L’expression "baisser les voiles" trouve son origine dans le monde de la marine. Cet article explore en profondeur la définition de cette expression, son origine historique, et les manœuvres spécifiques associées à l’affalage des voiles, en particulier sur les voiliers modernes équipés d’enrouleurs. La langue française, riche d’un héritage maritime millénaire, regorge de termes qui, au-delà de leur usage technique, ont imprégné le langage courant pour décrire des états physiques, moraux ou sociaux.
Origines et sémantique du vocabulaire marin
L'expression "baisser les voiles" est intrinsèquement liée au vocabulaire maritime. Pour bien comprendre son sens, il est utile de connaître d’autres expressions marines apparentées. Le terme "hisser les couleurs", par exemple, fait référence au pavillon d'un navire. Dans le contexte maritime, les "couleurs" représentent le pavillon d’un navire ; ce pavillon est hissé sur le mât pour identifier le pays d’origine du bateau. Par extension, l’expression a pris un sens figuré, signifiant montrer son identité, notamment lors de compétitions. De même, l'expression "Oh hisse" est utilisée pour motiver et synchroniser l’effort physique de plusieurs personnes travaillant ensemble. Elle trouve son origine dans la marine, où elle servait à encourager les matelots lorsqu’ils hissaient les voiles ou chargeaient des marchandises. Le "oh" prépare à l’effort, qui est réalisé au moment du "hisse".
Littéralement, "baisser les voiles" signifie faire descendre une voile, la mettre plus bas. Cette action peut être réalisée dans divers contextes. Dans le langage courant, on retrouve des équivalents comme baisser les glaces d’une voiture, baisser une jalousie, un store, baisser la visière d’un casque ou baisser le rideau d’un théâtre. Des actions plus symboliques existent également : "Elle baissa son voile", "baisser l’épée" ou "le drapeau" pour saluer un chef, "baisser les épaules" ou "baisser la tête". Dans un contexte strictement maritime, "baisser le pavillon d’un vaisseau" ou "baisser pavillon" signifie se rendre à l’ennemi.
Utilisations figurées et déclinaisons sémantiques
L’expression "baisser" peut aussi signifier diminuer de hauteur ou rendre plus bas. En termes intransitifs, "baisser" signifie aller en diminuant de hauteur, comme dans "La rivière a baissé d’un pied" ou "Le baromètre a baissé". Lorsqu'elle est appliquée à des contextes abstraits, elle évoque souvent un déclin.
Le déclin physique ou moral est fréquemment illustré par cette terminologie : "Ce vieillard baisse" (il s’affaiblit tous les jours), "Ce malade baisse" (son état empire), ou "Sa vue commence à baisser" (elle n’est plus aussi bonne). L'affaiblissement des capacités est aussi souligné par des tournures telles que "Son génie, son talent, son esprit baisse", signifiant qu’il diminue ou qu’il s’affaiblit. La perte de qualité, par exemple pour un vin, s'exprime par "Ce vin baisse" (il perd de sa force, de son bouquet). Enfin, le déclin économique ou social se traduit par "Cette place de commerce baisse" (elle perd de son commerce, de son crédit), ou "Les actions de cet homme baissent" (sa puissance, son crédit, sa réputation diminuent).
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Manœuvres techniques : Hisser et affaler la grand-voile
La manipulation des voiles est une compétence essentielle pour tout navigateur. Les procédures varient en fonction du type de voile et de l’équipement du bateau. Pour hisser la grand-voile, il faut d'abord ouvrir le sac de la grand-voile (lazy-bag) fixé de part et d’autre de la bôme, puis attacher la drisse de grand-voile sur le point de drisse au moyen d’un nœud de chaise. L'équipage doit être positionné avec un équipier en pied de mât à côté de la drisse de grand-voile et un autre dans le cockpit. Il convient de libérer la voile en enlevant les rabans si nécessaire, tout en choquant généreusement l’écoute et le hale-bas pour laisser la bôme se placer dans l’axe du vent.
Le hissage s'effectue en tirant sur la drisse de haut en bas, en utilisant le poids du corps si nécessaire, tandis que l’équipier dans le cockpit récupère le mou après chaque traction. Il est crucial d’étarquer la drisse à la manivelle de winch, en surveillant la tension du guindant le long du mât. Une grand-voile correctement hissée ne doit pas présenter de plis entre les coulisseaux lorsqu’elle est gonflée par le vent.
Pour affaler la grand-voile, la procédure commence par choquer l’écoute et le hale-bas. Une fois la voile affalée et posée sur la bôme, il faut reprendre l’écoute au maximum pour maintenir la bôme dans l’axe du bateau. Il est primordial de s’assurer que le chariot de grand-voile est fermement maintenu, puis de ferler la voile proprement en s'appuyant sur la bôme et en tirant sur la chute vers l’arrière du bateau.
Gestion moderne : Les enrouleurs de génois
De nos jours, l’énorme majorité des voiliers de croisières sont équipés d’enrouleurs de génois, ce qui facilite considérablement la gestion de cette voile. Pour dérouler le génois, une fois hors du chenal, il faut fixer la drisse de génois par un nœud de chaise sur le point de drisse et placer un équipier au cockpit pour choquer la drisse. Il est conseillé de privilégier le placement au vent de la voile pour travailler en pied de mât. Avant de dérouler, il faut vérifier que les écoutes et le bout de l’enrouleur sont bien clairs, puis effectuer un tour autour du winch, tout en évitant d’enrouler directement au winch pour ne pas endommager le système. La voile d’avant doit ensuite être tendue le long du bateau en tirant sur l’une des écoutes.
Pour enrouler le génois, la manœuvre consiste à choquer le bout de l’enrouleur tout en bordant l’écoute de génois simultanément. Les deux équipiers doivent surveiller l’opération en observant le génois. L’enroulement se fait de manière progressive jusqu’à ce que la voile soit enroulée aux deux tiers.
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