Dans l’univers impitoyable de la course au large, peu d’entités ont su conjuguer avec autant de constance l’audace technologique et la pérennité sportive que Banque Populaire. Depuis plus de 37 ans, l’institution bancaire ne se contente pas de sponsoriser des voiliers ; elle endosse le rôle d’armateur, concevant, exploitant et faisant évoluer une flotte de trimarans géants qui repoussent sans cesse les limites de la physique. Cette épopée, qui fait voler ces multicoques au-dessus des océans, s'apparente à une véritable "Formule 1 des mers", où l'innovation est le moteur principal de la performance.
Aux origines d’un engagement visionnaire : L’étincelle de 1989
L’histoire de Banque Populaire dans la voile est née d’un coup de cœur breton il y a 33 ans. Tout commence en 1989, lorsqu’un dirigeant de la Banque Populaire de l’Ouest entend une interview de Francis Joyon, à qui il manque une partie de son budget pour participer à la course Lorient-Saint Barth-Lorient, une épreuve en solitaire sur un catamaran Orma. Touché par ce marin et intéressé par les valeurs de la voile, il décide alors de l’aider financièrement afin qu’il puisse prendre le départ.
Ce geste, bien que suivi d’un démâtage rapide lors de la course, scelle le destin du groupe dans le nautisme. En 1990, la Banque Populaire de l’Ouest crée un Groupement d’Intérêt Économique avec plusieurs banques régionales, donnant naissance au projet « Voile Banque Populaire ». Dès 1994, tout s'accélère : Banque Populaire annonce la construction de son tout premier trimaran, le Banque Populaire I. Cet engagement se structure alors durablement, transformant une banque régionale en un acteur incontournable de la course au large.
L’évolution des structures : De l’armateur aux chantiers d’excellence
Contrairement au sponsoring classique, Banque Populaire s'est imposé comme un armateur. Cela signifie que la banque construit ses bateaux, emploie une équipe technique dédiée, et exploite sa propre flotte sur les circuits internationaux. Ce modèle permet une continuité rare dans la transmission des savoirs, chaque nouveau projet bénéficiant des acquis techniques des précédents.
La construction du Maxi Banque Populaire XI, par exemple, a été une prouesse logistique et artisanale. Mobilisant 150 entreprises pendant 24 mois, ce projet a vu le jour malgré les contraintes de la crise sanitaire. Plus largement, c’est tout l’écosystème de la "Sailing Valley" bretonne qui est sollicité. Le choix de partenaires historiques comme le chantier CDK Technologies à Lorient souligne la volonté de s'ancrer dans un savoir-faire local tout en visant l'excellence mondiale. Cette stratégie est particulièrement pertinente pour une banque qui se revendique comme la 1ère banque des entreprises en France : elle fait travailler ses clients et partenaires sur ses propres projets de haute technologie.
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La révolution du vol : La technologie des foils
Le secret de la vélocité actuelle des "Ultimes" - ces trimarans géants capables d'atteindre des vitesses impressionnantes - réside dans leur capacité à voler. Contrairement aux voiliers classiques, ces bateaux s'appuient sur des foils, des appendices profilés situés sous les coques. Les foils fonctionnent à peu près comme une aile d'avion dans l'air, sauf que c'est dans l'eau. Ces 5 mètres de carbone permettent de soulever les 17 tonnes du bateau, réduisant ainsi drastiquement la surface mouillée et la traînée.
Cette technologie, optimisée au fil des années, permet aux trimarans Banque Populaire de naviguer à des vitesses moyennes élevées, là où un bateau de croisière conventionnel navigue 5 à 6 fois moins vite. Lors de la Transat Jacques Vabre 2023, l'équipage a atteint des vitesses impressionnantes de près de 50 km/heure, soit environ 30 nœuds, sur une traversée de deux semaines. Cette capacité à maintenir une vitesse élevée dans des conditions variées est le fruit d’une recherche constante sur la forme des foils et la stabilité structurelle du bateau.
Le palmarès : Une moisson de records et de victoires
Le "petit" Banque Populaire, au fil de ses générations successives, a accumulé un palmarès époustouflant, totalisant plus de 20 victoires sur les plus grandes courses mondiales : Route du Rhum, Vendée Globe, Transat Jacques Vabre ou encore la Solitaire du Figaro.
Le Maxi Banque Populaire V, monstre de puissance, a marqué les esprits en 2009 en pulvérisant le record de la traversée de l'Atlantique Nord en 3 jours, 15 heures, 25 minutes et 48 secondes. Il a également établi un record de distance en 24 heures avec 908 milles parcourus à une vitesse moyenne de 37,8 nœuds. Plus tard, avec le passage de flambeau à des skippers légendaires comme Loïck Peyron, le bateau a brillé sur le Trophée Jules Verne, confirmant la suprématie de l'écurie Banque Populaire dans la quête des records autour du monde.
Le futur en ligne de mire : Le Maxi Banque Populaire 15
L’ambition de Banque Populaire ne s’arrête pas au présent. Le projet du futur "Maxi Banque Populaire 15" est déjà sur les rails, avec un objectif de mise à l’eau en 2029 pour être opérationnel lors de la Route du Rhum 2030, avant un tour du monde en solitaire prévu pour 2032. Ce bateau, dont la conception mobilise le cabinet d’Antoine Koch (AKO) et des experts comme Gsea Design et Finot/Conq, héritera des connaissances acquises avec les modèles précédents, notamment le Banque Populaire XI.
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Le défi pour ce nouveau géant est double : augmenter la fiabilité technique tout en repoussant les limites de performance au portant, particulièrement dans les mers formées. Le bureau d’études, dirigé par Maël Devoldere, cherche à trouver le curseur idéal entre audace architecturale et sécurité nécessaire pour affronter les océans. À travers ce projet "Cap 2029", l'institution réaffirme son engagement à long terme dans le nautisme, célébrant ainsi quatre décennies d'une passion commune entre une banque, ses collaborateurs, ses skippers et le grand public.
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