Crémer : Récit d'une navigatrice engagée avec Banque Populaire
Pour 2025, le Maxi Banque Populaire XI évolue à nouveau. Après quatre années à naviguer autour du monde et à récolter de nombreuses données sur les performances de l’Ultim, le Team met en place de nouveaux appendices en changeant les foils et les safrans. Cette évolution technique permet au bateau de voler plus tôt et d’améliorer sa vitesse. Convaincu par ces changements, l’ensemble du Team, désormais mené par Erwan Steff et Sébastien Josse, ne cachait pas son ambition sur la Transat Café L’OR (ex-Transat Jacques Vabre). Armel Le Cléac’h, skipper du Maxi Banque Populaire XI, exprime cette dynamique : « Les expériences passées, notamment notre tour du monde en 56 jours, nous ont permis d’apprendre énormément et de grandir dans tous les domaines. Cela nous permet d’aborder ce nouveau cycle avec beaucoup d’ambitions autour des objectifs majeurs de ces deux prochaines saisons, la Transat Café l’Or (2025) et la Route du Rhum (2026). Grâce à la confiance de Banque Populaire, nous avons l’opportunité chaque année de relever de nouveaux défis. On nous donne l’opportunité de réussir, à nous de la saisir ! ». Le duo Armel Le Cléac’h - Sébastien Josse tentera de conserver son titre sur la Transat Café L’OR en 2025, avant que le skipper breton ne mette le cap en solitaire vers la Route du Rhum (2026) et la seconde édition de l’Arkea Ultim Challenge.